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    Le transhumanisme est-il l’avenir de l’humanité ?

    Le transhumanisme est-il l’avenir de l’humanité ?

    «La science et la technique ont pris le pas sur la nature, sur le pouvoir, sur la poésie, sur la philosophie et sur la religion. Voilà le coeur de l’affaire. Elles ont bouleversé notre vie» Jean d’Ormesson (de l’Académie française)

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    Une nouvelle révolution est en train de se dérouler dans les laboratoires, une révolution sans bruit, sans médiatisation sans morts apparents mais qui est lourde de signification pour l’avenir de l’humanité. Les scientifiques parlent de supprimer les causes de la mort en « réparant » l’homme, mieux encore en « augmentant » ses capacités au-delà de ses capacités naturelles. Cette science : le transhumanisme est un tournant majeur dans la destinée humaine. Elle pose cependant des problèmes éthiques voire religieux.

     Qu’est-ce que le transhumanisme ? 

     Le transhumanisme est un mouvement intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables. La quête d’immortalité date de l’Épopée de Gilgamesh ou les quêtes de la fontaine de Jouvence et de l’élixir de longue vie, au même titre que tous les efforts ayant visé à empêcher le vieillissement et la mort, en sont l’expression. (…) Le biologiste Julian Huxley, semble être le premier à avoir utilisé le mot « transhumanisme ». En 1957, il définit le transhumain comme un « homme qui reste un homme, mais se transcende lui-même en déployant de nouveaux possibles de et pour sa nature humaine ».. (Encyclopédie Wikipédia)

     « De ses débuts confidentiels dans la Californie des années 1990 à la profusion d’articles, de livres et de débats, le transhumanisme suscite rejets radicaux ou adhésions extrêmes, Car le transhumanisme, qui entend augmenter les capacités physiques et mentales de l’être humain, porte une utopie : le dépassement de la condition humaine. Le transhumanisme défend des projets parfois sidérant d’audace, comme prolonger la vie de plusieurs siècles, coloniser l’espace, doter l’homme de capacités sensorielles et cognitives bien au-delà de sa condition actuelle ou encore contrôler son état psychologique par un dopage permanent. Ces promesses ne constituent pas une simple confiance dans le progrès technologique. » (1)

     « Souvent, le transhumanisme est perçu comme une spéculation sur le développement technologique, ce qu’il est, mais en partie seulement. Le transhumanisme nous appelle à prendre en main notre évolution pour nous libérer de « la loterie génétique », de la mortalité, des limites de nos capacités. Il s’agit ni plus ni moins que de changer l’homme, de révolutionner ses conditions biologiques pour le transformer, bref faire passer l’humanité à une étape nouvelle (et supérieure) de son évolution grâce à un effort technologique concerté et intense. Né à la fin des années 1980, le transhumanisme a réussi à inscrire à l’agenda mondial certaines de ses problématiques, son vocabulaire, sa vision du monde : l’homme augmenté, l’eugénisme libéral, le prolongévisme, la colonisation spatiale comme réponse à la crise climatique, autant de thématiques qui ne sont peut-être pas propres au transhumanisme mais que celui-ci porte et, surtout, unifie dans un projet global. Les transhumanistes annoncent une « révolution technologique » en cours, révolution pour laquelle ils proposent une pensée, une éthique, une psychologie. Aussi n’est-il pas surprenant que le transhumanisme inspire l’action de dirigeants de multinationales qui investissent des sommes considérables dans le développement de technologies correspondant aux utopies transhumanistes, Larry Page et Sergey Brin, Elon Musk, Peter Thiel, Mark Zuckerberg sont les plus médiatisés, les plus puissants sans doute » (1).

     « En remettant en question l’idée que l’homme ait une nature définie, qu’il doive respecter les limites physiques de sa condition, que la mort soit un horizon indépassable pour toute construction sociale, le transhumanisme interroge des éléments structurants de l’expérience humaine. Par certaines de ses propositions les plus radicales, le transhumanisme pousse les positions éthiques classiques dans leurs retranchements, les amenant à se positionner en face de pratiques déjà effectives que l’on pourrait rapporter au transhumanisme (comme un certain eugénisme libéral, l’usage de médicaments pour des bien-portants à finalité d’augmenter leurs capacités, etc.).() Que veulent les transhumanistes ? Quelles sont leurs valeurs ? Quels sont les arguments de ses adversaires ? Chemin faisant, en débattant du transhumanisme, c’est de la place que prennent les technologies dans notre vie que nous discutons. Le détour en vaut donc la peine ! » (1)

     « Le projet Human Body Version 2.0 a pour principal acteur Ray Arch Kurzweil, un archi-transhumaniste. Les objectifs sont clairement énoncés depuis un certain temps: Dans les décennies à venir, une mise à niveau radicale des systèmes physique et mental de notre corps, déjà en cours, utilisera des nanobots pour augmenter et finalement remplacer nos organes. Nous savons déjà comment prévenir la plupart des maladies dégénératives par la nutrition et la supplémentation; ce sera un pont vers la révolution émergente de la biotechnologie, qui à son tour sera un pont vers la révolution des nanotechnologies. D’ici 2030, l’ingénierie inverse du cerveau humain sera terminée et l’intelligence non biologique fusionnera avec notre cerveau biologique. En fait, il a déjà été annoncé que l’ingénierie inverse du cerveau humain était en bonne voie grâce à de nouvelles micropuces et à un logiciel associé. Et, bien qu’on ne s’attende pas à un recâblage complet du cerveau par les nanobots avant 2020, Phys.org a signalé que notre ADN avait été ciblé avec succès par des nanobots «pour la pharmacothérapie ou la destruction». Sur la base de nos connaissances actuelles, nous pouvons déjà toucher et sentir les moyens de réaliser chaque aspect de cette vision. Des chercheurs de l’Université de Columbia ont mis au point une flotte de nanorobots moléculaires capables d’administrer des médicaments à des cellules spécifiques et d’identifier les marqueurs génétiques à l’aide de marqueurs fluorescents»(1).

    Le Corps humain du futur : version 2.0 

     L’un des architectes du transhumanisme Ray Kurzweil, membre du conseil consultatif scientifique de la Lifeboat Foundation nous donne sa perception du futur celle d’un homme où aucun de ses organes n’est irremplaçable et même son imaginaire peut être modifié ( amélioré) ! Il écrit : »Dans les décennies à venir, une mise à niveau radicale des systèmes physique et mental de notre corps, déjà en cours, utilisera des nanobots pour augmenter et finalement remplacer nos organes. D’ici 2030, l’ingénierie inverse du cerveau humain sera terminée et l’intelligence non biologique fusionnera avec notre cerveau biologique. Le sexe a déjà été en grande partie séparé de sa fonction biologique. () Nous avons plusieurs méthodologies pour créer des bébés () Notre espèce a déjà augmenté l’ordre «naturel» de notre cycle de vie grâce à notre technologie: médicaments, suppléments, pièces de rechange pour pratiquement tous les systèmes de l’organisme et de nombreuses autres interventions. Nous avons déjà des appareils pour remplacer nos hanches, genoux, épaules, coudes, poignets, mâchoires, dents, peau, artères, veines, valves cardiaques, bras, jambes, pieds, doigts. Les systèmes destinés à remplacer des organes plus complexes (nos cœurs, par exemple) commencent à fonctionner. Au fur et à mesure que nous apprendrons les principes de fonctionnement du corps humain et du cerveau, nous pourrons concevoir des systèmes extrêmement supérieurs qui seront plus agréables, dureront plus longtemps et fonctionneront mieux, sans risque de panne, de maladie et de détérioration. Vieillissement » (2).

     « Nous ne créerons pas tout à la fois la version 2.0 du corps humain. Ce sera un processus progressif, déjà bien engagé. () Les nanobots – des robots à la taille d’une cellule sanguine – fourniront les moyens de repenser radicalement notre système digestif et, accessoirement, à peu près tout le reste. Dans une phase intermédiaire, les nanobots situés dans le tube digestif et le sang extrairont intelligemment les nutriments précis dont nous avons besoin, demanderont des nutriments et des suppléments supplémentaires via notre réseau local sans fil et enverront le reste des aliments que nous consommons sur notre chemin. passé pour élimination. () En fin de compte, les nutriments individualisés nécessaires à chaque personne seront parfaitement compris (y compris les centaines de composés phytochimiques) et disponibles facilement et à peu de frais, de sorte que nous n’aurons pas besoin d’extraire les nutriments des aliments. () Cette technologie devrait être raisonnablement mûre d’ici les années 2020. Les nutriments seront introduits directement dans le sang par des nanobots métaboliques spéciaux. Les capteurs de notre circulation sanguine et de notre corps, utilisant la communication sans fil, fourniront des informations dynamiques sur les nutriments nécessaires à chaque instant. Un avantage important de la technologie des nanobots est que, contrairement aux simples médicaments et compléments nutritionnels, les nanobots possèdent une certaine intelligence. Ils peuvent suivre leurs propres inventaires et se glisser intelligemment dans notre corps de manière intelligente ». (2).

