• Une tuerie: Texte intégral du Traité franco-allemand d’Aix-La-Chapelle qui sera signé le 22 janvier

    Publié par wikistrike.com sur 16 Janvier 2019, 22:03pm

    Catégories : #Politique internationale, #Politique intérieure

    Ne surtout pas nous demander notre avis...

    Ne surtout pas nous demander notre avis...

    Je suppose que tous ne liront pas en intégralité ce traité de 28 articles donc voici la substantielle moelle de ce que l’on peut tirer de ce document:
     
    Ce traité va amener une convergence des deux pays en politique étrangère, défense, sécurité extérieure et intérieure, économie, industrie, commerce, social, fiscal, langues, exportation d'armement, diplomatie, lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, judiciaire, juridique, environnemental, climat, sanitaire, énergétique, intelligence artificielle, transports, renseignement, police, Culture, enseignement, recherche et mobilité. Rien que ça…

    On trouve même mention de la "création d'un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité", d'un "comité de coopération transfrontalière", d’un "Forum pour l’avenir franco-allemand", du "Conseil franco-allemand d’experts économiques" et d'une "unité commune en vue d’opérations de stabilisation dans des pays tiers". Une ébauche d'armée européenne je suppose. Le summum c'est la création d'un "Conseil des ministres franco-allemand" avec des "secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande". Et tenez vous bien : « Un membre du gouvernement d’un des deux États prend part, une fois par trimestre au moins et en alternance, au conseil des ministres de l’autre État. »
     
    Oliver Berruyer n'a pas relevé un autre passage troublant qui affirme que l'Allemagne va pouvoir faire "des échanges de personnels de haut rang[…]au sein de leurs représentations permanentes auprès des Nations Unies à New York, en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité" (je l'ai mis en rouge).
     
    Ils vont jusqu'à "définir des positions communes sur toute décision importante touchant leurs intérêts communs et d’agir conjointement dans tous les cas où ce sera possible."
     
    En gros, on peut difficilement faire plus inclusif comme traité sans fusionner totalement les institutions des deux pays. C'est clairement un pas énorme vers la mondialisation. Nous allons être encore plus à la botte de Merkel. Macron veut se caler sur le modèle social allemand...
     

    Traité entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération et l’intégration franco-allemandes

     

    La République française et la République fédérale d’Allemagne,

    Reconnaissant le succès historique de la réconciliation entre les peuples français et allemand à laquelle le Traité du 22 janvier 1963 entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération franco-allemande a apporté une contribution exceptionnelle et dont est né un réseau sans précédent de relations bilatérales entre leurs sociétés civiles et leurs pouvoirs publics à tous les niveaux,

    Convaincues que le temps est venu d’élever leurs relations bilatérales à un niveau supérieur et de se préparer aux défis auxquels les deux États et l’Europe sont confrontés au XXIe siècle, et souhaitant faire converger leurs économies et leurs modèles sociaux, favoriser la diversité culturelle et rapprocher leurs sociétés et leurs citoyens,

    Convaincues que l’amitié étroite entre la France et l’Allemagne a été déterminante et demeure un élément indispensable d’une Union européenne unie, efficace, souveraine et forte,

    Attachées à approfondir leur coopération en matière de politique européenne afin de favoriser l’unité, l’efficacité et la cohésion de l’Europe, tout en maintenant cette coopération ouverte à tous les États membres de l’Union européenne,

    Attachées aux principes fondateurs, droits, libertés et valeurs de l’Union européenne, qui défendent l’État de droit partout dans l’Union européenne et le promeuvent à l’extérieur,

    Attachées à œuvrer en vue d’une convergence sociale et économique ascendante au sein de l’Union européenne, à renforcer la solidarité mutuelle et à favoriser l’amélioration constante des conditions de vie et de travail conformément aux principes du socle européen des droits sociaux, notamment en accordant une attention particulière à l’autonomisation des femmes et à l’égalité des sexes,

    Réaffirmant l’engagement de l’Union européenne en faveur d’un marché mondial ouvert, équitable et fondé sur des règles, dont l’accès repose sur la réciprocité et la non discrimination et qui est régi par des normes environnementales et sociales élevées,

    Conscientes de leurs droits et obligations en vertu de la Charte des Nations Unies,

    Fermement attachées à un ordre international fondé sur des règles et sur le multilatéralisme, dont les Nations Unies constituent l’élément central,

    Convaincues que la prospérité et la sécurité ne pourront être assurées qu’en agissant d’urgence afin de protéger le climat et de préserver la biodiversité et les écosystèmes,

    Agissant conformément à leurs règles constitutionnelles et juridiques nationales respectives et dans le cadre juridique de l’Union européenne,

    Reconnaissant le rôle fondamental de la coopération décentralisée des communes, des départements, des régions, des Länder, du Sénat et du Bundesrat, ainsi que celui de la coopération entre le Plénipotentiaire de la République fédérale d’Allemagne chargé des Affaires culturelles dans le cadre du Traité sur la coopération franco-allemande et les ministres français compétents,

    Reconnaissant le rôle essentiel de la coopération entre l’Assemblée nationale et le Deutscher Bundestag, en particulier dans le cadre de leur accord interparlementaire du 22 janvier 2019, qui constitue une dimension importante des liens étroits entre les deux pays, Sont convenues de ce qui suit :

    Chapitre premier : Affaires européennes

    Article 1er

    Les deux États approfondissent leur coopération en matière de politique européenne. Ils agissent en faveur d’une politique étrangère et de sécurité commune efficace et forte, et renforcent et approfondissent l’Union économique et monétaire. Ils s’efforcent de mener à bien l’achèvement du Marché unique et s’emploient à bâtir une Union compétitive, reposant sur une base industrielle forte, qui serve de base à la prospérité, promouvant la convergence économique, fiscale et sociale ainsi que la durabilité dans toutes ses dimensions.

    Note OB : mais au nom de quoi faudrait-il converger avec les normes allemandes, et pas italiennes par exemple ?

    Article 2

    Les deux États se consultent régulièrement à tous les niveaux avant les grandes échéances européennes, en cherchant à établir des positions communes et à convenir de prises de parole coordonnées de leurs ministres. Ils se coordonnent sur la transposition du droit européen dans leur droit national.

    Chapitre 2 : Paix, sécurité et développement

    Article 3

    Les deux États approfondissent leur coopération en matière de politique étrangère, de défense, de sécurité extérieure et intérieure et de développement tout en s’efforçant de renforcer la capacité d’action autonome de l’Europe. Ils se consultent afin de définir des positions communes sur toute décision importante touchant leurs intérêts communs et d’agir conjointement dans tous les cas où ce sera possible.

    Note OB : mais au nom de quoi faudrait-il converger avec les visions et besoins allemands, et pas espagnols par exemple ? Il y a des pays de seconde zone dans l’Union ?

    Article 4

    (1) Du fait des engagements qui les lient en vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord du 4 avril 1949 et de l’article 42, paragraphe 7, du Traité sur l’Union européenne du 7 février 1992, modifié par le Traité de Lisbonne du 13 décembre 2007 modifiant le Traité sur l’Union européenne et le Traité instituant la Communauté européenne, les deux États, convaincus du caractère indissociable de leurs intérêts de sécurité, font converger de plus en plus leurs objectifs et politiques de sécurité et de défense, renforçant par là-même les systèmes de sécurité collective dont ils font partie. Ils se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d’agression armée contre leurs territoires. Le champ d’application territorial de la deuxième phrase du présent paragraphe correspond à celui de l’article 42, paragraphe 7, du Traité sur l’Union européenne.

    (2) Les deux États agissent conjointement dans tous les cas où ce sera possible, conformément à leurs règles nationales respectives, en vue de maintenir la paix et la sécurité. Ils continuent de développer l’efficacité, la cohérence et la crédibilité de l’Europe dans le domaine militaire. Ce faisant, ils s’engagent à renforcer la capacité d’action de l’Europe et à investir conjointement pour combler ses lacunes capacitaires, renforçant ainsi l’Union européenne et l’Alliance nord-atlantique.

    Note OB : Rappelons que les députés allemands ont torpillé le Traité de l’Elysée lors de la ratification en rajoutant en préambule une référence à l’Otan qui n’y figurait pas…

    (3) Les deux États s’engagent à renforcer encore la coopération entre leurs forces armées en vue d’instaurer une culture commune et d’opérer des déploiements conjoints. Ils intensifient l’élaboration de programmes de défense communs et leur élargissement à des partenaires. Ce faisant, ils entendent favoriser la compétitivité et la consolidation de la base industrielle et technologique de défense européenne. Ils sont en faveur de la coopération la plus étroite possible entre leurs industries de défense, sur la base de leur confiance mutuelle. Les deux États élaboreront une approche commune en matière d’exportation d’armements en ce qui concerne les projets conjoints.

    Note OB : exporter des armes, une priorité…

    (4) Les deux États instituent le Conseil franco-allemand de défense et de sécuritécomme organe politique de pilotage de ces engagements réciproques. Ce Conseil se réunira au plus haut niveau à intervalles réguliers.

    Article 5

    Les deux États étendent la coopération entre leurs ministères des affaires étrangères, y compris leurs missions diplomatiques et consulaires. Ils procéderont à des échanges de personnels de haut rang. Ils établiront des échanges au sein de leurs représentations permanentes auprès des Nations Unies à New York, en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité, leurs représentations permanentes auprès de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et leurs représentations permanentes auprès de l’Union européenne, ainsi qu’entre les organismes des deux États chargés de coordonner l’action européenne.

    Note OB : mais au nom de quoi faudrait-il converger avec les visions et besoins allemande, et pas anglais par exemple ?

    Article 6

    Dans le domaine de la sécurité intérieure, les gouvernements des deux États renforcent encore leur coopération bilatérale en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que leur coopération dans le domaine judiciaire et en matière de renseignement et de police. Ils mettent en œuvre des mesures communes de formation et de déploiement et créent une unité commune en vue d’opérations de stabilisation dans des pays tiers.

    Note OB : pouvoir aller faire la guerre donc. Pourquoi n’est il pas indiqué “après accord du Conseil de Sécurité des Nations Unies” ?

    Article 7

    Les deux États s’engagent à établir un partenariat de plus en plus étroit entre l’Europe et l’Afrique en renforçant leur coopération en matière de développement du secteur privé, d’intégration régionale, d’enseignement et de formation professionnelle, d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes, dans le but d’améliorer les perspectives socio-économiques, la viabilité, la bonne gouvernance ainsi que la prévention des conflits, la résolution des crises, notamment dans le cadre du maintien de la paix, et la gestion des situations d’après-conflit. Les deux États instituent un dialogue annuel au niveau politique en matière de politique internationale de développement afin d’intensifier la coordination de la planification et de la mise en œuvre de leurs politiques.

    Article 8

    (1) Dans le cadre de la Charte des Nations Unies, les deux États coopéreront étroitement au sein de tous les organes de l’Organisation des Nations Unies. Ils coordonneront étroitement leurs positions, dans le cadre d’un effort plus large de concertation entre les États membres de l’Union européenne siégeant au Conseil de sécurité des Nations Unieset dans le respect des positions et des intérêts de l’Union européenne. Ils agiront de concert afin de promouvoir aux Nations Unies les positions et les engagements de l’Union européenne face aux défis et menaces de portée mondiale. Ils mettront tout en œuvre pour aboutir à une position unifiée de l’Union européenne au sein des organes appropriés des Nations Unies.

