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    Macron et sa majorité préparent la plus terrible attaque contre nos salaires de toute notre histoire.

    Macron et sa majorité préparent la plus terrible attaque contre nos salaires de toute notre histoire

    Gérard Filoche

    Ce n’est pas une politique "du centre" c’est une politique à la Margaret Thatcher qui menace.

    13 6 2017

     
    Macron et sa majorité préparent la plus terrible attaque contre nos salaires de toute notre histoire.

    En plus des ordonnances pour la casse d'un siècle de droit du travail, Macron, confirmant sa majorité, prépare la plus terrible attaque contre nos salaires de toute l'histoire de notre pays.

    Du jamais vu.

    Il va supprimer le salaire brut.

    Ce n'est pas une politique "du centre" c'est une politique à la Margaret Thatcher qui menace.

    Les grands médias des 9 milliardaires font mine de nier ou déforment la réalité : comme si seul comptait le salaire net en bas de la feuille de paie.

    Mais non, c'est le salaire brut qui compte!

    Réexpliquons le à nos concitoyens car le pouvoir cherche à supprimer les feuilles de paie papier et à les "simplifier" pour ne pas qu'on voit la manœuvre.

    Le salaire net c'est pour payer la force de travail.

    Le salaire brut c'est pour payer la reproduction de la force de travail.

    Le salaire net on vit avec au mois le mois

    Le salaire brut on vit avec tout au long de la vie.

    Le salaire net vous permet de consommer et de vivre quotidiennement.

    Le salaire brut vous permet de faire face à tous les aléas de la vie, quand vous avez besoin de logement, quand vous êtes en charge de famille, quand vous êtes malades, quand vous avez un accident du travail ou une maladie professionnelle, quand vous êtes au chômage, et quand vous êtes en retraite.

    Les cotisations ne sont pas des impôts, elles sont obligatoirement pré affectées à ce pourquoi elles sont collectées, elles ne vont pas aux caisses publiques, car les différentes caisses de Sécurité sociale sont de droit privé (et devraient être gérées par les cotisants, les représentants des salariés normalement élus comme cela l'était à l'origine de la "Sécu". Allez revoir le film "La sociale" de Gilles Perret).

    Le salaire brut ce n'est pas une "charge" comme ils le disent, c'est un bonheur.

    C'est une partie du salaire mutualisée et redistribuée à chacun selon ses besoins, c'est ce qu'il y a de plus beau dans notre pays.

    Le salaire brut vous est redonné en "temps différé" quand vous êtes malades, en "temps indirect" pour le logement, mais aussi en "temps réel" quand vous êtes en retraite (car dans ce cas il va en direct, de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite, la retraite par répartition n'est pas une épargne !).

    C'est le capital, l'actionnaire, l'employeur qui paient votre protection sociale, le salaire brut, chaque mois, en même temps que votre salaire.

    Macron a déjà supprimé les cotisations familiales, il a baissé les cotisations parfois jusqu'à 1,6 ou 1,9 fois le smic. Là, il supprime et remplace tout par l'impôt.

    C'est nous, par nos impôts, qui paieront dorénavant à la place de notre patron. Un hold up de 470 milliards contre nous! Un cadeau géant de 470 milliards pour le Medef.

    Pour tenter de masquer ça, ils vont augmenter de quelques euros votre salaire net mais baisser de centaines d'euros votre salaire brut.

    Ils baissent le haut de la feuille de paie en faisant croire qu'ils augmentent le bas de celle-ci. C'est un coup de bonneteau.

    Et c'est pourquoi Macron diffère le prélèvement de l'impôt à la source prévu fin janvier 2018, purement pour manipuler, cacher cette énorme arnaque.

    Et voilà pourquoi, sur le fond, il faut résister aux effets des scrutins de mai et juin 2017, on le peut, on le doit car il s'agit pour "En marche", d'une majorité artificielle et très dangereuse:

    1) Les abstentions du 11 juin ont une immense portée, la moitié du pays s'est détournée du résultat final. Même s'il obtient un groupe "godillot" déraisonnablement gonflé, Macron n'obtient que 31% de 50% des exprimés, ce président a été élu avec environ 14 à 16 % d'adhésion à sa personne, les autres voix il les a eues par défaut, à cause du mécanisme institutionnel en cascade anti-démocratique de la V° République. Et là, en dépit de toutes les apparences, c'est une perte sèche de plus de 30 % des voix en chiffre absolu. Ce record historique des abstentions signifie un pouvoir contesté et contestable. Quand on étudiera en détail on verra que la gauche est là mais qu'elle s'est massivement abstenue, parce que ses électeurs sont sur la défensive depuis le terrible désastre du 23 avril provoqué par l'échec tragique du quinquennat Hollande-Macron-Valls puis par la division Mélenchon-Hamon.

    2) Le 18 juin, on peut et on doit sauver tout ce qui peut l'être des députés de gauche au deuxième tour. Si on veut additionner des voix pour ça, ce sont celles de toute la gauche, rose, rouge, verte, il faut faire tout ce qu'on peut pour un désistement systématique et réciproque FI, PCF, EELV. Sauver tout ce qu'on peut de ce camp-là c'est résister et reconstruire l'avenir avec une gauche authentique et unitaire.

    Pour avoir un groupe parlementaire rose rouge vert indépendant capable de combattre Macron-Thatcher, j'appelle au désistement systématique et réciproque pour FI, EELV, PCF, et le PS anti Macron. J'appelle encore et toujours à l'unité à gauche décisive qui a fait si cruellement défaut. Mais que ce soit clair: pas une voix de gauche pour celles et ceux qui ont soutenu Macron où se sont réclamés de sa "majorité présidentielle".

    https://www.huffingtonpost.fr/gerard-filoche/macron-et-sa-majorite-preparent-la-plus-terrible-attaque-contre_a_22137311/?ncid=other_twitter_cooo9wqtham&utm_campaign=share_twitter

     


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    Nouveau ! Suivez ma sélection d'infos (+ mes commentaires), chaque jour, ici :

    http://eva-r-sistons.eklablog.com/l-actualite-commentee-par-eva-r-sistons-a-partir-du-1-octobre-2018-a148829850

    France, le goulag est en marche: des lycéens, mineurs arrêtés au lycée Arago (Paris 12ème) détenus dans des conditions dignes de la gestapo

    Peuple de France, le goulag est en marche… La répression systémique de la jeunesse est la marque de l’infamie totalitaire. Il est grand temps que le peuple réalise qu’il n’y a pas plus de liberté et de liberté d’expression au sein de l’État que de beurre en branche. La France et sa république bananière n’échappe en rien à la règle, il suffit de lire ce qui suit pour s’en convaincre.
    Tout pouvoir coercitif induit en lui-même sa résistance,… Tout peuple sujet à la coercition et au muselage de ses droits (devenus privilèges temporaires…) est en état de légitime défense, à ce titre…

    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
    Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
    Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

    Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
    Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
    Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
    Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite…

    C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
    La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
    Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
    Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève…

    Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
    Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
    Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
    Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute…

    Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

    ~ Résistance 71 avec Joseph Kessel et Maurice Druon ~

    Mise à jour du 10/10/18: Couverture internationale de la répression de l’état français sur les Gaulois Réfractaires aux inepties d’un système à la dérive total(itair)e. Cette photo de ce lycéen couvert de sang va faire le tour du monde sûr et certain…

    https://www.rt.com/news/440806-paris-demonstration-clashes-police/

     

     

    Soutien aux interpellé.e.s lycéens pacifiques d’Arago qui ont manifesté pacifiquement contre parcoursup, rendez-vous  les 19 et 22 octobre 2018 au TGI

    Source anonyme

    9 octobre 2018

     

    « On les a traités comme des terroristes » : la colère des parents des jeunes interpellés au lycée Arago, à Paris

    Après avoir occupé le lycée Arago, dans le 12e arrondissement de Paris, plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellés et placés en garde à vue, mardi. Interrogés par franceinfo, leurs parents s’indignent des conditions de leur détention. 

    « Cinq heures dans un bus sans sortir puis une nuit à croupir dans une cellule où des gens font leurs besoins par terre… Ça me révolte en tant que parent qu’une jeune de 16 ans soit confrontée à ce genre de situation ! » Réunis devant les grilles du tribunal de grande instance de Paris, jeudi 24 mai, plusieurs parents d’élèves du lycée Arago, situé dans le 12e arrondissement, dénoncent les conditions dans lesquelles leurs enfants ont été interpellés

    « Enfermés sans manger ni aller aux toilettes »

    Autour de 20 heures, les manifestants sont transportés vers un commissariat du 18e arrondissement. « Mon mari les a suivis. Il a vu que les jeunes étaient restés enfermés dans des bus pendant près de cinq heures, jusqu’à environ minuit et demi, sans manger ni aller aux toilettes. C’est très grave », raconte la mère de Lila*, adolescente de 16 ans, scolarisée dans un autre lycée parisien.

    Après la signification de leur placement en garde à vue, les jeunes sont répartis dans différents commissariats de la capitale. Lila passe la nuit dans des locaux du 4e arrondissement. « Nous, nous avons eu de la chance parce que nous avons réussi à savoir où elle avait été transportée, mais beaucoup de parents sont restés sans aucune nouvelle de leurs enfants », s’indigne sa mère.