     « Le cœur poursuit l’auteur est une machine remarquable, mais elle pose un certain nombre de problèmes graves. Bien que les cœurs artificiel commencent à fonctionner, une approche plus efficace consiste à se débarrasser complètement du cœur. Parmi les conceptions de Freitas figurent des substituts de cellules sanguines nanorobotiques qui fournissent leur propre mobilité. L’énergie sera fournie par des piles à combustible à l’hydrogène de taille microscopique. Integrated Fuel Cell Technologies, a déjà créé des piles à combustible de taille microscopique. Les respirocytes offrant un accès très étendu à l’oxygénation, nous serons en mesure d’éliminer les poumons en utilisant des nanobots pour fournir de l’oxygène et éliminer le dioxyde de carbone. () De même, les organes qui filtrent le sang pour détecter les impuretés, tels que les reins, peuvent également être remplacés par des services d’élimination à base de nanorobots » (2)

     « Il ne reste plus qu’à présent le squelette, qui est une structure stable et nous avons déjà une compréhension raisonnable de son fonctionnement. (). Des nanobots interconnectés permettront d’augmenter et, à terme, de remplacer le squelette. Remplacer des parties du squelette aujourd’hui nécessite une intervention chirurgicale douloureuse, mais le remplacer par des nanobots de l’intérieur peut être un processus progressif et non invasif. La version 2.0 du squelette humain sera très forte, stable et se répare d’elle-même. La peau, cependant, est un organe que nous voudrons garder, Nous pourrons en fin de compte améliorer la peau grâce à de nouveaux matériaux souples issus de la nanotechnologie qui offriront une meilleure protection contre les effets environnementaux physiques et thermiques » (2),

     Nous sommes en train de devenir des Cyborgs. Reconcevoir le cerveau humain 

     « La partie difficile -pour le moment- constituée par le cerveau fait l’objet de recherches intenses. Comme lu sur la publication suivante : « Le processus d’ingénierie inverse et de refonte englobera également le système le plus important de notre corps: le cerveau. Environ la moitié de notre code génétique étant consacré à sa conception. Considérer le cerveau comme un organe unique est une idée fausse. C’est en fait une collection complexe d’organes de traitement de l’information, interconnectés dans une hiérarchie complexe, et l’accident de notre histoire évolutive. Nous avons déjà des modèles mathématiques détaillés d’une vingtaine de dizaines de régions sur plusieurs centaines qui composent le cerveau humain. L’âge des implants neuronaux est également bien avancé » (3)

     L’auteur décrit ensuite quelques avancées remarquables dans le cadre de la « réparation » de l’homme » Des chercheurs du MIT et de Harvard développent des implants neuronaux pour remplacer les rétines endommagées. Il existe des implants cérébraux destinés aux patients atteints de la maladie de Parkinson pour inverser les symptômes les plus dévastateurs de cette maladie. «Plutôt que de traiter le cerveau comme une soupe, en ajoutant des produits chimiques qui améliorent ou inhibent certains neurotransmetteurs», explique Rick Trosch, un médecin américain qui a contribué à ces traitements, «nous le traitons maintenant comme un circuit». Nous devenons rapidement plus intimes avec notre technologie. Les ordinateurs ont commencé comme de grosses machines distantes installées dans des salles climatisées et entretenues par des techniciens en revêtement blanc. Par la suite, ils se sont installés sur nos bureaux, puis sous nos bras et maintenant dans nos poches. Bientôt, nous les mettrons régulièrement dans nos corps et nos cerveaux. En fin de compte, nous deviendrons plus biologiques que biologiques. D’ici la fin de cette décennie, l’informatique disparaîtra comme une technologie distincte que nous devons emporter avec nous ». (3)

    « D’ici 2030, l’électronique utilisera des circuits de la taille d’une molécule, l’ingénierie inverse du cerveau humain sera terminée Il est important de noter qu’une fois que l’intelligence non biologique a pris racine dans notre cerveau (un seuil que nous avons déjà franchi), elle va croître de manière exponentielle, tout comme le caractère accéléré des technologies basées sur l’information. Un cube d’un pouce de circuits de nanotubes (qui fonctionne déjà à plus petite échelle dans les laboratoires) sera au moins un million de fois plus puissant que le cerveau humain. D’ici 2040, la partie non biologique de notre intelligence sera beaucoup plus puissante que la partie biologique. Cependant, il fera toujours partie de la civilisation homme-machine, dérivée de l’intelligence humaine, c’est-à-dire créée par l’homme (ou des machines créées par l’homme) et basée au moins en partie sur l’ingénierie inverse du système nerveux humain. (3).

     Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ? 

     A quand un bébé à la carte, quasiment fabriqué de toute pièce ?  Avec les progrès de la science et de la recherche médicale, la frontière qui nous sépare du spectre de l’eugénisme est de plus en plus ténue… Dans un avenir proche, le diagnostic pré-implantatoire, et bientôt l’utérus artificiel, vous permettront-ils de recourir à l’ectogenèse pour procréer d’une façon tout sauf naturelle, sans laisser de place au hasard, et de choisir le sexe de votre enfant, voire son QI ? Le futur sombre imaginé dans le film «Bienvenue à Gattaca» et le roman «Le Meilleur des Mondes» semble de plus en plus à notre portée » (4).

     Dans le même ordre, d’une réécriture du destin de chaque être humain, cette publication va plus loin. On peut pratiquement commander le bébé que l’on veut. Il n’y a plus de loterie génétique ; Que se passerait-il si les parents en devenir avaient la possibilité de choisir à l’avance la combinaison de gènes que leur enfant hériterait ? La question est sortie du cadre de la science-fiction selon Hank Greely, professeur de droit à l’Université de Stanford. La science et la technologie sous-jacente progressent rapidement, il est maintenant temps d’examiner attentivement « quels changements légaux seraient nécessaires pour essayer de maximiser les avantages et minimiser les dommages de cette nouvelle approche reproductrice » (5)

    « Le professeur Greely a exploré les implications juridiques, éthiques, et sociétales des biotechnologies émergentes dans un nouveau livre : «The end of sex and the future of human reproduction » (Harvard University Press, 2016), qui envisage un monde où la procréation ne commence plus dans la chambre à coucher, mais plutôt dans une boîte de Pétri d’une clinique médicale. Dans le livre, Greely raconte le scénario suivant : Un couple voulant un enfant, créerait cent embryons et recevrait un dossier sur l’ADN de chacun. Cela révélerait la présence de gènes favorisant l’apparition de graves maladies mortelles, ainsi que des marqueurs qui confèrent un risque accru de conditions moins graves. Mais cela pourrait aussi inclure des gènes pour des traits physiques, comme la couleur des yeux ou des cheveux, la taille et le type de corps. Mais également des marqueurs pour les traits comportementaux tels qu’une inclination pour le sport ou la musique. Les futurs parents sélectionneraient alors les embryons à implanter, sur la base des caractéristiques espérées. Le diagnostic préimplantatoire (DPI) qui consiste à l’extraction d’une seule cellule d’un embryon créé in vitro (FIV), et le dépistage de gènes malades ou des chromosomes anormaux est présent depuis 25 ans. Mais tôt ou tard, les scientifiques réussiront à faire des ovules humains viables et du sperme à partir de cellules souches pluripotentes induites (CSPi) provenant de la peau ou d’autres cellules somatiques, dit Greely. Cela permettra d’éliminer également la pression de l’horloge biologique au moins en termes de conception permettant ainsi aux femmes à repousser la formation d’une famille. » (5)

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     Dans le même ordre on annonce une gestation réussie pour un agneau dans un utérus artificiel. Les humains pourraient être les prochains cobayes ? Les agneaux ont passé quatre semaines dans des utérus extracorporels sans le moindre problème apparent A l’intérieur de ce qui ressemble à un sac en plastique zippé branché à des tubes flexibles contenant du sang et d’autres fluides, huit fœtus de moutons ont poursuivi leur développement, quasiment comme ils l’auraient fait à l’intérieur du ventre de leurs mères. Si l’on en croit la nouvelle étude faisant ses premiers pas vers un utérus artificiel, pendant quatre semaines, les agneaux ont vu leurs poumons et cerveaux se développer, leur peau se couvrir de laine. Ils ont ouvert les yeux, gigoté, et appris à avaler » (6).

     Pour le docteur Laurent Alexandre On manipulera les embryons pour optimiser nos enfants. La modification de l’ADN mettra fin à la loterie génétique. Aujourd’hui, 1 bébé français sur 30 est produit aujourd’hui par procréation médicalement assistée(CPMA). La place de l’intelligence artificielle (IA) dans la fabrication des bébés s’accroît d’année en année, et son potentiel de développement est vertigineux. Plusieurs étapes faisant appel à l’intelligence artificielle sont requises () nous allons cohabiter avec de nombreuses formes d’IA. Nous accepterons d’»augmenter» nos bébés pour qu’ils soient à la hauteur de ces intelligences artificielles. Déjà 50 % des jeunes Chinois souhaitent développer le QI de leurs bébés par manipulation génétique. La bataille entre transhumanistes et bioconservateurs a commencé » (7).

    Résister au transhumanisme. Pourquoi ? Comment ? 

     Faut-il refuser le progrès indéniable du fait que les fondements éthiques qui ont mis des millénaires à sédimenter sont remis en cause ? Il y a l’approche scientifique et l’approche religieuse. Du côté de la science Jacques Testart, directeur de recherche honoraire à l’INSERM. Citoyen vigilant, préoccupé des dérives de nos sociétés, s’affirme le défenseur têtu « d’une science contenue dans les limites de la dignité humaine » et de la démocratie réelle. Autant de prises de positions scientifiques et éthiques qu’il expose dans de nombreux« Les techniques du transhumanisme se forgent discrètement dans nos laboratoires et commencent à envahir notre quotidien. C’est que les marchands de confort et d’illusions rencontrent des intérêts industriels mais aussi des esprits réceptifs, surtout ceux des plus jeunes. Résister c’est d’abord informer et analyser mais c’est surtout produire un discours et des pratiques de déminage, c’est proposer des modes d’être au monde avec les autres qui refusent la performance et la compétition, c’est affirmer que l’humain vaut mieux que ce qu’il en parait trop souvent ». (8)

    Le transhumanisme, une nouvelle religion ? 

     Devant les avancées de la science et l’aphonie des religions, l’humanité est ballotée entre une vision de l’immortalité que nous offre la science « ici bas et maintenant » et ce que nous promettent les religions dans « plus tard dans l’au-delà » Grégory Aimar nous parle de ce miroir aux alouettes dont il décrit toutes les tentations à portée de main : « « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » écrivait Rabelais, il y a cinq siècles, dans Pantagruel. Nul doute que l’auteur aurait été très inspiré, aujourd’hui, par le mouvement transhumaniste. En effet, quoi de plus pantagruélique que l’appétit de ses adeptes ? Leur gloutonnerie va jusque-là : vouloir rendre l’être humain immortel, omniscient et omnipotent. Au menu de leur banquet, qui n’a rien de platonique : le rajeunissement de nos cellules pour prolonger nos vies et même la « fin de la mort », le remplacement de nos organes par des ersatz synthétiques censés être plus efficaces, l’amélioration de nos capacités intellectuelles et cognitives grâce à des implants cérébraux, une interconnexion permanente entre les humains « augmentés » et une super intelligence centrale qui posséderait l’ensemble des connaissances de l’humanité depuis la nuit des temps et qui, de plus, répondrait à nos besoins immatériels, émotionnels et psychologiques, qui encadrerait nos activités professionnelles et financières, mais aussi nos loisirs, nos déplacements, nos relations, et qui mesurerait nos performances dans tous ces domaines » (9)

