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    Sayed Hasan

     

    Frontière israélo-libanaise : l'opération « Bouclier du Nord » et le silence de Hassan Nasrallah

     
    L'opération « Bouclier du Nord » a été lancée en grande fanfare par l'occupant israélien le 4 décembre, visant prétendument à  « exposer et neutraliser les tunnels d’attaque transfrontaliers que le Hezbollah a creusés depuis le Liban vers Israël ». En effet, la Résistance libanaise a maintes fois promis de ne plus se camper sur une position défensive en cas d'agression ou de guerre, et de porter les combats en Palestine occupée, voire même de libérer la Galilée. Les porte-parole du gouvernement israélien se sont ostensiblement félicités de ce qu'ils présentaient comme une mise en échec du plan du redoutable Hassan Nasrallah. 
     
    La propagande israélienne et ses dociles relais médiatiques occidentaux ont présenté cette opération comme une offensive militaire de grande envergure, qui porterait un grand coup au Parti de Dieu. Même les titres d'un journal a priori pro-palestinien comme L'Humanité parlent d'une « incursion israélienne au Liban », comme si l'entité sioniste avait pénétré dans le territoire libanais (ou s'apprêtait à le faire), que ce soit sur terre ou de manière souterraine. Un discours du Secrétaire Général du Hezbollah a été annoncé pour le jour même par les médias israéliens et occidentaux, ce qui aurait tendu à confirmer l'importance de l'opération israélienne. Et face au mutisme du Hezbollah, il a été affirmé que ce silence était dû à l'état de choc dans lequel la Résistance libanaise se trouverait après cette opération surprise qui aurait ruiné ses plans les plus secrets.
     
    Mais qu'en est-il réellement ? Il faut avant tout souligner qu'il est ridicule d'assimiler à une offensive, ou même à une opération militaire, des travaux de forage et d'excavation qui prennent place à l'intérieur de la Palestine occupée, et n'empiètent nullement sur le territoire libanais. De lourds travaux de construction, de terrassement et de fortification à la frontière nord d'Israël sont menés depuis 2015 par Tsahal, et visent à créer une ligne de défense type Maginot face au Hezbollah (pour souligner son caractère anachronique, Al-Manar l'a surnommée Le Mur de l'Illusion).
     

    Si les médias israéliens et occidentaux se sont abstenus de toute médiatisation à ce sujet, c'est parce que ces travaux d'ingénierie ne servaient pas la propagande d'Israël, soulignant au contraire sa faiblesse : l'entité sioniste est en effet acculée à une position défensive pour la première fois de son existence. Mais le Hezbollah lui-même a clairement souligné ce bouleversement, en organisant notamment une tournée médiatique en avril 2017 pour exposer aux yeux du monde les mesures israéliennes. La promesse du 16 février 2011, dans laquelle Hassan Nasrallah annonce à ses combattants qu'ils doivent être prêts à recevoir un jour l'ordre de libérer la Galilée, a en effet été prise très au sérieux par Israël. D'autant plus qu'en Syrie, le Hezbollah a acquis et fait la démonstration de ses capacités offensives en libérant de très vastes étendues de territoire de la présence de Daech, prenant part à des combats qui, par leur nature, leur étendue et les effectifs et armements déployés, ne sont plus de la guerre de guérilla. Les capacités offensives du Hezbollah n'ont jamais reposé sur l'existence de tunnels, comme l'a prouvé l'opération de capture de soldats israéliens en juillet 2006, et s'apparentent aujourd'hui davantage aux opérations menées par des armées classiques, comme le soulignait Hassan Nasrallah dans une interview du 19 août 2016 :
    Lorsque le Hezbollah intervient dans la guerre en Syrie, et combat comme une formation très grande, et avec des armements très divers, ou en tant que partie d'une très grande formation aux armements divers, et qu'il participe à des opérations offensives majeures et très étendues, qu'il parvient à repousser les hommes armés (terroristes de Daech), qui ne sont pas des combattants normaux, surtout les étrangers, des combattants d'un tel niveau (d'engagement, prêts à mourir), lorsqu'il les expulse d'aires géographiques très vastes, cela veut dire que le Hezbollah gagne une expérience offensive, une vaste expérience de libération de territoire à travers des opérations militaires continues et directes, et non à travers la guerre de guérilla. Et le Hezbollah n'avait pas une telle expérience avant la guerre en Syrie.
    C'est là qu'Israël est apeuré et terrifié. Car ce que fait le Hezbollah en Syrie, si une guerre est lancée contre lui, il le fera en Galilée. [...] Si le Hezbollah est sorti de la guerre de juillet (2006) comme une puissance régionale, il sortira de cette guerre (en Syrie) comme une puissance militaire véritable représentant une force de libération de territoire non pas (seulement) dans la guerre de guérilla, mais même dans une guerre qui ressemble bien plus aux guerres classiques (entre armées nationales).
    Le Hezbollah n'est pas le Hamas, et croire que leurs stratégies et tactiques sont les mêmes alors que leurs capacités et leurs expériences sont incommensurables est à la fois une illusion et une mystification à laquelle, bien naturellement, Hassan Nasrallah n'a pas daigné répondre.
     
    Pourquoi cette opération-spectacle a-t-elle été lancée maintenant ? Netanyahou, qui est à la fois Premier ministre, et, par interim, Ministre de la Défense, Ministre des Affaires étrangères et Ministre de la Santé, est plus discrédité que jamais en Israël, du fait du récent échec militaire face à Gaza –après lequel son Ministre de la Défense Avigdor Lieberman à démissionner, manquant de provoquer une chute de son gouvernement–, et de ses innombrables casseroles judiciaires, qui ont amené la police israélienne à demander, début décembre, son inculpation ainsi que celle de son épouse dans une énième affaire de corruption. L'opposition israélienne, dès les premiers jours, a pu exprimer ouvertement des doutes quant à la véritable portée de l'opération « Bouclier du Nord », à l'instar de Tzipi Livni, qui a dénoncé la sur-dramatisation de cette opération :
    Nous ne sommes pas dans une situation où nos soldats sont derrière les lignes ennemies. Il s'agit simplement d'activités d'ingénierie au sein du territoire souverain de l'Etat d'Israël. Netanyahou a exagéré les proportions réelles de cet événement au-delà du raisonnable. Il a transformé des activités d'ingénierie défensive en une opération militaire spectaculaire. Il y a deux explications possibles à cela : soit le Premier ministre panique, soit il veut semer la panique pour justifier ses actions, à la fois en retardant les élections et en abandonnant les habitants du sud d'Israël [face aux roquettes de Gaza].
    Mais il ne faut pas compter sur les médias occidentaux pour nous rapporter ces données aisément accessibles. Pour eux, seule la propagande israélienne officielle fait foi.

    Plus affaibli que jamais, Netanyahou souhaite se présenter comme un homme fort face au Hezbollah, mais l'opération lancée contre des tunnels présumés, qui n'est qu'une grossière manœuvre pour détourner l'attention de la presse et de l'opinion publique israélienne, ne révèle que l'impuissance d'Israël face au Parti de Dieu. Le Hezbollah sait bien que Netanyahou n'osera jamais lancer une guerre d'agression contre le Liban, et que face au Hezbollah, Israël n'a plus d'autre recours que les sanctions économiques de Washington et les appels aux institutions internationales –ces mêmes institutions et lois piétinées depuis des décennies par Tel-Aviv– pour qu'elles condamnent les supposées violations de la souveraineté israélienne par le Hezbollah –alors que pour sa part, Israël continue à violer quotidiennement l'espace aérien libanais– et prennent des mesures contre lui.

    Face à de tels enfantillages –l'armée israélienne a plus de chances de trouver des Taupiqueur et autres Pokémon souterrains que des tunnels opérationnels du Hezbollah–, Hassan Nasrallah s'est bien gardé d'apporter de l'eau au moulin à paroles du fier-à-bras Netanyahou : tout discours de sa part aurait ajouté de la crédibilité à cette tentative de mystification, et donné plus de grain à moudre au battage médiatique autour de cette pseudo-opération. Les médias et les civils libanais partisans du Hezbollah se sont chargés de répondre, tournant amplement en ridicule cette opération, raillant Israël sur les réseaux sociaux, et pique-niquant en famille à la frontière pour narguer des soldats israéliens sur le pied de guerre.
     
     

    Un clip intitulé « On se retrouve à Haïfa », et sous-titré en hébreu, a été réalisé par un artiste libanais, parodiant une mélodie populaire juive qui célèbre la Déclaration Balfour. On y voit des combattants du Hezbollah parvenant jusqu'à Haïfa par tunnel, et espionnant Netanyahou dans sa propre maison.
     
     
     

    Pour sa part, le média de guerre du Hezbollah, en publiant une photo de troupes israéliennes prise depuis le territoire israélien, a démontré que même lorsque l'ennemi est en état d'alerte maximale, son territoire lui restait aisément accessible. 

     
    Plus encore, il est certain que les combattants du Hezbollah ont dérobé deux mitrailleuses FN MAG sous le nez des soldats israéliens (les médias israéliens ont largement rapporté ce vol), armes qui réapparaîtront certainement entre leurs mains au moment le plus opportun pour humilier l'armée israélienne et son gouvernement.
     
     

    Et le 12 décembre, le Hezbollah a publié cette vidéo sous-titrée en hébreu qui rappelle la réalité de la situation : c'est bien Israël qui craint le Hezbollah et prend toutes les mesures pour s'en prémunir, et non l'inverse.
     
     

    Il est peu probable que la confrontation entre Israël et le Hezbollah tourne à l'affrontement direct dans un futur proche. Mais la guerre psychologique continue de faire rage, et les bataillons électroniques de Hassan Nasrallah y démontrent jour après jour leur supériorité.

    Sayed Hasan


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    Sayed Hasan
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    jeudi 11 janvier 2018


    Kafka 2.0 : comment s’exerce la censure politique sur Youtube


    http://sayed7asan.blogspot.com/2018/01/kafka-20-comment-sexerce-la-censure.html
    Cinq années d’archives de résistance au sionisme et à l’impérialisme détruites par Google

    « On avait sûrement calomnié Joseph K., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin. » Ainsi commence Le Procès, œuvre de Franz Kafka de 1925, dans laquelle Joseph K., employé de banque sans histoires, est arrêté à son domicile par de mystérieux agents et notifié d’une procédure judiciaire engagée à son encontre. Il n’est pas informé du délit ou crime dont il se serait rendu coupable – on lui laisse seulement entendre qu’il aurait enfreint une loi inconnue –, et se voit remettre une convocation au tribunal un certain jour, sans que l’heure ou le lieu exacts soient indiqués. Le protagoniste est entrainé dans un engrenage complètement absurde, balloté entre inspecteurs, huissiers, avocats et juges, et ne sachant à aucun moment de quoi ou contre qui il doit se défendre. Il est finalement exécuté par trois bourreaux distingués qui, avec d’ « horribles politesses », lui plantent un couteau de boucher dans le cœur.