    (2) Les deux États s’engagent à poursuivre leurs efforts pour mener à terme des négociations intergouvernementales concernant la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies. L’admission de la République fédérale de l’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande.

    Note OB : Non. La priorité c’est de faire entrer l’Inde, le Nigéria ou l’Afrique du Sud et le Brésil ou l’Argentine, pour que leur continent soient représentés…

    Chapitre 3 Culture, enseignement, recherche et mobilité

    Article 9

    Les deux États reconnaissent le rôle décisif que jouent la culture et les médias dans le renforcement de l’amitié franco-allemande. En conséquence, ils sont résolus à créer pour leurs peuples un espace partagé de liberté et de possibilités, ainsi qu’un espace culturel et médiatique commun. Ils développent la mobilité et les programmes d’échanges entre leurs pays, en particulier à l’intention des jeunes dans le cadre de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, et définissent des objectifs chiffrés dans ces domaines. Afin de favoriser des liens toujours plus étroits dans tous les domaines de l’expression culturelle, notamment au moyen d’instituts culturels intégrés, ils mettent en place des programmes spécifiques et une plate-forme numérique destinés en particulier aux jeunes.

    Article 10

    Les deux États rapprochent leurs systèmes éducatifs grâce au développement de l’apprentissage mutuel de la langue de l’autre, à l’adoption, conformément à leur organisation constitutionnelle, de stratégies visant à accroître le nombre d’élèves étudiant la langue du partenaire, à une action en faveur de la reconnaissance mutuelle des diplômes et à la mise en place d’outils d’excellence franco-allemands pour la recherche, la formation et l’enseignement professionnels, ainsi que de doubles programmes franco-allemands intégrés relevant de l’enseignement supérieur.

    Note OB : L’allemand, évidemment LA langue stratégique du XXIe siècle…

    Article 11

    Les deux États favorisent la mise en réseau de leurs systèmes d’enseignement et de recherche ainsi que de leurs structures de financement. Ils poursuivent le développement de l’Université franco-allemande et encouragent les universités françaises et allemandes à participer à des réseaux d’universités européennes.

    Article 12

    Les deux États instituent un Fonds citoyen commun destiné à encourager et à soutenir les initiatives de citoyens et les jumelages entre villes dans le but de rapprocher encore leurs deux peuples.

    Chapitre 4 Coopération régionale et transfrontalière

    Article 13

    (1) Les deux États reconnaissent l’importance que revêt la coopération transfrontalière entre la République française et la République fédérale d’Allemagne pour resserrer les liens entre les citoyens et les entreprises de part et d’autre de la frontière, notamment le rôle essentiel des collectivités territoriales et autres acteurs locaux à cet égard. Ils entendent faciliter l’élimination des obstacles dans les territoires frontaliers afin de mettre en œuvre des projets transfrontaliers et de faciliter la vie quotidienne des habitants de ces territoires.

    (2) À cet effet, dans le respect des règles constitutionnelles respectives des deux États et dans les limites du droit de l’Union européenne, les deux États dotent les collectivités territoriales des territoires frontaliers et les entités transfrontalières comme les eurodistricts de compétences appropriées, de ressources dédiées et de procédures accélérées permettant de surmonter les obstacles à la réalisation de projets transfrontaliers, en particulier dans les domaines économique, social, environnemental, sanitaire, énergétique et des transports. Si aucun autre moyen ne leur permet de surmonter ces obstacles, des dispositions juridiques et administratives adaptées, notamment des dérogations, peuvent également être accordées. Dans ce cas, il revient aux deux États d’adopter la législation appropriée.

    Note OB : Mais il est donc question d’avoir des régions de première et de seconde zone en France !

    (3) Les deux États demeurent attachés à la préservation de normes strictes dans les domaines du droit du travail, de la protection sociale, de la santé et de la sécurité, ainsi que de la protection de l’environnement.

    Article 14

    Les deux États instituent un comité de coopération transfrontalière comprenant des parties prenantes telles que l’État et les collectivités territoriales, les parlements et les entités transfrontalières comme les euro-districts et, en cas de nécessité, les eurorégions intéressées. Ce comité est chargé de coordonner tous les aspects de l’observation territoriale transfrontalière entre la République française et la République fédérale d’Allemagne, de définir une stratégie commune de choix de projets prioritaires, d’assurer le suivi des difficultés rencontrées dans les territoires frontaliers et d’émettre des propositions en vue d’y remédier, ainsi que d’analyser l’incidence de la législation nouvelle sur les territoires frontaliers.

    Article 15

    Les deux États sont attachés à l’objectif du bilinguisme dans les territoires frontaliers et accordent leur soutien aux collectivités frontalières afin d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies appropriées.

    Note OB : L’allemand, évidemment LA langue stratégique du XXIe siècle…

    Article 16

    Les deux États faciliteront la mobilité transfrontalière en améliorant l’interconnexion des réseaux numériques et physiques entre elles, notamment les liaisons ferroviaires et routières. Ils agiront en étroite collaboration dans le domaine de la mobilité innovante, durable et accessible à tous afin d’élaborer des approches ou des normes communes aux deux États.

    Article 17

    Les deux États encouragent la coopération décentralisée entre les collectivités des territoires non frontaliers. Ils s’engagent à soutenir les initiatives lancées par ces collectivités qui sont mises en œuvre dans ces territoires.

    Chapitre 5 Développement durable, climat, environnement et affaires économiques

    Article 18

    Les deux États s’emploient à renforcer le processus de mise en œuvre des instruments multilatéraux relatifs au développement durable, à la santé mondiale et à la protection de l’environnement et du climat, en particulier l’Accord de Paris du 12 décembre 2015 et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. À cet effet, ils agissent en rapport étroit afin de formuler des approches et des politiques communes, notamment en mettant en place des dispositifs en vue de la transformation de leurs économies et en favorisant des actions ambitieuses de lutte contre les changements climatiques. Ils garantissent l’intégration de la protection du climat dans toutes les politiques, notamment par des échanges transversaux réguliers entre les gouvernements dans des secteurs clés.

    Article 19

    Les deux États feront progresser la transition énergétique dans tous les secteurs appropriés et, à cet effet, développent leur coopération et renforcent le cadre institutionnel de financement, d’élaboration et de mise en œuvre de projets conjoints, en particulier dans les domaines des infrastructures, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

    Article 20

    (1) Les deux États approfondissent l’intégration de leurs économies afin d’instituer une zone économique franco-allemande dotée de règles communes. Le Conseil économique et financier franco-allemand favorise l’harmonisation bilatérale de leurs législations, notamment dans le domaine du droit des affaires, et coordonne de façon régulière les politiques économiques entre la République française et la République fédérale d’Allemagne afin de favoriser la convergence entre les deux États et d’améliorer la compétitivité de leurs économies.

    Note OB : Incroyable. C’est vrai qu’on n’était pas encore assez ligotés par l’UE, remettons-en une couche avec l’Allemagne…

    (2) Les deux États instituent un « Conseil franco-allemand d’experts économiques » composé de dix experts indépendants afin de présenter aux deux gouvernements des recommandations sur leur action économique.

    Note OB : ah, le retour des experts économiques “indépendants” non élus…

    Article 21

    Les deux États intensifient leur coopération dans le domaine de la recherche et de la transformation numérique, notamment en matière d’intelligence artificielle et d’innovations de rupture. Ils promouvront à l’échelle internationale des directives sur l’éthique des technologies nouvelles. Ils mettent en place, afin de promouvoir l’innovation, des initiatives franco-allemandes qui sont ouvertes à la coopération au niveau européen. Les deux États mettront en place un processus de coordination et un financement commun afin de soutenir des programmes conjoints de recherche et d’innovation.

    Article 22

    Les parties prenantes et les acteurs intéressés des deux États sont réunis au sein d’un Forum pour l’avenir franco-allemand afin de travailler sur les processus de transformation de leurs sociétés.

    Chapitre 6 Organisation

    Article 23

    Des réunions entre les gouvernements des deux États ont lieu au moins une fois par an,alternativement en République française et en République fédérale d’Allemagne. Après l’entrée en vigueur du présent Traité, le Conseil des ministres franco-allemand adopte un programme pluriannuel de projets de coopération franco-allemande. Les secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande chargés de préparer ces réunions assurent le suivi de la mise en œuvre de ce programme et en font rapport au Conseil des ministres.

    Article 24

    Un membre du gouvernement d’un des deux États prend part, une fois par trimestre au moins et en alternance, au conseil des ministres de l’autre État.

    Note OB : Ben voyons… Et sinon, les Espagnols, les Italiens, les Polonais, ils sentent le pétrole ?

    La perspective d’avoir un tel mastodonte en face d’eux va surement plaire à tous les autres États de l’UE moyens et petits…

    Article 25

    Les conseils, structures et instruments de la coopération franco-allemande font l’objet d’un examen périodique et sont, en cas de nécessité, adaptés sans retard aux objectifs fixés d’un commun accord. Le premier de ces examens devrait avoir lieu dans les six mois suivant l’entrée en vigueur du présent Traité et proposer les adaptations nécessaires. Les secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande évaluent régulièrement les progrès accomplis. Ils informent les parlements et le Conseil des ministres franco-allemand de l’état général d’avancement de la coopération franco-allemande.

    Article 26

    Des représentants des régions et des Länder, ainsi que du comité de coopération transfrontalière, peuvent être invités à participer au Conseil des ministres franco-allemands.

    Chapitre 7 Dispositions finales

    Article 27

    Le présent Traité complète le Traité du 22 janvier 1963 entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération franco-allemande au sens du paragraphe 4 des Dispositions finales de ce Traité.

    Article 28

    Les deux États s’informent mutuellement, par la voie diplomatique, de l’accomplissement des procédures nationales requises pour l’entrée en vigueur du présent Traité. Le présent Traité entre en vigueur à la date de réception de la dernière notification.

    Source : La Tribune, 16/01/2019

    http://www.wikistrike.com/2019/01/une-tuerie-texteeeintegral-et-analyse-du-traite-franco-allemand-d-aix-la-chapelle-qui-sera-signe-le-22-janvier.html

     


    votre commentaire
  •  

    Mieux vaut être cogneur appointé par l’Elysée que boxeur gitan de Massy !

     

    Travailler à l’Elysée à l’ère de Manu ouvre à tous les droits et maints avantages…

    Vous pouvez en toute impunité vous déguiser en flic pour aller casser du manifestant, l’Elysée et la préfecture vous protègeront au maximum.

    Cela vous permettra aussi de détenir des armes, avec ou sans permis…

    Si vos êtes dénoncé, l’on ne fera de perquisition  à votre domicile, qu’après que vous ayez eu le temps d’en faire déménager ce qui vous serait préjudiciable.

    Vous n’aurez pas à faire de mea culpa et le chef de l’Etat se déclarera responsable à votre place.

    Six mois après avoir été entendu par un juge, l’instruction prendra son temps… aucun procès ne sera programmé.

    Evidemment, vous aurez de très bons avocats, fort bien rémunérés… et serez peut-être aidé à cette fin par de généreux mécènes discrets.

    Vous pourrez même pendant plusieurs mois continuer à vous balader avec des passeports diplomatiques.