      « Pour ses apôtres, le transhumanisme n’est rien d’autre que la prochaine étape de l’humanité, incontournable, logique, évidente. Ce qui est certain, c’est qu’il est la prochaine étape du capitalisme et de nombreux investisseurs l’ont compris : Alphabet (Google), Microsoft et Facebook injectent des sommes colossales dans la recherche sur l’intelligence artificielle et les NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). Et ces géants de la Silicon Valley ne sont pas les seuls : en Russie, en Chine et en Europe aussi, entreprises et milliardaires de tout bord investissent massivement dans ces domaines, avec toutes les questions qu’un tel engouement peut poser d’un point de vue sociétal. Ou plutôt qu’un tel engouement devrait poser car, pour le moment, les États et les citoyens sont loin de s’être emparés du sujet et c’est tout le problème. Les conséquences de ce projet de société sont innombrables, littéralement. Nous ne pouvons en mesurer la portée aujourd’hui et, surtout, nous n’en comprenons pas réellement les motivations ». (9)

     « Voici un aperçu des questions qui se posent aujourd’hui : dans un monde aux ressources limitées, où trouver les quantités d’énergie et de matières premières nécessaires à cette explosion de la technologie ? Si les transhumanistes parviennent à l’immortalité, comment la croissance de la population mondiale sera-t-elle régulée ? Devrons-nous interdire les naissances ? Comment les personnes qui ne pourront pas « s’augmenter », pour des questions de moyens financiers, pourront-elles rivaliser avec ces « posthumains » sur le marché du travail ? A fortiori quand, parallèlement, se déroulera une robotisation effrénée de l’économie mondiale, réduisant encore le nombre de postes disponibles ? Quid des relations personnelles ? Les humains purement « biologiques » deviendront-ils des sous-citoyens, incapables d’entrer en relation avec leurs congénères hybrides dotés d’une plus grande intelligence, d’une force physique décuplée, d’une meilleure santé et d’une capacité de travail infinie ? L’asymétrie des interactions entre « bio » et « techno » engendrera-t-elle une scission profonde de l’humanité et l’exploitation des uns, abaissés au rang de primates, par les autres, élevés au statut de quasi-divinités ? » (9)

    Les posthumains, de nouveaux dieux ? 

     « Nous touchons là du doigt la question des motivations, voire des fondements de l’idéologie transhumaniste. Au-delà de la volonté d’améliorer la vie de chacun, de la rendre plus riche, plus intense et plus longue, outre les motivations financières, scientifiques et politiques, derrière la façade progressiste et libérale de ce mouvement, réside une croyance qui est avant tout religieuse et qui n’est jamais évoquée : l’athéisme. Le transhumanisme exerce en creux, à travers sa doctrine, un prosélytisme radical. L’illustration la plus flagrante de cette posture réside dans le projet de transférer la conscience humaine dans une machine, autrement appelé « téléchargement de l’esprit ». Ce dessein repose sur la croyance que notre conscience serait une propriété émergente de l’interaction entre les neurones : autrement dit, le cerveau produirait la conscience. À partir de là, il suffirait de copier l’activité cérébrale d’une personne et de la reproduire dans un ordinateur ou dans un corps artificiel pour « ressusciter » ladite personne. Sauf que le postulat d’une conscience émergente du cerveau n’a jamais été démontré et que prétendre le contraire relève de la promotion d’une religion matérialiste qui nie l’existence de l’âme et donc, in fine, de Dieu. Être athée n’est pas un problème, mais promouvoir l’athéisme sans le dire ouvertement, sous couvert de progrès scientifique, en est un. Compte tenu de l’accélération prodigieuse des performances en matière d’intelligence artificielle et des miracles qu’elle pourra bientôt accomplir omniprésence, omniscience, omnipotence à travers nos devices ou directement à travers les implants dans notre corps, nous pourrions vite nous retrouver à vivre sous l’autorité d’une divinité technologique et à mourir en elle, pour ressusciter en tant que copie. Une ultime question se pose alors : cette copie de notre personnalité sera-t-elle bien nous ?’ (9)

     « Autrement dit, notre conscience actuelle vivra-t-elle réellement l’expérience du transfert et expérimentera-t-elle l’éternité sur un disque dur ? Ou bien allons-nous perdre le lien avec notre âme, qui pourrait être la vraie source de notre conscience selon d’autres croyances, et abréger une vie précieuse au profit d’une éternité factice ? Un Rabelais 3.0 posterait-il aujourd’hui sur son compte Facebook qu’une « science sans âme n’est que ruine de la conscience » pour accompagner la photo d’un chaton s’attaquant à une souris d’ordinateur ? Devant la puissance croissante déployée par la technologie et le pouvoir qu’en retirent ceux qui la contrôlent, rien n’est moins sûr. C’est pourquoi il incombe à chacun de nous, dès à présent, de répondre à ces questions et d’exprimer ce que nous voulons au menu de notre avenir car, plus que jamais dans notre société en quête de sens, la faim justifie les moyens. Le transhumanisme serait le vecteur de la promotion d’une religion matérialiste qui nie l’existence de l’âme et donc, in fine, de Dieu.. » ( ???) C’est peut-être le tour maintenant des technosciences d’écrire les textes sacrés qui vont guider l’humanité pendant quelques millénaires » (9).

    De l’homme réparé à l’homme augmenté à l’homme immortel

    L’homme a toujours essayé de lutter contre la maladie et chercher une forme de confort notamment en « réparant » une partie de lui-même pour atténuer la douleur  Ainsi deux exemples nous permettent d’appréhender cette quête de l’homme depuis la nuit des temps. Le professeur  Ali Belkadi écrit: « La propension au savoir rationnel est attestée en Algérie, il y a 7000 ans, durant l’ère néolithique dite de tradition capsienne, bien avant l’apparition des civilisations de Sumer, de Akkad ou celle de l’Egypte. Le site de Faïd Souar II, situé à 70km au sud-est de Constantine, a fourni en 1954 un crâne d’homo sapiens -ancêtre direct de l’homme moderne- dont le maxillaire dévoilait une prothèse dentaire. Cette originalité préhistorique annonciatrice de l’orthodontie est la seule du genre connue à ce jour dans le monde. (..) La mâchoire a subi l’avulsion de quatre incisives, selon l’usage bien établi chez les hommes d’Afalou-bou-Rhummel. La deuxième prémolaire supérieure droite de la femme préhistorique de Faïd Souar, a été remplacée par un élément dentaire fabriqué à partir de l’os d’une phalange qui a été finement taillé et lissé avant d’être réuni à l’alvéole. Ce qui lui donne l’apparence irréprochable d’une couronne dentaire conforme aux dents voisines.(..) La radiographie montre une grande proximité entre la paroi alvéolaire radiculaire du crâne et l’implant préhistorique. «Quelle précision dans ce travail pour ne pas faire éclater l’os!», écrivent Jean Granat et Jean-Louis Heim du Musée de l’homme à Paris, qui ajoutent: «Alors, les tentatives de greffes osseuses ou d’implantologie, réalisées par ce praticien d’alors, auraient 7000 ans!(…).» (10)

     Graduellement pendant des millénaires l’homme s’est contenté « d’améliorer » sa condition ; notamment à l’occasion de guerres et toute une chirurgie traumatologique réparatrice  a vu le jour avec des prothèses de plus en plus élaborées concomitamment au remplacement d’organes défectueux, reins, vésicules biliaires.. prothèses auditives.. .Dans la deuxième  moitié du vingtième siècle les  avancées de la science ont permit d’aller plus loin ce sera la greffe cardiaque déclinée de façon différentes.  Présentement l’homme va plus loin il veut  sortir de sa condition d’homme avec ses insuffisances ; Bienvenue dans la civilisation de l’Homme augmenté. Avec des performances plus importantes, il ne  se contente plus d’améliorer sa vue , il invente des lunettes infra-rouge pour vois la nuit ..  Rien ne s’oppose à sa quête de mieux être  sauf qu’en s’attaquant au génome, il problématique la condition humaine apparemment avec des résultats notamment avec la découverte des CRISPC9 les fameux ciseaux qui peuvent réécrire le logiciel de la vie .

     C’est un fait, la science bouscule d’une façon de plus en plus conquérante un certain nombre de «certitudes» avec lesquelles l’homme a vécues depuis l’avènement de l’humanité. On remarque que les sciences ne produisent plus seulement des visions du monde. Elles interviennent dans sa transformation. Ce faisant, elles sont tout autant cible qu’outil de formation de nos valeurs. Une question devient toutefois, de plus en plus récurrente: quelle est la définition de l’Humain? Après l’homme de plus en plus réparé, voici venir l’Homme augmenté avec un certain nombre d’additifs qui boostent son intelligence et ces ajouts nous font basculer dans l’homme machine, le cyborg. Que reste-t-il donc de son humanité? une tentative de greffe de tête humaine est envisagée !! «Dans une étude publiée il y a quelques jours par la revue Surgical Neurology International, le neurologue italien Sergio Canavero annonce qu’il est désormais possible de greffer des têtes humaines. Pour être plus précis, si l’on considère que le cerveau, contenu dans le crâne, est le siège de la personnalité, de la conscience, et renferme ce qui rend chaque être humain unique, il vaudrait mieux parler de greffe de corps plutôt que de greffe de tête. L’auteur de l’étude écrit que les chirurgiens devront d’abord s’entraîner en réalisant des expérimentations sur des primates, voire sur des humains en état de mort cérébrale. Si tout avance comme sur des roulettes, la première greffe de tête humaine pourra avoir lieu dans deux ans assure Sergio Canavero.» (12)

    Conclusion

    Ou va l’humanité ? On remarque que les sciences ne produisent plus seulement des visions du monde. Elles interviennent dans sa transformation. Ce faisant, elles sont tout autant cible qu’outil de formation de nos valeurs. Une question devient toutefois de plus en plus récurrente : quelle est la définition de l’Humain ? Changer de corps, changer de tête, dans tout ça où est l’identité de l’Homme ?
    A partir du moment où nous partageons avec un exo-cerveau, un exo-squelette, en un mot avec la machine une partie de notre identité, il arrive un moment où même avec les avancées du bricolage du génome par une méthode, semble-t-il, très simple, la Crispc9, que reste-t-il de notre part d’humanité qui mit des milliers d’années à évoluer pour finalement se faire «doubler» par une machine qui fait de nous un cyborg mi-homme mi machine, une chimère qui, à un moment ou à un autre, cessera de vivre ou plus exactement de fonctionner ?  (11)

    La tentation de prolonger la vie, voire de rajeunir, va être bien grande, pour ceux qui en auront les moyens.  Ceci combiné à l’allongement de la durée de la vie, la mécanisation du corps, et autres possibilités ne serait-ce pas considéré comme un premier pas vers «l’éternité»? La question est de savoir si la quête de l’immortalité à n’importe quel prix entre dans la mission du médecin ? En fait, dans la quête de l’éternité, la solution finale serait la «copie» de cerveau, soit en recréant la matière grise in-vitro, soit en simulant parfaitement son fonctionnement par un système logiciel et en copiant le «contenu» du cerveau dans ce système Le Human Brain Project, a pour objectif précisément de modéliser le cerveau.