    « J’ai passé la nuit à passer des coups de fil »

    Pour retrouver la trace de sa fille, Hélène* a ainsi multiplié les appels. « J’ai passé la nuit à passer des coups de fil à tous les commissariats de Paris, mais on ne me disait rien. Ce n’est que le lendemain à midi que j’ai réussi à savoir où elle était. » Une mère de famille présente devant le tribunal de grande instance de Paris livre un récit similaire. « Heureusement, ma fille a pu me téléphoner lorsqu’elle était dans le bus pour me prévenir qu’elle avait été arrêtée, explique-t-elle. Sinon je n’aurais rien su avant 3 heures du matin, au moment où la police m’a appelée pour me dire que ma fille était placée en garde à vue. »

    « Certains jeunes ont été baladés de commissariat en commissariat, sans pouvoir contacter leur famille ! C’est tout bonnement scandaleux », estime de son côté Jean-Jacques Renard, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Paris.

    ”Ces jeunes sont juste rentrés dans un lycée pour manifester et on les a traités comme des terroristes. C’est absolument disproportionné comme réaction.”

    — Jean-Jacques Renard, vice-président de la FCPE Paris

    https://www.francetvinfo.fr/economie/greve/on-les-a-traites-comme-des-terroristes-la-colere-des-parents-des-jeunes-interpelles-au-lycee-arago-a-paris_2767807.html

    Non à la répression policière et judiciaire ! Non aux procès politiques ! Que vive la solidarité face à la répression !

    Le 22 mai dernier, suite à la manifestation de la fonction publique, 102 personnes dont une quarantaine de mineurs sont interpellées dans le lycée Arago qu’ils occupaient afin d’organiser pacifiquement une assemblée générale.

    Leur garde à vue, prolongée par une nuit au dépôt et un déferrement au parquet pour la plupart d’entre eux, sera particulièrement indigne, longue (48h en moyenne, jusqu’à 60h pour certains) et entachée d’erreurs de procédures. Quasiment tous ces jeunes ont fait l’objet d’un fichage photo, digital et souvent ADN. Pour deux d’entre eux, sans aucun antécédents judiciaires : de la détention provisoire, plus de trois semaines pour l’un d’eux !

     

    Les charges retenues contre ces jeunes sont délirantes et scandaleuses : « intrusion dans un établissement d’enseignement scolaire, les faits ayant été commis en réunion dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement », « rassemblement en vue de commettre des dégradations », etc.

    Il s’agit, selon juristes et avocats, d’un détournement, à des fins de répression, d’un article du code pénal destiné à réprimer des “casseurs”, d’un dévoiement des droits politiques et syndicaux. Ces procès sont donc bien plus graves que de simples histoires de jeunes qui passent devant la justice pour quelques bêtises en manifestation ; ces procès soulèvent des questions beaucoup plus dérangeantes, qu’il est temps d’écouter et d’affronter : jouissons-nous encore, en France, de la liberté d’expression ? Sommes-nous toujours en État de droit ? Pouvons-nous accepter que des citoyens soient inquiétés alors qu’ils ne faisaient qu’exercer leur droit à manifester, à se rassembler pour discuter pacifiquement de lois iniques : Parcousup, loi ORE en l’occurrence ? Pouvons-nous accepter de glisser vers un musellement de la parole du peuple sans réagir ?

    Le 19 octobre sera examinée l’incompétence ou non du tribunal vu le caractère politique de cette affaire.

    Enfin, n’oublions pas et restons solidaires avec les 26 personnes

    Passage au tribunal :

    * Rendez-vous le vendredi 19 octobre à 13h30 au tgi, 10e chambre correctionnelle, section 2 (7 prévenus en procès)

    * Rendez-vous le lundi 22 octobre à 9h au tgi, 29e chambre correctionnelle (5 prévenus en procès)

    Rendez-vous de soutien :

    * Rendez-vous le mardi 16 octobre à 18h30 à la bourse du travail République pour préparer la mobilisation et organiser le soutien au tgi, à l’appel de la coordination contre la répression et les violences policières

    * Rendez-vous le mercredi 17 octobre à 19h pour la 8e ronde des libertés autour du lycée arago, ronde qui préparera les rassemblements au TGI des 19 et 22 octobre

    https://paris.demosphere.eu/rv/63910

    contact : comitearago22mai@framalistes.org

    https://paris-luttes.info/soutien-aux-interpelle-e-s-d-arago-10856

    Le but du procès contre les lycéens manifestant contre Parcoursup est de « Traumatiser les jeunes pour les empêcher de se mobiliser »

    témoignages de la maltraitance des lycéens manifestants contre Parcoursup pacifiquement pendant leur arrestation « on a été parqué 5 heures dans un bus de CRS, sans eau, sans nourriture, sans pouvoir contacter nos parents »

    https://youtu.be/LEpcwl0n6BE

    Une vidéo qui montre comment les lycéens qui ont manifesté pacifiquement contre Parcoursup au lycée d’Arago ont été traités comme des terroristes:

    Des CRS casqués, armés encerclant le lycée pour attraper les lycéens qui voulaient manifester contre la réforme Blanquer. Lequel veut interdire le téléphone portable…On se demande pourquoi…Pour empêcher de filmer les bavures policières par exemple…

    https://youtu.be/cUizXPtzZhM

    le président de l’UNL est intelligent, il a compris que la suppression des profs c’est pour mieux fliquer les élèves:

    «Nous allons supprimer 2600 postes de professeur•e•s au lycée. Ces économies nous permettront de financer une brigade spéciale qui sera chargée de tabasser les lycéen•ne•s qui protestent contre les 2600 suppressions de postes ».https://twitter.com/l_boyard/status/1046805932905238528

    En plus du flicage dans les lycées, une directrice de lycée lance une interdiction du portable pour empêcher de filmer les bavures policières

    https://twitter.com/unl57/status/1047529098673840128

    Sarkozy voulait mettre des flics dans les lycées

    http://www.leparisien.fr/societe/des-policiers-dans-les-53-etablissements-les-plus-durs-06-05-2010-911243.php

    Sarkozy est pour la sélection à l’université

    https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/nicolas-sarkozy-prone-la-liberte-de-selectionner-a-l-universite.html

    Les portables au lycée interdits dès la rentrée prochaine

    Le Sénat veut autoriser les lycées à interdire les portables via leur règlement intérieur pour empêcher les lycéens de filmer les bavures policières, car on l’a vu, les flics arrêtent les journalistes qui filment les arrestations de lycéens par les policiers

    http://www.lepoint.fr/societe/vers-une-interdiction-du-portable-dans-les-lycees-17-07-2018-2236896_23.php

    2 journalistes qui ont filmé la violente arrestation des lycéens manifestant contre Parcoursup au lycée Arago ont été arrêtés

    https://www.streetpress.com/sujet/1528812614-reporters-independants-occupation-arago

    Le 22 mai, environ 130 lycéens inquiets qui protestaient contre Parcoursup et occupaient

    pacifiquement le lycée Arago ont été arrêtés. D’autres arrestations, y compris de mineurs ont eu lieu dans plusieurs établissements parisiens.

    Ces jeunes ont été frappés par une répression inouïe, et cette première rencontre avec la Justice les a traumatisés ainsi que leur famille. Retenus 6 heures dans un bus bondé, sans toilettes, ni eau ni nourriture, gardes à vue prolongées, conditions de détention indignes, mineurs fouillés à corps, mineurs et jeunes majeurs déférés au Parquet placés sous contrôle judiciaire, jeunes placés en détention provisoire…

    Les témoignages sont nombreux et concordants, et ils n’émanent pas de prétendus casseurs.

    Le SNES-FSU condamne avec la plus grande fermeté les violences policières dont sont victimes les jeunes qui manifestent leur opposition au projet de tri social qu’est Parcoursup.

    Il soutient les jeunes et leurs familles indûment poursuivis, et appelle à les soutenir en participant au rassemblement qui aura lieu à Paris le 15 juin 2018.

    https://www.snes.edu/Lyceens-contre-Parcoursup-en-garde-a-vue-le-peril-jeune.html

    2 journalistes qui ont filmé la violente arrestation des lycéens manifestant contre Parcoursup au lycée Arago ont été arrêtés

    https://www.streetpress.com/sujet/1528812614-reporters-independants-occupation-arago

    Avec le LPC, l’Etat français entreprend silencieusement le fichage informatique centralisé des compétences des citoyens, dès l’école et tout au long de la vie

    l’éducation nationale n’a cessé de développer le fichage des enfants jusque dans l’enseignement supérieur et en apprentissage, multipliant notamment les environnements numériques de travail (ENT) et les téléservices en partenariat avec les collectivités territoriales et/ou au bénéfice de partenaires privés

    Un courrier interne a également été dévoilé en mai 2017, démontrant que le ministère s’apprête à mettre les bases de données scolaires, y compris les répertoires des élèves, à disposition des GAFAM (Google, Appel, Facebook, Amazon, Microsoft et autres géants du web) et ce, dans un vide juridique total reconnu par la Cnil, ouvrant la porte à la commercialisation des données scolaires et au profilage des élèves par des sociétés privées (assureurs, recruteurs…).