     

     

    Si vous êtes un boxeur “Gilet Jaune” et que vous cognez  un flic pour défendre une dame, même si vous vous repentez sincèrement par vidéo interposée… arrivé au commissariat, vous serez placé en garde à vue trois jours, puis bénéficierez d’une comparution immédiate et d’un gros mois de préventive.

    Si lors de la perquisition inopinée de votre domicile, la police trouve une arme non déclarée, vous risquez en sus prison et grosse amende.

    Si pour vous aider à payer les honoraires de vos avocats, des internautes montent une cagnotte Leetchi, l’Elysée  la fera immédiatement bloquer, en hurlant au scandale par ministres interposés.

    En bref, mieux vaut s’appeler Benalla que Dettinger.

     

    Edmond Furax

     

    https://www.delitdimages.org/mieux-vaut-etre-cogneur-appointe-par-lelysee-que-boxeur-gitan-de-massy/

     

     

     


    votre commentaire
  •  

     

    Frédéric Lordon : Les forcenés

     

    Les forcenés

    par Frédéric Lordon

     

    Méthodologiquement, et déontologiquement, il faut maintenir les hypothèses psychiatriques dans un statut d’ultime recours quand il est question de politique, et ne se tourner vers elles qu’après avoir tout essayé. Au point où nous en sommes cependant, observant Macron, Griveaux, écoutant le défilé ininterrompu des députés LREM sur les chaînes d’information continue et les chiens de plage arrière qui font « oui oui » en leur passant les plats, on cherche en tous sens, et surtout en vain, ce qui pourrait nous sauver de ce dernier recours. Après avoir épuisé toutes les explications alternatives, il va falloir s’y résoudre : ces gens sont complètement fous.

    On savait depuis longtemps que chaque fois que l’un d’eux dit « j’ai bien entendu » ou « nous sommes à l’écoute », il utilise juste d’autres mots pour dire « nous n’en ferons qu’à notre tête et vous n’existez pas ». Cependant, il y a un point où le cynisme bonnasse de type chiraquien ou hollandiste ne fait plus une hypothèse suffisante. Quand un mouvement quasi-insurrectionnel hurle au gouvernement qu’il mettra le feu plutôt que de continuer dans cette direction, et que le gouvernement lui répond qu’il a « bien entendu » « l’impatience », qu’il a bien compris la demande, l’envie même, d’aller encore « plus loin dans le changement », de se montrer « encore plus radical dans les méthodes et les manières de faire », comment écarter l’hypothèse psychiatrique ? Quel type de rapport Benjamin Griveaux entretient-il avec la réalité quand il se prévaut d’une « envie de changement des Français », en tout cas d’une envie du type de celle qui appellerait sa réponse à lui ? Et, accessoirement, pourquoi ne se trouve-t-il pas un média pour le lui faire remarquer clairement ? En commençant d’ailleurs par lui faire observer que « ses » Français, mesurés au score réel de la présidentielle, font à peine plus de 10 % du corps électoral [1], et qu’ils n’ont porté Macron au pouvoir qu’au terme d’une gigantesque prise d’otages de deuxième tour, méthodiquement agencée de longue date avant le premier — autrement dit sans aucune des « envies » que leur délire Griveaux.

    Orwell, qui n’est pas redevenu par hasard une référence contemporaine, a dit comme personne le tour de langage propre au pouvoir dictatorial : l’inversion, en fait la négation, systématique des choses par les mots — la guerre qui est la paix, l’esclavage la liberté et l’ignorance la force. Mais c’est autre chose encore, d’une autre nature, qui émane par exemple du discours de « vœux » de Macron. C’est qu’il faut un twist déjà très prononcé pour revendiquer « avoir posé les bases d’une stratégie ambitieuse pour améliorer l’organisation de nos hôpitaux » [2] quand le système de soin est au bord de l’effondrement et que médecins et infirmières en sont à se suicider ; de même pour prétendre « lutter contre le réchauffement climatique » quand les mesures prises finissent par écœurer un personnage a priori aussi disposé à tous les simulacres que Nicolas Hulot. Ou pour se targuer « d’éradiquer la grande pauvreté » quand, du fait de politiques de guerre sociale à outrance, elle explose dans les statistiques et sous nos yeux mêmes. Il faut avoir passé des caps pour expliquer sans ciller que la transformation « en profondeur des règles de l’indemnisation du chômage », de « l’organisation du secteur public » et de « notre système de retraite », transformations qui promettent les demandeurs d’emploi à une précarité sous surveillance sans précédent, le secteur public au saccage néomanagérial, et les retraités à la misère, pour expliquer, donc, que tous ces bons soins sont faits « au fond pour bâtir les nouvelles sécurités du XXIe siècle ».

    À ce stade, l’examen clinique est déjà très lourd, mais il ne prend sa véritable consistance qu’au moment, proprement glaçant, où le sujet déclare placer toutes ses intentions sous le signe de la vérité et de la réalité, et jusqu’à en faire un vœu, « un vœu de vérité » — consciencieusement mâchonné par le commentariat médiatique. C’est alors qu’on le voit passer le 38e parallèle quand, bien en face, il nous souhaite pour 2019 « de ne pas oublier qu’on ne bâtit rien sur des mensonges ». Et c’est à l’instant où il nous sermonne que « nous nous sommes installés dans un déni parfois flagrant de réalité » que toutes les alarmes se mettent à sonner.

    C’est donc avec des profils de ce genre qu’il faudrait aller jouer au « grand débat », et avec lesquels la « presse démocratique » appelle elle aussi à aller « parler », puisque « parler », c’est la « démocratie ». Des profils qui ont pourtant annoncé la couleur, qui invitent à discuter de tout mais sous l’évidence préalable qu’« on ne détricotera pas ce qui a été réalisé en dix-huit mois », c’est-à-dire qu’on ne changera rien — sinon à donner du même en pire. On réalise ici que c’est de nouveau à Benjamin Griveaux qu’on doit cet encouragement à débattre, décidément un personnage remarquable, fin connaisseur du pays profond depuis « la clope et le diesel [3] », et l’on se dit qu’on pourra raconter ce qu’on veut à propos des animateurs de l’après-midi « Portes ouvertes » au ministère, sauf qu’ils ont manqué de sens politique.

    Comme un événement se reconnaît à sa puissance de classement, à son pouvoir de montrer qui est où, et qui pense quoi — après le TCE de 2005, Trump ou le Brexit, celui des « gilets jaunes » en est un au plus haut point —, l’événement dans l’événement, dont les portes défoncées du ministère fait certainement partie, l’est au carré : il fait tout sortir. À commencer de l’intéressé lui-même qui, pour se refaire une dignité express après avoir changé de linge, va puiser dans les dernières ressources de son lyrisme Sciences-Po pour expliquer que ce qui a été attaqué, « c’est la maison France ». Si l’on prend le parti charitable de considérer que « la maison France » (assez judicieusement rebaptisée par un internaute « la maison Business France ») n’est pas une entité imaginaire pour enfants en bas âge, ou bien pour délirant échappé du CMP, il faut expliquer à Griveaux que, non, c’est bien lui qui a été visé, qu’il n’était d’ailleurs pas illogique qu’il en fût ainsi car, est-il dit quelque part, le malheur va à celui par qui le scandale arrive et que, porte-parole d’une clique qui scandalise le pays, il a lui-même, à force de provocations et de mépris, porté l’outrage général à des sommets qu’on ne peut décemment pas imaginer franchir en toute impunité. Appelons donc Benjamin Griveaux à refaire des distinctions élémentaires, dont la perte est une indication préoccupante de plus : il n’est pas « la maison France » en personne, ni même « les institutions ».

    Cette confusion n’existe cependant pas qu’à l’état isolé dans les têtes les plus dérangées de ce gouvernement. Un reportage court mais frappant de l’AFP auprès des forces de l’ordre révélait avec quelle sorte de conditionnement les chefs bourrent les têtes de la troupe avant de l’envoyer matraquer : « ils nous disent que si on perd cette bataille-là tout peut s’effondrer. Ils nous rappellent l’importance de notre métier pour la démocratie et la république (…) Notre vocation, c’est de défendre les institutions [4] », témoigne ainsi l’un d’eux. Brutes fascisées mises à part, qui n’ont besoin d’aucun motif pour cogner, que resterait-il de l’ardeur des policiers si on leur expliquait posément que, Griveaux et Macron dégagés, les « institutions », qui ne se confondent pas avec leurs occupants transitoires, seraient toujours là… accessoirement débarrassées des personnages qui leur bricolent la même vie pourrie que ceux sur qui ils ont ordre d’aller taper ? Défendre Macron n’est pas défendre « les institutions » : c’est défendre Macron — barricadé dans les institutions.

    Mais l’on pourrait aussi, à l’exact inverse, répondre tout autre chose au spasme indigné de ce que, sinon « la maison France » du type en rupture de cachets, ce sont « les institutions de la République qu’on attaque », autre chose qui ferait le choix de prendre cette phrase de carton-pâte au sérieux malgré tout, et qui lui dirait que, tout bien réfléchi, en définitive, oui, c’est vrai, il y a de ça. On ne sait jamais trop où se situer entre le trop et le trop peu d’importance accordée aux questions institutionnelles, mais si vraiment les renversés du Fenwick tiennent à en parler, alors oui : se débarrasser des institutions de la Ve République, ça peut en effet faire partie de l’idée générale [5].

    Il faut que les « défenseurs de la démocratie », forcenés médiatiques hurlant à la « sédition » et aux « factieux » avec les forcenés politiques, aient perdu de longue date l’idée de la démocratie qui, il faut visiblement le leur rappeler, consiste en l’activité autonome par lesquelles les peuples créent non seulement leurs lois mais leurs institutions — créent, c’est-à-dire s’autorisent à recréer chaque fois qu’ils le jugent opportun. On aura donc du mal à tenir le renversement des institutions en vue de refaire de nouvelles institutions pour une activité opposée à la démocratie quand elle en est l’expression même.

    Pour parler aux forcenés avec des références simples qu’ils peuvent peut-être comprendre, de Gaulle en 1958, par exemple, se propose de « renverser les institutions de la république » — la IVe. Comme on sait, il s’est alors agi, dans la manière, davantage d’un coup d’État que d’une refondation démocratique, mais comme de Gaulle est leur doudou à tous, et qu’ils tiennent tous ce cas de « renversement des institutions de la république » pour une chose très admirable, un argument a fortiori devrait les convaincre sans peine que la même chose appliquée à la Ve, mais avec beaucoup de monde au lieu d’une sorte de junte, est encore plus exemplairement démocratique.

    Pour tout dire, on sait bien qu’aucun argument ni aucune logique n’auront plus la moindre prise sur ces esprits. Tout autant que ce gouvernement, la presse mainstream qui fait bloc avec lui a quitté le réel. Départ qui hésite entre les formes du grotesque et celles du refuge dans les principes supérieurs, crécelles à tourner quand, le dos au mur, on n’a plus rien à dire. Le grotesque par exemple quand France Inter convie une « spécialiste des discours politiques » à commenter les vœux de Macron et, joignant le pire radiophonique au pire universitaire, obtient sans peine de l’invitée choisie à cette fin que prononcer les vœux debout, c’est « donner une image de dynamisme et de jeunesse », mais aussi « casser l’image très éloignée des Français [6] » — avouons qu’ici le « service public » ne pouvait guère cerner de plus près le sentiment du public, à qui l’écoute de l’allocution présidentielle a certainement fait cet effet-là exactement, et inspiré des pensées toutes pareilles. « Donc un président qui a entendu, et qui se remet en marche » résume Alexandra Bensaïd, avec une parfaite objectivité, elle aussi vouée à tomber des nues le jour où les portes de la Maison de la Radio seront à leur tour enfoncées à l’engin de chantier.