    Plus largement, les religions notamment révélées, devraient de mon point de vue montrer que la transcendance n’interdit pas d’aller vers la science notamment, pour réparer le corps, mais que l’existence de l’homme est un miracle non seulement en termes d’insufflation de la vie, mais même au vu des millions de contraintes physico-chimiques surmontées pour qu’il naisse. Il n’y a pas lieu pour les croyants, de tenter de se substituer au divin De plus en plus les barrières éthiques sont de plus en plus dépassées au nom de la concurrence. Devant la science confucéenne qui a une autre vision de l’homme de sa présence sur Terre, les chercheurs n’ont pas d’état d’âme contrairement aux dernières digues qui commencent à sauter en Occident.

    Cette course vers l’inconnu fait que l’homme ce tard venu à l’échelle des temps cosmiques se veut un destin semblable à celui de  Prométhée qui voulait  arracher le feu aux Dieux et dans son hubris, il  risque de précipiter l’humanité vers le chaos car il fait des expériences en étant lui-même dans l’éprouvette ! Si l’humanité – telle que nous la connaissons depuis l’aube de la vie- disparaît  du fait du bricolage biologique, la Terre et l’Univers ne la pleureront pas ! Que représente en effet quelques millions d’années sur quelques 13,82 milliards d’années ! Un clin d’œil !   Jean  Rostand avait raison  d’écrire:  » La science a fait de nous des Dieux avant d’être des hommes!  » Pourtant la création de l’homme est pour nous un miracle ! Ne peut on pas s’auto-discipliner pour laisser à la création de l’homme son mystère et s’attaquer à d’autres causes autrement plus dangereuses pour la condition humaine je veux  citer notamment les  catastrophes anthropiques comme les changements climatiques, les guerres pour le toujours plus  ?  Ce serait le commencement de la sagesse…  Amen !

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique Alger

    Notes 

    1.https://iatranshumanisme.com/2018/09/25/transhumanisme-quel-avenir-pour-humanite%e2%80%89/

    2.https://lifeboat.com/ex/human.body.version.2.0#nanobots

    3.https://iatranshumanisme.com/2017/10/16/resister-au-transhumanisme-pourquoi-comment/

    4.Fabien Soyez https://www.cnetfrance.fr/news/procreation-du-futur-bientot-des-bebes-a-la-carte-39861608.htm 14 décembre 2017

    5.https://iatranshumanisme.com/2016/04/18/sommes-nous-a-vingt-annees-des-bebes-personnalises/

    6.Https://iatranshumanisme.com/2017/04/30/gestation-reussie-pour-un-agneau-dans-un-uterus-artificiel-les-humains-pourraient-etre-les-prochains/

    7.https://iatranshumanisme.com/2018/09/20/la-chine-prochaine-superpuissance-de-intelligence-artificielle/

    8.https://iatranshumanisme.com/2017/10/16/resister-au-transhumanisme-pourquoi-comment/

    9.Grégory Aimar https://iatranshumanisme.com/2018/04/10/transhumanisme-une-nouvelle-religion/

    10.Ali Farid Belkadi: A propos du youyou traditionnel Colloque Cread: Quels savoirs pour quelles sociétés dans un monde globalisé? Alger 8-11 novembre. 2007

    11.Chems Eddine Chitour https://www.lesoirdalgerie.com/articles/2017/11/29/article.php?sid=220622&cid=41

    12.Chems Eddine Chitour https://oumma.com/vers-nouvelle-humanite-hybride-lhomme-cyborg

    https://reseauinternational.net/le-transhumanisme-est-il-lavenir-de-lhumanite/


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    Club Valdaï à Sotchi : Vladimir Poutine évoque les grands dossiers nationaux et internationaux

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    Le président russe participe ce 18 octobre à Sotchi à la 15e réunion annuelle du Club de discussion Valdaï. Vladimir Poutine évoquera à cette occasion les grands dossiers internationaux.

     
    • jeudi 18 octobre
      16h55 CET

      «J'aimerais remercier tous les experts [... ] de venir en Russie pour nous parler parce que ça nous donne la possibilité de faire comprendre notre position», a conclu Vladimir Poutine, mettant un terme à plus de deux heures et demie de questions et de réponses.

    • 16h44 CET

      Prenant la parole en anglais, l'ex-Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin s'est inquiété d'un niveau de «dangerosité» selon lui inédit dans le monde. Et de s'interroger : «Comment développer une culture de la paix ?»

      «Evidemment nous pourrions parler de ce sujet très très longtemps», a observé Vladimir Poutine. Et le président de poursuivre en notant que la disparition de l'URSS avait donné lieu à un monde unipolaire dominé par les Etats-Unis, et de voir une solution possible dans un monde où les relations seraient multilatérales.  «Je pense que c'est inévitable, plus vite cela arrive mieux c'est», a-t-il conclu.

       

    • 16h37 CET

      Vladimir Poutine a abordé le sujet controversé de la réforme des retraites en Russie. Selon lui, c'est une mesure inévitable à laquelle il faudra tôt ou tard recourir. Dans le même temps, le président a souligné qu'il comprenait parfaitement les personnes qui ne souhaitaient pas relever l'âge de la retraite.

      «Savez-vous quel est la particularité de la Russie ? Nous avons des gens intelligents. Ils n'approuvent pas [cette mesure], mais ils comprennent que l'État se doit de le faire», a-t-il déclaré.

       

    • 16h21 CET

      Vladimir Poutine a noté la réorientation de l’économie russe, se détournant de l’Europe vers l’Asie. Et le président russe de comparer les Etats-Unis à un empire reposant sur le dollar.

      «Je ne veux blâmer personne [...]Ce sont des empires qui peuvent se permettre d’avoir des pertes mais à un moment les pertes dépassent les capacités et le potentiel de l’empire […] et apparemment nos amis ont agi de cette façon», a-t-il commenté.

    • 15h57 CET

      Revenant sur l'affaire Khashoggi, ce journaliste disparu après s'être rendu au consulat de l'Arabie Saoudite d'Istanbul en Turquie, Vladimir Poutine a pointé du doigt Washington.

      «Il a vécu aux Etats-Unis. C’est de la responsabilité des Etats-Unis», a-t-il estimé, déclarant qu'il n'endommagerait pas les relations entre la Russie et l'Arabie saoudite avant de savoir ce qu'il s'était réellement passé dans le consulat saoudien d'Istanbul.

       

    • 15h38 CET

      Un producteur de fromage russe remercie Vladimir Poutine pour les sanctions. Le président russe corrige : «Il faut remercier les Américains.»

      Les sanctions économiques imposées depuis 2014 à la Russie par les Occidentaux ont, paradoxalement dopé le secteur agro-alimentaire russe, en créant de facto des conditions protectionnistes favorables aux producteurs russes. «Il faut créer de la concurrence sur le marché», a tempéré Vladimir Poutine.

    • 15h33 CET

      Le modérateur de la discussion a observé, à la forme interrogative : «Vous êtes l’une des trois personne sur lesquelles repose le monde...»

      «Et alors ?», a rétorqué Vladimir Poutine.

      «Ca ne vous fait pas peur ?», a clarifié le modérateur.

      «Non», a répondu Poutine.

    • 15h29 CET

      Vladimir Poutine a déclaré que Moscou ne serait prêt à utiliser les armes nucléaires que si la Russie était  convaincue que l’agresseur était sur le point d'attaquer. «Lorsque nous voyons que l'attaque est dirigée contre la Russie, ce n'est qu'après que nous ripostons. Bien sûr, c’est une catastrophe, mais nous ne pouvons pas en être l’initiateur», a-t-il déclaré.

      «L’agresseur devrait savoir que nous, les martyrs, nous irons au ciel et que l’agresseur va simplement crever simplement avant qu’il ne se repente», a-t-il lancé.

    • 15h07 CET

      Vladimir Poutine a de nouveau abordé le sujet de la Crimée: «La Crimée est à nous mais pas parce qu'on est venu la prendre», a-t-il déclaré faisant référence au référendum tenu en 2014.

      «Nous sommes tous démocrates ici. Qu'est ce que la démocratie? Le pouvoir du peuple, qui est vérifié par des référendums. Les gens sont venus en Crimée et ont voté. Il n'y a pas eu de référendum au Kosovo », a-t-il ajouté.

    • 15h05 CET

      Question posée à Poutine: «De quels conflits la Russie at-elle peur ?»

      Réponse : «Aucun. Nous n'avons peur de rien du tout. Nous avons un pays avec un tel territoire, avec une telle défense, avec une telle population, prêt à défendre ses intérêts »

      Vladimir Poutine a  ajouté que tous les pays ne prédisposaient pas les citoyens à donner leur vie pour leur patrie. «Nous en avons un», a-t-il déclaré.

    • 15h01 CET

      A l'occasion de sa visite officielle le 11 novembre 2018, commémoration du centenaire, Vladimir Poutine promet qu'il passera dans les locaux de RT France.

       

      Lire aussi : Vladimir Poutine promet de rendre visite à RT France lors de son passage à Paris, le 11 novembre

    • 14h55 CET

      Sur la présence de forces pro-iraniennes en Syrie, Vladimir Poutine a affirmé que les Etats belligérants qui se sont invités dans le conflit, et qui dénonce l'Iran devraient commencer par garantir qu'ils ne s'ingèreraient pas dans les affaires intérieures syriennes. 

      «Pour que la Syrie renonce aux services de ses alliés [dont l'Iran et la Russie], il faut créer les conditions d'un Etat en Syrie», a précisé le président russe.

    • 14h52 CET

      Sur les relations entre la Russie et les Etats-Unis, Vladimir Poutine s'est montré confiant. «Faire augmenter cette hystérie ce n'est pas notre méthode», a-t-il souligné. Et d'ajouter : «Nous on a avec [Donald Trump un dialogue professionnel et normal», a-t-il jugé, concédant : «Nous avons des points de vue différents».