    La procédure par laquelle Youtube supprime des vidéos et même tout le contenu d’une chaîne est comparable à ce roman noir à plus d’un titre. Comme je l’ai indiqué dans un article précédent, ma chaine Sayed Hasan, qui, depuis plus de cinq ans, sous-titres en français et en anglais des discours de Sayed Hassan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah, ainsi que de Vladimir Poutine, Bachar al-Assad et Sayed Ali Khamenei (en plus d’interviews de Norman Finkelstein, de contenus concernant l’Amérique latine révolutionnaire, etc.), s’est vue infliger deux avertissements par Youtube en moins d’un mois pour deux discours de Hassan Nasrallah, au prétexte d’un « non-respect des règles concernant le contenu violent ou choquant de Youtube ». La suppression totale de la chaîne n’a guère tardé, puisqu’elle est survenue le 20 décembre 2017 à la faveur du troisième et dernier avertissement annonçant la guillotine, toujours à cause d’un discours de Hassan Nasrallah publié en... 2014 – il n’y a guère de prescription chez Youtube, ni de demi-mesure. Ainsi, 400 vidéos, plus de 6 millions de vues et bientôt 10 000 abonnés se sont volatilisés, au moment de la plus forte croissance de leur histoire. Youtube s’efforce de dissimuler sa censure derrière une procédure pseudo-légaliste, mais de fait, comme nous allons le voir, tous les créateurs doivent évoluer sous la menace permanente de son couperet politique qui restreint drastiquement les contenus tolérés.

    Le premier avertissement infligé à ma chaine date du 24 octobre 2017, et concerne un discours de février 2015 (sic) intitulé « Hassan Nasrallah : l’Etat Islamique est l’allié d’Israël et vise La Mecque et Médine ». Sa transcription complète est disponible ici : http://sayed7asan.blogspot.com/2015/02/hassan-nasrallah-letat-islamique-veut.html. Comme on peut le voir, ce discours ne fait que dénoncer le groupe terroriste Daech, le caractérisant comme un danger pour l’Islam, les musulmans et toute l’humanité, en rappelant sa collusion avec Israël. Il ne comporte absolument rien de légalement répréhensible (appel à la haine, au meurtre, etc.). Youtube ne daigne aucunement préciser en quel endroit ou de quelle façon telle vidéo aurait enfreint les « règles concernant le contenu violent ou choquant », comptant probablement sur la perspicacité de l’accusé – qui se retrouve condamné de facto. Je n’y ai absolument rien trouvé de répréhensible, même selon les critères les plus stricts – à moins, bien entendu, que toute mention négative d’Israël ne soit insoutenable pour les bonnes âmes de Tsahal, qui se livrent assidument et sans relâche à ce travail de cyber-délation (leurs soldats et mercenaires sont plus entreprenants sur Internet que face à de véritables combattants), et qui trouvent en Google, Facebook et autres géants du Web une oreille particulièrement complaisante. Nous reviendrons plus en détail sur ce point.

    La chaine Sayed Hasan à la mi-décembre 2017

    En toute bonne foi, j’ai immédiatement fait appel de cette décision – Youtube n’accorde scandaleusement que 200 caractères pour cette « procédure » (espaces compris), mais il est vrai qu’il est difficile d’être loquace face à un crime inconnu –, et à ce jour, je n’ai reçu aucune réponse. Il s’agit en quelque sorte d’un procès en sorcellerie, où, en violation des principes les plus élémentaires du droit, c’est à l’accusé de prouver son innocence face à une violation non spécifiée, et où de fait, le seul fait d’être suspecté par (ou dénoncé à) la toute-puissante Inquisition « Google » entraîne une condamnation automatique, sans qu’à aucun moment les griefs ne soient clairement énoncés, que la défense, même muselée, ne soit entendue, qu’un semblant de jugement argumenté soit rendu ou que la pseudo-procédure d’appel soit prise en compte, même formellement. « Nous ne répondons pas à ce genre de questions », oppose un policier aux demandes de Joseph K. concernant le motif de son inculpation. « Mais en règle générale, on n’intente pas chez nous de procès qui ne puisse mener à rien. »

    Le deuxième avertissement date du 14 décembre, et concerne un discours du 11 décembre 2017 intitulé « Hassan Nasrallah : nous allons libérer Al-Quds (Jérusalem) et toute la Palestine », qui n’est resté en ligne qu’une demi-heure avant sa suppression. Sa transcription est disponible ici : http://sayed7asan.blogspot.com/2017/12/hassan-nasrallah-nous-allons-liberer-al.html. Encore une fois, au-delà de l’intitulé de l’infraction concernant « le contenu violent ou choquant », Youtube n’a fourni aucune précision pour justifier sa décision. Il est vrai que dans cet extrait, Hassan Nasrallah soutient le démantèlement de l’Etat raciste, terroriste et colonialiste d’Israël, champion du monde des violations des droits de l’homme et du droit international, et invite les Palestiniens et l’ensemble de l’Axe de la Résistance à prendre les armes en défense de la Palestine et des lieux saints de l’Islam et du Christianisme (il est rejoint en cela par les Neturei Karta, groupe juif orthodoxe qui brûle publiquement des drapeaux israéliens en plein Jérusalem, comme on peut le voir sur sa chaine Youtube). Et il se trouve que le slogan de ralliement « Mort à Israël » y est prononcé par Hassan Nasrallah et repris par des milliers de manifestants qui participaient à un rassemblement d’opposition à Donald Trump et à sa décision de reconnaitre Al-Quds (Jérusalem) comme capitale d’Israël. Mais au-delà du fait que la résistance armée face à un occupant est parfaitement légale selon le droit international (Résolution 37/43 des Nations Unies du 3 décembre 1982 réaffirmant « la légitimité de la lutte des peuples pour l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée »), le droit à l’information doit primer, car sans cela, aucun discours politique dans un contexte de confrontation diplomatique et/ou militaire ne saurait être publié sur Youtube. Cependant, Google ne considère aucunement problématiques les déclarations bien plus « violentes ou choquantes » de Donald Trump menaçant de « détruire complètement » la Corée du Nord, les rodomontades israéliennes parlant de bombarder l’Iran et de renverser son régime, d’assassiner Hassan Nasrallah ou même les appels de juin 1940 du Général de Gaulle, ou les discours d’Aimé Césaire, qui n’auraient pas leur place sur Youtube d’après une application purement littéraliste du règlement concernant les contenus violents ou appelant à la violence (en l’occurrence, à résister contre le nazisme ou le colonialisme). Mais manifestement, avec Kafka, Youtube semble avoir également bien intégré Orwell : « Tous les [contenus] sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres. » Seules les vidéos hostiles à l’impérialisme et au sionisme sont victimes de censure et de bannissement.

    Avec deux avertissements en moins d’un mois, la vie de ma chaine Youtube ne tenait plus qu’à un fil : il est vrai qu’au bout de 3 mois, un avertissement est supprimé, mais trois avertissements successifs sur un compte entrainent la suppression pure et simple de la chaine et de tout son contenu, et non pas des seules vidéos concernées. Et il était clair pour moi que ces deux avertissements injustifiés et inédits seraient rapidement suivis d’un troisième et d’une suppression complète de ma chaine. Pour faire une analogie judiciaire, c’est comme si une condamnation en diffamation (qui, en droit français, doit nécessairement respecter un délai de prescription de 3 mois ; Google semble avoir opté pour l’imprescriptibilité) entrainait la suppression non pas seulement du passage incriminé – par exemple, dans « J’Accuse » de Zola, les deux mots incriminés « par ordre », Zola n’ayant évidemment pas les moyens de prouver matériellement que le deuxième conseil de guerre avait été forcé d’acquitter Esterhazy par la hiérarchie militaire –, mais de l’ensemble de l’œuvre du journaliste, auteur ou producteur de contenus Youtube. Sans conviction, j’ai effectué la procédure d’appel orwello-kafkaïenne aux 200 caractères, protesté auprès de Google par courriel et publié un article dénonçant cette censure et la suppression annoncée de ma chaine. Cette fois-ci, j’ai reçu une réponse de Youtube en 12 heures, qui m’a démontré, si le doute subsistait encore, que ces procédures ne constituent qu’une mascarade visant à dissimuler le caractère totalement arbitraire, ou plutôt politiquement orienté de la censure de Google : en effet, la réponse tenait en trois lignes dans lesquelles Youtube me remerciait d’avoir effectué cette procédure d’appel, m’informait qu’après un examen plus attentif du contenu de ma vidéo, elle déterminait qu’elle ne respectait pas le règlement de la communauté, et m’adressait ses salutations cordiales. Conçoit-on un jugement, a fortiori en procédure d’appel, qui se dispense de toute argumentation ? Google a complètement automatisé le processus pseudo-légaliste de suppression des contenus, qui se fait pour la malheureuse victime sans le moindre interlocuteur humain et donc sans aucune possibilité de défense.


    Comme prévu, le troisième avertissement, qui n’était plus qu’une simple formalité, n’a guère tardé : il est survenu le 20 décembre 2017 et concerne un discours de 2009 publié en 2014 (re-sic) intitulé « Hassan Nasrallah : la prochaine guerre va changer la face de la région ». Dans cet extrait disponible sur Dailymotion, Hassan Nasrallah considère l’hypothèse d’une agression israélienne contre le Liban, et affirme que cette menace peut être transformée en opportunité si l’armée ennemie est anéantie sur le sol libanais, après quoi la Palestine et Al-Quds (Jérusalem) même pourraient être libérées, tout comme le Sud-Liban en 2000. Cette vidéo ne comporte pas même le slogan « Mort à Israël ». La formulation de l’hypothèse même de la libération de la Palestine après une agression israélienne (nombre d’empires se sont effondrés à cause de leurs expéditions militaires extérieures, comme le rappelait Hassan Nasrallah) constituerait donc un tabou. Encore une fois, on serait en droit de se demander pourquoi Netanyahu peut pour sa part librement menacer Gaza, le Liban, la Syrie ou l’Iran d’invasion et/ou de destruction, sans que Youtube n’estime devoir supprimer ces vidéos. On comprend que lorsque Youtube veut supprimer une chaine, elle sait faire flèche de tout bois et plante fatalement son « couteau de boucher » dans le cœur de sa victime.


    Il faut préciser, au crédit de Youtube, qu’une procédure d’appel existe également contre la suppression d’une chaîne, et cette fois-ci, ce ne sont pas 200 mais bien 1000 caractères qui sont autorisés, soit environ 120 mots. Cela peut paraître léger pour un travail de plusieurs années (voire le travail d’une vie), complètement détruit en quelques clics par Google, mais légaliste jusqu’au bout, j’ai effectué cette pseudo-procédure le jour même. La réponse n’a pas tardé – au crédit de Youtube, citons encore ce temps judiciaire particulièrement expéditif et récurrent : 12 heures, contre plusieurs années pour la justice traditionnelle. Il semble évident que les procédures d’appels sont systématiquement rejetées par un mail-type envoyé automatiquement au bout de 12 heures. Cette réponse mérite d’être citée intégralement, sa brièveté s’y prêtant volontiers :




    Tel est l’épilogue – et la seule épitaphe – d’une chaine Youtube s’avisant de publier des contenus antisionistes et anti-impérialistes. Dénoncer le muselage d’Internet est aujourd’hui un poncif, mais il est toujours bon de l’illustrer par des exemples concrets, ce processus n’étant connu que de ceux qui en sont victimes.