    Comme par une sorte de prescience du Fenwick qui vient, le monde des médias prend les devants et n’en finit plus de s’envelopper préventivement dans la « démocratie », de crier que si on lui touche un cheveu à lui, c’est elle qu’on assassine, et qu’il n’y a pas de plus grand crime. Alors dans une crise d’écholalie qui sent les paniques terminales, il ne dit plus, en boucle et en désordre, que « république », « les institutions », « démocratie » et « liberté de la presse ». Mais il y a belle lurette que « la démocratie », dans ces bouches, n’est qu’un mot ectoplasme, comme « presse libre », et ça n’est certainement pas un hasard que les deux se serrent l’un contre l’autre pour tenter de se sauver solidairement — la « démocratie » du capital accrochée à la « presse libre » du capital (ou à celle de l’État du capital).

    Déjà au naturel apparentées à ces concepts dont Deleuze disait qu’ils sont « gros comme des dents creuses », la « presse libre » et la « démocratie » sont des abstractions vides de sens, dont les tenants voudraient qu’on les révère en principe, alors qu’on n’en juge qu’en situation. Montrez-nous telle presse, et tel système de gouvernement, nous vous dirons s’ils sont libres et démocratiques, indépendamment des étiquettes avantageuses qu’ils se donnent, et pour le reste, inutile de s’agiter avec des généralités à faire du vent. Quel effet pourrait bien nous faire par exemple l’étiquette de « presse libre, pilier de la démocratie » quand on écoute BFM, France Info (qui est pire que BFM), ou qu’on lit le JDD en ce moment ?

    On comprend en tout cas que, dans toute cette affaire, la question de la violence soit le point de cristallisation absolue. D’abord parce qu’elle répond à une série d’égalités ou d’oppositions entre « dents creuses » suffisamment rudimentaires pour entrer dans des têtes de journaliste : violence = contraire de démocratie ; or démocratie = bien suprême, et incidemment démocratie = presse (libre) ; donc presse libre = bien suprême, et violence = ennemi de presse libre (spécialement quand ça commence à chauffer à proximité des sièges de médias). Mais aussi, bien plus encore, parce que la violence n’est pas que le point d’outrage, ou de terreur, de la « presse libre » : elle est son point de mauvaise conscience.

    Depuis trente ans en effet, la structure institutionnelle d’ensemble, dont les médias sont un élément décisif, n’a pas cessé d’organiser la cécité, la surdité et la tranquillité des puissants — dont Griveaux est le produit achevé, la forme pure : « à l’écoute », il « entend » qu’il faut accélérer, et puis s’étonne de se retrouver avec une porte cochère sur les bras. Or depuis 1995 jusqu’à aujourd’hui, en passant par Le Pen en 2002, le TCE de 2005, le Brexit, Trump, etc., les médias dominants se sont scrupuleusement tenus à leur tâche de gardiennage qui consistait à renvoyer toute manifestation de mécontentement à l’irrationalité et toute demande d’alternative à l’irresponsabilité, pour placer la continuité gouvernementale néolibérale hors d’atteinte. Quand tous les médiateurs, médiatiques et syndicaux, ont cessé depuis trois décennies de médiatiser quoi que ce soit, quand le jeu ordinaire des institutions ne produit plus que du Griveaux, et que sa manière très spéciale « d’écouter » est bénie, au moins par omission, par la corporation éditorialiste, il ne faut pas s’étonner qu’ayant parlé si longtemps dans le vide et à bout de souffrances, le peuple n’ait plus d’autre solution sous la main que de prendre la rue et d’enfoncer les portes pour se faire entendre une bonne fois.

    On comprend mieux que les médias soient accrochés à leur cher tamis, celui qui doit faire le tri des « agitateurs factieux » et des « gilets Jaunes pacifiques ». Il leur sera difficile d’admettre, comme en témoignent pourtant les sondages aussi bien que la « cagnotte du boxeur », que les seconds soutiennent tacitement, voire explicitement, les premiers. Et que ces seconds voient très bien que, sans ces premiers, ils n’auraient même pas obtenu les miettes qui leur ont été octroyées avec condescendance, car toute manifestation « citoyenne » et « pacifique » est vouée à la nullité dans le système de la surdité institutionnelle organisée — un mois de quasi-insurrection pour un moratoire sur l’essence et quelques clopinettes autour du SMIC : nous connaissons maintenant les tarifs de la « démocratie à l’écoute ».

    La « violence » dont s’épouvante la corporation, et dont elle voudrait épouvanter avec elle le reste de la population, offre donc en creux l’exacte mesure de sa carence. Et comme il est trop tard, comme par ailleurs, à l’image de tous les pouvoirs, le pouvoir médiatique est incapable du moindre apprentissage — les médias ne font-ils pas partie depuis des décennies des institutions les plus détestées, et qu’ont-ils fait, année après année, sinon enregistrer stupidement leur discrédit sans rien changer ? —, alors la corporation campera sur ses équations pour débiles légers : violence = mal incompréhensible, en fait même inconcevable.

    Feignant de ne rien comprendre, ou ne comprenant rien vraiment, les médias croient qu’on les chicane injustement sur des questions de comptage, ou bien pour avoir montré quelques fascistes au milieu des « gilets jaunes » — avec l’appui de sociologues à la pointe de la connaissance scientifique, comme Michel Wieviorka, qui a « vu dans Paris des tags avec un « A » entouré, qui est un signe d’extrême-droite [7] ». Aussi bien éclairés, on comprend qu’ils ne puissent pas voir qu’à part leur racisme social foncier, c’est par leur fusion manifeste avec toutes les vues des dominants, et plus encore sur la question de la violence que se joue actuellement leur infamie. Répéter jusqu’à la nausée « casseurs », ne montrer que la violence des manifestants, occulter systématiquement celles de la police, c’est infâme.

    Aussi bien l’expérience concrète que l’enquête tant soit peu soigneuse confirment que la police porte la responsabilité pratique du niveau des violences. L’expérience concrète car, depuis 2016 déjà, on ne compte plus les témoignages de manifestants parfaitement pacifiques que le matraquage sans motif, sans préavis, et sans justification, a rendus enragés, et déterminés à ne plus se laisser faire « la fois d’après ». Quant à l’enquête, celle de Laurent Bonelli rapporte ce propos recueilli d’un « haut responsable des forces de maintien de l’ordre » : « c’est nous, l’institution, qui fixons le niveau de violence de départ. Plus la nôtre est haute, plus celle des manifestants l’est aussi ». Voilà ce qu’on ne lira jamais dans la presse mainstream.

    Qui n’en cultive pas moins l’hypocrisie minimale lui permettant de se croire quitte de ses devoirs « d’informer ». Car, se récriera-t-elle, elle « en parle » ! Si en effet, passé samedi soir, où l’un des journalistes de France Info, un certain Pierre Neveux, encore plus en roue libre que ses collègues, suggère au sous-ministre de l’intérieur d’interdire purement et simplement les manifestations, un flash de dimanche après-midi mentionne bel et bien la scène du flic tabasseur de Toulon. Mais pour l’accompagner d’une interview d’un syndicaliste… de la police, et sans omettre la plus petite des circonstances justificatrices, quitte à relayer toutes les fabrications policières s’il le faut. Pendant ce temps, le boxeur de CRS, lui, est omniprésent. Car voilà toute l’affaire : l’omniprésence, ça s’organise. Et, forcément, ça s’organise sélectivement.

    Un journaliste cependant sauve l’honneur de la profession (heureusement, il n’y en a pas qu’un) : David Dufresne a tenu un compte scrupuleux des violences policières, sauvages, gratuites, illégales. 230 signalements depuis un mois, une encyclopédie de la honte « démocratique », dont la moindre image soulève le cœur et l’indignation. Et surtout — c’est bien ça le problème — suffirait à retourner l’opinion comme une crêpe. Mais qui lui donne la parole ? Envoyé spécial, brièvement et dans un exercice d’équilibrisme visiblement sous haute surveillance. Et Le Média, seul de son genre, dans une émission comme on est bien certain qu’on n’en verra nulle part ailleurs de pareille. Car dans le cercle des médias installés, pas un n’a encore trouvé la force d’articuler explicitement cette vérité de l’époque Macron qu’aller manifester emporte le risque d’une blessure de guerre, ou de sanctions judiciaires ahurissantes. Ni plus ni moins. On attend toujours de voir la « presse démocratique » éditorialiser ou, comme il lui reviendrait en réalité, faire campagne sur ce thème, à l’appel par exemple des avertissements répétés des institutions internationales, ONU, CEDH, Amnesty International. Car, là encore, il y a une différence entre se dédouaner à peu de frais de la restitution des « faits » et en faire quelque chose. Comme les médias croient se dédouaner, à l’image du Monde, en couvrant le mouvement, pour finir par éditorialiser que l’ordre macronien est le bon et que ceux qui persistent à le contester ne sont plus que des « irréductibles violents [8] », ils rapportent a minima quelques cas de violences policières, et puis éditorialisent… ailleurs, c’est-à-dire rien. Manifester, blessure de guerre — mais rien.

    Il apparaît donc que la « presse démocratique » se moque absolument des atteintes réelles à la démocratie. Traquant la fake news jusqu’à l’écœurement, sans d’ailleurs jamais qualifier comme telles toutes celles qui viennent de l’intérieur de son propre système, elle est devenue l’institution centrale de la fake democracy. Et elle s’étonne que les mots-amulettes aient perdu toute efficacité, que les gueux ne mettent plus genou à terre devant le crucifix de la « presse libre », elle se consterne que, ne trouvant rien d’autre pour sa défense que de se réfugier dans « la dent creuse » des principes supérieurs, elle ne recueille plus que les lazzis dans le meilleur des cas, et la rage, à son tour maintenant — implacable mécanique de la solidarité des pouvoirs forcenés : comme ils ont régné ensemble, ils tombent ensemble.

    En l’occurrence ce sont les troupiers médiatiques qui tombent les premiers — comme dans toutes les guerres, les bidasses ramassent pour les généraux. Au reste, on n’est pas tout à fait certain de la mesure dans laquelle, à BFM, les options idéologiques de la base diffèrent de celles du sommet. À tout le moins, il semble que le compte n’y soit plus suffisamment pour continuer de se faire traiter « d’enculé » et sortir méchamment des cortèges en conséquence des agissements de la chefferie. Si cependant les reporters de BFM avaient deux sous d’analyse, ils donneraient à leur débrayage un tout autre sens que celui d’un « boycott de la couverture des “gilets Jaunes” » : le sens d’une grève, c’est-à-dire d’un avertissement à leur direction, responsable réelle de la situation impossible où ils se trouvent. Du reste, exactement de la même manière que les CRS devraient poser le casque en un geste de défiance enfin bien adressé : à l’endroit du gouvernement, qui répand une colère écumante et laisse ses prolos du maintien de l’ordre aller en accuser réception à sa place.