    Aujourd’hui, avec le retour de Blanquer aux commandes, mais cette fois comme ministre, de nombreux projets menacent l’éducation nationale et les pédagogies émancipatrices. La liberté pédagogique des équipes est menacée par un management pseudo-scientifique aux résultats, avec notamment le retour et la multiplication des évaluations nationales, favorisant les méthodes transmissives. La réforme du travail placera plus que jamais l’école dans un rôle de préparation à l’employabilité, dans un esprit de compétition exacerbée du marché des travailleurs, où chacun devra se vendre, sur la base de ses compétences. La lutte contre le Livret scolaire numérique LSUN ne peut être isolée de ces « réformes » qui sapent l’éducation.

    https://retraitbaseeleves.wordpress.com/2017/09/12/appel-a-la-convergence-des-luttes-contre-le-lsun/

    https://resistance71.wordpress.com/2018/08/31/education-sous-nouvel-ordre-mondial-la-vaste-fumisterie-elitiste-de-parcoursup-et-de-ses-sponsors-prives/

    Le 22 mai 2018 se tenaient à Paris et dans toute la France des manifestations, regroupant des fonctionnaires, des étudiant.e.s, des lycéen.ne.s, des cheminot.e.s , des salarié.e.s de l’énergie.

    Des dizaines de milliers d’individu.e.s sont descendu.e.s dans la rue pour se dresser et protester contre les réformes de notre gouvernement et contre les politiques actuelles.

    Le 22 mai 2018, à Paris, 12e arrondissement, s’est tenu un rassemblement devant le lycée Arago, improvisé par des étudiant.e.s et des lycéen.ne.s, venu.e.s protester contre les inégalités engendrées par ParcourSup. Ces manifestant.e.s sont rentré.e.s dans le lycée afin de tenir une occupation pacifique, et ont organisé rapidement une Assemblée Générale afin de discuter de la suite des événements dans le calme et le respect des lieux.

    Le 22 mai 2018, dans le lycée Arago, 101 jeunes ont été interpellé.e.s, arrêté.e.s, et placé.e.s en garde à vue. Parmi ces 101 étudiant.e.s, nous constations la présence de mineur.e.s, parfois très jeunes. En résumé, ce sont 101 jeunes non masqué.e.s, non armé.e.s et non agressif.ve.s, venu.e.s avec pour seule intention celle de débattre, que le gouvernement a arrêtés.

    Nous dénonçons les conditions de détention absolument honteuses, enfermé.e.s à plus de 60 dans un bus de 30 places pendant plus de 4 heures, garé dans le parking souterrain du commissariat du 18e arrondissement, puis parqué.e.s dans ce même parking comme des animaux, sans eau, sans droit d’aller aux toilettes, sans information. Nous dénonçons aussi les interrogatoires, la pression mise à des jeunes mineur.e.s, les cellules de 9 mètres carrés remplies par 25 personnes, les actes de violence de certains policiers, les mensonges sur les heures de sortie, les nombreux vices de procédures. Ces jeunes ont été pour la plupart retenus 60h en garde à vue avec l’impossibilité de contacter leurs proches.

    Ce procès est un procès politique

    Le Jeudi 24 mai 2018, 67 d’entre eux ont été déférés en comparution immédiate : parmi eux la plupart ont été mis en examen pour des charges telles que “intrusion” et “rassemblement en vue de commettre des dégradations” ; amenant une interdiction de pénétrer dans Paris jusqu’à la date du procès.

    Ce procès est un procès politique. Aucune violence de la part des interpellé.e.s, aucune dégradation : rien ne justifie de telles sanctions, une telle dureté, si ce n’est faire peur aux lycéen.ne.s qui se mobilisent, aux manifestant.e.s, à ceux et celles qui font entendre leur voix !

    Ces procès sont bien plus graves que de simples histoires de jeunes qui passent devant la justice pour quelques bêtises en manifestation ; ces procès soulèvent une question beaucoup plus dérangeante, que certains voudraient étouffer : avons-nous encore une totale liberté d’expression ?

    Ces actes sont la preuve que nous glissons peu à peu vers un musèlement de la colère du peuple, vers un État de droit privatisant tout ce qu’il y a à privatiser et qui ne fonctionne que pour la machine bien huilée du patronat.

    La masse grondante dans la rue n’est pas une bande de gauchistes en manque d’attention ; nous sommes les étudiant.e.s mécontent.e.s, réclamant un libre accès aux études supérieures et du budget pour nos universités.

    Nous sommes les lycéen.ne.s à qui l’on refuse le droit d’étudier parce que nous n’avons pas eu les mêmes chances que certain.e.s plus aisé.e.s, et qui voyons nos rêves balayés par la politique de sélection profondément inégalitaire de ParcourSup.

    Nous sommes les cheminot.e.s , les fonctionnaires, les professeurs, les révolté.es, nous sommes la voix de toutes et tous les mécontent.e.s et nous sommes celles et ceux qui nous battons pour des droits que l’on nous refuse.

     Militant.e.s de tous bords, citoyens et citoyennes : le gouvernement préfère aujourd’hui arrêter 101 d’entre nous plutôt que d’écouter les dizaines de milliers qui sont dans la rue. Nous ne nous laisserons pas faire ; et nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de votre voix, vos déclarations, de votre parole, mais aussi et surtout de votre présence devant le TGI

    https://paris-luttes.info/101-a-arago-des-milliers-devant-le-10418

    Mathilde Larrere, enseignante, s’est rendue au rassemblement organisée devant le lycée en soutien aux lycéens arrêtés dans la manifestation pacifique contre Parcoursup, elle raconte :

    « Je suis allé au rassemblement en soutien aux gamins interpellés, ils seraient une soixantaine, dont un très grand nombre de mineurs. Ils sont élèves à Arago, Condorcet (Montreuil), Voltaire, etc. Ils sont rentrés dans le lycée Arago pour tenir une assemblée générale. La proviseure a appelé la police qui est alors entrée dans l’établissement. Les élèves ont été pressés, tous fouillés, palpés plusieurs fois. Une gamine a fait une crise d’angoisse, les pompiers ont donc été appelés et ont dû arracher à la police le droit d’entrer dans l’établissement. La mère a été appelée mais la police a refusé de la faire entrer. Finalement les pompiers sont parvenus à la faire rentrer puis la gamine a été évacuée en ambulance : c’est la seule qui n’ait pas été interpellée. Elle a pris la parole en larme lors du rassemblement, inquiète pour ses copains les autres gamins emmenés dans des bus. Certains ont 15 ans, ils sont restés dans ces bus plus de 4 h, sans eau, sans accès au toilettes, sans pouvoir voir d’avocat et sans pouvoir appeler leur parents. Certains parents ont écumé les commissariats toute la nuit à la recherche de leur progéniture. Lors du rassemblement de soutien, soit 24h après leur arrestation, certains parents ne savaient toujours pas où leur enfant était gardé à vue.

    Sur twitter, un parent élu FCPE évoque des ordres venant de « beaucoup plus haut ».

    A l’issue de leur garde à vue, les lycéens passent ce soir une deuxième nuit derrière les barreaux et seront déférés au Parquet demain matin, à la stupéfaction des policiers qui pensaient les relâcher et déclarent aux parents que « l’ordre vient de beaucoup beaucoup plus haut ! »

    Le message gouvernemental est clair : ceux qui refusent d’être évalués, sélectionnés et triés par des algorithmes de Parcoursup, le seront par la police. Les lycéens l’entendront-ils de cette oreille ?

    https://lundi.am/Arago-101-lyceens-et-grevistes-places-48h-en-garde-a-vue

    Témoignage d’une arrêtée du lycée Arago

    « J’ai les jambes qui tremblent, mon corps se place dans la forme de mon voisin. Je commence à concevoir pleinement l’espace qui nous entoure comme une denrée précieuse et rare. Cela fait quatre heures déjà, que nous sommes enfermés. »

    Pour ma part, j’ai eu l’honneur de me faire fouiller deux fois de suite étant donné que la première flic avait oublié de transmettre à l’OPJ ma feuille de fouille.

    Je suis emmenée un peu plus tard, en compagnie de 3 filles que je ne connais pas, dans un camion fourrière qui nous divisera dans deux commissariats différents. Nous arriverons, avec Sardine, dans le commissariat du Xe arrondissement. L’idée de me faire encore enfermer dans une boîte sans air me file une nausée terrible. Une fois dans la cellule, on arrive tout de même à s’endormir, à même le sol, en compagnie d’une Bulgare avec qui nous n’avons pas vraiment fait connaissance puisque cette dernière ne parle pas un mot de français. Il est environ 3 heures du matin. Je fais tout au long de la nuit des rêves étrangement heureux, me promenant, libre, en compagnie d’êtres imaginaires. Songes, bien sûr, qui se solderont par la frustration de se retrouver derrière les barreaux.