    Il ne fait aucun doute que toutes les vidéos diffusant le point de vue de l’Axe de la Résistance (Iran, Syrie, Liban, Palestine, Yémen, Irak voire Russie) font l’objet d’une traque incessante de la part des cyber-soldats de Tsahal. Le fait que cette vidéo ait été signalée et supprimée dès sa publication suggèrerait même qu’un soldat ou agent stipendié – et non pas seulement zélé – de « l’armée la plus morale du monde » était aux aguets, particulièrement en ce contexte brûlant suite à la reconnaissance par Donald Trump d’Al-Qods (Jérusalem) comme capitale d’Israël. Les réseaux sociaux, à la suite des médias dominants, ayant tendance à intégrer et anticiper les directives des gouvernements par un processus d’autocensure bien décrit par Noam Chomsky, il est tout à fait possible que ce soient des employés de Youtube qui se chargent d’eux-mêmes de cette besogne, surtout à l’heure de la traque officielle contre les prétendues « fake news » – qui n’est qu’une tentative de préserver le monopole des affabulateurs mainstream patentés au service du pouvoir et des grands intérêts économiques, mis en danger mortel par la liberté du Net. La voix de Hassan Nasrallah en particulier est visée par cette censure, car il s’agit du seul dirigeant arabe qui ait infligé deux défaites – humiliantes de surcroît – à Israël (2000 et 2006), et dont les combattants ont joué un rôle de premier plan dans la défaite de Daech : si d’irréductibles agents de l’étranger disputent encore de la qualité de terroristes des « djihadistes juifs » d’Israël, personne n’ose plus le faire pour les « djihadistes wahhabites » de Daech. Plus que jamais, la voix du Secrétaire Général du Hezbollah est à même de porter dans le monde arabo-musulman et bien au-delà, et ne saurait être tolérée. Après la multi-suppression de chaînes telles que Parti Anti-Sioniste ou Pure Stream Media, la principale chaine traduisant les discours de Hassan Nasrallah en français et en anglais avait peu de chances d’échapper longtemps à la censure.

    Google prétend à la fois à la neutralité politique, au respect de la liberté d’expression et du droit à l’information et à la transparence. Mais son Transparency Report publié chaque année manque singulièrement de transparence : il n’évoque (très succinctement), en ce qui concerne les suppressions de contenus, que celles qui concernent 1/ les droits d’auteur, 2/ la loi européenne de droit à l’oubli et 3/ les demandes de suppression officielles effectuées par les Etats – les Etats-Unis et Israël y figurent en bonne position. Mais qu’en est-il des autres suppressions, notamment dues à des signalements « particuliers » ou à des initiatives de Google, qui représentent sans aucun doute la majorité de ces suppressions ? Signalements « particuliers » en apparence seulement, et qui émanent pour beaucoup d’agences gouvernementales ou au service de la propagande d’Etats. Les cyber-soldats de Tsahal ou « trolls de la Hasbara » ont déjà été signalés pour leur propagande active organisée et rémunérée aux plus hauts niveaux sur Wikipédia, Facebook, et autres réseaux sociaux. Le gouvernement de Netanyahu vient d’octroyer 37 millions de dollars à une telle agence nommée Kella Shlomo. Le New York Times lui-même a révélé que « Les agences de sécurité israéliennes surveillent Facebook et envoient à la compagnie les publications qu’ils considèrent comme de l’incitation [à la haine/violence]. Facebook a répondu en supprimant la plupart d’entre elles. » Glenn Greenwald, à l’origine de la publication de l’affaire Snowden, vient pour sa part de révéler que Facebook coordonne avec les gouvernements israélien et américain les suppressions de contenus antisionistes et anti-impérialistes, comme le montre récemment la suppression du compte Facebook de Ramzan Kadyrov.  Il va de soi que les propagandistes d’Israël sont aussi particulièrement actifs sur Youtube, la principale plateforme de partage de vidéos en ligne à l’échelle mondiale (et principale source de contenus dont la suppression est demandée par des Etats selon le Transparency Report), conférant une sorte de quasi-monopole à Google qui, dans son hybris, se permet de bafouer ainsi le droit dans ses décisions de suppression de contenus.

    De telles décisions n’épargnent du reste personne sur Youtube, et les plus grands noms de cette plateforme ont eu l’occasion de se plaindre du véritable mépris avec lequel elle traitait ses créateurs. C’est notamment le cas de PewDiePie, LE numéro 1 de Youtube, dont la chaîne de Gaming/Vlogs elle-même (près de 60 millions d’abonnés et 17 milliards de vues) a récemment subi les foudres (pro)sionistes qui n’épargnent décidément personne. C’est rien moins que le Wall Street Journal qui s’est chargé de cette odieuse chasse aux sorcières, se livrant à un véritable travail de délation calomnieuse auprès de Youtube et auprès des sponsors de PewDiePie, Disney en particulier, le présentant comme un antisémite et admirateur d’Hitler (sic). Le WSJ n’est pas parvenu à faire fermer sa chaine, mais Disney a rompu son contrat avec lui, et Youtube l’a exclu de ses programmes payants, lui faisant perdre des sommes considérables (il ne figure même pas dans Youtube Rewind 2017). PewDiePie avait déjà dénoncé les démonétisations arbitraires de vidéos, notamment de toutes celles qui comportaient un contenu politique. Cette politique de censure a été officialisée en juin 2017, Youtube annonçant que seraient incompatibles avec les publicités (et donc démonétisés) « les contenus vidéo traitant en partie ou intégralement de sujets ou d’événements sensibles, y compris, mais sans s’y limiter, de la guerre, de conflits politiques, du terrorisme ou de l’extrémisme, de la mort et de tragédies, ou d’abus sexuels, même si aucune image choquante n'est diffusée. » C’est ainsi que Youtube tient en respect tous ses créateurs, les soumettant à une interdiction de fait d’aborder les « Sujets controversés et événements sensibles » par cette forme de censure plus discrète qu’est la démonétisation, et les confinant exclusivement au simple « divertissement », sous l’acception la plus restrictive du terme. Youtube n’ose évidemment pas supprimer toutes les vidéos ou chaines récalcitrantes de peur du préjudice que cela lui causerait, étant donnée la notoriété de certains créateurs, et se contente d’une sanction d’ordre pécuniaire tout aussi paralysante, mais n’a absolument aucun scrupule pour des chaines au public modeste comme la mienne, qui sont supprimées sans états d’âme. On le voit, la liberté d’expression s’arrête aux frontières (éternellement extensibles) d’Israël et de sa « sensibilité » exacerbée.

    C’est évidemment une perte considérable pour le particulier qui a consacré des centaines voire des milliers d’heures à la traduction et au sous-titrage de ces vidéos, et qui voit cinq années d’efforts effacés d’un trait de plume – ou plutôt d’un coup de hache. L’impact que ces vidéos ont pu avoir cinq ans durant n’est pas réduit à néant, mais c’est la possibilité de le voir croitre qui est bel et bien anéantie, et le public acquis des prochaines vidéos réduit de la dizaine de milliers à l’unité. Mais cette censure est-elle un signe de force du côté adverse ? Certes non. Le fait que le travail bénévole d’un simple particulier, effectué sur son temps libre, puisse déranger à ce point n’est que l’indice révélateur de l’échec monumental de la propagande sioniste, soutenue par des milliards de dollars, par la majorité des médias dominants et par l’essentiel des forces politiques en Occident. Mais malgré tous les efforts d’Israël et ceux de sa « Police de la pensée » omniprésente, de ses mercenaires et autres chiens de garde enragés lâchés sans merci contre toute forme de critique d’Israël (le CRIF, la LICRA, l’inénarrable – mais précieux en ce qu’il révèle l’arrogance et le mépris souverain des sionistes pour tout ce qui n’est pas Israël – Meyer Habib, l’ADL, l’AIPAC et consorts), l’entité sioniste reste largement considérée comme un Etat criminel et paria par la majorité des populations, menace principale pour la paix dans le monde même en Europe, et ne peut pas même supporter que les discours de Hassan Nasrallah parviennent au public occidental, considérant qu’ils mettent en danger sa sécurité et son existence même. Rappelons qu’Israël est le seul Etat au monde à revendiquer un « droit à exister », conscient que son existence est factice – et temporaire. Dans son dernier discours à l’ONU, Netanyahu, s’évertuant à démontrer qu’Israël a des soutiens dans le monde entier, a fait part de son souhait de visiter l’Antarctique, car on lui aurait rapporté que « les pingouins eux aussi sont des partisans enthousiastes d’Israël ». Nul besoin pour les défenseurs de la Palestine de signaler les vidéos sionistes pour les censurer, les dirigeants israéliens et leurs thuriféraires faisant un excellent travail pour se discréditer – et c’est certainement pour cela que le Hezbollah ne se livre pas à des opérations ciblées pour venger ses dirigeants assassinés par Israël, comptant sur leur « charisme » et leur « sagesse » pour détruire l’entité sioniste de l’intérieur. La vérité sort de la bouche des (magazines pour) enfants : Israël n’est « pas un vrai pays », comme Youpi l’a bien compris.



    Cette censure incessante et acharnée démontre, comme l’a affirmé le Secrétaire Général du Hezbollah, que l’Etat sioniste est « plus faible qu’une toile d’araignée », et que ses jours sont comptés, tout comme ceux du monopole des réseaux sociaux dominants – Youtube, Facebook, et autres Twitter, qui doivent leur succès à leur politique universaliste d’ouverture, mais creusent leur propre tombe avec leur politique de censure et de soumission aux gouvernements, à l’impérialisme et au sionisme. Jour après jour, les géants du Web se dévoilent davantage comme de simple relais du pouvoir, qu’il soit politique ou économique, et seront progressivement désertés par ceux qui recherchent des informations authentiques et non filtrées. Des plateformes parallèles plus libres voient et continueront à voir le jour, mettant progressivement fin à leur monopole. Hassan Nasrallah n’y perd pas même au change : alors qu’aux débuts de ma chaine, seuls les sites d’information alternatifs spécialisés voire marginaux relayaient ses discours (Al-Manar, Al-Ahed News,…), aujourd’hui, toute la presse mainstream est contrainte de le faire pour ne pas se retrouver à la marge de l’actualité internationale et de ses principaux acteurs (Le Monde, Le Figaro, Libération, La Croix, BFM, New York Times, Washington Post, Daily Mail, ...). Youtube, hier précurseur, fait aujourd’hui figure d’exception.


    Il ne reste donc plus rien de ma chaine, si ce n’est une indication selon laquelle « Ce compte a été clôturé en raison du non-respect du Règlement de la communauté YouTube ». Youtube renvoie l’usager à des « Chaines similaires » sans aucun rapport comme BuzzFeed Video ou… PewDiePie. Lorsque Youtube vous enterre, c’est pour de bon, et vous n’avez pas même le droit à une pierre tombale. Aucune trace ne doit subsister. Tout cela est bien sûr éminemment décourageant. Toute chaine « dissidente » arrivant à un certain degré de notoriété est donc condamnée à la suppression. A quoi bon reprendre à zéro ? Il le faut pourtant, pour ne pas céder à la censure, ni renoncer face à l’adversité. Lorsque vos ennemis souhaitent vous neutraliser, c’est la preuve que vos efforts ont un impact et que vous êtes sur la bonne voie, et c’est donc une invitation à redoubler d’efforts et non à rendre les armes. Il faut toujours s’efforcer de faire échouer les objectifs de l’adversaire : Israël souhaite que Hassan Nasrallah disparaisse de Youtube ? Il faut donc qu’il y soit plus présent que jamais. A ce jour, le monopole des principaux réseaux sociaux reste relativement incontesté (après 5 ans, une même vidéo comptait moins de 150 vues sur Dailymotion et plus de 65 000 sur Youtube), et la censure même est un signe de reconnaissance de l’importance de ce travail. Du reste, ce sont là les instructions de Hassan Nasrallah lui-même, qui a enjoint le monde entier à une véritable Intifada électronique contre l’entité sioniste.