    En tout cas on l’a compris, ce pouvoir médiatique n’est pas moins forcené que ce pouvoir politique. Tous ses choix, et plus encore ses non-choix, le confirment. De quoi parle-t-il, et de quoi ne parle-t-il pas ? Et comment parle-t-il de ce dont il parle, croyant être à jour de ses obligations du seul fait « d’en avoir parlé » ? Pourquoi, par exemple, les médias mainstream qui n’aiment rien tant que se voir partir en croisade et se faire un blason d’investigateurs avec les Leaks et les Papers (qu’on leur envoie) ont-ils fait si peu de choses de ce mail des Macronleaks expliquant benoîtement que les taxes essence étaient écologiques comme Bernard Arnault un militant de la cause du peuple : elles n’étaient faites que pour financer les baisses de cotisations du CICE ? Pourquoi n’en ont-ils pas fait une campagne, comme ils l’ont fait avec entrain au début pour expliquer que les « gilets jaunes » et leurs carrioles puantes étaient les ennemis de la planète ? Pourquoi cet élément accablant n’a-t-il pas fait toutes les une écrites et audiovisuelles pendant plusieurs jours d’affilée, puisque c’est le genre d’opération pour lesquelles les chefferies ont une passion ?

    Pourquoi, également, ne se sont-ils pas saisis de cet accident d’un ouvrier de 68 ans, auto-entrepreneur, mort d’être tombé d’un toit, fait qui n’a rien de « divers » puisque, non seulement il dit tout de l’époque, mais qu’il épouse parfaitement le moment ? 68 ans, ouvrier, auto-entrepreneur, mort au travail : n’y avait-il pas de quoi faire quelque chose de cette sorte de synthèse parfaite ?

    Pourquoi, encore, se sont-ils joints au ministère de l’intérieur pour crier au scandale à propos de la guillotine en carton, au mépris de toute l’histoire populaire des effigies ? Au mépris surtout de ce qu’à fermer jusqu’aux formes symboliques de l’expression de la colère, après en avoir fermé toutes les formes politiques, ils devraient se demander quelles solutions d’expression ils lui laissent.

    Les vrais forcenés sont ceux dont le pouvoir, joint à l’acharnement, produisent ce genre de situation. Du code du travail à la gueule des manifestants, ce sont eux qui cassent tout — c’est bien ça le problème avec les forcenés : ils cassent tout. Cependant, il y a un moyen très simple de les en empêcher : on leur envoie les infirmiers. Les « gilets jaunes » le pressentent-ils : il y a quelque chose en eux de la blouse blanche.

    Frédéric Lordon pour La pompe à phynance

    Frédéric Lordon est un économiste qui travaille avec la philosophie, selon sa propre définition, directeur de recherche au CNRS. Il est notamment l’auteur de «  Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières  », Raisons d’agir, octobre 2008 ; « Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme », Presses de Sciences Po, 2008 ; « Et la vertu sauvera le monde  », Raisons d’agir, 2003 ; «  La politique du capital  », Odile Jacob, 2002. « Imperium » Structures et affects des corps politiques. La Fabrique, septembre 2015.

    Notes

    [1À 79 % de taux de participation et 45 % de vote utile (mesurés par un sondage Opinionway), les 24,1 % de Macron au premier tour donnent un soutien réel de 10,47 % des inscrits.

    [2Emmanuel Macron, « Vœux 2019 aux Français », 31 décembre 2018.

    [4« Si on perd cette bataille-là, tout peut s’effondrer », AFP, 9 décembre 2018

    [5Fenwick est une marque bien connue de chariot élévateur.

    [6Cécile Alduy, Le 7/9, France Inter, 1er janvier 2019.

    [7« L’Info du vrai », CNews, 7 janvier 2019.


    votre commentaire
  •  

     

    Ce qu’un général pourrait penser, sans oser le dire

     

    Ce qu’un général pourrait penser, sans oser le dire

     

    Je partage, avec beaucoup de nos camarades militaires, l’opinion exprimée par le général ROURE.

    Ses conclusions me paraissent d’autant plus intéressantes que le pouvoir en place semble, plus que jamais, avoir besoin de son armée et de ses forces de l’ordre par les temps qui courent.

    Le fait même qu’ils proclament de plus en plus fréquemment que les institutions sont solides et que les forces de l’ordre sont « secure » montre que nos gouvernants sont saisis d’un doute…..

    Jusqu’où ira la loyauté de l’armée et des forces de l’ordre si le gouvernement persiste dans ses maladresses, dans son indifférence hautaine, dans son incompréhension des vrais problèmes du pays, dans sa soumission à des instances supranationales voire à des intérêts étrangers ? That is the question.

    Le général ROURE avait déjà écrit un article intéressant au moment de la présidentielle en Mai 2017.

    https://arretsurinfo.ch/un-putsch-sans-soldats-par-le-general-henri-roure/

    Bonne lecture

    DD

    ***

     

    Le général (2s) Henri Roure résume ce que doivent penser l’immense majorité de nos soldats, du militaire du rang aux généraux les plus étoilés, mais également un très grand nombre de français.

    La France et son Armée

    Je ne crois ni aux hasards, ni aux coïncidences. Tout a un sens dès lors que les évènements émanent d’une même source. C’est bien sûr le cas en stratégie politique.

    Si nous considérons plusieurs faits récents, apparemment indépendants les uns des autres, et si, avec un peu de réflexion et d’attention, nous essayons de leur trouver un ferment commun, nous sommes immédiatement amenés à nous interroger sur les calculs qui sous-tendent certaines actions du gouvernement. Un phénomène latent depuis quelques années vient de prendre une acuité toute particulière avec les dirigeants actuels : les Français ne se contentent plus des paroles issues du système politique traditionnel, ils analysent et ils jugent de la pertinence des décisions.

    Désormais ils s’informent grâce aux réseaux sociaux, à internet et à une solidarité qui s’est créée en dehors des cheminements habituels et qui porte un nom : ras-le-bol ! Ils en tirent inévitablement des conclusions.

    Dans un panorama d’insatisfaction nationale s’ajoutant à l’insécurité, nous pouvons nous interroger, aussi, sur le fond des relations entre le pouvoir et l’armée. Les forces armées sont les garantes de l’intégrité du territoire, de la défense de la population et des intérêts nationaux. C’est dire que leur mission est essentielle, régalienne, et doit les rendre intimes avec le peuple. Elles sont, d’ailleurs, constituées par des citoyens qui en sont issus. Dans le paysage politique présent il est bon de le rappeler.

    Bien avant la révolte des Gilets Jaunes le président et ses soutiens ont montré à la fois une indifférence hautaine et une crainte inavouée du peuple. Ils persévèrent. Méconnaissant les gens-d’en-bas ils prennent des décisions à l’emporte-pièce, en cohérence avec leur idéologie européiste et mercantiliste, sans se soucier des conséquences sociales, parce qu’ils se sentent assurés de leur intelligence et donc de la qualité de leurs choix. Ils savent, cependant, probablement de manière encore confuse et en sous-estimant les conséquences possibles, qu’ils ne sont pas à l’abri de sévères remous, car leur politique ne sert pas la France indépendante alors que les Français restent toujours attachés à leur pays, à leur mode de vie, à la grandeur de leur histoire et à leur culture. Cette crainte a sans doute été confirmée par les actions des Gilets Jaunes. Cette arrogance va de pair avec une inquiétude. Ils prennent donc quelques précautions pour éviter un mouvement populaire puissant et structuré qui viendrait à mettre en péril la permanence de leur démarche politique. Mais nous pouvons douter de leur compréhension de la situation, donc de la justesse de leur réaction…

    Une de leur appréhension, non-dite, serait que les armées sortent de leur neutralité en cas de crise majeure, contestant la globalité de la politique conduite. Cette méfiance est en soi une preuve supplémentaire d’une politique très sensiblement en contradiction avec un destin national indépendant. Ils ont à l’égard des militaires ce même regard qu’ils portent au peuple.

    Ils additionnent, donc, des gestes et des décisions vers les armées qui visent à les affaiblir et à les décérébrer mais à les conserver aux ordres. Cette action de défiance complète le désir de ne pas développer un instrument de défense nationale, qui serait en contradiction avec leur idéologie. Dans cette ligne, le président émet l’idée d’une armée européenne, rejetant celle de patrie et montrant, à l’évidence, qu’il ignore pourquoi un soldat accepte de mourir. La Défense est un monde qui lui échappe. Il constitue, par essence, un obstacle au supranationalisme financier.

    Aucun président, avant lui, n’a trouvé nécessaire de rappeler qu’il était chef des armées. Les militaires savent parfaitement que celui qui, seul, peut engager le feu nucléaire et décider d’une opération militaire est bien le responsable suprême. Nul n’est besoin de le clamer et de défier et humilier un chef d’état-major pour asseoir une autorité constitutionnelle. Pourtant il est surprenant que le président actuel réponde aux questions d’un journaliste, à bord du porte-avions Charles de Gaulle, tout juste sorti de sa grande visite, avec en fond de tableau un Rafale Marine, comme s’il voulait se mettre sous la protection de ces armées qu’il maltraite par ailleurs. De même en imaginant d’accorder aux grands responsables militaires parisiens une prime conséquente de très haute responsabilité, sachant pertinemment qu’ils sont les véritables chefs opérationnels des armées, alors que cadres et militaires du rang subissent toutes sortes de régressions sociales et financières et se heurtent, au quotidien, à des conditions de vie professionnelles et personnelles difficiles. Les nantis sont censés être du côté du pouvoir ! Diviser pour régner et faire accepter une nouvelle baisse de capacité opérationnelle ?

    L’attitude du chef de l’État n’est paradoxale qu’en apparence.

    Simultanément le président – par l’intermédiaire de son ministre des comptes publics – rabote le budget de la défense de 400 millions d’euros, malgré la LPM, alors que la menace islamiste intérieure et extérieure est bien présente et que l’immigration musulmane ne cesse pas. Il essaie de dissocier la Nation et son armée, notamment, lors de la commémoration du centenaire de l’armistice de 1918, refusant, en outre, d’honorer les maréchaux qui ont conduit à la victoire l’armée de la nation et non-pas des civils que l’on avait armés. Et, tout récemment, en humiliant les Saint-Cyriens et, en fait tous les militaires, en faisant débaptiser la dernière promotion de l’Ecole Spéciale Militaire au prétexte que le parrain choisi, le général LOUSTAUNAU-LACAU – pourtant héros des deux guerres et de la Résistance, déporté par les nazis.- ne répondrait pas aux critères de la bien-pensance, à laquelle il voudrait se référer, et aux critères de ceux qui ont fait son élection. Il bafoue le contexte historique et la tradition d’une grande école qui a fourni à la France ses sauveurs, des présidents et un saint. En agissant ainsi c’est bien l’intimité du peuple et de son armée qu’il voudrait fracturer. Il affiche le même mépris des militaires que du peuple.

    Nous pouvons dès lors nous interroger sur la finalité d’une politique générale qui vise à appliquer contre vents et marées les obligations supranationales du traité de Maastricht en s’opposant, notamment, aux revendications populaires, pour s’inclure dans des règles budgétaires inappropriées et à continuer, par petites touches, à résorber l’héritage gaullien d’une politique militaire indépendante.