    Nous sommes réveillées aux alentours de 7 heures avec l’offre de nous sustenter de gâteaux bretons périmés depuis 2014 et une brique de jus d’orange concentré. Je décline la proposition. Sardine part ensuite avec un de ces porcs. Elle revient quelques instants plus tard : elle a refusé les empreintes. C’est à mon tour, je m’exécute (il m’ont, par le passé, déjà volé mes mains). Le type en question qui m’imprime les doigts est une sorte de nain à l’expression remarquablement apathique, nous l’appellerons ici Humpty Dumpty. Hmpty Dumpty étant remarquablement petit, il fut donc dans l’impossibilité d’atteindre le mètre mesureur, relevé alors à son maximum. Je vis qu’il était dans l’embarras, et lui proposa avec amusement de le descendre à sa place.

    Je regagnais ma cellule quand Sardine fut remmenée par le même gars, suivi, cette fois-ci, d’un bonhomme de deux mètres de haut, soi-disant « chef du département des empreintes » (qui, à mon avis, n’était qu’un malabar de la BAC). L’entretien me paraît long, trop long. Quinze minutes, une demi-heure passent, quand revient, toute abattue, ma petite compagne de cellule. « Ils m’ont dit que si je refusais ils m’enverraient en prison, que j’aurais une amende…

    — Mais je t’avais dit que c’était faux, c’est que du mensonge !

    — Je sais, j’ai craqué, c’est tout. »

    Les larmes lui viennent et ma haine s’aiguise immanquablement.

    Nous faisons peu à peu connaissance en jouant aux devinettes, pour nous divertir de la situation. L’heure du déjeuner se fait sentir. On nous porte, par une petite trappe dérobée, deux plats en plastique fumants. Le riz méditerranéen est une première pour Sardine, qui le goûte sans trop rechigner. Pour ma part, j’aborde la nourriture fossilisée avec autant de méfiance qu’une tarentule m’inspire. Je n’ai pas faim de toute façon.

    Nous devons passer désormais en audition. Nous nous étions accordées au préalable, pour ne rien dire. « Je n’ai rien à déclarer ». Fallait voir sa gueule à l’OPJ. On ne démordait pas. Ayant remarqué notre obstination, les flics décident de nous faire la totale. Sardine sera encore la première. En 5 minutes cette fois ils ont réussi à la convaincre de donner son ADN. Je fulmine. Le géant de deux mètre s’amène pour moi, je réplique :

    « —Si c’est pour me prendre mon ADN ça sert à rien de me faire

    déplacer. Je ne le donnerai pas.

    — C’est ce qu’on va voir. On va s’expliquer d’abord.

    — Ouais, on va s’expliquer. »

    J’avais le mord. Une envie de tuer presque. Il me jette dans la petie salle des empreintes, se tient en face de moi, ce colosse à la voix pincée (on aurait dit qu’il s’était coincé les couilles dans un tiroir) et me dit, en montrant ses dents, comme un chien enragé :

    « — Bon, tu va me le donner maintenant ton ADN, comme ta petite copine !

    — Je n’ai rien à déclarer, en serrant les dents, pour l’imiter.

    — Mais encore ?

    Je ne réponds pas.

    — MAIS ENCORE ?

    — Je vous ai déjà répondu. J’ai rien à vous dire.

    — Mais encore ?

    — Vous êtes sourd ou quoi ? Je changerai pas d’avis.

    Il me cause toujours tandis que je lutte pour garder mon sang froid. Je finis pour dire :

    — Bon tu vas me frapper maintenant pour que je donne c’est ça ?

    — Tu joues à quoi là ? t’es gogol ou quoi ?

    — Ouais j’suis gogol, totalement gogol. »

    Il finit par me faire sortir :

    « Tu vas voir, tu vas te retrouver avec trois mois fermes ! j’te mets en prime une remarque sur ton comportement ! »

    Je retrouve Sardine.

    « J’l’ai pas donné. » et là, j’éclate en sanglots, à la fois de joie pour lui avoir tenu tête mais aussi pour libérer ma réelle frousse.Le garçon se débat, il crie : « Pourquoi ? Non…Non ! »

    J’entends alors une volée de coups s’abattre sur lui. Il le supplie d’arrêter. Je me mets à gueuler et à tapper contre les vitres. En vain. Je me sens comme témoin d’une scène de torture de la Gestapo. En ressortant, le petit saigne près de l’oeil, sur la tempe, et marche avec peine

    Nous sommes sorties à ce moment là de notre cellule avec Sardine et menottées au même banc que les nouveaux arrivants

    Le baceux qui a frappé le premier se rend devant sa cellule. « Alors, comment il va le nabot ? » Un flic le fait sortir, le présente à l’homme de main. Il prend le visage du jeune homme entre ses deux doigts, le tourne en l’inspectant comme un vulgaire morceau de viande.

    « — Ca va, je pensais qu’il serait plus amoché. Il a une bosse et arrive à marcher. C’est déjà ça. »

    Les coups de vingt heures sonnent. Quatre policiers viennent pour moi. Je suis détachée du banc pour être remenottée, les mains dans le dos. Dans la voiture, je regarde les passants et essaye d’attirer le regard de certains. Un me regarde, me fait un geste de compassion. Arrivées au TGI flambant neuf nous devons passer une multitude de sas dont les portes restent encore défectueuses. La suite de l’histoire n’est pas exotique : je resterai quelques 16 ou 17 heures dans une cellule insonorisée à dormir, chanter … en attendant de voir mon avocat et la proc’.

    Je sortirai avec une feuille m’annonçant mon procès, prévu dans 5 mois c’est à dire pour octobre 2018.

    https://lundi.am/Temoignage-d-une-arretee-du-lycee-Arago

     


    La république massacrante, hier…

     

     
    … et aujourd’hui…


    … en attendant demain !

     

    https://resistance71.wordpress.com/2018/10/09/france-le-goulag-est-en-marche-des-lyceens-mineurs-arretes-au-lycee-arago-paris-12eme-detenus-dans-des-conditions-dignes-de-la-gestapo/

     

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    Emmanuel Macron est un imposteur : Voici l'exemple du Plan pauvreté.

    L’aumône communicante de Macron aux pauvres

    16 septembre 2018

     

    Après avoir tardé en parlant du « pognon de dingue » que coûteraient les aides sociales, Macron a fini par présenter son plan pauvreté. Mais comme beaucoup le soulignent, le fond des mesures est profondément décalé des ambitions affichées. C’est qu’il s’agit avant tout d’une vaste opération de communication pour essayer de légèrement compenser son image de président des riches

     

    Beaucoup de bruit pour pas grand-chose

     

    Bien sûr, le président de la République a tenu des mots qui ont pu plaire à certains, donnant enfin une petite touche sociale à son mandat. Mais d’abord, ce n’est pas une séquence d’une semaine et quelques mesures qui peuvent faire oublier des mois à mener des politiques uniquement destinées aux plus riches et au monde des affaires, souvent au détriment de tous les autresQuelques mesures sont intéressantes, que ce soit sur la formation des jeunes ou le développement des crèches, dans l’objectif de traiter les causes de la pauvreté, et ne pas se contenter des conséquences. C’est louable, mais les moyens semblent bien limités et la portée des mesures trop incomplètes pour changer les choses.

     

    Macron a gonflé la portée de son plan sur quatre années pour lui donner du poids. Huit milliards, sur quatre ans, cela peut sembler plus important que deux milliards par an, surtout quand les médias oublient de mentionner la durée… Il faut dire que du point de vue de la communication, annoncer un plan pour lutter contre la pauvreté aux moyens beaucoup moins élevés que les baisses d’impôts pour les plus riches, cela était délicat. Il faut donc cumuler quatre années de budget de lutte contre la pauvreté pour dépasser le montant des baisses d’impôts pour les plus riches, sur une seule année… Comme une signature de cette présidence, et des priorités qu’elle se donne véritablement.

     

    D’ailleurs, quand on fait les comptes, le plan ne représente qu’un peu plus de 200 euros pour les Français pauvres par an, quand les mesures de 2017 faisaient gagner près de 20 000 euros aux 280 000 Français les plus riches, et même un million par an pour les 3000 les plus riches ! Cette comparaison en dit long sur les véritables priorités de ce gouvernement. Pire, Guillaume Duval souligne que ces deux milliards viennent du budget emploi et de la réduction des emplois aidés. Ce plan pauvreté ressemble plus à un exercice que s’impose le président pour tenter de rééquilibrer son image qu’à une véritable priorité. Pour preuve sa visite dans un centre d’ATD Quart Monde, dont le timing démontre que la première ambition est de forme plutôt que de fond puisqu’elle venait bien tard pour nourrir le plan…

     

    D’ailleurs, ce plan a été placé dans une semaine tellement riche en annonces diverses et variées que sa modeste importance budgétaire semble faire écho à sa place limitée dans l’histoire racontée par l’Elysée. En effet, cette semaine, nous avons eu droit à l’élection de Richard Ferrand à la présidence de l’Assemblée Nationale, la déclaration de Macron sur Maurice Audin et la torture en Algérie, dans la ligne droite des pratiques de nos dirigeants depuis des décennies, le résultat du loto du patrimoine et au lancement de la boutique de l’Elysée ! Cette dernière ne déparaierait pas dans un régime autocratique par le culte effarant et sans nuance de la personnalité du président qu’elle projette.

     

    De manière sans doute pas si anecdotique, le traitement de ce plan pauvreté par Nicolas Canteloup a été particulièrement sévère et bien vu pour le président, le renvoyant à son image plus que légitime de président des riches, et évoquant les 60 centimes par jour par personne pauvre que mobilise le plan. Tout le monde a compris qu’il ne s’agissait que d’un exercice de communication.

    http://www.gaullistelibre.com/2018/09/laumone-communicante-de-macron-aux.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+gaullistelibre+%28Blog+gaulliste+libre%29&utm_content=Yahoo%21+Mail

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    LAWFARE, le nouvel essai néolibéral en Amérique du Sud

    LAWFARE, le nouvel essai néolibéral en Amérique du Sud

     

    Les leaders progressistes latinoaméricains de la dernière décennie subissent aujourd’hui les arguties d’une Justice corporative et au service des intérêts de la droite conservatrice.

    Au XXIe siècle, quand le néolibéralisme mondialisé semblait imbattable, au sein des pays d’Amérique du sud un groupe de présidents a démontré qu’avec des politiques adaptées, un monde de bien-être pour tous était possible.

    Ils sont arrivés au pouvoir en respectant toutes les règles du jeu démocratique que les puissances d’Occident disent défendre. Les présidentes et les présidents ont été choisis et réélus par des votes massifs, au minimum le double du chiffre qu’affichent les leaders de la Maison Blanche ou les Présidents ou Premiers ministres européens. Ils ont obtenu des résultats extraordinaires : ils ont sorti des millions de Sud-Américains de la pauvreté ; désendetté leurs pays ; ils ont obtenu la reconnaissance de l’Unesco, qui a déclaré la région « sans analphabétisme », et des Nations Unies qui l’a félicité pour être « une zone unique dans le monde sans guerres », et ont atteint, au niveau national des réussites scientifiques et économiques sans précédents, et tout cela sans les crises et les tremblements de terre institutionnels typiques de l’Amérique du Sud. La période des gouvernements progressistes a été la période la plus longue de stabilité de nos républiques depuis leur naissance au XIXe siècle.

    Evidemment pour mettre en œuvre ces politiques de réussite, ils ont eu à défier l’extraordinaire appareil culturel qui légitimait l’orthodoxie du marché comme l’unique modèle économique possible et l’alignement avec les États-Unis, la désunion de nos pays et l’abandon de la souveraineté dans notre politique extérieure.

    Ce fut le deuxième grand laboratoire de l’Amérique du Sud des dernières décennies. Podemos en Espagne ; le Parti travailliste de Jeremy Corbyn au Royaume-Uni ; Syriza en Grèce, et la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon ont suivi avec intérêt le processus et l’ont intégré dans leurs politiques. Le premier grand laboratoire fut en 1973 le Chili d’Augusto Pinochet, quand Milton Friedman et ses « Chicago boys » ont essayé, à feu et à sang, le néolibéralisme. Ensuite ce modèle a été mis en application mondialement, d’abord par Margaret Thatcher à la fin des années 70, et par Ronald Reagan dans les années 80.

    EXPÉRIENCE

    Dans le cas des propositions progressistes du début du XXIe siècle, l’expérience n’est pas encore finie. Le défi de ces présidents aux prédateurs du conglomérat mondial de la finance –et de l’industrie de l’armement et le fait qu’ils ont démontré, dans la pratique, la viabilité des projets d’équité et de bien-être font payer au modèle aujourd’hui un prix très élevé. Les représailles de l’establishment sont féroces.

    Le 11 septembre dernier, devant la décision judiciaire de l’empêcher de se présenter comme candidat à la présidence, l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva a envoyé une lettre sentie au peuple du Brésil dans laquelle il leur demande de voter pour son remplaçant. « À l’avenir, Fernando Haddad sera Lula pour des millions de Brésiliens. Jusqu’à la victoire, une accolade du compagnon de toujours ». Bien qu’il n’y ait pas eu de preuves dignes de foi d’un délit, Lula a été condamné à douze ans de prison. Les juges ont fait la sourde oreille même aux recommandation de l’ONU qui demandait qu’il lui soit permis de participer aux élections du 7 octobre parce que deux instances doivent encore se prononcer dans son procès pour savoir s’il est innocent ou non. Plus encore 40 % des Brésiliens veulent le choisir comme président.

    Mais, le désir populaire vaut il quelque chose ? Est-ce un hasard que tous les présidents progressistes soient poursuivis par la Justice et que les présidents d’héritage néolibéral, ayant des délits de corruption prouvés -Michel Temer (Brésil), Pierre Pablo Kuczynski (Pérou), Enrique Peña Nieto (Mexique) ou Mauricio Macri (Argentine), pour citer quelques exemples – sont libres et dans certains cas continuent de gouverner ? L’ex-présidente argentine Cristina Kirchner et l’équatorien Rafael Correa sont poursuivis par la Justice.

    Le président bolivien Evo Morales a été accusé d’avoir un fils et de ne pas le reconnaître, ce qui a diminué ses possibilités de triompher dans un référendum qui proposait sa réélection. Peu de mois après, on a su que ce soit disant fils non reconnu n’existait pas, mais il était déjà trop tard. La même chose est survenue avec Dilma Rousseff, accusée d’une supposée irrégularité administrative, qui a débouché sur un procès politique en 2016. Peu de temps après, le ministère public brésilien a établi qu’ « il n’y a pas eu de délit » et a ordonné de classer l’enquête. Il était aussi trop tard, le Congrès du Brésil avait déjà voté sa destitution.

    Pour l’anthropologue John Comaroff, de l’Université de Harvard, Lula est un clair exemple de lawfare [Guerre Juridique] c’est-à-dire quelqu’un qui est victime de l’abus de la loi à des fins politiques. Il s’agit d’un nouveau terrain d’essai en Amérique du Sud qui pourrait être utilisé ensuite dans d’autres parties du monde. « La violence de la loi a remplacé la violence des armes. Maintenant avec ces processus judiciaires la dignité des personnes est attaquée, elles sont gommées, on veut les faire disparaître », a-t-il affirmé.

    ILS NE REVIENNENT PLUS

    Comment opère le lawfare ? Les médias (y compris les réseaux sociaux) et le Pouvoir judiciaire (en alternance dans certains pays avec le Législatif) en sont sa colonne vertébrale. D’abord un délit supposé « filtre » dans la presse et tous les jours et à toute heure, sont publiés soupçons ou fausses nouvelles qui impliquent « l’ennemi politique ». Ce bombardement médiatique crée une sensation de présomption de faute. Finalement, ces fausses nouvelles sont prises comme base de départ pour réaliser des enquêtes policières et des poursuites en justice. Pendant ce temps, dans l’opinion publique se forge l’idée que le « suspect » est coupable et que la Justice agit avec équité.

    Le cas de Lula – la manière dont il a été emmené en prison, les châtiments auxquels il est soumis, (comme l’interdiction de parler) et les conditions d’isolement beaucoup plus dégradantes que celles de tout vulgaire assassin ou un homme condamné pour génocide sous la dictature – a réveillé une certaine conscience dans une grande partie du peuple brésilien qui le veut comme président en 2019, bien que, pour le moment, cela ne soit pas possible.

    Cette étape du laboratoire sudaméricain de haute agressivité contre les leaders populaires a deux objectifs : d’un côté, la restauration et l’introduction totale et définitive du modèle néolibéral sauvage, et, de l’autre, la diabolisation et la disqualification des dirigeants et de leurs politiques sociales pour que jamais ils ne reviennent.

    Le politologue Ernesto Calvo, de l’Université de Maryland, a décrit dans l’article « Gaslighting et les FF.AA. » un autre aspect des nouveaux essais de laboratoire qui sont réalisés en Amérique du Sud et à propos desquels nous devons être très vigilants. Il s’agit du piétinement du système institutionnel et la négation de l’État de droit. Calvo analyse les « transgressions » des règles de la démocratie du président US Donald Trump depuis qu’il a pris le pouvoir.

    Mais il alerte aussi sur les changements que Mauricio Macri cherche à travers la loi qui différencie Défense et Sécurité pour les Forces armées argentines. « Pour ceux qui mettent cette nouvelle politique en application, tout cela qui n’a pas été explicitement articulé dans la loi peut être transgressé. Il n’y a pas de limites qui ne peuvent être contournées si le pouvoir veut obtenir un résultat », assure Calvo. Ainsi on peut déconstruire les principes de tolérance politique et porter atteinte aux piliers de la démocratie, comme la liberté d’expression, l’indépendance des pouvoirs, l’aspect sacro-saint du vote et du statut constitutionnel du droit de citoyenneté.

    Telma Luzzani pour Cara y Caretas

    Telma Luzzani est journaliste. Durant 20 ans elle a travaillé à Clarin où elle a couvert des faits historiques comme la chute de l’Union Soviétique, le passage de Hong Kong à la Chine et la guerre entre le Liban et Israël et, a été chef d’édition de la section internationale. Chroniqueur pour Radio Nationale elle co-conduit le programme Vision 7 International à la Télévision Publique Argentine. Elle est aussi auteur de plusieurs livres, dont : « Territorios vigilados : cómo opera la red de bases norteamericanas en Sudamérica » [Territoires surveillés : comment opère le réseau de bases usaméricaines en Amérique du Sud]. Elle vit à Buenos Aires. @TLuzzani

    Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

    source:http://www.elcorreo.eu.org/LAWFARE-le-nouvel-essai-neoliberal-en-Amerique-du-Sud

    https://reseauinternational.net/lawfare-le-nouvel-essai-neoliberal-en-amerique-du-sud/

     


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    Jean Bricmont
    Docteur en sciences et essayiste belge, Jean Bricmont est professeur à l’Université catholique de Louvain. Il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages dont La république des censeurs, Impostures intellectuelles (avec Alan Sokal).

    L'impasse européiste

    © Alberto Lingria Source: Reuters
    Drapeaux européens.
     

    Réagissant au ralliement du RN et de la France insoumise à une non-sortie de l'Union européenne, l'essayiste Jean Bricmont revient sur les contradictions inhérentes à la construction européenne

    Le ralliement du Rassemblement national et de la France insoumise à la non-sortie de l'Union européenne peut être vu par les européistes comme un grand succès. En réalité, ils ont gagné une bataille mais pas la guerre, ce que je voudrais expliquer ici. Ma critique de la construction européenne n'est ni de gauche ni de droite. Aujourd'hui, à gauche, on est presque unanime à critiquer l'Union européenne comme étant néo-libérale ; mais le problème est bien plus profond que cela et provient de ce qu'on pourrait appeler le théorème fondamental de l'impasse européiste : on ne peut pas forcer à s'entendre des gens qui ne s'entendent pas spontanément.

    J'ai vécu la plus grande partie de ma vie dans un pays, la Belgique, dont la devise est «l'union fait la force». Ce principe est peut-être vrai dans l'abstrait, mais la Belgique est un parfait exemple de désunion, et de désunion croissante, et il vaut la peine, avant de parler de la construction européenne, de passer en revue l'histoire récente de ce pays. Quand j'y suis né, dans les années 1950, il existait quatre partis politiques (social-chrétien, libéral, socialiste et communiste) qui étaient tous «nationaux» c'est-à-dire non divisés en branches néerlandophone et francophone et il n'existait pas de partis «linguistiques» c'est-à-dire ne s'adressant qu'à une de ces communautés. Aujourd'hui ces quatre partis sont devenus huit partis, un pour chaque communauté linguistique (le parti communiste a pratiquement disparu mais il s'est divisé en deux avant cela) et le plus grand parti du pays, la Nouvelle alliance flamande est, comme son nom l'indique, exclusivement flamand. Il est vrai qu'il existe encore un parti unitaire, le Parti du travail de Belgique, issu de mai 68 et aujourd'hui semblable à la France insoumise, mais dont les plus gros scores, de loin, se situent en Wallonie, alors qu'il est d'origine flamande.

    «L'union fait la force». Ce principe est peut-être vrai dans l'abstrait, mais la Belgique est un parfait exemple de désunion

    L'Etat belge dans lequel je suis né était parfaitement unitaire. Contrairement à aujourd'hui, il n'existait pas de frontière linguistique entre la Flandre et la Wallonie. D'une réforme de la constitution à l'autre, la Belgique est aujourd'hui un Etat fédéral avec une telle multitude d'institutions que, si par malheur, je devais les étudier, cela provoquerait chez moi la même hantise que mon cours de chimie organique quand j'étais étudiant. Il existe trois régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles) et trois communautés (néerlandophone, francophone et germanophone, cette dernière étant très minoritaire et résultant d'une annexion après la Première guerre mondiale).

    Un des fleurons intellectuels du monde catholique était l'université catholique de Louvain (vieille ville située en Flandre), qui donnait un enseignement dans chacune des deux langues, néerlandais et français (les cours étant donc dédoublés) mais où les laboratoires de recherche étaient bilingues. Un mouvement étudiant  flamand en 1968 (avant le mai français) a exigé la séparation de l'université en deux, ce qui a entraîné le déménagement de la section francophone en Wallonie (les slogans de  l'époque étaient «les wallons dehors», ou, plus à gauche, «les bourgeois dehors», alors qu'aujourd'hui en tout cas, rien ne distingue ces universités d'un point de vue de classe). L'Eglise a tout fait pour s'y opposer mais même elle n'a pas pu résister à la force du nationalisme flamand. Bien sûr d'un point de vue scientifique, la division des laboratoires a été très regrettable. Il faut souligner que le seul «crime» des wallons-bourgeois était de parler français entre eux et parfois aussi à la population de la ville dont beaucoup maîtrisaient cette langue. Ce n'était pas très délicat et l'usage du français dominait sans doute dans les laboratoires «bilingues»  mais  rien n'empêchait un étudiant de suivre les cours dans sa langue, ce qui fait que l'oppression exercée par les Wallons-bourgeois sur les Flamands était quand même fort limitée. N'empêche, ni le gouvernement en partie social-chrétien de l'époque ni l'Eglise n'ont pu empêcher la scission.

    Dilemmes de la construction européenne

    Qu'est-ce que ces histoires belges ont à voir avec l’Union européenne ? Peut-être faut-il commencer par la fin : quel est le but ultime vers lequel tend la construction européenne ? Chez ses partisans, les Etats-Unis d'Europe. Comme on l'a souvent fait remarquer, une différence fondamentale avec les Etats-Unis, qui se sont étendus à partir d’une communauté donnée unique (les 13 Etats ayant mené la guerre d'indépendance contre l'Angleterre), est qu’en Europe on part de nations constituées qui ont des histoires très différentes, parfois très anciennes. En plus, même les Etats-Unis ont énormément de problèmes liés à l’existence sur leur territoire de communautés distinctes issues de l’immigration ou descendant de l'esclavage.

    Il ne faut pas oublier qu'il y a un peu plus de 70 ans, ces pays européens se sont fait mutuellement une guerre atroce. La construction européenne est supposée empêcher les guerres de se reproduire, mais leur existence passée couplée à différents «devoirs de mémoire» pose justement un sérieux problème quant à la possibilité de cette construction. Par ailleurs, certains pays européens ont un passé fasciste (ou d'occupation nazie), d'autres un passé communiste, ce qui ne crée pas la même «mémoire».

    Si on compare à l'histoire de la Belgique, on doit se demander comment créer un état unitaire européen, avec 27 pays, alors que la Belgique, qui ne comprend que deux peuples, ne cesse de se déliter ? Ou, pour le dire autrement, comment construire un Etat européen démocratique s'il n'existe pas de peuple européen ?

    A cette question, il y a deux réponses possibles : que le peuple européen est en construction, ou que l'inexistence d'un tel peuple n'est pas véritablement un problème.

    La première réponse revient à espérer qu’un peuple européen se construise comme ont été construits dans le passé les peuples des états nations actuels, qui ne se sont pas non plus unifiés spontanément. Mais cette construction a pris des siècles, s’est faite souvent par la violence, et est loin d’avoir été accomplie partout ; voir la Belgique, l'Ecosse, la Catalogne, la Bretagne, etc. Si Napoléon, Guillaume II ou Hitler avaient gagné leurs guerres et francisé ou germanisé de force l'Europe, un peuple européen (en réalité français ou allemand) aurait peut-être fini par émerger, mais après un temps très long. Et s'il est vrai qu'on ne trouve plus beaucoup d'Albigeois (au sens de Cathares) à Albi, qui voudrait unifier l'Europe comme l'a été la France ? Si des pays qui sont «unifiés» depuis des siècles, qui ont des langues identiques ou proches (Ecosse et Angleterre, Catalogne et Espagne) et où les différences religieuses n'ont plus beaucoup d'importance, sont encore le théâtre de puissants mouvements indépendantistes, quel espoir réaliste il y a-t-il de «construire un peuple» réunissant Finlandais et Portugais, Danois et Grecs, Polonais et Italiens et, last but not least, Français et Allemands ?

    Reste la deuxième possibilité : faire un Etat démocratique sans peuple, c'est-à-dire sans sentiment d'appartenance à une communauté nationale donnée. Mais alors on se trouve face à une Belgique élevée à la puissance dix. En Belgique, il y deux communautés importantes (trois si on distingue la Wallonie et Bruxelles, quatre si on compte la communauté germanophone). Et on a déjà vu les difficultés, psychologiques et institutionnelles, que cela posait.

    S’il y avait un véritable Etat européen démocratique, il faudrait normalement qu'il y ait un Parlement européen et un gouvernement responsable devant celui-ci. Commençons par le Parlement ; supposons que sa majorité soit démocrate chrétienne, mais avec un sens un peu plus traditionnel donné au mot «chrétien», comme c'est le cas en Pologne et en Hongrie ou comme c'était le cas partout en Europe occidentale dans les années 1950, hormis la France. A supposer que la France soit restée laïque (au sens français du terme), accepterait-elle des lois votées par ce Parlement qui s'opposeraient au mariage pour tous, à l'avortement à la demande, etc. ?  Dans l'autre sens, s'il y avait une majorité socialiste-libérale (comme il y en a eu en Belgique) qui faisait voter des lois en faveur du mariage pour tous, ou de l'avortement à la demande, seraient-elle acceptées en Pologne, en Hongrie et peut-être demain en Italie ?

    Quid du gouvernement ? Un des instruments de stabilité de la Belgique, c'est que le gouvernement fédéral est composé d'un nombre égal de francophones et de néerlandophones (bien qu'il existe nombre de parfaits bilingues dans le pays, personne n'est «asexué» linguistiquement). Mais à moins de multiplier les ministres à l’infini, comment créer un tel équilibre au niveau européen ? Et imagine-t-on un gouvernement européen accepté par tous avec un ou zéro ministre danois, belge, finlandais, portugais, etc. ? Ou avec un seul ministre allemand ou français ?

    Pas besoin d'être marxiste pour constater que, plus la démocratie est indirecte, plus elle est formelle, c'est-à-dire en réalité inexistante

    Si l'on accepte l'impossibilité d'une construction européenne démocratique, il existe encore une autre solution : une construction européenne non démocratique. Et c'est exactement ce qui a été fait, par le transfert d'un maximum de pouvoirs vers des bureaucraties non élues, la commission européenne, la Cour européenne de justice, etc. Il est un peu injuste de reprocher aux européistes le caractère non démocratique de leur construction. Il n'y avait pas moyen de faire autrement, vu les contraintes mentionnées plus haut. Par ailleurs, il est vrai que la plupart des pères fondateurs de l'Europe ainsi que des européistes actuels se méfient comme de la peste de la volonté populaire, toujours suspecte, à leur yeux, de mener au totalitarisme ou à la guerre.

    Les européistes répondront que formellement les décisions européennes sont ratifiées par le Parlement européen ou par le Conseil des ministres. Le mot important ici est «formellement». En effet, pas besoin d'être marxiste pour constater que, plus la démocratie est indirecte, plus elle est formelle, c'est-à-dire en réalité inexistante. La vice-présidente luxembourgeoise de la Commission européenne en 2014, Viviane Reding, déclarait que 75 à 80% des lois étaient des transcriptions en droit national de directives de la commission européenne.

    Où ces directives ont-elles été discutées démocratiquement dans la presse ou au parlement ? Prenons l'exemple de la «réforme de Bologne» de l'enseignement universitaire, qui a fait passer de quatre à cinq ans la durée d'un certain nombre d'études. Elle a été évidemment approuvée par un Conseil de ministres, mais après cela il n'y avait plus rien à discuter, alors que cela augmentait en principe de 25% la charge des enseignants et le coût des études. Il n'y a eu aucune négociation à ce sujet, puisque la décision «venait d'en haut». On a également dû spécifier pour chaque cours, non seulement le nombre d'heures de cours (ce qui est normal), mais le temps qu'un étudiant devrait passer pour assimiler ce cours, de façon à faciliter la mobilité des étudiants en Europe. Comme si un étudiant italien venant en Belgique, qui doit s'adapter au climat, aux mentalités et à une nourriture différente, avait comme principal souci de savoir à l'avance combien d'heures il va consacrer à chacun de ses cours, et comme si ce nombre ne dépendait pas avant tout de chaque individu ! Cet exemple, qui n'est qu'un détail dans l'ensemble de la construction européenne, illustre le fait que celle-ci, loin d'être libérale au sens classique du terme, est une vague de plus dans l'océan des folies bureaucratiques.

    Il y a néanmoins encore un petit souci à régler. Dans la mesure où les peuples sentent que la construction européenne est anti-démocratique ils ont tendance à la rejeter. Mais, comme le vol de la démocratie se fait de façon subtile et plus ou moins cachée, à travers des traités, une justice supra-nationale et des décisions entérinées par des ministres et des parlements nationaux, qu'il n'y a pas de police politique, qu'on n'est pas mis en prison si l'on conteste cette construction, le rejet de l'Union européenne s'exprime aussi de façon confuse et indirecte. Il y a néanmoins tous les référendums qu'il a fallu refaire pour avoir la «bonne réponse» ou ceux qu'on a ignoré comme les référendums hollandais et français de 2005 sur le traité constitutionnel et qui ont été simplement remplacés par le traité de Lisbonne, voté par le Parlement.

    Les uns sont Allemands, les autres pas ! C'est aussi simple que cela mais également aussi impossible à changer !

    La question de l'euro

    Un des grands «succès» de la construction européenne, mais qui peut aussi être à terme son tombeau, a été la création de la monnaie «unique», l'euro, qui est très pratique pour ceux qui voyagent en Europe, mais qui est de nouveau un rêve bureaucratique. Croire que l'on peut empêcher de façon administrative la fluctuation des monnaies qui a toujours existé dans le passé. En effet, avant l'euro, des monnaies comme le franc français et le mark allemand ou la lire italienne et le franc belge ont vu leur valeur relative fluctuer par des facteurs d'ordre 3 ou 4. Ces fluctuations reflétaient la force relative des économies nationales. Si vous vendez des produits haut de gamme, Mercedes ou BMW par exemple, l'acheteur ne sera pas trop sensible au prix, c'est-à-dire au taux de la monnaie dans laquelle son prix s'exprime. Mais des produits italiens, espagnols ou grecs seront plus facilement comparés à des produits asiatiques et seront donc plus sensibles à ce taux. Une façon de résoudre le problème serait de faire des transferts de fonds entre régions riches et régions pauvres en Europe, comme cela se fait à l'intérieur d'un état-nation possédant une monnaie unique. Mais là on se heurte à la réalité de l'inexistence d'un peuple européen. Les Allemands ont bien voulu payer pour absorber l'ex-Allemagne de l'Est, mais pas pour la Grèce, en tout cas pas de la même façon. Quelle différence y a-t-il entre ces deux situations ? Les uns sont Allemands, les autres pas ! C'est aussi simple que cela mais également aussi impossible à changer !

    L'euro a introduit toutes sortes de distorsions dans le fonctionnement des économies. Si la Grèce n'avait pas eu l'euro, les taux d'intérêts sur ses emprunts en drachmes auraient été plus élevés et elle n'aurait pas pu s'enfoncer dans la crise de la dette qui l'a tant ruinée. Beaucoup de pays du sud ont signé des «reconnaissances de dette» à l'égard de la Bundesbank, mais qui ne sont garanties par aucun bien matériel (aucun «collatéral»). Du coup, la  Bundesbank se retrouve avec des prêts à ces pays, qui sont en réalité «pourris», de l'ordre de mille milliards d'euros.

    L'autre façon de «résoudre» le problème posé par les déséquilibres causés par l'euro, c'est l'austérité, et c'est cette «solution» qui a été adoptée un peu partout. Si tous les prix exprimés en euros baissent dans une économie nationale (y compris les salaires, les allocations et les pensions), alors elle gagne évidemment en compétitivité. Mais les effets ne sont pas les mêmes que ceux liés à la dévaluation de la monnaie, parce qu'un certain nombres de salaires, en général les plus élevés, restent à un niveau déterminé par l'Union Européenne, ceux des fonctionnaires européens par exemple mais pas seulement, et parce que les fluctuations de l'euro par rapport aux monnaies non européennes sont contrôlées par la Banque centrale européenne et non par les gouvernements nationaux.

    Les défenses des européistes

    Presque tous les partisans de la construction européenne admettent qu'ils font face à une crise quasi-permanente : rejet des référendums en 2005, Brexit, élections en Pologne, Hongrie, Italie, Autriche. Montée en force de partis eurosceptiques.

    Plutôt que d'examiner lucidement les problèmes fondamentaux de la construction européenne, mentionnés ci-dessus, ils se réfugient dans des slogans : 

    Premièrement, l'Europe c'est la paix. Ils font comme si il existait une sorte d'atavisme des peuples européens qui les forçait à se faire régulièrement la guerre. Cette forme «d'essentialisation» des peuples européens serait considérée comme raciste si elle était appliquée à d'autres pays. Mais si l'on regarde les grandes guerres européennes du XXe siècle (la seconde étant en grande partie une tentative de revanche sur la première), et en remontant à la guerre franco-prussienne de 1870, on voit qu'elles sont dues aux rivalités entre une puissance montante, l'Allemagne, et des empires établis, la France et la Grande-Bretagne, en conflit pour le contrôle du continent.

    L'Union européenne ne fait strictement rien pour limiter ces risques, tant elle est, par la formation de ses «élites», entièrement soumise à la vision américaine du monde

    Aujourd'hui, ce risque de conflit n'existe plus, pour plusieurs raisons : les empires ont disparu, l'Allemagne ne dispose pas d'armes nucléaires, contrairement à ses anciens adversaires, on n'imagine pas la France agresser l'Allemagne (Macron n'est pas Napoléon) et l'Allemagne domine l'Europe économiquement (si seulement Guillaume II avait pensé à cette solution!) ; on peut ajouter que la réconciliation franco-allemande a été faite par deux dirigeants qui étaient parfaitement souverainistes, De Gaulle et Adenauer, bien avant que la construction européenne ne soit réellement mise en route. 

    Aujourd'hui, le risque de guerre se situe soit dans la volonté des Etats-Unis d'empêcher l'émergence d'un bloc euro-asiatique, soit dans «l'aide» apportée par les mêmes Etats-Unis à la volonté d'hégémonie israélienne au Moyen-Orient. Mais l'Union européenne ne fait strictement rien pour limiter ces risques, tant elle est, par la formation de ses «élites», entièrement soumise à la vision américaine du monde. 

    L'autre slogan, c'est Europe garante de la démocratie contre le populisme, le nationalisme, sinon le fascisme. On a vu que la construction européenne, en retirant aux peuples leur souveraineté, minait radicalement la démocratie en Europe. Ce que les élites européistes appellent «populisme» et «nationalisme» n'est jamais que l'expression plus ou moins consciente de la révolte des peuples européens face à ce déni de démocratie. Il est vrai que cela profite principalement à ce que ces mêmes élites appellent l'extrême-droite, mais la faute en incombe à la gauche qui, dans sa très grande majorité, a succombé aux sirènes européistes, ainsi qu'à la droite libérale qui a fait de même (mais qui au moins est cohérente, puisque l'Union Européenne l'aide à démanteler l'état social construit après guerre). Si les Grecs avaient géré leurs propres affaires, en particulier en gardant leur monnaie (et par là, en ne s'endettant pas trop), on n'aurait pas eu de manifestations avec Merkel caricaturée en Hitler à Athènes, ni de remarques particulièrement insultantes pour les Grecs dans la presse allemande.

    Pour ce qui est du fascisme c'est simplement un fantasme. Il n'y a aujourd'hui dans aucun pays européen de mouvement de masse vouant un culte à un chef comme c'était le cas dans les années 30. Or c'est cette «menace fasciste» qui est sans arrêt brandie par pas mal d'européistes pour leur permettre de ne pas poser de questions sur la construction européenne.

    La soi-disant lutte contre le populisme se cristallise aujourd'hui sur la question des réfugiés. A nouveau, l'Union européenne veut imposer à des peuples des politiques d'accueil dont ils ne veulent pas. On peut trouver que l'attitude hongroise n'est pas très altruiste ou même pas très chrétienne, mais au nom de quoi la Hongrie devrait-elle accepter des réfugiés ? Elle n'a pas eu de colonies et n'est absolument pas responsable du chaos en Libye ou en Syrie. En fait, ce sont plutôt les européistes qui, en plus de vouloir imposer leur volonté en Europe, prétendent résoudre militairement les problèmes du monde entier, qui sont responsables de ce chaos. Pour l'Italie, c'est encore plus simple. Elle est parfaitement prête à laisser les migrants qui le veulent quitter son territoire et aller dans la France vertueuse de Macron, mais curieusement celui-ci n'en veut pas. Cette crise des migrants met à jour un mélange extraordinaire d'autoritarisme bureaucratique et d'hypocrisie morale.

    Le pire, c'est quand cette hypocrisie se conjugue avec le fantasme du fascisme. On est supposé craindre son retour parce que des gouvernements élus prennent des mesures de restrictions de l'immigration qui sont prises, à un degré ou un autre, par tous les gouvernements démocratiques à toutes les époques.

    On voit mal comment un «front commun» purement français pourrait se constituer pour présenter un projet  alter-européiste cohérent

    Les responsables européens se plaignent parfois, non sans raison, du fait que beaucoup de gouvernements nationaux, ainsi que certains de leurs citoyens, font de «l'Europe» le bouc émissaire de tous leurs problèmes, mais c'est exactement ce qui se passe dans tous les cas où un pouvoir est exercé sans un consentement au moins partiel de ceux sur qui il s'exerce. Les pouvoirs coloniaux, catholiques ou communistes du passé étaient aussi parfois victimes de critiques excessives, mais pour la même raison que l'est l'Union européenne.

     La gauche alter-européiste 

    Après avoir été longtemps hostile à la construction européenne presque toute la gauche, y compris «extrême», s'est ralliée à celle-ci mais presque toujours sous la forme d'une autre Europe, d'une Europe sociale, sinon socialiste. Mais de nouveau on se heurte au théorème fondamental : pour ne prendre que la France, presque tout le monde, du Rassemblement national au NPA est favorable à une autre Europe. Mais laquelle ? Certains la veulent plus fermée à l'immigration, d'autres plus ouverte. Certains la veulent plus libérale (la construction européenne est en effet très bureaucratique), d'autres plus sociale. Et, à l'intérieur de chacune de ces orientations, il y a de multiples nuances. Donc, on voit mal comment un «front commun» purement français pourrait se constituer pour présenter un projet  alter-européiste cohérent. Mais il n'y a pas que la France en Europe (même si certains Français semblent l'oublier) ! Il existe aussi des alter-européistes dans les autres pays, qui veulent encore plus de fermeture, qui veulent une Europe plus chrétienne, ou qui veulent un maximum de libre circulation à l'intérieur de l'Europe pour leurs propres travailleurs. Comment imaginer ne serait-ce qu'un mécanisme de discussion qui permettrait à tous ces gens de se mettre d'accord ? C'est précisément la diversité des positions alter-européistes qui rend ce projet illusoire.

    Une autre illusion de cette gauche alter-européiste est que, si elle était au pouvoir, elle désobéirait aux traités. Mais elle ne se demande pas quelles réactions cela engendrerait dans les autres pays européens. A partir du moment où un pays ne contrôle pas sa monnaie, il est dépendant de ceux qui la contrôlent. On l'a assez vu avec la Grèce en 2015. Dire que ce serait différent avec un grand pays comme la France, signifie seulement qu'une désobéissance aux traités mènerait à un conflit dont l'issue serait soit la capitulation (comme avec la Grèce) ou la sortie de l'Union Européenne, à laquelle il faut donc être prêt si on veut une telle désobéissance. Mais comme des partis comme la France insoumise refusent d'envisager cette sortie et d'y préparer leur population, leur promesse de désobéissance n'est simplement pas crédible.

    Quelles solutions ?

    Etant donnée l'impasse dans laquelle la construction européenne s'est enfoncée, de l'aveu même des européistes, il ne reste que trois solutions : d'abord, la fuite en avant vers une Europe «vraiment fédérale», qui se heurte au fait que le «rêve» européen a déjà disparu dans la tête d'une grande partie des citoyens européens, si tant est qu'il a jamais réellement existé, et même d'une partie de ses élites. Il se heurte aussi au refus net par l'Allemagne d'une «union de transfert» (traduction : que les Allemands payent les dépenses des autres). 

    Ensuite, le statu quo, qui va sans doute être la «solution» privilégiée pendant longtemps, d'autant plus que c'est toujours la solution privilégiée par les bureaucraties, et que des décennies d'endoctrinement sur l'échec supposé de l'Etat-nation ont formaté les esprits de plusieurs générations sur l'inévitabilité et l'irréversibilité de la construction européenne. L'évolution récente du Rassemblement national et de la France insoumise indiquent que le statu quo a encore de beaux jours devant lui. Mais ce statu quo sera celui de crises permanentes, avec des solutions boiteuses et coûteuses, accompagné d'appels de plus en plus inaudibles à la poursuite du projet fédéral.

    On peut penser que les BRICS seront à terme plus unis

    On pourrait aussi envisager la sortie unilatérale de l'Union européenne d'un ou plusieurs pays. Par exemple, le Frexit cher à l'Union populaire républicaine de François Asselineau. Mais le problème c'est que des pays qui ont maintenu leur monnaie à un niveau artificiellement élevé (la Grèce ou l'Italie) pendant longtemps feraient face à une dévaluation très forte s'il devaient subitement sortir de l'euro. Cette dévaluation aurait des effets inflationnistes et aucun gouvernement ne désire «proposer» un tel bilan à ses électeurs. Le pays qui pourrait le plus facilement sortir de l'Union Européenne, paradoxalement, c'est l'Allemagne. Même s'il existe en fait une grande irritation dans ce pays face à l'évolution de la construction européenne, accusée de demander à l'Allemagne de financer les dépenses des autres, il leur est difficile de casser ladite construction «pour des raisons historiques» comme on dit pudiquement.  

    Reste la solution la plus raisonnable : le divorce à l'amiable, c'est-à-dire que les dirigeants des différents pays européens se mettent d'accord pour défaire peu à peu la construction européenne, pour revenir aux monnaies nationales dans certains pays, avec des mesures d'ajustement pour éviter les chocs  inflationnistes, pour ne plus prendre de sanctions lorsqu'un pays désobéit aux traités et pour qu'ainsi l'Union européenne devienne peu à peu une coquille vide. Mais ce qui est raisonnable est souvent politiquement impossible.

    Pourtant, quelqu'un les avait averti il y a longtemps de l’incohérence du projet européen : le général de Gaulle. Comme il était «vieux» et «nationaliste» on ne l’a pas écouté ; on en payera le prix. A terme, on aura moins d’intégration et moins de coopération (parce que l’Union européenne fait monter les nationalismes) que si l'on avait construit une Europe des nations, dans le strict respect de la souveraineté de chacune d’elle. On peut penser que les BRICS, qui regroupent des pays encore plus différents que ceux de l'Union Européenne mais qui s'unissent sur des principes «gaullistes» si on peut dire, d'intérêts mutuels et de respect de leur souveraineté, seront à terme plus unis (et attireront d'autres pays dans leur giron) que les Etats de notre pauvre continent d'autant plus désunis qu'on a voulu les forcer à s'unir contre leur gré.

    https://francais.rt.com/opinions/54376-impasse-europeiste

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