    C’est pourquoi j’inaugure mes nouvelles chaines Vimeo et Dailymotion avec ce discours : « Hassan Nasrallah appelle à uneIntifada sur les réseaux sociaux en soutien à Al-Quds (Jérusalem) », en appelant à s’y abonner massivement. On peut se demander, sans trop d’espoir, si cette vidéo serait considérée comme un « encouragement à commettre des actes de violence » par Youtube. Et bien sûr, je publierai toutes mes nouvelles vidéos simultanément sur mon blog principal et mes comptes Facebook et Rutube, auxquels j’invite également à s’abonner. Je ne commettrai plus l’erreur de ne pas incruster les sous-titres dans les vidéos, ce qui permet de gagner du temps et d’avoir simultanément plusieurs langues sur une même vidéo, mais rend les vidéos illisibles en dehors de Youtube. Et j’invite tous les lecteurs/spectateurs à télécharger et reposter ces vidéos sur Youtube et ailleurs autant que possible, la redondance étant le seul moyen efficace de contourner la censure, comme le souligne Hassan Nasrallah.

    La bataille de l’information – et la lutte sur tous les autres terrains – continue et continuera jusqu’à la victoire finale, à savoir la libération totale de la Palestine, que toute la censure du monde ne saurait empêcher ni retarder.

    Sayed Hasan

    Pour féliciter Google France de cette décision : mmechin@google.com
    Téléphone : 01 42 68 53 00
    Publié par Sayed Hasan


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  • La crucifixion de Julian Assange

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     L’asile de Julian Assange à l’ambassade d’Équateur à Londres s’est transformé en une petite boutique des horreurs. Au cours des sept derniers mois, il a été largement coupé de toute communication avec le monde extérieur. Sa nationalité équatorienne, qui lui a été accordée en tant que demandeur d’asile, est en cours de révocation. Sa santé s’est détériorée. On lui refuse l’accès à soins médicaux appropriés.

     

    Ses efforts pour obtenir réparation ont été paralysés par les « règles du bâillon » (1), y compris les ordres équatoriens lui interdisant de rendre publiques ses conditions de vie à l’intérieur de l’ambassade dans sa lutte contre la révocation de sa citoyenneté équatorienne.

    Le Premier ministre australien Scott Morrison a refusé d’intercéder en faveur d’Assange, un citoyen australien, même si le nouveau gouvernement équatorien, dirigé par Lenín Moreno – qui appelle Assange un “problème hérité” et un obstacle à de meilleures relations avec Washington – rend la vie du fondateur de WikiLeaks dans cette ambassade insupportable. Presque tous les jours, l’ambassade impose des conditions plus dures à Assange, notamment en lui faisant payer ses frais médicaux, en lui imposant des règles obscures sur la façon dont il doit prendre soin de son chat et en lui demandant d’effectuer diverses tâches ménagères dégradantes.

    Les Équatoriens, réticents à expulser Assange après lui avoir accordé l’asile politique et la citoyenneté, ont l’intention de rendre son existence si pénible qu’il accepterait de quitter l’ambassade pour être arrêté par les Britanniques et extradé vers les États-Unis. L’ancien président de l’Equateur, Rafael Correa, dont le gouvernement a accordé l’asile politique à l’éditeur, qualifie les conditions de vie actuelles d’Assange de “torture”.

     

    ***

     

    Sa mère, Christine Assange, a déclaré dans un récent appel vidéo (2) :

    “Bien que Julian soit un journaliste primé à maintes reprises, très aimé et respecté pour avoir courageusement dénoncé, dans l’intérêt du public, des crimes graves et la corruption à haut niveau, il est actuellement seul, malade, souffrant et réduit au silence et à l’isolement, coupé de tout contact et torturé au cœur de Londres. La prison moderne des prisonniers politiques n’est plus la Tour de Londres mais l’Ambassade de l’Equateur.

    Voici les faits : Julian est détenu depuis près de huit ans sans inculpation. Vous avez bien lu : sans inculpation. Au cours des six dernières années, le gouvernement britannique a refusé ses demandes d’accès aux soins de santé de base : air frais, exercice, soleil pour la vitamine D et accès à des soins médicaux et dentaires appropriés. En conséquence, sa santé s’est sérieusement détériorée et les médecins qui l’examinent mettent en garde contre ces conditions de détention qui mettent sa vie en danger. Un assassinat lent et cruel se déroule sous nos yeux à l’ambassade de Londres.

    En 2016, après une enquête approfondie, les Nations Unies ont statué que les droits de Julian avaient été violés à plusieurs reprises, qu’il était détenu illégalement depuis 2010, et ont ordonné sa libération immédiate, un sauf-conduit et son indemnisation. Le gouvernement britannique a refusé de se conformer à la décision de l’ONU.

    Le gouvernement américain a déclaré que l’arrestation de Julian était une priorité. Ils veulent contourner la protection des journalistes américains en vertu de leur Premier Amendement [de la Constitution US] en l’accusant d’espionnage. Ils ne reculeront devant rien pour le faire.

    En raison de la menace que les États-Unis font peser sur l’Équateur, son droit d’asile est maintenant directement menacé. Les pressions exercées par les États-Unis sur le nouveau président équatorien ont conduit Julian à être placé en isolement cellulaire strict et sévère au cours des sept derniers mois. Privé de tout contact avec sa famille et ses amis. Seuls ses avocats peuvent lui rendre visite.

    Il y a deux semaines, la situation s’est considérablement aggravée. L’ancien président de l’Équateur, Rafael Correa, qui a légitimement accordé à Julian l’asile politique devant les menaces américaines contre sa vie et sa liberté, a publiquement averti que lorsque le vice-président américain Mike Pence s’est récemment rendu en Équateur, un accord a été conclu pour livrer Julian aux États-Unis. Il a déclaré que parce que le coût politique d’une expulsion de Julian était trop élevé, le plan consiste à le briser mentalement. Un nouvel ensemble de règles et de protocoles inhumains, impossibles à mettre en œuvre, a été mis en place à l’ambassade pour le torturer au point de le faire craquer et le forcer à partir.”

     

    ***

     

    Assange était loué et courtisé par certains des plus grands médias du monde, dont le New York Times et le Guardian, pour les informations qu’il possédait. Mais une fois que ses documents sur les crimes de guerre commis par les États-Unis, en grande partie fournis par Chelsea Manning, ont été publiés par ces médias, il fut mis à l’écart et diabolisé. Un document du Pentagone qui a fait l’objet d’une fuite et préparé par la Cyber Counterintelligence Assessments Branch (Direction du contre-espionnage cybernétique) du 8 mars 2008 a révélé une campagne de propagande visant à discréditer WikiLeaks et Assange.

    Le document dit que la campagne de diffamation doit chercher à détruire le “sentiment de confiance” qui est le “centre de gravité” de WikiLeaks et à salir la réputation d’Assange. Cela a largement fonctionné. Assange est particulièrement vilipendé pour avoir publié 70 000 courriels piratés appartenant au Comité national démocrate (DNC) et à de hauts responsables démocrates. Les démocrates et l’ancien directeur du FBI, James Comey, affirment que les courriels ont été copiés des comptes de John Podesta, chef de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, par des pirates du gouvernement russe. Comey a dit que les messages ont probablement été transmis à WikiLeaks par un intermédiaire. Assange a dit que les e-mails n’avaient pas été fournis par des “acteurs étatiques”.

    Le Parti démocrate, qui cherche à imputer sa défaite électorale à l’” ingérence ” russe plutôt qu’à la grotesque inégalité des revenus, à la trahison de la classe ouvrière, à la perte des libertés civiles, à la désindustrialisation et au coup d’Etat des entreprises que le parti a aidé à orchestrer, accuse Assange d’être un traître, bien qu’il ne soit pas un citoyen américain. Ni un espion. Et à ma connaissance, aucune loi ne lui interdit de publier les secrets du gouvernement US. Il n’a commis aucun crime. Aujourd’hui, les articles parus dans les journaux qui publiaient autrefois des articles de WikiLeaks mettent l’accent sur son comportement prétendument négligeant – ce qui n’était pas évident lors de mes visites – et sur le fait qu’il est, selon les mots du Guardian, “un invité indésirable” à l’ambassade. La question vitale des droits d’un éditeur et d’une presse libre a cédé le place à la calomnie contre la personne.

    Assange a obtenu l’asile à l’ambassade en 2012 afin d’éviter l’extradition vers la Suède pour répondre à des questions sur des accusations d’infractions sexuelles qui ont finalement été abandonnées. Assange craignait qu’une fois détenu par les Suédois, il soit extradé vers les États-Unis (3). Le gouvernement britannique a déclaré que, bien qu’il ne soit plus recherché pour interrogatoire en Suède, Assange sera arrêté et emprisonné s’il quitte l’ambassade pour avoir violé les conditions de sa libération sous caution.

    WikiLeaks et Assange ont fait plus pour dénoncer les sombres machinations et crimes de l’Empire américain que toute autre organisation de presse. Assange, en plus de dénoncer les atrocités et les crimes commis par l’armée américaine dans nos guerres sans fin et de révéler les rouages internes de la campagne Clinton, a rendu publics les outils de piratage utilisés par la CIA et la NSA, leurs programmes de surveillance et leur ingérence dans les élections étrangères, notamment les élections françaises. Il a révélé le complot contre le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn par des députés travaillistes au Parlement. Et WikiLeaks s’est rapidement mobilisé pour sauver Edward Snowden, qui a exposé la surveillance totale du public américain par le gouvernement, de l’extradition vers les États-Unis en l’aidant à fuir Hong Kong pour Moscou. Les fuites de Snowden ont également révélé, de façon inquiétante, qu’Assange était sur une “liste de cibles d’une chasse à l’homme” américaine.

    Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse. Et pourtant, son sort se heurte à l’indifférence et au mépris sarcastique. Une fois expulsé de l’ambassade, il sera jugé aux États-Unis pour ce qu’il a publié. Cela créera un précédent juridique nouveau et dangereux que l’administration Trump et les futures administrations utiliseront contre d’autres éditeurs, y compris ceux qui font partie de la mafia qui tentent de lyncher Assange. Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    Même si ce sont les Russes qui ont fourni les courriels de Podesta à Assange, il a eu raison de les publier. C’est ce que j’aurais fait. Ces courriers ont révélé les pratiques de l’appareil politique Clinton qu’elle et les dirigeants démocrates cherchaient à cacher. Au cours des deux décennies où j’ai travaillé en tant que correspondant à l’étranger, des organisations et des gouvernements m’ont régulièrement divulgué des documents volés. Ma seule préoccupation était de savoir si les documents étaient authentiques ou non. S’ils étaient authentiques, je les publiais.