    La réponse va de soi : il faut tout faire pour réduire encore la souveraineté nationale pour mieux paraître, individuellement, dans la coterie mondialiste. D’ailleurs certaines idées sont étonnantes, sortes de ballons sondes ; mais qu’elles aient pu être émises donne la direction souhaitée par le pouvoir actuel : Partage de la direction de la dissuasion nucléaire avec un autre État, s’ajoutant à la proposition d’armée européenne, partage du siège permanent au conseil de sécurité…D’un personnage aussi complexe, élu grâce à une manipulation médiatico-
    financière, partenaire des plus fervents « mondialistes », il n’y aurait là rien d’étonnant.

    Général (2S) Henri ROURE Ancien officier des Troupes de Marine

    source:https://www.secoursdefrance.com/2018/12/09/ce-quun-general-pourrait-penser-sans-oser-le-dire/

    envoyé par Général Dominique Delawarde

    https://reseauinternational.net/ce-quun-general-pourrait-penser-sans-oser-le-dire/

     

     

    L'Armée française ne dit rien, mais voudrait une France sans le Président Macron !

    https://www.youtube.com/watch?v=YBrcDpUDFnQ

     

     

    §§§§§

     

    .

     

    L'Armée française ne dit rien, mais voudrait une France sans le Président Macron !

     

    Les chants Gilets jaunes

    http://eva-coups-de-coeur.eklablog.com/coup-de-foudre-pour-les-gilets-jaunes-les-gueux-de-gaetan-thomas-talen-a155666046

     


    votre commentaire
  •  

     

    Voir aussi :

     

     

    Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes"

     

    Lettre de Jacques GUILLEMAIN adressée à Mr le premier ministre Edouard PHILIPPE....

    Publié le 15 décembre 2018 par Sam Menerve

    Jacques GUILLEMAIN , ex-officier de l’armée de l’Air . Pilote de ligne retraité .

     

    On a les gouvernements qu’on mérite

     

    Monsieur le Premier ministre,


    Vous venez de nous livrer un discours pitoyable comme on en voit peu.
    Alors que le pays est au bord de l’explosion, que la fracture sociale est totale et que bientôt la fracture identitaire, que vous niez depuis toujours, va désintégrer la nation, vous venez d’ajouter à l’arrogance de l’exécutif envers les Gilets jaunes une humiliation sans précédent.


    Vous croyez vraiment que le compte y est avec quelques miettes jetées à des millions de Gilets jaunes en train de crever ? Oui, je dis bien à des millions de GJ.
    Car quand 75 % de la population soutiennent encore le mouvement, malgré vos tentatives de le discréditer, malgré les insultes de vos sbires qui les ont traînés dans la boue, on ne parle plus de 10 000 ou 15 000 GJ autour des ronds-points, mais de dizaines de millions de Français, travailleurs et retraités, jeunes et vieux, de droite comme de gauche, qui soutiennent sans restrictions ce cri de détresse de tout un peuple abandonné par une caste dirigeante, arrogante et méprisante qui s’enrichit toujours plus et laisse crever le peuple.
    Ils vous l’ont dit pendant trois semaines. Ils sont en train de crever. Le 20 du mois, ils doivent choisir entre manger, se chauffer ou faire le plein. Mais vous êtes incapable de comprendre ça.
    Les caisses sont vides 


    Mais à qui la faute ? Vous avez dilapidé l’héritage des Trente Glorieuses, quand la France avait le 5e niveau de vie au monde, derrière les États-Unis, le Luxembourg, la Suisse et la Suède. Aujourd’hui, les GJ ont le frigo vide.
    Qui a fait venir des millions d’immigrés sans diplôme ni qualification, la plupart incapables de s’intégrer dans une économie moderne et performante et qui vont gonfler le flot des assistés ?
    Vous l’ignorez sans doute, mais selon l’Insee, le social représente 4 % des revenus d’un natif, mais 22 % des revenus d’un immigré africain.
    Cette immigration bas de gamme coûte plus cher en social que sa contribution au PIB. Elle ne fait qu’appauvrir le pays en le nivelant par le bas.
    Le taux d’emploi des natifs est de 85 %, celui des immigrés de 65 % !
    Vous accueillez des illettrés à l’heure du numérique. Votre discours n’était que dissimulation sur les véritables causes de votre impuissance à satisfaire les Gilets jaunes. C’est l’immigration de pauvres qui nous a ruinés.
    Car ces GJ, c’est à eux que vous faites supporter le coût démentiel de l’immigration, 100 milliards par an, chiffre jamais démenti officiellement.


    Les Gilets jaunes paient 1 038 milliards de taxes et impôts. Où vont-ils, puisque vous n’en avez jamais assez ?
    Contrairement à votre discours sur la hausse des salaires, il est prouvé que le niveau de vie a baissé de 440 euros depuis 2008.
    Depuis 40 ans, la France emprunte pour maintenir à crédit le niveau de vie.
    Depuis 40 ans, elle paie 40 milliards d’intérêts à ses créanciers, étrangers pour la plupart. 2 points de PIB ! Plus que la croissance qui est de 1,6 % !
    Difficile de s’en sortir dans ces conditions, surtout quand on charge la barque avec toute la misère du monde qui vient profiter de l’eldorado social.

    Les caisses sont vides ?

     

    Mais fermez donc les frontières au lieu d’aller à Marrakech signer le Pacte sur les migrations, un torchon onusien qui va signer notre arrêt de mort en légalisant l’immigration clandestine et en accordant le statut de réfugiés aux migrants économiques.
    Car au final, c’est bien un droit que l’ONU accorde à tous les migrants et un devoir de les accueillir qu’elle impose aux pays signataires.
    Supprimez l’AME, qui coûte 1 milliard chaque année et soigne les sans-papiers couverts à100 %, alors que plus d’un tiers des Français diffèrent leurs soins faute de moyens.
    Arrêtez de payer des retraites de 830 euros à des étrangers (1 300 pour un couple) qui n’ont jamais cotisé ni travaillé en France.
    Ça vous permettra d’annuler la hausse de CSG sur les retraites et le gel des revalorisations. Vous saignez des retraités qui ont travaillé pendant 45 ans, sans connaître les 35 heures ou les 5 semaines de congés payés.
    Faites donc la traque aux faux mineurs isolés qui représentent 60 % des MNA, selon le Sénat.


    Vous n’avez pas un sou à donner aux GJ, mais en 2017 vous avez dépensé 1,250 milliard pour accueillir 25 000 mineurs isolés et en 2018 la facture sera de 2,5 milliards. Dont plus de 2milliards pour les faux mineurs.


    Et pendant ce temps, 25 000 de nos paysans sont en faillite et les suicides se multiplient, mais ce sont des GJ, ils peuvent donc crever en silence. 350 euros par mois pour un paysan qui trime 15 heures par jour sans vacances, mais 50 000 euros par an pour chaque MNA !


    De l’argent, pour l’immigration de masse, il y en aura toujours. Les Gilets jaunes paieront. Du moins c’est ce que vous pensiez jusqu’à la révolte.
    Vous attirez toute l’Afrique. Mais peut-être ignorez-vous que le milliard d’Africains produit moins de richesses chaque année que ne produisent nos Gilets jaunes qui sont les forces vives de la nation. Nous leur devons tout.
    Ils sont ouvriers, paysans, infirmiers, policiers, chauffeurs routiers, commerçants.
    Ce sont eux qui ont fait de la France la 5e puissance économique du monde que vous êtes en train de détruire avec l’immigration de pauvres totalement inutiles.
    En Afrique, le PIB par habitant, c’est 1 000 euros par an en moyenne, beaucoup moins au Sahel. Et vous vous étonnez que le tsunami migratoire s’amplifie ?


    Votre politique est pitoyable, elle va détruire la France.
    La mise à sac des beaux quartiers de Paris, c’est votre faute.
    La colère des Gilets jaunes accablés de taxes et impôts, c’est votre faute.Les 4 morts et les centaines de blessés, c’est votre faute.


    Le ras-le-bol des forces de police, dont les effectifs ont été laminés et qui travaillent dans desconditions déplorables, c’est votre faute.
    L’effondrement du niveau scolaire et l’islamisation de l’école, c’est votre faute.
    Les 1 000 agressions gratuites par jour, c’est votre faute.
    Les familles juives qui fuient le 9-3 pour leur sécurité, c’est votre faute.
    Le terrorisme qui a fait 250 morts et 1 000 blessés depuis 2015, c’est votre faute.
    L’explosion des mini-califats qui envahissent les banlieues, c’est votre faute.
    La fracture identitaire et la dislocation de la nation, c’est votre faute.


    La faute collective de toute une caste méprisante qui se croit revenue à l’Ancien Régime et s’octroie de plus en plus de privilèges, comme l’a montré la scandaleuse affaire Benalla. Soi-disant un simple porteur de bagages, avec appartement de fonction, voiture avec chauffeur,port d’arme, badge d’accès à l’Assemblée, grade de lieutenant-colonel de réserve à 26 ans !
    Du n’importe quoi !


    Oui, tous ces maux, ces fléaux, vous en êtes tous responsables car votre seule obsession c’est de promouvoir le mondialisme et le multiculturalisme quel qu’en soit le prix pour les natifs.
    Emmanuel MACRON est au service de l’Union européenne et du grand capital.
    Et votre seul combat c’est celui que vous menez contre les patriotes et les identitaires, ces salauds de populistes qui ont le culot de défendre leur identité et leur culture, et que les juges rouges harcèlent en permanence pendant que les vraies racailles, qui pourrissent la vie des Français, sont remises en liberté après un simple rappel à la loi.
    Notre justice du « mur des cons » est tombée tellement bas qu’un immigré peut violer une jeune gamine de 15 ans en toute impunité, « parce qu’il n’a pas les codes » !


    CASTANER n’a vu que des néo-nazis chez les Gilets jaunes. Mauvaise pioche. Parmi les 400 manifestants arrêtés, aucun crâne rasé avec tatouage de croix gammée.


    DARMANIN, encore plus nul, a fait de la surenchère. « Sous les Gilets jaunes, il y a des chemises brunes ».


    Mais le pompon revient à votre porte-parole Benjamin GRIVEAUX.
    « Certaines personnes arborant un gilet jaune remontaient les Champs-Élysées avec des drapeaux en disant : « On est chez nous ». Ceux-là appartiennent à une extrême droite identitaire... Et ceux-là, nous les combattrons à chaque minute, à chaque heure et à chaque journée de ce quinquennat, jusqu’au bout. »


    Agiter un drapeau en clamant « on est chez nous » va bientôt mener au tribunal !

    Après la dictature de la pensée, on passe au cran supérieur, comme à Cuba ?
    Vous rendez-vous compte, Monsieur le Premier ministre, combien ces déclaration sont grotesques, mais aussi insultantes pour les Gilets jaunes ?
    Vous rendez-vous compte que des millions de Gilets jaunes sont dans la désespérance pendant que vos sbires les insultent et les méprisent ?
    Mais où donc êtes-vous allés chercher de telles nullités qui ne comprennent rien à rien. Il aura fallu que Paris s’embrase pour qu’ils réalisent enfin qu’ils étaient à côté de la plaque et que la situation devenait gravissime !


    Mais qu’allez-vous faire quand les banlieues vont s’embraser à leur tour, comme en 2005, mais à la puissance 10, alors que 5 000 armes de guerre dorment dans les caves ?
    Si vous êtes incapables de gérer un paisible mouvement des Gilets jaunes, ce n’est plus l’état d’urgence qu’il faudra décréter, c’est l’état de siège.
    Votre incompétence et votre manque de jugement font peur.
    Pour conclure, quelles que soient les mesures que vous prendrez, Emmanuel Macron ne renouera pas avec le peuple. Vous l’avez trop méprisé et trop insulté.