      «Il est très utile d'avoir une crise très forte pour que les partenaires prennent conscience du danger», a-t-il estimé, faisant référence aux épisodes de tensions extrêmes avec la coalition dite arabo-occidentale dirigée par les Etats-Unis en Syrie, mais aussi aux accusations récurrentes d'ingérence russe supposée dans les élections occidentales.

    • 14h46 CET

      Vladimir Poutine, répondant à la question sur le risque pris en Syrie par la Russie, a déclaré que la Russie avait pour mission d'éviter le pire. Le Président a souligné que, par ses actions, la Fédération de Russie avait évité le danger en causant des dommages considérables aux terroristes. Certains d'entre eux avaient refusé de poursuivre leurs activités, avaient déposé les armes et préservé l'État syrien.

      «Nous avons causé des dommages considérables au terrorisme et avons certainement changé radicalement la situation chez nous, en Russie», a-t-il déclaré.

       

    • 14h40 CET

      Vladimir Poutine est revenu sur la situation sur la rive gauche de l'Euphrate en Syrie où, selon lui, les Etats-Unis s'appuient sur leurs alliés kurdes. Mais dans le même temps il reste des poches contrôlées par Daesh. Le chef d'Etat russe a rappelé par ailleurs que, récemment, les terroristes avaient capturé 130 familles et promis d'exécuter dix personnes par jour.

      «Profitant de leur totale impunité, des terroristes de Daesh ont attaqué le 13 octobre un camp de réfugiés dans la localité d'al-Bahra. Au cours de ce raid, ils ont capturé 130 familles, soit 700 personnes au total, et les ont emmenées à Hadjin», avait précédemment déclaré Vladimir Savtchenko, chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie.

    • 14h38 CET

      «Il faut lutter contre le financement du terrorisme», a affirmé Vladimir Poutine s'exprimant sur le dossier syrien.

    • 14h35 CET

      Vladimir Poutine sur l'intervention militaire russe en Syrie à la demande de Damas : il fallait éviter, selon lui, la «somalisation» du pays et ses conséquences.

    • 14h32 CET

      Pour Vladimir Poutine, la tragédie de Kertch du 17 octobre est le résultat de la mondialisation.

       

    • 14h26 CET

      Vladimir Poutine a pris la parole dans le cadre de la 15e édition annuelle du club de Valdaï. Plaisantant, le chef d'Etat a dit son espoir que la discussion ne dure pas des heures.

      Dans l'assistance, on note la présence d'ex-Premier ministre de Jean-Pierre Raffarin et de l'ancien président de l'Afghanistan Hamid Karzai ainsi que l'ambassadeur russe à Paris jusqu'en 2017, Alexandre Orlov.

    Attendu ce 18 octobre à la 15e réunion annuelle du Club de discussion Valdaï, le président russe Vladimir Poutine devrait s'exprimer sur les grands dossiers de l'actualité internationale. 

    Le Club de discussion Valdaï est un forum international annuel qui vise à rassembler des experts pour discuter de sujets internationaux importants.

    Lire aussi : Corée du Nord, Syrie, JO... Retour sur les points forts du discours de Poutine au Club Valdaï (2017)

    https://francais.rt.com/international/54694-vladimir-poutine-participe-15e-reunion-club-valdai-sotchi


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    Syrie: Qui étaient les opposants d'Assad en 2011, et pourquoi "la révolution" a commencé. Ce que les merdias avaient caché...

    En lisant l'article joint plus bas sur la nouvelle Loi du Président Assad, j'ai soudain compris ce qui s'était réellement passé en mars 2011 quand tout a commencé. Le Président avait des ennemis, oui, mais il s'agissait juste d'une frange de Sunnites radicaux, fanatiques, Wahhabites et Frères musulmans, dont Israël, USA, la France etc, se sont servis ensuite pour tenter de renverser Celui qui incarne tout ce qu'ils détestent surtout dans les pays Musulmans : L'amour de la Nation, le souverainisme, la tolérance, une société multiculturelle, la laïcité, la modernité, le socialisme, et surtout, l'antisionisme... On verra donc la différence entre les mensonges du journal de l'OTAN, Le Monde, et la réalité, sur Almanar.com, à partir de différentes sources et de l'AFP sur la Loi d'Assad...

    Chantal Dupille dite eva R-sistons

     

    médias prostitués

    Syrie: Qui étaient les opposants d'Assad en 2011, et pourquoi "la révolution" a commencé. Ce que les merdias cachent...

     

    Du soulèvement populaire au conflit international, 7 ans de guerre en Syrie

    Au début de 2011, le monde arabe est traversé par des soulèvements populaires contre les pouvoirs en place. De premiers appels à manifester sont lancés sur les réseaux sociaux syriens en février 2011. Mais l’état d’urgence, en vigueur depuis 1963, et le maillage de l’appareil sécuritaire empêchent tout regroupement.

    L’arrestation et la torture de quinze enfants, qui ont tracé sur le mur de leur école de Deraa, dans le sud du pays, un slogan entré dans l’histoire : « Jay alek eil ed-dor ya doctor » (« Ton tour arrive, docteur »), change la donne. « Docteur » est le surnom de Bachar Al-Assad, ophtalmologue de formation devenu président en 2000. L’événement se déroule sur un terreau de ressentiment de la majorité sunnite écartée du pouvoir et de souffrances accumulées pendant quatre décennies de dictature du clan alaouite des Al-Assad, celle du père, Hafez, puis du fils Bachar. Le 15 mars 2011, Deraa voit son premier rassemblement, timide. L’insurrection ne gagne réellement la ville que le vendredi suivant, lors d’un rassemblement violemment réprimé. La révolution est lancée et se répand comme une traînée de poudre dans le reste du pays. (..)

    https://www.lemonde.fr/proche-orient/visuel/2016/03/15/du-soulevement-populaire-au-conflit-international-cinq-ans-de-guerre-en-syrie_4882825_3218.html

     

    ministsre_waqf_syrien

    Syrie :  Damas veut séparer la politique de la religion

     

    Le président syrien Bachar al-Assad a signé une nouvelle loi encadrant plus strictement l’activité des religieux musulmans, leur interdisant d’utiliser des lieux de culte à des « fins politiques » ou de voyager à l’étranger sans autorisation, selon les médias d’Etat.

    Le texte, adopté mercredi par le Parlement puis signé vendredi par le président, interdit aux imams d’appartenir à des partis politiques non autorisés, de participer à des conférences en Syrie ou à l’étranger et de quitter le territoire syrien sans l’autorisation du ministre des Affaires religieuses.

    En 2011, certaines mosquées syriennes étaient devenues le point de départ de manifestations contre le pouvoir syrien. Elles propageaient surtout la pensée wahhabite et celle des Frères musulmans. Ce parti avait tenté de renverser le pouvoir syrien dans les début des années 80 du siècle dernier.


    Des manifestations censées réclamer des reformes prodémocratie ont rapidement tourné vers des actions de terrorisme, contre des centaines de policiers et de militaires abattus dans les rues dans diverses régions syriennes. C’est alors que les autorités syriennes ont lancé une campagne de répression contre les auteurs de ces actions et ces derniers n’ont pas tardé à militariser la contestation avec l’aide de puissances régionales et internationales.

    Le nouveau texte met en garde les religieux contre « l’incitation à la haine confessionnelle » et « l’exploitation des tribunes (des mosquées) à des fins politiques ».
    Il limite également le mandat du mufti de la République, la plus haute autorité musulmane, à trois ans renouvelables, au lieu d’une durée illimitée.
    L’actuel mufti, Ahmad Badreddine, occupe cette position depuis 2004.
    Dans une récente intervention, il a mis en garde contre le mélange entre la religion et la politique, qui peut générer l’extrémisme.


    « Lorsque la religion interfère avec la politique elle devient un parti politique. Le problème est qu’il y a des hommes de religion  qui semblent comme s’ils ont ouvert des commerces et se sont mis à marchander », a-t-il déclaré.

    Le ministère des Affaires religieuses devra, en parallèle, se « coordonner avec les ministères de l’Information et de la Culture pour superviser les programmes religieux dans les médias, ainsi que les publications religieuses », selon la nouvelle loi.

    Cette réforme a suscité différentes réactions. Certains jugent qu’elle permettra de « lutter contre l’extrémisme » et d’autres craignent qu’elle ne soit l’expression d’une volonté de museler davantage les voix dissonantes et critiques du pouvoir.
    « Cette loi permet au ministère Affaires religieuses de s’ingérer même dans des activités qui ne relèvent pas de son domaine comme les publications », affirme à l’AFP un avocat syrien, ayant requis l’anonymat.

    Le ministre des Affaires religieuses, Mohamad Abdel Sattar al-Sayed, s’est lui félicité d’une « première » permettant de définir des « limites à l’activité religieuse » ainsi que des « conditions pour la désignation des imams et des orateurs ».

    Sources: AFP; Autres

     

    http://french.almanar.com.lb/1080664

     

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    Macron et sa majorité préparent la plus terrible attaque contre nos salaires de toute notre histoire.

    Macron et sa majorité préparent la plus terrible attaque contre nos salaires de toute notre histoire

    Gérard Filoche

    Ce n’est pas une politique "du centre" c’est une politique à la Margaret Thatcher qui menace.

    13 6 2017

     
    Macron et sa majorité préparent la plus terrible attaque contre nos salaires de toute notre histoire.

    En plus des ordonnances pour la casse d'un siècle de droit du travail, Macron, confirmant sa majorité, prépare la plus terrible attaque contre nos salaires de toute l'histoire de notre pays.

    Du jamais vu.

    Il va supprimer le salaire brut.

    Ce n'est pas une politique "du centre" c'est une politique à la Margaret Thatcher qui menace.

    Les grands médias des 9 milliardaires font mine de nier ou déforment la réalité : comme si seul comptait le salaire net en bas de la feuille de paie.

    Mais non, c'est le salaire brut qui compte!

    Réexpliquons le à nos concitoyens car le pouvoir cherche à supprimer les feuilles de paie papier et à les "simplifier" pour ne pas qu'on voit la manœuvre.

    Le salaire net c'est pour payer la force de travail.

    Le salaire brut c'est pour payer la reproduction de la force de travail.

    Le salaire net on vit avec au mois le mois

    Le salaire brut on vit avec tout au long de la vie.

    Le salaire net vous permet de consommer et de vivre quotidiennement.

    Le salaire brut vous permet de faire face à tous les aléas de la vie, quand vous avez besoin de logement, quand vous êtes en charge de famille, quand vous êtes malades, quand vous avez un accident du travail ou une maladie professionnelle, quand vous êtes au chômage, et quand vous êtes en retraite.

    Les cotisations ne sont pas des impôts, elles sont obligatoirement pré affectées à ce pourquoi elles sont collectées, elles ne vont pas aux caisses publiques, car les différentes caisses de Sécurité sociale sont de droit privé (et devraient être gérées par les cotisants, les représentants des salariés normalement élus comme cela l'était à l'origine de la "Sécu". Allez revoir le film "La sociale" de Gilles Perret).

    Le salaire brut ce n'est pas une "charge" comme ils le disent, c'est un bonheur.

    C'est une partie du salaire mutualisée et redistribuée à chacun selon ses besoins, c'est ce qu'il y a de plus beau dans notre pays.

    Le salaire brut vous est redonné en "temps différé" quand vous êtes malades, en "temps indirect" pour le logement, mais aussi en "temps réel" quand vous êtes en retraite (car dans ce cas il va en direct, de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite, la retraite par répartition n'est pas une épargne !).

    C'est le capital, l'actionnaire, l'employeur qui paient votre protection sociale, le salaire brut, chaque mois, en même temps que votre salaire.

    Macron a déjà supprimé les cotisations familiales, il a baissé les cotisations parfois jusqu'à 1,6 ou 1,9 fois le smic. Là, il supprime et remplace tout par l'impôt.

    C'est nous, par nos impôts, qui paieront dorénavant à la place de notre patron. Un hold up de 470 milliards contre nous! Un cadeau géant de 470 milliards pour le Medef.

    Pour tenter de masquer ça, ils vont augmenter de quelques euros votre salaire net mais baisser de centaines d'euros votre salaire brut.

    Ils baissent le haut de la feuille de paie en faisant croire qu'ils augmentent le bas de celle-ci. C'est un coup de bonneteau.

    Et c'est pourquoi Macron diffère le prélèvement de l'impôt à la source prévu fin janvier 2018, purement pour manipuler, cacher cette énorme arnaque.

    Et voilà pourquoi, sur le fond, il faut résister aux effets des scrutins de mai et juin 2017, on le peut, on le doit car il s'agit pour "En marche", d'une majorité artificielle et très dangereuse:

    1) Les abstentions du 11 juin ont une immense portée, la moitié du pays s'est détournée du résultat final. Même s'il obtient un groupe "godillot" déraisonnablement gonflé, Macron n'obtient que 31% de 50% des exprimés, ce président a été élu avec environ 14 à 16 % d'adhésion à sa personne, les autres voix il les a eues par défaut, à cause du mécanisme institutionnel en cascade anti-démocratique de la V° République. Et là, en dépit de toutes les apparences, c'est une perte sèche de plus de 30 % des voix en chiffre absolu. Ce record historique des abstentions signifie un pouvoir contesté et contestable. Quand on étudiera en détail on verra que la gauche est là mais qu'elle s'est massivement abstenue, parce que ses électeurs sont sur la défensive depuis le terrible désastre du 23 avril provoqué par l'échec tragique du quinquennat Hollande-Macron-Valls puis par la division Mélenchon-Hamon.

    2) Le 18 juin, on peut et on doit sauver tout ce qui peut l'être des députés de gauche au deuxième tour. Si on veut additionner des voix pour ça, ce sont celles de toute la gauche, rose, rouge, verte, il faut faire tout ce qu'on peut pour un désistement systématique et réciproque FI, PCF, EELV. Sauver tout ce qu'on peut de ce camp-là c'est résister et reconstruire l'avenir avec une gauche authentique et unitaire.

    Pour avoir un groupe parlementaire rose rouge vert indépendant capable de combattre Macron-Thatcher, j'appelle au désistement systématique et réciproque pour FI, EELV, PCF, et le PS anti Macron. J'appelle encore et toujours à l'unité à gauche décisive qui a fait si cruellement défaut. Mais que ce soit clair: pas une voix de gauche pour celles et ceux qui ont soutenu Macron où se sont réclamés de sa "majorité présidentielle".

    https://www.huffingtonpost.fr/gerard-filoche/macron-et-sa-majorite-preparent-la-plus-terrible-attaque-contre_a_22137311/?ncid=other_twitter_cooo9wqtham&utm_campaign=share_twitter

     


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    Nouveau ! Suivez ma sélection d'infos (+ mes commentaires), chaque jour, ici :

    http://eva-r-sistons.eklablog.com/l-actualite-commentee-par-eva-r-sistons-a-partir-du-1-octobre-2018-a148829850

    France, le goulag est en marche: des lycéens, mineurs arrêtés au lycée Arago (Paris 12ème) détenus dans des conditions dignes de la gestapo

    Peuple de France, le goulag est en marche… La répression systémique de la jeunesse est la marque de l’infamie totalitaire. Il est grand temps que le peuple réalise qu’il n’y a pas plus de liberté et de liberté d’expression au sein de l’État que de beurre en branche. La France et sa république bananière n’échappe en rien à la règle, il suffit de lire ce qui suit pour s’en convaincre.
    Tout pouvoir coercitif induit en lui-même sa résistance,… Tout peuple sujet à la coercition et au muselage de ses droits (devenus privilèges temporaires…) est en état de légitime défense, à ce titre…

    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
    Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
    Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

    Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
    Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
    Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
    Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite…

    C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
    La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
    Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
    Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève…

    Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
    Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
    Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
    Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute…

    Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

    ~ Résistance 71 avec Joseph Kessel et Maurice Druon ~

    Mise à jour du 10/10/18: Couverture internationale de la répression de l’état français sur les Gaulois Réfractaires aux inepties d’un système à la dérive total(itair)e. Cette photo de ce lycéen couvert de sang va faire le tour du monde sûr et certain…

    https://www.rt.com/news/440806-paris-demonstration-clashes-police/

     

     

    Soutien aux interpellé.e.s lycéens pacifiques d’Arago qui ont manifesté pacifiquement contre parcoursup, rendez-vous  les 19 et 22 octobre 2018 au TGI

    Source anonyme

    9 octobre 2018

     

    « On les a traités comme des terroristes » : la colère des parents des jeunes interpellés au lycée Arago, à Paris

    Après avoir occupé le lycée Arago, dans le 12e arrondissement de Paris, plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellés et placés en garde à vue, mardi. Interrogés par franceinfo, leurs parents s’indignent des conditions de leur détention. 

    « Cinq heures dans un bus sans sortir puis une nuit à croupir dans une cellule où des gens font leurs besoins par terre… Ça me révolte en tant que parent qu’une jeune de 16 ans soit confrontée à ce genre de situation ! » Réunis devant les grilles du tribunal de grande instance de Paris, jeudi 24 mai, plusieurs parents d’élèves du lycée Arago, situé dans le 12e arrondissement, dénoncent les conditions dans lesquelles leurs enfants ont été interpellés

    « Enfermés sans manger ni aller aux toilettes »

    Autour de 20 heures, les manifestants sont transportés vers un commissariat du 18e arrondissement. « Mon mari les a suivis. Il a vu que les jeunes étaient restés enfermés dans des bus pendant près de cinq heures, jusqu’à environ minuit et demi, sans manger ni aller aux toilettes. C’est très grave », raconte la mère de Lila*, adolescente de 16 ans, scolarisée dans un autre lycée parisien.

    Après la signification de leur placement en garde à vue, les jeunes sont répartis dans différents commissariats de la capitale. Lila passe la nuit dans des locaux du 4e arrondissement. « Nous, nous avons eu de la chance parce que nous avons réussi à savoir où elle avait été transportée, mais beaucoup de parents sont restés sans aucune nouvelle de leurs enfants », s’indigne sa mère.

    « J’ai passé la nuit à passer des coups de fil »

    Pour retrouver la trace de sa fille, Hélène* a ainsi multiplié les appels. « J’ai passé la nuit à passer des coups de fil à tous les commissariats de Paris, mais on ne me disait rien. Ce n’est que le lendemain à midi que j’ai réussi à savoir où elle était. » Une mère de famille présente devant le tribunal de grande instance de Paris livre un récit similaire. « Heureusement, ma fille a pu me téléphoner lorsqu’elle était dans le bus pour me prévenir qu’elle avait été arrêtée, explique-t-elle. Sinon je n’aurais rien su avant 3 heures du matin, au moment où la police m’a appelée pour me dire que ma fille était placée en garde à vue. »

    « Certains jeunes ont été baladés de commissariat en commissariat, sans pouvoir contacter leur famille ! C’est tout bonnement scandaleux », estime de son côté Jean-Jacques Renard, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Paris.

    ”Ces jeunes sont juste rentrés dans un lycée pour manifester et on les a traités comme des terroristes. C’est absolument disproportionné comme réaction.”

    — Jean-Jacques Renard, vice-président de la FCPE Paris

    https://www.francetvinfo.fr/economie/greve/on-les-a-traites-comme-des-terroristes-la-colere-des-parents-des-jeunes-interpelles-au-lycee-arago-a-paris_2767807.html

    Non à la répression policière et judiciaire ! Non aux procès politiques ! Que vive la solidarité face à la répression !

    Le 22 mai dernier, suite à la manifestation de la fonction publique, 102 personnes dont une quarantaine de mineurs sont interpellées dans le lycée Arago qu’ils occupaient afin d’organiser pacifiquement une assemblée générale.

    Leur garde à vue, prolongée par une nuit au dépôt et un déferrement au parquet pour la plupart d’entre eux, sera particulièrement indigne, longue (48h en moyenne, jusqu’à 60h pour certains) et entachée d’erreurs de procédures. Quasiment tous ces jeunes ont fait l’objet d’un fichage photo, digital et souvent ADN. Pour deux d’entre eux, sans aucun antécédents judiciaires : de la détention provisoire, plus de trois semaines pour l’un d’eux !

     

    Les charges retenues contre ces jeunes sont délirantes et scandaleuses : « intrusion dans un établissement d’enseignement scolaire, les faits ayant été commis en réunion dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement », « rassemblement en vue de commettre des dégradations », etc.

    Il s’agit, selon juristes et avocats, d’un détournement, à des fins de répression, d’un article du code pénal destiné à réprimer des “casseurs”, d’un dévoiement des droits politiques et syndicaux. Ces procès sont donc bien plus graves que de simples histoires de jeunes qui passent devant la justice pour quelques bêtises en manifestation ; ces procès soulèvent des questions beaucoup plus dérangeantes, qu’il est temps d’écouter et d’affronter : jouissons-nous encore, en France, de la liberté d’expression ? Sommes-nous toujours en État de droit ? Pouvons-nous accepter que des citoyens soient inquiétés alors qu’ils ne faisaient qu’exercer leur droit à manifester, à se rassembler pour discuter pacifiquement de lois iniques : Parcousup, loi ORE en l’occurrence ? Pouvons-nous accepter de glisser vers un musellement de la parole du peuple sans réagir ?

    Le 19 octobre sera examinée l’incompétence ou non du tribunal vu le caractère politique de cette affaire.

    Enfin, n’oublions pas et restons solidaires avec les 26 personnes

    Passage au tribunal :

    * Rendez-vous le vendredi 19 octobre à 13h30 au tgi, 10e chambre correctionnelle, section 2 (7 prévenus en procès)

    * Rendez-vous le lundi 22 octobre à 9h au tgi, 29e chambre correctionnelle (5 prévenus en procès)

    Rendez-vous de soutien :

    * Rendez-vous le mardi 16 octobre à 18h30 à la bourse du travail République pour préparer la mobilisation et organiser le soutien au tgi, à l’appel de la coordination contre la répression et les violences policières

    * Rendez-vous le mercredi 17 octobre à 19h pour la 8e ronde des libertés autour du lycée arago, ronde qui préparera les rassemblements au TGI des 19 et 22 octobre

    https://paris.demosphere.eu/rv/63910

    contact : comitearago22mai@framalistes.org

    https://paris-luttes.info/soutien-aux-interpelle-e-s-d-arago-10856

    Le but du procès contre les lycéens manifestant contre Parcoursup est de « Traumatiser les jeunes pour les empêcher de se mobiliser »

    témoignages de la maltraitance des lycéens manifestants contre Parcoursup pacifiquement pendant leur arrestation « on a été parqué 5 heures dans un bus de CRS, sans eau, sans nourriture, sans pouvoir contacter nos parents »

    https://youtu.be/LEpcwl0n6BE

    Une vidéo qui montre comment les lycéens qui ont manifesté pacifiquement contre Parcoursup au lycée d’Arago ont été traités comme des terroristes:

    Des CRS casqués, armés encerclant le lycée pour attraper les lycéens qui voulaient manifester contre la réforme Blanquer. Lequel veut interdire le téléphone portable…On se demande pourquoi…Pour empêcher de filmer les bavures policières par exemple…

    https://youtu.be/cUizXPtzZhM

    le président de l’UNL est intelligent, il a compris que la suppression des profs c’est pour mieux fliquer les élèves:

    «Nous allons supprimer 2600 postes de professeur•e•s au lycée. Ces économies nous permettront de financer une brigade spéciale qui sera chargée de tabasser les lycéen•ne•s qui protestent contre les 2600 suppressions de postes ».https://twitter.com/l_boyard/status/1046805932905238528

    En plus du flicage dans les lycées, une directrice de lycée lance une interdiction du portable pour empêcher de filmer les bavures policières

    https://twitter.com/unl57/status/1047529098673840128

    Sarkozy voulait mettre des flics dans les lycées

    http://www.leparisien.fr/societe/des-policiers-dans-les-53-etablissements-les-plus-durs-06-05-2010-911243.php

    Sarkozy est pour la sélection à l’université

    https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/nicolas-sarkozy-prone-la-liberte-de-selectionner-a-l-universite.html

    Les portables au lycée interdits dès la rentrée prochaine

    Le Sénat veut autoriser les lycées à interdire les portables via leur règlement intérieur pour empêcher les lycéens de filmer les bavures policières, car on l’a vu, les flics arrêtent les journalistes qui filment les arrestations de lycéens par les policiers

    http://www.lepoint.fr/societe/vers-une-interdiction-du-portable-dans-les-lycees-17-07-2018-2236896_23.php

    2 journalistes qui ont filmé la violente arrestation des lycéens manifestant contre Parcoursup au lycée Arago ont été arrêtés

    https://www.streetpress.com/sujet/1528812614-reporters-independants-occupation-arago

    Le 22 mai, environ 130 lycéens inquiets qui protestaient contre Parcoursup et occupaient

    pacifiquement le lycée Arago ont été arrêtés. D’autres arrestations, y compris de mineurs ont eu lieu dans plusieurs établissements parisiens.

    Ces jeunes ont été frappés par une répression inouïe, et cette première rencontre avec la Justice les a traumatisés ainsi que leur famille. Retenus 6 heures dans un bus bondé, sans toilettes, ni eau ni nourriture, gardes à vue prolongées, conditions de détention indignes, mineurs fouillés à corps, mineurs et jeunes majeurs déférés au Parquet placés sous contrôle judiciaire, jeunes placés en détention provisoire…

    Les témoignages sont nombreux et concordants, et ils n’émanent pas de prétendus casseurs.

    Le SNES-FSU condamne avec la plus grande fermeté les violences policières dont sont victimes les jeunes qui manifestent leur opposition au projet de tri social qu’est Parcoursup.

    Il soutient les jeunes et leurs familles indûment poursuivis, et appelle à les soutenir en participant au rassemblement qui aura lieu à Paris le 15 juin 2018.

    https://www.snes.edu/Lyceens-contre-Parcoursup-en-garde-a-vue-le-peril-jeune.html

    2 journalistes qui ont filmé la violente arrestation des lycéens manifestant contre Parcoursup au lycée Arago ont été arrêtés

    https://www.streetpress.com/sujet/1528812614-reporters-independants-occupation-arago

    Avec le LPC, l’Etat français entreprend silencieusement le fichage informatique centralisé des compétences des citoyens, dès l’école et tout au long de la vie

    l’éducation nationale n’a cessé de développer le fichage des enfants jusque dans l’enseignement supérieur et en apprentissage, multipliant notamment les environnements numériques de travail (ENT) et les téléservices en partenariat avec les collectivités territoriales et/ou au bénéfice de partenaires privés

    Un courrier interne a également été dévoilé en mai 2017, démontrant que le ministère s’apprête à mettre les bases de données scolaires, y compris les répertoires des élèves, à disposition des GAFAM (Google, Appel, Facebook, Amazon, Microsoft et autres géants du web) et ce, dans un vide juridique total reconnu par la Cnil, ouvrant la porte à la commercialisation des données scolaires et au profilage des élèves par des sociétés privées (assureurs, recruteurs…).

    Aujourd’hui, avec le retour de Blanquer aux commandes, mais cette fois comme ministre, de nombreux projets menacent l’éducation nationale et les pédagogies émancipatrices. La liberté pédagogique des équipes est menacée par un management pseudo-scientifique aux résultats, avec notamment le retour et la multiplication des évaluations nationales, favorisant les méthodes transmissives. La réforme du travail placera plus que jamais l’école dans un rôle de préparation à l’employabilité, dans un esprit de compétition exacerbée du marché des travailleurs, où chacun devra se vendre, sur la base de ses compétences. La lutte contre le Livret scolaire numérique LSUN ne peut être isolée de ces « réformes » qui sapent l’éducation.

    https://retraitbaseeleves.wordpress.com/2017/09/12/appel-a-la-convergence-des-luttes-contre-le-lsun/

    https://resistance71.wordpress.com/2018/08/31/education-sous-nouvel-ordre-mondial-la-vaste-fumisterie-elitiste-de-parcoursup-et-de-ses-sponsors-prives/

    Le 22 mai 2018 se tenaient à Paris et dans toute la France des manifestations, regroupant des fonctionnaires, des étudiant.e.s, des lycéen.ne.s, des cheminot.e.s , des salarié.e.s de l’énergie.

    Des dizaines de milliers d’individu.e.s sont descendu.e.s dans la rue pour se dresser et protester contre les réformes de notre gouvernement et contre les politiques actuelles.

    Le 22 mai 2018, à Paris, 12e arrondissement, s’est tenu un rassemblement devant le lycée Arago, improvisé par des étudiant.e.s et des lycéen.ne.s, venu.e.s protester contre les inégalités engendrées par ParcourSup. Ces manifestant.e.s sont rentré.e.s dans le lycée afin de tenir une occupation pacifique, et ont organisé rapidement une Assemblée Générale afin de discuter de la suite des événements dans le calme et le respect des lieux.

    Le 22 mai 2018, dans le lycée Arago, 101 jeunes ont été interpellé.e.s, arrêté.e.s, et placé.e.s en garde à vue. Parmi ces 101 étudiant.e.s, nous constations la présence de mineur.e.s, parfois très jeunes. En résumé, ce sont 101 jeunes non masqué.e.s, non armé.e.s et non agressif.ve.s, venu.e.s avec pour seule intention celle de débattre, que le gouvernement a arrêtés.

    Nous dénonçons les conditions de détention absolument honteuses, enfermé.e.s à plus de 60 dans un bus de 30 places pendant plus de 4 heures, garé dans le parking souterrain du commissariat du 18e arrondissement, puis parqué.e.s dans ce même parking comme des animaux, sans eau, sans droit d’aller aux toilettes, sans information. Nous dénonçons aussi les interrogatoires, la pression mise à des jeunes mineur.e.s, les cellules de 9 mètres carrés remplies par 25 personnes, les actes de violence de certains policiers, les mensonges sur les heures de sortie, les nombreux vices de procédures. Ces jeunes ont été pour la plupart retenus 60h en garde à vue avec l’impossibilité de contacter leurs proches.

    Ce procès est un procès politique

    Le Jeudi 24 mai 2018, 67 d’entre eux ont été déférés en comparution immédiate : parmi eux la plupart ont été mis en examen pour des charges telles que “intrusion” et “rassemblement en vue de commettre des dégradations” ; amenant une interdiction de pénétrer dans Paris jusqu’à la date du procès.

    Ce procès est un procès politique. Aucune violence de la part des interpellé.e.s, aucune dégradation : rien ne justifie de telles sanctions, une telle dureté, si ce n’est faire peur aux lycéen.ne.s qui se mobilisent, aux manifestant.e.s, à ceux et celles qui font entendre leur voix !

    Ces procès sont bien plus graves que de simples histoires de jeunes qui passent devant la justice pour quelques bêtises en manifestation ; ces procès soulèvent une question beaucoup plus dérangeante, que certains voudraient étouffer : avons-nous encore une totale liberté d’expression ?

    Ces actes sont la preuve que nous glissons peu à peu vers un musèlement de la colère du peuple, vers un État de droit privatisant tout ce qu’il y a à privatiser et qui ne fonctionne que pour la machine bien huilée du patronat.

    La masse grondante dans la rue n’est pas une bande de gauchistes en manque d’attention ; nous sommes les étudiant.e.s mécontent.e.s, réclamant un libre accès aux études supérieures et du budget pour nos universités.

    Nous sommes les lycéen.ne.s à qui l’on refuse le droit d’étudier parce que nous n’avons pas eu les mêmes chances que certain.e.s plus aisé.e.s, et qui voyons nos rêves balayés par la politique de sélection profondément inégalitaire de ParcourSup.

    Nous sommes les cheminot.e.s , les fonctionnaires, les professeurs, les révolté.es, nous sommes la voix de toutes et tous les mécontent.e.s et nous sommes celles et ceux qui nous battons pour des droits que l’on nous refuse.

     Militant.e.s de tous bords, citoyens et citoyennes : le gouvernement préfère aujourd’hui arrêter 101 d’entre nous plutôt que d’écouter les dizaines de milliers qui sont dans la rue. Nous ne nous laisserons pas faire ; et nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de votre voix, vos déclarations, de votre parole, mais aussi et surtout de votre présence devant le TGI

    https://paris-luttes.info/101-a-arago-des-milliers-devant-le-10418

    Mathilde Larrere, enseignante, s’est rendue au rassemblement organisée devant le lycée en soutien aux lycéens arrêtés dans la manifestation pacifique contre Parcoursup, elle raconte :

    « Je suis allé au rassemblement en soutien aux gamins interpellés, ils seraient une soixantaine, dont un très grand nombre de mineurs. Ils sont élèves à Arago, Condorcet (Montreuil), Voltaire, etc. Ils sont rentrés dans le lycée Arago pour tenir une assemblée générale. La proviseure a appelé la police qui est alors entrée dans l’établissement. Les élèves ont été pressés, tous fouillés, palpés plusieurs fois. Une gamine a fait une crise d’angoisse, les pompiers ont donc été appelés et ont dû arracher à la police le droit d’entrer dans l’établissement. La mère a été appelée mais la police a refusé de la faire entrer. Finalement les pompiers sont parvenus à la faire rentrer puis la gamine a été évacuée en ambulance : c’est la seule qui n’ait pas été interpellée. Elle a pris la parole en larme lors du rassemblement, inquiète pour ses copains les autres gamins emmenés dans des bus. Certains ont 15 ans, ils sont restés dans ces bus plus de 4 h, sans eau, sans accès au toilettes, sans pouvoir voir d’avocat et sans pouvoir appeler leur parents. Certains parents ont écumé les commissariats toute la nuit à la recherche de leur progéniture. Lors du rassemblement de soutien, soit 24h après leur arrestation, certains parents ne savaient toujours pas où leur enfant était gardé à vue.

    Sur twitter, un parent élu FCPE évoque des ordres venant de « beaucoup plus haut ».

    A l’issue de leur garde à vue, les lycéens passent ce soir une deuxième nuit derrière les barreaux et seront déférés au Parquet demain matin, à la stupéfaction des policiers qui pensaient les relâcher et déclarent aux parents que « l’ordre vient de beaucoup beaucoup plus haut ! »

    Le message gouvernemental est clair : ceux qui refusent d’être évalués, sélectionnés et triés par des algorithmes de Parcoursup, le seront par la police. Les lycéens l’entendront-ils de cette oreille ?

    https://lundi.am/Arago-101-lyceens-et-grevistes-places-48h-en-garde-a-vue

    Témoignage d’une arrêtée du lycée Arago

    « J’ai les jambes qui tremblent, mon corps se place dans la forme de mon voisin. Je commence à concevoir pleinement l’espace qui nous entoure comme une denrée précieuse et rare. Cela fait quatre heures déjà, que nous sommes enfermés. »

    Pour ma part, j’ai eu l’honneur de me faire fouiller deux fois de suite étant donné que la première flic avait oublié de transmettre à l’OPJ ma feuille de fouille.

    Je suis emmenée un peu plus tard, en compagnie de 3 filles que je ne connais pas, dans un camion fourrière qui nous divisera dans deux commissariats différents. Nous arriverons, avec Sardine, dans le commissariat du Xe arrondissement. L’idée de me faire encore enfermer dans une boîte sans air me file une nausée terrible. Une fois dans la cellule, on arrive tout de même à s’endormir, à même le sol, en compagnie d’une Bulgare avec qui nous n’avons pas vraiment fait connaissance puisque cette dernière ne parle pas un mot de français. Il est environ 3 heures du matin. Je fais tout au long de la nuit des rêves étrangement heureux, me promenant, libre, en compagnie d’êtres imaginaires. Songes, bien sûr, qui se solderont par la frustration de se retrouver derrière les barreaux.

    Nous sommes réveillées aux alentours de 7 heures avec l’offre de nous sustenter de gâteaux bretons périmés depuis 2014 et une brique de jus d’orange concentré. Je décline la proposition. Sardine part ensuite avec un de ces porcs. Elle revient quelques instants plus tard : elle a refusé les empreintes. C’est à mon tour, je m’exécute (il m’ont, par le passé, déjà volé mes mains). Le type en question qui m’imprime les doigts est une sorte de nain à l’expression remarquablement apathique, nous l’appellerons ici Humpty Dumpty. Hmpty Dumpty étant remarquablement petit, il fut donc dans l’impossibilité d’atteindre le mètre mesureur, relevé alors à son maximum. Je vis qu’il était dans l’embarras, et lui proposa avec amusement de le descendre à sa place.

    Je regagnais ma cellule quand Sardine fut remmenée par le même gars, suivi, cette fois-ci, d’un bonhomme de deux mètres de haut, soi-disant « chef du département des empreintes » (qui, à mon avis, n’était qu’un malabar de la BAC). L’entretien me paraît long, trop long. Quinze minutes, une demi-heure passent, quand revient, toute abattue, ma petite compagne de cellule. « Ils m’ont dit que si je refusais ils m’enverraient en prison, que j’aurais une amende…

    — Mais je t’avais dit que c’était faux, c’est que du mensonge !

    — Je sais, j’ai craqué, c’est tout. »

    Les larmes lui viennent et ma haine s’aiguise immanquablement.

    Nous faisons peu à peu connaissance en jouant aux devinettes, pour nous divertir de la situation. L’heure du déjeuner se fait sentir. On nous porte, par une petite trappe dérobée, deux plats en plastique fumants. Le riz méditerranéen est une première pour Sardine, qui le goûte sans trop rechigner. Pour ma part, j’aborde la nourriture fossilisée avec autant de méfiance qu’une tarentule m’inspire. Je n’ai pas faim de toute façon.

    Nous devons passer désormais en audition. Nous nous étions accordées au préalable, pour ne rien dire. « Je n’ai rien à déclarer ». Fallait voir sa gueule à l’OPJ. On ne démordait pas. Ayant remarqué notre obstination, les flics décident de nous faire la totale. Sardine sera encore la première. En 5 minutes cette fois ils ont réussi à la convaincre de donner son ADN. Je fulmine. Le géant de deux mètre s’amène pour moi, je réplique :

    « —Si c’est pour me prendre mon ADN ça sert à rien de me faire

    déplacer. Je ne le donnerai pas.

    — C’est ce qu’on va voir. On va s’expliquer d’abord.

    — Ouais, on va s’expliquer. »

    J’avais le mord. Une envie de tuer presque. Il me jette dans la petie salle des empreintes, se tient en face de moi, ce colosse à la voix pincée (on aurait dit qu’il s’était coincé les couilles dans un tiroir) et me dit, en montrant ses dents, comme un chien enragé :

    « — Bon, tu va me le donner maintenant ton ADN, comme ta petite copine !

    — Je n’ai rien à déclarer, en serrant les dents, pour l’imiter.

    — Mais encore ?

    Je ne réponds pas.

    — MAIS ENCORE ?

    — Je vous ai déjà répondu. J’ai rien à vous dire.

    — Mais encore ?

    — Vous êtes sourd ou quoi ? Je changerai pas d’avis.

    Il me cause toujours tandis que je lutte pour garder mon sang froid. Je finis pour dire :

    — Bon tu vas me frapper maintenant pour que je donne c’est ça ?

    — Tu joues à quoi là ? t’es gogol ou quoi ?

    — Ouais j’suis gogol, totalement gogol. »

    Il finit par me faire sortir :

    « Tu vas voir, tu vas te retrouver avec trois mois fermes ! j’te mets en prime une remarque sur ton comportement ! »

    Je retrouve Sardine.

    « J’l’ai pas donné. » et là, j’éclate en sanglots, à la fois de joie pour lui avoir tenu tête mais aussi pour libérer ma réelle frousse.Le garçon se débat, il crie : « Pourquoi ? Non…Non ! »

    J’entends alors une volée de coups s’abattre sur lui. Il le supplie d’arrêter. Je me mets à gueuler et à tapper contre les vitres. En vain. Je me sens comme témoin d’une scène de torture de la Gestapo. En ressortant, le petit saigne près de l’oeil, sur la tempe, et marche avec peine

    Nous sommes sorties à ce moment là de notre cellule avec Sardine et menottées au même banc que les nouveaux arrivants

    Le baceux qui a frappé le premier se rend devant sa cellule. « Alors, comment il va le nabot ? » Un flic le fait sortir, le présente à l’homme de main. Il prend le visage du jeune homme entre ses deux doigts, le tourne en l’inspectant comme un vulgaire morceau de viande.

    « — Ca va, je pensais qu’il serait plus amoché. Il a une bosse et arrive à marcher. C’est déjà ça. »

    Les coups de vingt heures sonnent. Quatre policiers viennent pour moi. Je suis détachée du banc pour être remenottée, les mains dans le dos. Dans la voiture, je regarde les passants et essaye d’attirer le regard de certains. Un me regarde, me fait un geste de compassion. Arrivées au TGI flambant neuf nous devons passer une multitude de sas dont les portes restent encore défectueuses. La suite de l’histoire n’est pas exotique : je resterai quelques 16 ou 17 heures dans une cellule insonorisée à dormir, chanter … en attendant de voir mon avocat et la proc’.

    Je sortirai avec une feuille m’annonçant mon procès, prévu dans 5 mois c’est à dire pour octobre 2018.

    https://lundi.am/Temoignage-d-une-arretee-du-lycee-Arago

     


    La république massacrante, hier…

     

     
    … et aujourd’hui…


    … en attendant demain !

     

    https://resistance71.wordpress.com/2018/10/09/france-le-goulag-est-en-marche-des-lyceens-mineurs-arretes-au-lycee-arago-paris-12eme-detenus-dans-des-conditions-dignes-de-la-gestapo/

     

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