    Parmi ceux qui m’en ont transmis, il y avait les rebelles du Front de Libération Nationale Farabundo Marti (FMLN) ; l’armée salvadorienne, qui m’a un jour donné des documents du FMLN ensanglantés trouvés après une embuscade, le gouvernement sandiniste du Nicaragua ; le Mossad, le service de renseignement israélien ; le FBI ; la CIA ; le groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ; l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ; le service de renseignement français, la Direction générale de la sécurité extérieure, ou DGSE ; et le gouvernement serbe de Slobodan Milosovic, qui a ensuite été jugé comme un criminel de guerre.

    Nous avons appris par les courriels publiés par WikiLeaks que la Fondation Clinton a reçu des millions de dollars de l’Arabie saoudite et du Qatar, deux des principaux bailleurs de fonds de l’État islamique. En tant que secrétaire d’État, Hillary Clinton a remboursé ses donateurs en approuvant la vente de 80 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite, ce qui a permis au royaume de mener une guerre dévastatrice au Yémen qui a déclenché une crise humanitaire, notamment une grave pénurie alimentaire et une épidémie de choléra, et fait près de 60 000 morts.

    Nous avons appris que Clinton avait touché 675 000 $ pour une conférence chez Goldman Sachs, une somme si énorme qu’elle ne peut être qualifiée que comme un pot-de-vin. Nous avons appris que Mme Clinton avait dit aux élites financières, lors de ses entretiens lucratifs, qu’elle voulait ” l’ouverture du commerce et des frontières ” et qu’elle croyait que les dirigeants de Wall Street étaient les mieux placés pour gérer l’économie, une déclaration qui allait directement à l’encontre de ses promesses électorales.

    Nous avons appris que la campagne Clinton avait pour but d’influencer les primaires républicaines pour s’assurer que Donald Trump était le candidat républicain. Nous avons appris que Mme Clinton avait obtenu à l’avance les questions posées lors du débat pendant les primaires. Nous avons appris, parce que 1 700 des 33 000 courriels provenaient d’Hillary Clinton, qu’elle était l’architecte principale de la guerre en Libye.

    Nous avons appris qu’elle croyait que le renversement de Moammar Kadhafi lui permettrait d’améliorer ses chances en tant que candidate à la présidence. La guerre qu’elle a voulu a plongé la Libye dans le chaos, vu la montée au pouvoir des djihadistes radicaux dans ce qui est aujourd’hui un État en déliquescence, déclenché un exode massif de migrants vers l’Europe, vu les stocks d’armes libyens saisis par des milices rebelles et des radicaux islamiques dans toute la région, et fait 40 000 morts.

    Cette information aurait-elle dû rester cachée ? Vous pouvez dire oui, mais dans ce cas vous ne pouvez pas vous qualifier de journaliste.

    Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l’objet d’un simulacre de procès“, a averti Christine Assange. “Au cours des huit dernières années, il n’a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c’est l’injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n’y a aucune raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d’extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge.

    Le traité d’extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d’extrader Julian vers les États-Unis sans qu’il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d’être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d’être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort.

    Assange est seul. Chaque jour qui passe lui est plus difficile. C’est le but recherché. C’est à nous de protester. Nous sommes son dernier espoir, et le dernier espoir, je le crains, pour une presse libre.

     

    Notes du traducteur:

    1. « Gag rules » – Une règle de bâillon est une règle qui limite ou interdit la discussion, la considération ou la discussion d’un sujet particulier par les membres d’un organe législatif ou exécutif.

    2. L’auteur cite de longs extraits. Voir l’appel en entier et en français

    3. Un accord d’extradition entre la Suède et les Etats-Unis autorise l’extradition d’une personne comme simple « témoin »

     

    Chris Hedges, a passé près de deux décennies comme correspondant à l’étranger en Amérique centrale, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il a fait des reportages dans plus de 50 pays et a travaillé pour The Christian Science Monitor, National Public Radio, The Dallas Morning News et The New York Times, pour lesquels il a été correspondant à étranger pendant 15 ans.

     

    Traduit par Viktor Dedaj pour le Grand Soir

    Source : TruthDig

    https://www.investigaction.net/fr/la-crucifixion-de-julian-assange/

     

     Julian Assange a été inculpé aux Etats-Unis selon WikiLeaks

     

    Voir aussi :

    Julian Assange a été inculpé aux Etats-Unis selon WikiLeaks

     

     


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  •  Mon choix d'informations au quotidien,

    et mes commentaires,

    à contre-courant de la Pensée officielle

    ici http://eva-r-sistons.eklablog.com/

     

     

     

    Claire Polin Chère amie, Cher ami,

    Selon nos premières estimations, les professeurs des écoles utilisent encore massivement les manuels de lecture « mixtes ».

    Et ce :

    • malgré les études scientifiques à grande échelle et internationales qui prouvent que la méthode mixte, d’une grande brutalité, empêche l’apprentissage d’un enfant sur cinq ;
    • malgré les découvertes récentes sur le cerveau qui prouvent que la méthode syllabique pure correspond le mieux à l’apprentissage de la lecture ;
    • et même malgré les directives officielles très claires qui demandent d’utiliser des manuels syllabiques (non mixtes).

    Ce ne sont que des estimations : c’est pourquoi nous lançons un grand sondage sur Internet pour savoir quels manuels sont réellement utilisés dans les écoles. Cela ne vous prendra que 2 minutes à remplir.
    Pour y répondre dès maintenant, cliquez ici :

    http://bit.ly/sondage-manuels-lecture

    Pourquoi donc beaucoup de professeurs des écoles continuent-ils d’utiliser les manuels mixtes, contre toute logique ?

    Parce que les professeurs ne sont pas formés. Ils sont censés choisir leur manuel alors qu’ils ne savent pas les différencier (à part un vague « j’aime, j’aime pas »), ni pourquoi tel manuel est plus adapté que tel autre.

    Mais surtout, ils subissent encore la pression pédagogiste d’un autre âge, qui les déresponsabilise en leur disant que c’est normal d’avoir un taux d’échec de 20% et que ces élèves en échec finiront bien par apprendre plus tard.

    On leur fait croire que comme la lecture n’est pas qu’une opération de déchiffrage, on pourrait commencer par mémoriser des mots, voire des phrases entières, poussant à deviner le sens avec le contexte.

    Or, le déchiffrage pur est absolument nécessaire au départ de l’apprentissage de la lecture.
    S’il est mélangé dès le début avec des mots à visualiser globalement, l’élève prend un pli mental très fort qui, au mieux, le gênera dans le déchiffrage, ou au pire, le conduira à deviner des réponses sans réfléchir, y compris dans les autres matières !

    Ce mensonge criminel perdure contre tout bon sens.

    Il arrange bien les éditeurs scolaires, car ils peuvent vendre :

    • aux écoles le poison des méthodes mixtes ;
    • et aux parents, le contrepoison des manuels syllabiques, car eux se rendent bien compte que leur enfant n’apprend pas à lire.
    • Ils jouent sur les appellations : certains professeurs sont même persuadés « faire de la syllabique » parce que c’est marqué sur le manuel, alors qu’ils se font rouler.

    Alors, au ministère, on s’est contenté de sortir des directives officielles et une notice explicative pour les professeurs des écoles.

    Et ils en sont restés là.

    Aucune évaluation, aucune statistique officielle n’est sortie sur la mise en application de ces directives. Et selon mes premières estimations, les professeurs des écoles se sont empressés de ne surtout pas changer de pratique.

    C’est fondamental de faire confiance aux professeurs.
    Mais une confiance aveugle, c’est irresponsable.
    Le ministère croit-il que ces directives sont suffisantes ?
    S’en laverait-il les mains, en rejetant tout sur la liberté pédagogique des professeurs ?

    Bien sûr, les professeurs doivent pouvoir choisir des manuels adaptés à leur façon d’enseigner.

    Mais la liberté pédagogique entraîne aussi une grande responsabilité. Car c’est toute la scolarité qui se joue, et au-delà, c’est l’avenir même de notre nation.

    Dans les années 90, plus de 10% des élèves des classes populaires accédaient aux plus grandes écoles de France.
    Aujourd’hui, ils sont à peine 1% !

    85% des élèves en échec scolaire ont une mauvaise maîtrise de la lecture... et pour 70% d’entre eux, cet échec est directement lié aux manuels de lecture !

    C’est de la responsabilité du ministère de former ces professeurs des écoles, de les accompagner dans cette liberté pédagogique et de vérifier que les résultats sont là. S’il ne sont pas là, il faut les accompagner davantage, mieux les former.

    Mais puisque le ministère ferme les yeux, c’est à SOS Éducation de le faire savoir. Personne d’autre ne le fera.

    C’est pourquoi nous lançons un sondage Internet pour faire un état des lieux, et savoir quels manuels de lecture sont réellement utilisés dans les écoles.

    Vous pouvez y participer en cliquant sur ce bouton :

     

    Je participe >

    Pour contrer les fausses croyances des professeurs qui utilisent encore des manuels non syllabiques, il faut les informer, les accompagner.

    Car le savoir rend libre.

    Et la première étape pour adapter cet accompagnement, c’est de savoir où ils en sont, de faire un état des lieux :
    il faut que nous sachions le plus précisément possible quels manuels sont réellement utilisés dans les classes.

    Je crains que ce sondage confirme malheureusement ce que nous savons déjà. Aussi, la deuxième étape consistera à utiliser ce levier puissant du sondage pour convaincre le ministère d’agir et de :

    1. former les professeurs des écoles à l’enseignement de la lecture ;
    2. promouvoir les bons manuels et arrêter de jouer le jeu cynique des éditeurs scolaires, qui vendent le poison à l’Education nationale et le contre-poison aux parents ;
    3. mettre en place un système d’évaluation comme en Angleterre (le phonics screening check) qui permet de suivre l’élève avec une très grande précision. En Angleterre, les écoles sont classées par niveau selon leurs résultats, qui sont publiés. Si l'école a un bon niveau, on lui laisse la liberté pédagogique. Si elle est faible, on forme les enseignants à la méthode syllabique.

    Les inspecteurs ne sont pas là pour juger, mais pour aider à évoluer vers des pratiques efficaces. Résultat : en 5 ans, l’illettrisme a été repoussé même dans les quartiers les plus défavorisés.

    Si vous avez un enfant ou un petit-enfant en CP ou CE1, ou que vous arrivez à connaître le titre du manuel employé (s’il y en a un), répondez à ce sondage et diffusez-le à grande échelle !

     

    Je participe >

     

    Un grand merci,

     

    Claire Polin

    Claire Polin

    Présidente de SOS Éducation

    Apprendre à écrire sur un clavier, un danger pour les enfants ?

    Apprendre à écrire sur un clavier, un danger pour les enfants ?

     

     

     


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    Des millions de migrants occidentaux inondent l’Asie, l’Amérique du Sud et même l’Afrique

     

    Des millions de migrants occidentaux inondent l’Asie, l’Amérique du Sud et même l’Afrique

     

    Le journaliste-écrivain américain d’origine russe André Vltchek, qui voyage dans ces pays depuis des décennies, a pu constater cette invasion migratoire occidentale et aussi le fait que la majorité de ces migrants occidentaux arrivent avec un complexe de supériorité et ne respectent pas beaucoup les cultures locales.

    *

    Voici son article:

    Arrêtez les millions d’immigrants occidentaux!

    Par André Vltchek pour Counter Punch le 9 octobre 2015

    Des dizaines de millions d’immigrants européens et nord-américains, légaux et illégaux, inondent les villes et les campagnes d’Asie, d’Amérique latine et même d’Afrique.

    Ces migrants occidentaux chargent comme des taureaux et le sol tremble sous leurs pieds; ils fuient l’Europe et l’Amérique du Nord en hordes. Au fond, ils ne peuvent pas supporter leur propre style de vie, leurs propres sociétés, mais vous les entendrez difficilement le dire. Ils sont trop fiers et trop arrogants! Mais, après avoir constaté que d’innombrables régions du monde étaient adaptées à leurs besoins personnels, parce qu’elles étaient sûres, attrayantes et bon marché, ils ont tout simplement fait leurs bagages et s’y sont rendus!

     

    On nous dit que quelques centaines de milliers d’exilés africains et asiatiques provoquent maintenant une grande « crise de réfugiés » dans toute l’Europe! Les gouvernements et les médias sont en train de répandre la panique, les frontières sont reconstituées et les forces armées interrompent la libre circulation des personnes. Mais le nombre d’étrangers entrant illégalement en Europe est incomparablement inférieur au nombre de migrants occidentaux qui inondent, souvent de manière illégale, pratiquement tous les coins du monde.

    Aucun « paradis secret » ne peut plus être caché et aucun pays ne peut maintenir sa structure de prix raisonnable. Les immigrants potentiels d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie sont déterminés à s’enrichir par tous les moyens, aux dépens des populations locales. Ils sont constamment à la recherche de bonnes affaires: ils surveillent les prix partout, prêts à passer à l’acte, à condition que le lieu offre de bonnes affaires, des lois d’immigration laxistes et un cadre juridique faible.

    Tout ce qui est pur et inexploité est en train d’être corrompu. À la vitesse de l’éclair, les immigrants occidentaux s’emparent de terrains et de biens immobiliers à prix raisonnables. Ensuite, ils imposent leur mode de vie à tous ces « territoires nouvellement conquis ». En conséquence, des cultures entières s’effondrent ou changent au point qu’on ne puisse plus les reconnaître.

    En général, les migrants occidentaux sont arrogants et têtus; ils ne ressentent aucune pitié pour les pays qu’ils inondent. Ce qui les entoure n’est qu’un fond coloré pour leur précieuse vie. Ils ne peuvent ni ne veulent « adopter » les coutumes locales, car ils sont habitués au fait que leur culture est la « culture phare » – la culture qui contrôle le monde.

    Ils viennent, ils exigent, et ils prennent tout ce qu’ils peuvent – souvent par la force. Si rien n’est fait, ils prennent tout. Après, quand il ne reste presque plus rien à piller, ils passent simplement à autre chose. Après eux, “aucune herbe ne peut plus pousser”; tout est brûlé, ruiné et corrompu. Comme à Bali, Phuket, au sud du Sri Lanka, dans de grandes parties des Caraïbes, au Mexique et sur la côte est africaine, pour ne nommer que quelques endroits.

    Qui représente la plus grande « menace »: quelque 300,000 réfugiés « clandestins » qui fuient des pays déstabilisés ou complètement détruits par l’Occident, ou ces millions d’occidentaux qui fuient chaque année leur mode de vie déprimant et s’imposent égoïstement dans des parties du monde plus vulnérables économiquement?

    Je crois que la réponse est évidente.

    Les habitants des pays dévastés n’ont souvent pas d’autre choix: beaucoup se livrent à leurs bourreaux, contraints d’accepter des conditions totalement déraisonnables, l’humiliation et la marginalisation. Ils doivent travailler extrêmement dur. Ils doivent accepter des emplois que les Occidentaux refusent de faire parce qu’ils se considèrent « trop bons pour le faire » et ils sont censés, voire ordonnés, de « s’adapter » culturellement. Ils passent par des entretiens épouvantables et doivent presque tous se dégrader pour survivre et nourrir leurs enfants. Seule une minorité est autorisée à rester. Ceux qui restent contribuent grandement aux économies locales.

    Bien sûr, cela fait partie du sale jeu: l’Occident a besoin d’étrangers; il ne peut pas survivre sans immigrants, sans cette main-d’œuvre bon marché. Mais il ne l’admettra jamais ouvertement. Avant de « les accepter », il doit d’abord les humilier et briser même ceux dont il a désespérément besoin. Il doit humilier davantage ceux qui viennent de nations qui ont déjà été dépouillées de tout, et même qui ont dû subir la guerre à cause de la politique étrangère impérialiste de l’Occident et par son terrorisme.

    Les migrants occidentaux subissent un traitement totalement différent dans la plupart des pays qu’ils inondent.

    Pour commencer, les immigrants occidentaux n’ont même pas besoin de visas pour entrer dans la plupart de ces pays. Il y a des décennies, l’Empire a ouvert par la force la quasi-totalité des « États en développement ». Les Occidentaux sont traités de manière préférentielle et sont généralement promus comme « source de revenus » par les régimes locaux.

    Ce sont principalement les multinationales occidentales qui se divisent le butin des pays d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient, mais une partie du butin finit toujours dans les poches de ces citoyens européens et nord-américains ordinaires, principalement sous la forme de régimes de retraite ou d’autres avantages sociaux. Ensuite, chaque année, des dizaines de millions d’Occidentaux, disposants de fonds mal-acquis dans le « monde en développement », cherchent à faire fructifier leur argent dans les pays d’origine de leurs fonds!

    Ce n’est un secret pour personne que les migrants occidentaux profitent de la pauvreté, des prix bas et de la corruption des systèmes juridiques. Leur arrivée fait augmenter les prix du logement et de la terre. Cela laisse littéralement des millions de locaux sans abri et augmente les prix de la nourriture et des services de base pour la population locale.

    D’une certaine manière, les habitants de nombreux pays pauvres se font voler à deux reprises: par des sociétés occidentales, et encore une fois, par des migrants occidentaux.

    Mais les pays endommagés n’envoient pas de navires de la garde côtière pour intercepter ces migrants occidentaux. Et il n’y a presque pas de déportations. Seuls ceux qui osent critiquer le système sont expulsés.

    J’ai vu des îles entières dévorées vivantes par des immigrants occidentaux. Il ne reste pratiquement plus rien des zones côtières pour les habitants des îles indonésiennes de Lombok et de Bali. Tout est tombé aux mains des mafias scandinaves, des mafias d’Europe centrale, des mafias australiennes… Le vol a atteint des proportions inimaginables. Même lorsqu’il est illégal d’acheter des terres, les Européens et les Nord-Américains s’associent à des gangs locaux ou élaborent des programmes qui incluent des mariages avec des femmes locales. Les migrants occidentaux sont extrêmement prudents! Il y a toujours moyen de contourner les lois et de dépouiller les pauvres des pays les plus misérables de la planète.

    La « prise de contrôle » italienne de la côte kenyane… la prostitution d’enfants là-bas…

    Les îles paradisiaques de la Thaïlande ont toutes disparues. Il ne reste plus aucune culture, presque aucune maison appartenant à la population locale… presque aucune partie de la côte n’est laissée intacte. Il y a juste une infrastructure touristique banale et horrible, et des millions de migrants occidentaux cuisant au soleil toute l’année, le ventre bedonnant, vêtus de tongs, buvant de la bière, main dans la main avec leurs compagnes thaïlandaises à la culture déracinée. Qu’est-ce que ces gens ont apporté en Thaïlande? La liberté? La prospérité? Un haut niveau culturel? Parlons sérieusement et honnêtement, n’est-ce pas simplement une corruption morale et une ruine culturelle totale?

    Il y a littéralement des millions – voire des dizaines de millions – de migrants occidentaux (principalement européens) vivant dans toute l’Asie du Sud-Est. Les chiffres exacts sont inconnus. Il n’y a pas d’études et de statistiques fiables. De nombreux immigrants occidentaux en Asie du Sud-Est sont en réalité « illégaux ». Certains sont « semi-légaux », avec leurs « visas » permanents, leurs faux mariages et leurs investissements louches.

    Le Cambodge est l’un des endroits qui attire les migrants les plus dépravés de l’Occident. Leurs virées sexuelles et leurs bonnes affaires de cul à « 2 dollars » ont été décrites en détail dans plusieurs livres colorés.

    J’ai rencontré de nombreux « expatriés » et « migrants » lorsque j’ai enquêté pour la première fois dans ce pays où j’ai aidé à fermer l’un des centres de prostitution enfantine les plus notoires de la planète appelé « kilomètre 11″, situé juste à l’extérieur de la capitale, Phnom Penh. Des milliers de filles kidnappées, dont beaucoup de mineures, y étaient contraintes de servir une clientèle essentiellement européenne. Certains d’entre elles ont été kidnappés et violés en cours de route par des trafiquants venus de tout le Cambodge et du Vietnam voisin. Les filles vivaient en captivité, gardées par des gangsters vicieux. Et venus de toutes les parties du monde occidental, se la pétant en affichant leurs ventres remplis de bière, c’étaient de joyeux migrants européens d’âge moyen, qui venaient d’emménager ici qui, comme je l’ai souvent entendu de leurs bouches, péroraient en disant que « se taper une fille mineure, c’est beaucoup moins cher que de boire une pinte de leur bière de merde ».

    Un correspondant local de Reuters et moi-même avions réussi à interroger plusieurs filles âgées de 14 ans, dont certaines étaient clairement en train de mourir du sida. Plus tard, lorsque nous avons commencé à photographier la scène depuis notre voiture, une foule d’hommes a commencé à nous charger, des bouteilles de bière à la main, un short tombant par derrière, prêt à tuer. Un grand gain pour le pays du Cambodge, ces migrants européens!

    J’ai lutté de toutes mes forces contre ces venimeux immigrés allemands de Colonia Dignidad, dans le sud du Chili. Là-bas, de nombreux fanatiques religieux chrétiens européens ont créé leur mini-État à l’intérieur de l’État chilien, en étroite collaboration avec la dictature de Pinochet, soutenue par les États-Unis. À un moment donné, Bormann y était présent, ainsi que d’autres hauts dirigeants nazis. Après s’être installés dans leur « nouvelle patrie », ces immigrants allemands ont commencé à y « travailler », violant des enfants, effectuant des expériences médicales sur des orphelins locaux et torturant sans pitié les opposants à la dictature fasciste. Bien sûr, ils n’ont pas immigré uniquement au Chili; des millions d’émigrés fascistes européens affluaient aux quatre coins de l’Amérique du Sud. Les plus importants d’entre eux ont été expédiés avec précaution par les services de renseignement américains et britanniques.

    Alors que la propagande occidentale continue de parler d’immigrants clandestins en provenance du Mexique qui arrivent aux États-Unis, on parle très peu de ces dizaines de millions de personnes qui immigrent continuellement de l’Europe en Amérique latine et s’installent au Paraguay, au Brésil, en Argentine, au Chili, au Venezuela et ailleurs. Avant que la dernière vague de révolutions latino-américaines ne finisse par garantir l’égalité et le respect des peuples autochtones du continent, la plupart de ces migrants européens réussissaient à implanter une ségrégation raciale et sociale profonde. Dans certains pays comme le Pérou et la Bolivie, la situation ressemblait beaucoup à celle de l’apartheid sud-africain. Jusqu’à récemment, ces migrants européens poussaient la population indigène à l’extrême marge, volant leurs terres et sabotant leurs cultures. Cela a été fait dans toute l’Amérique latine et dans de nombreuses autres régions du monde.

    Alors, « que va-t-on faire de ces millions d’immigrés occidentaux? »

    Pouvons-nous vraiment nous permettre de les avoir dans nos pays? Pouvons-nous les accueillir? Pouvons-nous payer pour leurs besoins, leur agressivité, leur arrogance culturelle et leurs comportements sauvages et violents? Pouvons-nous leur permettre de tout prendre à ceux qui possèdent très peu?

    Regardez à gauche et à droite: la planète entière est pleine d’immigrants occidentaux. Ils contrôlent les mines de diamants en Afrique du Sud ainsi que les « zones de conservation » au Kenya. Ils possèdent d’énormes étendues de terres en Asie et pratiquement toutes les terres et les industries commerciales rentables d’Amérique latine.

    Et ils vont et viennent! Ils sont imparables. La plupart d’entre eux en ont marre de leur vie grise en Europe et en Amérique du Nord. Ils se pointent avec leurs complexes de supériorité, mais en réalité, ils feraient n’importe quoi pour échapper à la solitude, à la dépression et au vide qu’ils vivaient chez eux.

    Afin de pouvoir rester « légalement » en Asie du Sud-Est, des millions d’immigrants masculins occidentaux épousent des servantes, des danseuses et même des travailleuses du sexe. Mais ensuite, ils les traitent avec méchanceté (beaucoup d’entre eux ne savent pas comment se comporter autrement à l’égard de personnes d’autres cultures). C’est le cas de dizaines de milliers d’anciens GI américains vivent dans les villages du nord de la Thaïlande, au Cambodge, au Laos et au Vietnam. Après avoir bombardé l’Asie du Sud-Est pour la ramener à l’âge de pierre, ils « n’ont pas pu supporter le traitement reçu après leur retour chez eux ». Et ainsi ils ont immigré; ils sont retournés dans ces pays qu’ils avaient déjà détruits, empoisonné et violé de manière si profonde.

    J’ai rencontré beaucoup d’entre eux, alors que j’écrivais sur cette partie du monde pendant de nombreuses années. Certains anciens immigrants ex-GI étaient maintenant totalement fauchés, essayant de m’emprunter de l’argent et inventant des histoires et des stratagèmes bizarres. Presque tous éprouvaient de la rancune envers la population locale, mais étaient incapables de retourner dans leur pays d’origine, car ils avaient perdu tous les contacts et les compétences qui pourraient leur permettre d’y vivre. Certains ont dépassé la durée de validité de leurs visas et devaient payer des amendes considérables aux autorités locales.

    J’ai entendu d’innombrables histoires désespérées. Mais, contrairement aux histoires profondes et déchirantes racontées par les migrants des pays détruits par l’Occident, les histoires des immigrants occidentaux étaient principalement égoïstes, centrées sur le désir d’améliorer leur vie ou le désir d’échapper aux conditions déplaisantes qui régnaient dans leur pays d’origine. La plupart du temps, leur présence n’apportait rien de positif dans les pays où ils ont réussi à s’installer.

    Dans son livre emblématique « Karma Cola », une écrivaine indienne, Gita Mehta, décrivait, il y a déjà un quart de siècle, les millions d’Occidentaux qui envahissaient le sous-continent à la recherche de « lumières », de styles de vie alternatifs et d’autres productions imaginaires occidentales sur des tendances culturelles et religieuses adaptées à leur mode de pensée. Beaucoup ont fini par devenir des migrants clandestins, pourrissant dans des ashrams et des communes étranges, certains vendant même leurs passeports pour survivre.

    Le monde a été patient – je dirais même trop patient – avec ces immigrants occidentaux!

    Cette patience devrait prendre fin, à cause de la brutalité, voire de la sauvagerie, manifestée récemment par l’Europe envers ces hommes, femmes et enfants désespérés qui tentaient de s’échapper de leur pays et ressemblaient à des « navires en perdition »; « Navires » torpillés par l’impérialisme occidental.

    Le monde ne doit rien à l’Occident, bien au contraire! Par conséquent, les politiques en matière de visas et d’immigration devraient être réciproques, ce qui correspond exactement à l’approche de plusieurs pays d’Amérique latine.

    En pratique, il y a beaucoup plus d’immigrés occidentaux légaux et illégaux vivant en Indonésie ou en Thaïlande que l’inverse. La même chose vaut pour des pays comme le Chili.

    Après des siècles horribles au cours desquels le colonialisme et l’impérialisme occidentaux ont réussi à détruire des milliards de vies humaines aux quatre coins du monde, l’Europe ose toujours traiter ses victimes désespérées comme des êtres pires que des animaux. J’ai récemment été témoin de sa haine vis-à-vis de réfugiés arrivant en Grèce, en France, en Allemagne et en République tchèque.

    Et après ce que j’ai vu, je me sens indigné et consterné.

    Trop c’est trop!

    Avec ses guerres, ses campagnes de déstabilisation, sa terreur économique et son pillage de la planète, l’Occident continue de démontrer à quel point sa culture est impitoyable et brutale. Les « crises de réfugiés » ne sont que le dernier chapitre de ce spectacle néo-colonialiste d’horreur interminable.

    Alors que les navires européens continuent à intercepter des bateaux pitoyables regorgeant de naufragés qui luttent pour leur vie, tandis que les armées européennes rétablissent le contrôle des frontières, plusieurs pays d’Amérique latine gouvernés par des gouvernements progressistes, notamment l’Argentine et le Chili, ont fait preuve d’une grande supériorité morale, de solidarité et d’internationalisme, en invitant et en prenant soin de milliers de réfugiés syriens et palestiniens, et en plus, en les traitant avec dignité et gentillesse!

    Dans un bar tard dans la nuit d’un hôtel de Sao Paulo au Brésil, j’ai entendu une conversation entre un homme d’affaires suisse en visite et son homologue chilien:

    « Vous savez, ces immigrants que nous appelons « sans papier », a déploré le Suisse. “C’est trop, trop! Nous devrions simplement les jeter directement à la mer; nous devrions les noyer! Nous n’avons pas besoin d’une telle merde en Europe. ”

    Quelques jours plus tôt, mon ami, un responsable du gouvernement équatorien basé à Quito, m’a raconté une histoire:

    « Dernièrement, de nombreux Européens continuent à venir en Équateur et dans d’autres pays d’Amérique latine, à la recherche d’un emploi, en essayant de migrer. Leurs économies s’effondrent, mais il ne font pas preuve d’humilité quand ils viennent ici, seulement d’arrogance. Un jour, un espagnol est venu me chercher un emploi. Je lui ai demandé son CV. Il m’a regardé avec une indignation totale: « Mais je suis Espagnol! a-t-il crié. « Et alors? » ai-je répondu. « Ces jours sont finis, camarade, ces jours où il ne suffisait que d’être un Européen de race blanche pour trouver un emploi n’importe où en Amérique latine! »

    Le monde non occidental ne peut tout simplement pas se permettre de tolérer un afflux annuel de millions d’immigrants occidentaux! Tout d’abord, il a été agressé par l’Occident, puis dépouillé et à la fin, il devrait tolérer d’énormes hordes d’immigrés égoïstes et égocentriques, qui essaient de profiter du peu qu’il reste après le pillage des sociétés et gouvernements occidentaux.

    Des régimes de visas réciproques devraient être mis en place. Les cadres juridiques doivent être renforcés pour prévenir la corruption et la spéculation sur les terres et l’immobilier. Les éventuels immigrants occidentaux devraient être obligés de prouver que leur présence profiterait au pays où ils veulent s’établir, que leurs compétences sont réellement nécessaires, de la même manière que tous les immigrants africains et asiatiques sont obligés de prouver cela lorsqu’ils souhaitent s’établir en Europe, en Amérique du Nord ou en Australie.

    Et encore une fois: n’oublions pas qu’il y a beaucoup plus d’immigrés occidentaux qui tentent de s’établir à l’étranger que de ressortissants de pays pauvres qui demandent la résidence en Occident.

    Crises d’immigration? Oui bien sûr! Mais pas vraiment une « crise » pour l’Occident!

    Ceux qui ne s’en rendent pas compte devraient vérifier les chiffres!

    Certes, beaucoup d’entre nous comprennent à quel point de nombreux Occidentaux sont déprimés; comment leur vie en Europe et en Amérique du Nord est désagréable, grise et déroutante. Nous comprenons vraiment à quel point ils souhaitent immigrer dans une partie du monde plus chaleureuse (en termes de climat et de relations humaines). Et s’ils admettaient humblement ce qu’ils ressentaient, au lieu de faire preuve d’arrogance et de supériorité… s’ils faisaient preuve d’ouverture… si les mêmes règles s’appliquaient à tout le monde… si elles étaient les mêmes pour ceux qui souhaitent immigrer en Europe, aux États-Unis, en Asie, en Afrique ou en Amérique latine… alors je suis sûr qu’au moins certaines personnes seraient disposées à manifester leur sympathie et envisageraient d’accepter au moins certains des migrants les plus désespérés d’Occident.

    Mais il ne peut y avoir de sympathie s’il n’y a pas de justice. Alors que les Occidentaux immigrent librement où ils le souhaitent, l’Europe déploie désormais ses forces militaires dans le but d’intimider, d’humilier et de mettre un terme à l’immigration des victimes agressées et torturées de l’empire!

    André Vltchek est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des dizaines de pays. Vltchek réside actuellement en Asie de l’Est et au Moyen-Orient et continue de travailler dans le monde entier. Vous pouvez le contacter via son site Web et son Twitter.

    Lien de l’article en VO:

    https://www.counterpunch.org/2015/10/09/stop-millions-of-western-immigrants/

    source:http://lagazetteducitoyen.over-blog.com/2018/11/des-millions-de-migrants-occidentaux-inondent-l-asie-l-amerique-du-sud-et-meme-l-afrique.html

    https://reseauinternational.net/des-millions-de-migrants-occidentaux-inondent-lasie-lamerique-du-sud-et-meme-lafrique/


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                                                La liberté guidant le peuple, en gilet jaune  Delacroix

     

    Ces gens-là, ça ne compte pas Monsieur,

    ça ne compte pas

     

    J’ai longuement hésité avant d’écrire ce billet, un de plus, un sans raison, à quoi bon rejoindre la cohorte des indignés ou des pleureuses, à quoi bon rajouter une larme dans un océan de pleurs ? Reste la colère, cette colère sourde qui n’est que le cumul d’un constat d’impuissance. Nous sommes face à un pouvoir autiste qui pense réforme, sans en donner de sens ni de cap. Un pouvoir qui conduit « un bateau ivre dont la quille finira par éclater ».  (Arthur Rimbaud – Le bateau ivre)

     

    Notre Nation va mal, la France heureuse qui croyait en son avenir, celle qui en dépit des difficultés et des injustices donnait de l’espoir aux jeunes générations,  ils l’ont assassiné, celle qui croyait en une certaine égalité,  ils la tronçonnent en divisant les citoyens, en catégories discriminatoires. Retraités et sous-retraités, salariés et sous-salariés, assistés et non-assistés, citadins et provinciaux, très riches et petits pauvres. La politique qui consiste à prendre dans la poche des pauvres car ils sont plus nombreux, pour soi-disant créer des emplois est devenu insupportable.  Alors, la petite classe moyenne est condamnée.

    Si vous faites partie des retraités, de surcroit cul-terreux de province, bientôt, pour faire vos courses,  vous aurez le choix entre la trottinette et le taxi. Pire encore, tous les services passent par internet, y  compris les services de l’Etat, alors si vous êtes vieux et que le mot geek, vous est totalement étrange et incompréhensible, c’est loin d’être gagné.  Trouver  une pharmacie  dans certaines régions rurales,   à moins de  10 km,  devient une gageure, surtout si en 2020, privé de voiture il vous faudra  l’atteindre en trottinette.  Dans le Cantal et à 80 ans, ce n’est pas gagné, à la condition, bien entendu, que vous ayez eu la chance de trouver un médecin. Caricature ? Pas sûr.

     

    Bienvenue au royaume de Kafka, vous êtes en France, pays qui à lui seul veut réduire le taux de carbone de la planète, alors que nous ne représentons que 2% de la population mondiale. C’est donc à la mamie qui fait allègrement ses 5000 km par an avec sa Citroën Visa, vieille de 15 ans, de faire l’effort, cette pollueuse !

     

    Cet éparpillement  de la société est voulu et organisé par le pouvoir, dont le langage provocateur, hors sol et méprisant,   démonte ce qui reste du lien social en ouvrant toute grande la porte aux communautarismes. La nature ayant horreur du vide, ce communautarisme et ce danger sectaire islamiste,  on n’en parle plus.

    Les retraités sont considérés comme des inactifs qui ne rentrent plus dans le projet style  start-up des  macronistes, ils  coûtent « un pognon dingue ! »  Ils sont rejoints par tous ces laissés pour compte de la société qui freinent la construction du nouveau monde.   

     

    Ces gens-là,  ça ne compte pas monsieur, ça ne compte pas (1).  Vous qui roulez en diesel et dont la fin de mois commence le 15, achetez donc une voiture non polluante à 25000€  !  (cela reste à prouver). Tous les prétextes sont bons pour imposer une politique de rigueur au profit de quelques-uns, car les smicards resteront des smicards et la désindustrialisation est irrémédiable car à l’exception de très grandes entreprises, le tissu industriel des PME est bradé à la concurrence.

    La France est scindée entre grande ville et banlieue, métropole et province,  c’est une France éparpillée. Le Macronisme a atteint le point Godwin, il n’y a plus de débat possible, le Président et son Premier Ministre sont persuadés d’avoir raison à en perdre la raison.  

    Seuls, qu’il ne vous en déplaise,  les très riches semblent échapper à cette hystérie  discriminatoire.  Le ras-le-bol fiscal n’est que l’épiphénomène d’un mouvement de fond mené par le Nouveau Monde,  qui consiste à  faire table rase du passé et construire un avenir où les puissances financières auront enfin la main sur les populations considérées comme des variables d’ajustement. La massification de la pauvreté est une nouvelle étape et la disparition des classes moyennes en cours une autre,  afin de maintenir une classe de privilégiés, une société finalement assez proche de l’idéal stalinien, seul le vocabulaire est différent.  

    Pour toutes ces raisons, celles de ne pas être compris et d’autres encore, je me serais tu, en tout cas je n’aurais pas rendu publiques ces réflexions.  

    Puis,  cette nuit j’ai reçu un mèl de la part d’un lecteur qui me disait :

    « S'il vous plait à quand un article en accès libre si possible sur Macron, entre ses promesses, budget etc, et ce qu'il fait, hommage à Pétain, alors qu'il réforme le général Pierre De Villiers qui "gueulait " pour le budget aux armées.
    N'y a t'-il pas matière à dénoncer ce "foutage de gueule" qui est aussi une méthode de gestion pour le patron de la nation start-up France?
     »

     

    Alors finalement, j’ai écrit pour ce lecteur, puisque,  quel que soit le sujet,  je ne touche au mieux  que le volume de la population d’un hameau, perdu au milieu d’un désert, alors autant écrire pour lui seul. Comme d’habitude,  mon papier ne sera pas repris,  ou si peu, les grands médias sont verrouillés pour les sans-grades.  

    Finalement, je m’aperçois que mon billet était tout prêt, tout chaud, tout craquant dans mon esprit,  comme sorti du four.  Alors, je réponds plus précisément à mon lecteur :

     

    Les promesses de Monsieur  Macron valent ce que vaut sa parole,  pour le moins non maitrisée. La  dernière en date est celle de la création d’une armée européenne, cette idée fédéraliste pour le moins, ne repose sur aucune réflexion de fond, et surtout est totalement irréalisable dans une Europe à 27. Le but étant de noyer le poisson des échecs de sa politique européenne, alors quitte à ne rien faire, autant placer la barre très haut, au risque de brouiller la relation de l’Europe avec les Etats-Unis.  Le tweet  vengeur  de Trump ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. En réaction à la déclaration de notre prince, «On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d'avoir une vraie armée européenne»- Il faut « nous protéger à l'égard de la Chine, de la Russie et même des États-Unis», le petit roitelet reçoit un camouflet.  « De nombreux pays de l’Otan, que nous sommes censés défendre, non seulement ne tiennent pas leur engagement de 2% (ce qui est bas), mais depuis des années sont défaillants dans leurs paiements qu’ils ne versent pas. Vont-ils  rembourser les Etats-Unis? ».  Notre Président,  qui a été incapable d’imposer la vente d’un seul Rafale en Europe contre le F35 américain et qui ampute à nouveau le budget de la défense de 450 millions en se parjurant, ferait mieux de réviser ses cours d’Histoire.   

     

    Pire encore, en s’alignant sur la politique américaine,  qui coupe la Russie de l’Europe et qui la renvoie vers la tentation d’un rapprochement avec la Chine et la Turquie, alors que la Russie de tout temps à une vocation européenne, il commet une erreur fondamentale.  Chaque fois que l’Europe a rejeté la Russie, chaque fois,  la guerre fut inévitable et chaque fois,  c’est l’Europe qui a perdu.  La pensée dite complexe de BIBI  finit par se complexifier à un point tel que sa communication est sinon brouillonne, pour le moins alambiquée. Etre  trop intelligent, est parfois un obstacle. Par exemple,   son évocation de Pétain est incompréhensible pour beaucoup de Français même si sur le fond il n’a pas forcément tort ; mais ce n’était pas le moment d’en rajouter sur un sujet aussi sensible, alors que l’on pointe du doigt la recrudescence des actes antisémites. Notre élu du peuple  a une dimension temporelle qui lui échappe.

     

    Face d’ailleurs à ce peuple, il n’a pas trouvé la bonne distance, le toucher d’épaule de l’interlocuteur est devenu un style, qui lui va si mal, s’il savait à quel point cela renforce son image de bobo condescendant. D’ailleurs,  il ne répond jamais aux questions posées, mais propose des usines à gaz. Continuer à taxer le carburant tout en donnant une aumône à certains, démontre encore une fois qu’il gouverne en fractionnant  les  Français, on s’y perd.  

    Pourtant,  Monsieur le président,  le constat est simple : la taxation à outrance et tout azimut,  ça suffit, votre politique de prendre dans la poche des uns pour donner aux autres est injuste et incompréhensible, en un mot et sans pensée complexe : cessez de nous prendre pour des jambons !  

    Je ne sais si j’ai répondu aux questions de mon lecteur, qu’il m’accorde au moins le satisfecit  d’avoir tenté.  

    Le 17 novembre ne sera pas probablement  le grand jour pour une révolution, mais la machine à croire les élites est cassée, définitivement cassée et Emmanuel Macron  en est le grand rédempteur. La suite risque d’être dangereuse,  mais avons-nous le choix ?  

     

    Roland Pietrini

     

    (1)   Faut vous dire Monsieur
    Que chez ces gens-là
    On ne cause pas Monsieur
    On ne cause pas on compte

    Jacques Brel – ces gens-là-

    https://www.athena-vostok.com/ces-gens-la-ca-ne-compte-pas-monsieur-ca-ne-compte-pas?trck=notif-12593364-1456088-120z3

     

     

    Macron : faux et à contre-temps

    Il faut croire que Macron est capable de transformer l’or en plomb. Depuis plus de trois mois, il va d’affaire en dérapage, en démontrant une capacité assez incroyable à mal gérer les crises et répéter les erreurs du passé (il n’y a qu’à « traverser la rue » pour trouver un emploi, ou l’attaque sur les retraités). Nouvelle démonstration avec le remaniement et son allocution totalement ratée.

     

     

    Fond superficiel pour communication de pacotille

     

    On sent bien que le président a entendu qu’il est vu comme un arrogant président des riches. Du coup, nous avons eu droit à une mise en scène assez ridicule, entre lumière artisanale et notes écrites raturées. Le président pense sans doute que ces artifices le rendront plus sympathique… Il a même fait semblant de se remettre en cause, en reconnaissant qu’il avait pu « choquer certains », mais cela viendrait de son « parler-vrai et sa détermination »… Derrière ce faux mea-culpa, il y a en réalité, et en filigrane, une critique des Français, de facto accusés de ne pas voir la réalité en face et d’être sans doute un peu réfractaires au changement qu’il est déterminé à amener à son pays…

     

    Mais surtout, son intervention, versant dans le catastrophisme, était totalement à contre-temps. Parler de « temps troubles » aurait pu être appropriée après la faillite de Lehman Brothers ou au pic de la crise de la zone euro, mais là, cela était totalement décalé. Bien sûr, la situation est moins brillante que le gouvernement l’espérait au printemps, mais il n’y a pas eu de gros changements. Macron semble confondre la situation de la France, qui n’a guère changé, avec la sienne, passée d’une relative bienveillance à une solide hostilité. Bien sûr, sur le fond, il n’a pas tord, mais il n’y a pas de changement de nature profond, le président menant une politique de continuité avec le passé.

     

    En outre, il est pour le moins paradoxal de souligner la gravité de la situation après un remaniement aussi dérisoire, principalement caractérisé par le remplacement d’un fidèle par un autre au ministère de l’intérieur et le remplacement de quelques seconds couteaux du gouvernement. Si la situation était si grave, cela ne devrait-il pas justifier un remaniement de grande ampleur ? Bref, Macron est totalement contradictoire dans son message, comme le montre également son appel à ne pas se soumettre aux choix financiers d’autres puissances ou de grandes entreprises, lui dont l’agenda s’aligne sur celui de l’Allemagne et des Etats-Unis ainsi que celui du Medef, sur les impôts et le droit du travail !

     

    L’appel à la défense de notre souveraineté et à la maîtrise de notre destin est proprement risible dans le cadre de l’Union Européenne, outre le fait d’être encore une fois totalement contradictoire avec l’agenda profondément anti-national de cette présidence. En somme, Macron dit tout et son contraire, comme un acteur qui ferait un gloubi-boulga de textes de philosophies complètement différentes sans même sembler se rendre compte des contradictions de son discours. Ce faisant, il ne cherche qu’à embrouiller les citoyens en y ajoutant une louche de compassion pour tenter de faire moins éloigné des Français tout en essayant de faire peur pour susciter l’indulgence dans la difficulté…

     

    Mais sur le fond, Macron est droit dans ses bottes. Derrière sa pseudo-humilité, alors qu’il est extrêmement Impopulaire, il promet de continuer dans la même direction, en accélérant. Et pour couronner le tout, il se referme sur son clan et trouve le culot de nommer un ministre de l’intérieur au lourd passif, qui faisait un effarant parallèle entre le voile islamique et la mantille catholique

     

    18 10 2018

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