    C’est fini, le divorce est définitif.
    Et la rupture va s’aggraver avec la mondialisation et l’immigration que vous souhaitez amplifier. Le monde nouveau de MACRON, c’est en marche vers la catastrophe sociale et identitaire. On se demande s’il a tous ses esprits.


    Jacques Guillemain

    http://sam-menerveovb.over-blog.com/2018/12/lettre-de-jacques-guillemain-adressee-a-mr-le-premier-ministre-edouard-philippe.html

     

    24 décembre 2018

    Gérard Collomb sur l'insécurité et l'immigration : “D'ici à cinq ans, la situation pourrait devenir irréversible”

     
     
     
    Voici ce que disait Gérard Collomb, encore ministre de l’Intérieur :
     
    « Les rapports entre les gens sont très durs, les gens ne veulent pas vivre ensemble… Je crains la sécession. »

     
      – Quelle est la part de responsabilité de l’immigration ?
    « Énorme (…) »
     
    – Vous pensez qu’on n’a plus besoin d’immigration en France ?

    « Oui, absolument »
    « Des communautés en France s’affrontent de plus en plus et ça devient très violent… »

    « Je dirais que, d’ici à 5 ans, la situation pourrait devenir irréversible. Oui, on a cinq, six ans, pour éviter le pire. Après… »

    –Voilà le résultat de 40 années de lâcheté, 40 années de trahison, 40 années de mensonge de nos élites, qui ont livré le pays à la loi des caïds et des barbus, laissant des pans entiers du territoire s’ensauvager et se transformer en mini-califats.

    La France est désormais au bord de la guerre civile. Tel est le message de Gérard Collomb, que le pouvoir tente de minimiser et que la presse aux ordres a enterré.

    –Le pire est que tout cela était annoncé depuis des décennies. Nombreux sont les lanceurs d’alerte qui ont sonné le tocsin, à commencer par Jean-Marie Le Pen, qu’on a préféré diaboliser, et les services de renseignement qu’aucun chef d’État n’a écoutés.

    –Car il n’y a pas que les musulmans qui pratiquent la taqîya. Nos politiques sont passés maîtres dans l’art de la dissimulation.

    –Fillon avait enterré en 2004 le rapport Obin qui sonnait l’alarme sur la dramatique islamisation de l’école. Les profs ont peur. La violence, impensable il y a trente ans, a envahi l’école.

    –Commissariats et forces de police sont régulièrement attaqués en toute impunité. L’État de droit est chaque jour bafoué.

    Nous avons eu des mutineries de marins musulmans dans la Marine nationale, des soldats musulmans ont refusé de partir en Afghanistan, au prétexte qu’un musulman ne peut tuer d’autres musulmans. Foutaises, puisque ça fait 14 siècles que sunnites et chiites s’entretuent !! Tout a été caché ou minimisé, alors que ces incidents au sein de notre armée étaient gravissimes.

    –Voilà où mènent la lâcheté, le renoncement permanent et la soumission du pouvoir à l’islam, par peur de faire des vagues, par crainte des émeutes.

    –Nos policiers ont été littéralement désarmés et ont été privés de toute autorité, par peur d’un embrasement généralisé de type 2005 à la puissance 10. Capituler, encore et toujours, tel est le credo de nos élus, qui ne pensent qu’à leur réélection mais jamais à la France.

    –Tous nos responsables politiques ont imposé l’omerta, alors que les islamistes n’ont jamais caché leur volonté de soumettre l’Europe à la charia.

    –Youssef al-Qaradawi, Marwan Muhammad et bien d’autres, ont toujours annoncé la couleur. On ne peut les taxer d’hypocrisie. Les sournois, ce sont nos dirigeants, parfaitement informés, mais complices de la destruction du pays.

    –Nos élites sont toutes coupables d’avoir mis la France en grand danger, élus, journalistes, intellectuels et autres faiseurs d’opinion, tous sont responsables de l’éclatement de la société et du chaos généralisé qui s’annonce.

    –La justice s’est montrée implacable envers les opposants à la pensée unique politiquement correcte. On ne compte plus les victimes du terrorisme intellectuel qui ont été broyées par cette mécanique totalitaire implacable.
     
    –Comme le dit Philippe de Villiers dans son nouveau livre, “Le Mystère Clovis”, nous vivons la fin de la civilisation occidentale, comme la chute de l’Empire romain.
     
    À la différence près que l’Empire romain a mis cinq siècles à s’effondrer, alors que depuis mai 68, nous aurons mis un demi-siècle à nous autodétruire.
     
    –Mais pour de Villiers, la situation est bien pire qu’à l’époque de Clovis et des Grandes Invasions.

    –Car les Barbares, très minoritaires, ont été assimilés par la “romanitas”, l’esprit et les coutumes de Rome.

    –Alors que parmi nos millions d’immigrés musulmans, les plus fanatiques ont imposé leurs exigences communautaristes et considèrent la France et l’Europe comme une terre de conquête.

    –L’islam radical a supplanté nos règles d’assimilation, à cause d’un esprit capitulard, pour ne pas dire anti-Gaulois, qui domine chez nos élites droguées à l’idéologie mondialiste.

    –La société multiculturelle paradisiaque que nous ont vendue les traîtres qui nous gouvernent, se révèle n’être qu’une société « multiconflictuelle » qui nous mène au chaos.

    – En supprimant les frontières, nous avons signé l’arrêt de mort de notre identité.

    Le projet de Macron et des mondialistes, c’est de créer un nouvel individu, “sans nation, sans famille et sans mémoire”. Un robot devenu un simple consommateur totalement soumis.

    Et dès que les peuples se révoltent par les urnes, cette élite anti-occidentale hurle aussitôt au “populisme”, comme elle vient de le faire avec l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil.

    –Ce n’est pas l’islamisation de la France et la disparition du peuple gaulois que craint Macron. Ce qu’il craint, c’est “la lèpre populiste” qui pourrait évincer les mondialistes du pouvoir et mettre fin à la funeste entreprise de démolition de la civilisation occidentale.

    –La question vitale est donc de savoir si la France peut encore être sauvée du naufrage et éviter la guerre civile que souhaitent les islamistes. Une hypothèse loin d’être un fantasme, tant nos élus s’acharnent à aggraver la situation au nom du « vivre-ensemble ».

    –Avec la clique actuelle au pouvoir, la réponse est “non”.

    –La France n’a pas de Trump, de Salvini, d’Orban ou de Bolsonaro, assez courageux pour fermer les frontières et se lancer dans la reconquête des quartiers en imposant l’ordre républicain aux barbus et aux caïds, qui défient le pouvoir depuis des décennies.

    –De Villiers cite Soljenitsyne, analysant l’erreur des dirigeants occidentaux :
     
    “L’Occident croit que la politique se confond avec l’économie. La politique, c’est la civilisation.”

    –Et en véritable visionnaire, Soljenitsyne ajoutait :

    “Les dissidents étaient à l’Est, ils vont passer à l’Ouest.”

    – En effet, les populistes sont les résistants et les dissidents qui s’opposent à la dictature mondialiste.

    – Le peuple français n’a plus que deux solutions : le vote populiste massif pour reprendre son destin en mains et éviter le pire, ou reconduire les fossoyeurs de la nation, qui sèment les germes de la guerre civile.
     
    Jacques Guillemain
     
    Source : Valeurs Actuelles
     

     

     

    L’apocalypse en jaune fluo

     

    L'apocalypse en jaune fluo

     

    par Agnès Maillard

     

    C’est une véritable apocalypse en jaune fluo qui a déferlé sur la France et qui a résisté, jour après jour, semaine après semaine, au froid, au découragement, à la violence, à la haine et quelque part, aussi, à la tentation du pire et du chaos. C’est une apocalypse au sens premier du terme : la révélation !

    Parce que c’est cela qui s’est réellement passé et que plus rien ne pourra effacer : ce qui était invisible est devenu visible, ce qui était nié s’est imposé à tous, ce qui était caché a été exposé de manière irrévocable.

    La France invisible

    Pendant toutes ces années, je me suis demandé si je ne vivais pas dans une autre dimension. Il y avait la réalité sociale, officielle, incontournable, celle qui se montre dans les journaux, sur les écrans, dans les livres, ce récit collectif de ce que notre monde est et la manière dont nous devons nous résigner à y vivre. Et puis il y avait une autre réalité, brutale, vertigineuse, impossible et impensable, celle de ma vie, de celle de mes voisins, de mes proches, des collègues, des relations, d’un monde à la fois énorme, omniprésent, concret et en même temps indicible, parce que considéré comme marginal, non significatif, déjà passé en perte et profit.

    Ça a été ça, la première révélation : celle de notre multitude, la fin de la solitude, de la conviction de son seul échec personnel, de sa seule responsabilité, de notre terrible normalité. Nous n’étions pas seuls, pas l’exception qui confirme la règle, mais bien la règle, la réalité un peu déplaisante que l’on planque sous le tapis, que l’on balaie d’un revers de la main. Les fins de mois qui commencent le 5, le 10 ou le 15, ce n’est pas parce qu’on est juste un mauvais gestionnaire, un type un peu raté, un salarié un peu moyen, un chômeur pas très adaptable, une femme pas assez flexible, mobile ou bosseuse. Non, la pauvreté, c’est-à-dire cet état de manque un peu permanent, c’est massif. Et la menace d’y sombrer un jour par accident est en fait le lot commun.

    La guerre des classes

    Ce que nous révèle ensuite la révolte des Gilets Jaunes, ce sont les fractures sociales béantes de notre société, c’est l’inconsistance de la fameuse classe moyenne, gros fourretout à visée électoraliste. Il n’existe en fait aucune communauté de destin entre le couple de cadres dynamiques qui profitent des bienfaits de la ville-monde hyperconnectée par TGV et avions et leur femme de ménage, famille monoparentale en manque chronique de tout et sans aucune perspective de dépasser un jour le seuil de pauvreté et un horizon de privations sans fin.

    La guerre des classes ne s’est jamais dissoute dans le concept nébuleux de la classe moyenne, elle s’est même intensifiée sous le couvercle qui cherchait à l’invisibiliser et il est enfin évident que les classes possédantes n’ont plus d’autre objectif que l’accumulation sans limites pour eux et l’austérité perpétuelle pour les autres, selon le bon vieux principe des vases communicants qui, lui aussi, était passé sous le boisseau, remplacé par la théorie non moins fumeuse du ruissèlement. Toutes les politiques de ces 35 dernières années ont toujours servi les intérêts des nantis, détruisant pour ce faire les classes populaires les unes après les autres, les dépouillant consciencieusement, jusqu’à l’os. La politique de Macron n’a rien de nouveau en ce sens, elle est juste encore plus intensive, pressée, avide et il devient de plus en plus évident pour tous que les classes possédantes ne font plus de prisonniers.

    L’imposture démocratique

    Ce n’est pas une révélation pour la plupart d’entre nous, la part croissante de l’abstention parle d’elle même, mais la vacuité du personnel politique, son impuissance organisée et son total manque de scrupule ont enfin éclaté au grand jour. Que cela a dû être troublant pour les thuriféraires de l’urne sacrée que de voir les responsables politiques mépriser le peuple avec tant de morgue et lui mentir avec tant de désinvolture. Que c’est stupéfiant, quand on y pense, que de voir le discours solennel d’un président ne pas tenir 24 heures à l’épreuve des faits et montrer la profonde duplicité d’un pouvoir tout entier dédié au maintien des privilèges des 10 % les plus riches contre toutes les autres composantes de la nation.

    Nous le savions, nous l’avons dit, mais c’est purement apocalyptique que de voir ces gens mentir au plus haut niveau et continuer à espérer que nous allons adhérer au cirque électoral et à ses promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. Que reste-t-il d’une démocratie quand la tromperie et le mépris s’y expriment au grand jour ?

    La duplicité syndicale

    Cela faisait quelques années que les militants les plus convaincus commençaient à se poser des questions sur l’encadrement syndical de toute contestation des politiques régressives en cours. Alors qu’il y a eu une époque où les syndicats poussaient à la roue pour obtenir des avancées significatives dans le traitement de millions de salariés — avec ou sans emploi —, voilà que depuis quelque temps, ils n’avaient plus l’air que de se battre le dos au mur, uniquement sur la défensive, à négocier essentiellement un peu de retenue dans la brutalité des réformes réactionnaires qui dépouillent les prolétaires de leurs fameux avantages acquis en peau de chagrin. Le tout avec un scénario devenu immuable : le gouvernement annonce un nouveau recul social qui vise les premiers déciles de la population, les syndicats organisent une promenade sur un parcours bien balisé tel jour pendant tel créneau horaire, on marche en rang derrière les sonos qui empêchent toute discussion politique, puis ils sonnent la fin de la récré avec option tonfa pour ceux qui n’auraient pas bien compris le message. Ou comme le disait l’ex-princident revenu aux manettes dans les coulisses : maintenant, quand il y a une grève, une manif ou un conflit social, ça ne dérange plus personne, on ne se rend plus compte de rien.

    Ensuite, on fait mine d’avoir négocié la quantité de vaseline et voilà un nouveau pan de la loi ou de la solidarité nationale qui s’effondre, effacé d’un trait de plume et entériné par une direction syndicale qui a déjà négocié ses subventions et ses prébendes pour le retour à la vie civile.

    Le comportement syndicaliste pendant la révolte des Gilets Jaunes a été tout bonnement exemplaire en exposant radicalement ses élites dans leur rôle à présent quasi officiel de garde-chiourmes des perdants récalcitrants de la guerre des classes. Rarement il nous a été donné d’entendre un silence plus éloquent que celui des centrales syndicales alors même que le soulèvement populaire qu’elles prétendaient appeler de tous leurs vœux fleurissait à tous les rondpoints comme des gerbes de boutons d’or après l’ondée printanière. De-ci, de-là, certains glosaient sur ces gueux qui se réveillaient maintenant plutôt que sur ordre des encartés, ce qui semblait justifier de les laisser croupir dans leur merde et leur inorganisation. Tantôt, d’autres se déclaraient contre toute participation à un mouvement populaire massif sous prétexte qu’on y aurait vu graviter quelques chemises brunes à la manœuvre, l’évitement et l’abandon créant pourtant ces espaces vides où prospèrent les agitateurs et manipulateurs politiques professionnels.

     

    Mais avouons que toute ambigüité sur l’état réel du dialogue social à la française a été levée lors de l’appel pour une fois collectif des syndicats à bien tous rentrer dans la niche et à cesser de geindre sur les problèmes de précarité et de fin de mois difficile en dehors du calendrier syndical dument tamponné par l’exécutif et le patronat. Cette révélation-là a donné envie à bien des militants sincères et engagés de bruler leurs amarres syndicales, leurs cartes et leurs représentants au milieu du feu.

     

    La voix de son maitre

    Si tout ce qui précède n’avait pas suffi à révéler la décrépitude profonde de notre démocratie, le traitement médiatique honteux et pourtant pratiquement unanime du mouvement des Gilets Jaunes par les nouvelles caisses de résonance du pouvoir a dû faire tomber bien des peaux de saucissons qui scellaient encore les paupières. Jamais il n’a été aussi évident que la presse, les éditocrates, les journalistes de terrain ou de salon, porte-crachoirs de la république en marche arrière étaient totalement dévoués et voués à servir jusqu’à la glotte le discours et la vision du monde des classes dominantes. Voilà que ceux que l’on ne montrait point, dont on ne parlait jamais, voilà que les invisibles de la république avaient l’outrecuidance de vouloir envahir l’espace public, de vouloir occuper le calendrier médiatique des marronniers et des pantoufles fourrées de leurs complaintes, de leur réalité, de leur lutte et de leurs revendications !

    Quelle révélation pour ceux qui voyaient le monde à travers les lunettes déformantes du petit bout de la lucarne que de s’y voir ainsi caricaturés, niés, vilipendés, moqués, dénaturés ! Quelle dissonance ils ont pu éprouver dans la confraternité de leurs rondpoints et de leurs rassemblements joyeux, féroces et désespérés à la fois alors qu’ils voyaient en temps réel sur les écrans connectés de leur téléphone quels mauvais procès d’intention, quels mensonges et autres faux décomptes on leur faisait dans ces médias qu’ils croyaient impartiaux, indépendants et garants de l’équilibre des pouvoirs de la démocratie !

     

    Appelés dans un premier temps pour couvrir les actions, les journalistes couchés aux pieds de leurs maitres sont devenus eux-mêmes gibier d’une population ulcérée de se voir ainsi méprisée et falsifiée à longueur de temps. Voilà que ceux qui appellent sans cesse à la vérification des sources, à l’éradication des fake news en étaient en fait les plus grands dealeurs, les garants d’une désinformation massive qui n’aurait pas déparé du temps de la Pravda.

    Plus de carotte, seulement le bâton !

    Les indigènes de la république, les bannis, les racisés, les sans-grades, les classes dangereuses, tous n’avaient de cesse de dénoncer une police de plus en plus violente et un maintien de l’ordre qui n’était plus que répression. Mais voilà, tant que les victimes de la police s’appelaient Mouloud et non Jean-Eudes, il y a toujours eu l’idée un peu méprisante et franchement raciste que même s’il est déplorable que des gens meurent sous les coups de ceux qui sont censés les protéger, c’est quand même un petit peu parce qu’ils ne marchaient pas droit et qu’ils l’avaient bien cherché quand même. Massacrer du gueux de cités, c’est comme cela que l’on maintient dans le temps les nécessités d’un ordre injuste, exploser des étudiants écolos qui protègent des arbres et des grenouilles, c’était déjà un peu plus compliqué à justifier, mais d’un autre côté, vous savez, ces gauchistes, c’est quand même un peu des extrêmes, voire de la graine de terroristes !

    Mais quand il s’est agi de Marcel et Ginette gazés et tonfés sur la plus belle avenue du monde, au milieu des vitrines qui dégueulent de luxe et de fric tellement abondant qu’on ne sait plus comment le dilapider, quand c’est monsieur et madame tout le monde et leurs enfants du lycée pro qui se sont fait exploser la gueule pour avoir osé protester contre la vie chère et les fins de mois à perpétuité, on a commencé à avoir des doutes affreux sur les missions réelles de la police. Doute affreux qui s’est confirmé au fur et à mesure des reportages des médias couchés qui ne parlaient que des casseurs en jaune fluo et jamais des gueules cassées à grand coup de flash-ball et autres armes défensives, destinées en réalité à mutiler et à soumettre le droit de manifester à la possibilité de finir handicapé à vie.

     

    Et qu’ils ont été surpris, aussi, les Gilets Jaunes de découvrir que ces flics qu’on ne trouve jamais pour lutter contre les incivilités et l’insécurité quotidiennes vécues par les gueux dans leur milieu ordinaire, loin des yeux et loin du cœur, étaient par contre déployés en abondance pour protéger les vitrines de luxe et les quartiers discrets et somptueux où l’on a pour habitude de péter dans la soie dans le plus parfait entre-soi.

     

    La révélation  

     

    Oui, c’est une apocalypse que cette révolte des rondpoints, des contrées d’outre-périphérique, des zones de relégation, de ceux qu’on avait passés en pertes et profits depuis si longtemps.

    C’est une apocalypse pour les classes dominantes et leurs laquais qui ont su donner le change si longtemps et noyer tant d’injustices, tant d’iniquités, de mensonges, de pillages que cela avait fini par paraitre la marche normale du monde, une civilisation d’autant plus pacifiée que ses perdants et surnuméraires avaient le bon gout de crever à petit feu et dans le silence, toujours plus loin des centres du pouvoir.

    C’est une apocalypse parce qu’elle a révélé de manière absolument incontestable la nature profondément corrompue du pouvoir, la déliquescence démocratique, les soumissions médiatiques et syndicales et toute la machinerie sociale immense et avide qui n’a pas d’autres justification ou objectif que de pressurer le plus grand nombre pour ne gaver qu’une toute petite poignée de nantis bien décidés à préserver leurs privilèges honteux par tous les moyens et à tout prix.

    legendrenouvelob 20181222s

    Ce que les Gilets Jaunes ont appris en sortant de chez eux, de leur isolement et de leurs peines, en osant le rassemblement, l’entraide, la discussion et la solidarité, en confrontant leurs quotidiens, leurs expériences et leurs vécus avec les faux miroirs dans lesquels ils s’éteignaient à petit feu, quoi qu’il arrive à présent, rien de tout cela ne sera ni perdu ni oublié.

    Les Gilets Jaunes se sont détournés des ombres de la caverne et ils ont été blessés par l’implacable clarté du monde. Ils ont vu ce qui était caché, ont entendu ce qui était tu, ont appris ce qui n’était pas transmis. De fait, aucun retour en arrière ne sera plus possible, même si les dominants croient sincèrement que les coups de pied au cul suivi d’une poignée de biscuits devraient largement suffire à rétablir leur ordre injuste et à rabrouer la chienlit dans sa niche.

    Sauf que le clébard a bien compris qu’il n’a rien à perdre à mordre la main qui le dépouille et le dérouille quand il se rebiffe !

    source:https://www.levilainpetitcanard.be/lapocalypse-en-jaune-fluo/

    https://reseauinternational.net/lapocalypse-en-jaune-fluo/

     

    .

     

     Fake news : autopsie d’une manipulation politique et médiatique à partir d’une vidéo tronquée 

    Sur ce site,

    Fake news : autopsie d’une manipulation politique et médiatique à partir d’une vidéo tronquée

    https://reseauinternational.net/fake-news-autopsie-dune-manipulation-politique-et-mediatique-a-partir-dune-video-tronquee/

     

    .

    Macron, tous ces maux, c'est VOTRE faute ! (Jacques GUILLEMAIN, ex-officier de l’armée de l’Air) - L'apocalypse en jaune fluo

     

     Comment faire gagner les Gilets jaunes ?      
    Une analyse théorique, politique et stratégique
    Par Jacques Nikonoff, gilet jaune, universitaire, président du Parti de la démondialisation 

    http://www.pardem.org/espace-presse/156-communiques-de-presse/897-communique-faire-gagner-les-gilets-jaunes

     

    A relayer, à voir par les Gilets jaunes !

    Rousseau ancêtre des Gilets Jaunes, modèle !

    On comprend pourquoi "l'Education" nationale macron, le soustrait du programme !

    https://reseauinternational.net/pourquoi-rousseau-etait-un-gilet-jaune/

     

     


    3 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique