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    Retour sur l’identité juridique française

    À quelles conditions l’a-France peut-elle redevenir la France ?

     

    valerie_bugault

    Les évolutions juridiques françaises et internationales, invitent à se poser la question du « droit » : quelle est ou quelle doit – ou quelle devrait être – sa nature ? Est-il nécessaire ? Quelles sont les conditions de sa légitimité ? Comment se caractérise-t-il, doit-il être socialement encadré ?

    En réalité, répondre à ces questions nécessite d’identifier ce qu’est, fondamentalement, ontologiquement le « droit ».

    Le « droit » et sa disparition

    Le « droit » au sens continental et traditionnel du terme s’entend d’un pouvoir normatif ayant pour vocation de réguler et d’organiser la vie en commun d’un groupe identifié de personnes. Il doit donc, pour être accepté par tous, développer les outils permettant de rechercher la vérité, l’équité et l’équilibre dans les relations humaines. En ce sens, le « droit » n’est pas et ne saurait ontologiquement être l’imposition par la force d’intérêts privés ; il est, au contraire, la recherche d’une optimisation fonctionnelle des relations qui existent sur un territoire déterminé.

    Ainsi compris, le concept de droit n’existe que s’il est vertueux. Pour parler le langage « économiste », la vertu juridique peut être comprise comme étant la recherche du profit social optimal, , qu’il faut comprendre comme le « plus petit dénominateur commun », celui qui bénéficie effectivement à tous.

    Le droit doit chercher à rendre « service » à la collectivité à la fois dans ses objectifs, dans ses moyens et dans sa mise en œuvre. Pour remplir cet objectif de vertu sociale, le « droit » doit à l’évidence remplir les conditions générales de la vertu morale : il doit chercher à remplir honnêtement ses tâches, sa mission d’intérêt collectif, en bref, il doit « rester droit ».

    Le « droit » a donc, par essence, une vocation politique car il remplit une mission de service et d’ordre public : celle d’organiser la vie en commun dans les meilleures conditions de sérénité.

    Le Code civil de 1804 était l’héritier direct du droit ainsi conçu. Ce droit s’est développé en Europe durant la longue période du Moyen-Âge, alors que le continent vivait essentiellement sous régime monarchiste.

    Or, la conception du « droit » sous le joug de laquelle la France, l’Europe, l’occident et le monde vivent actuellement est l’exact contraire du concept de « droit » ainsi décrit. Actuellement, le prétendu « droit » est en réalité la manifestation exclusive d’un rapport de force perdu par le collectif au profit d’intérêts particuliers exclusifs. En stricte orthodoxie juridique le « droit » actuellement applicable, de façon dominante pour ne pas dire hégémonique, s’analyse en de la simple « réglementation ». C’est-à-dire que nous avons collectivement, à l’échelle mondiale, assisté à la falsification du concept juridique véhiculé par le mot « droit ».

    Le constat de la disparition du « droit » tel que traditionnellement entendu en Europe continentale amène à se poser les questions de la cause, de la pertinence et de la légitimité de la disparition du « droit » ainsi compris. Le « droit » est-il dépassé et inutile ou est-il au contraire nécessaire à une Société politique ?

    La cause de la disparition du droit : la domination anglo-saxonne hégémonique

    Il faut partir de constat que le droit, entendu au sens continental du terme (Europe continental) est en voie de disparition. Cette disparition a plusieurs causes, des causes techniques relativement évidentes et une cause politique cachée mais très importante, qui a permis les causes techniques : l’hégémonie anglo-saxonne sur le monde.

    La France, première victime de l’hégémonie anglaise

    Parmi les causes techniques les plus évidentes figure la tendance, ancienne, à la « commercialisation » du droit commun. Cette tendance a précisément débuté en France en 1807 avec l’apparition du « Code de commerce » conçu comme dérogatoire au droit commun du Code civil de 1804.

    Une autre cause technique, plus récente, est la financiarisation alliée à la libre circulation des capitaux. Le mélange détonnant de la liberté de circulation des capitaux – initiée, sous l’influence anglo-saxonne, par les accords de Bretton Woods et mise en œuvre en Europe par les institutions européennes – avec la dérégulation, initiée aux USA dans le courant des années 70 du siècle dernier – a eu pour conséquence, directe bien que retardée, une très nette accélération du processus de disparition du droit en tant que concept normatif visant à permettre l’organisation de la vie en commun dans les meilleurs conditions de sérénité.

    Cette évolution s’est manifestée en France par la transformation du droit commun, qui est passé, au fil du temps d’une conception civile à une conception quasi exclusivement commerciale. Cette évolution, loin d’être limitée à la France, est une tendance internationale lourde. Actuellement, les différentes institutions internationales sont des relais efficaces de la disparition du droit tel qu’entendu au sens classique du terme. Cela va jusqu’à la définition même des institutions chargées de dire le droit : en effet, les anciennes « juridictions » deviennent soit des organismes publics (financés par la collectivité) au service des intérêts privés, comme en Union Européenne, soit directement, sur le modèle de l’arbitrage, des organismes privés chargés de trancher des litiges privés. Dans un cas comme dans l’autre – avec des modalités différentes – la finalité de l’évolution reste la transformation d’une justice publique, collective, en une justice privée.

    L’explication du phénomène général de perte du sens collectif dans la notion de « droit » est, comme toujours, donnée par l’histoire. Au cours du temps, est apparu une divergence fondamentale, de nature conceptuelle, dans l’évolution du « droit » entre l’Angleterre et l’Europe continentale.


    A la suite de l’effondrement de l’empire romain, le droit s’est développé, d’une façon générale en Europe, autour de la double hélice du pouvoir temporel d’une part et du pouvoir spirituel d’autre part. Par pouvoir temporel, il faut comprendre l’aristocratie organisée autour du Roi compris comme le premier d’entre ses pairs (Primus inter pares). Par pouvoir spirituel, il faut comprendre le catholicisme romain organisé à Rome (avec quelques exceptions historiques) autour du pape.

    L’Angleterre a, au XVIème siècle (plus précisément en 1531), fait sécession vis-à-vis de cette organisation socio-politique continentale lorsque le Roi Henri VIII, représentant de l’ordre temporel, décida de prendre le pas sur le pouvoir spirituel en le soumettant à sa propre volonté. L’église anglicane – dite catholique réformée c’est-à-dire à mi-chemin entre catholicisme et protestantisme – est née de la scission de l’Angleterre opérée par le Roi Henri VIII avec le pape Clément VII qui refusa obstinément d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon (afin d’épouser Anne Boleyn). A partir de cette date, l’Église anglaise n’est plus soumise à l’autorité du pape catholique romain mais de l’archevêque de Cantorbéry, lequel est, en réalité totalement dépendant du pouvoir temporel, c’est-à-dire du Roi d’Angleterre.

    Cette réunion des pouvoirs temporel est spirituel n’a pas eu lieu en Europe continentale où, tout au contraire, chacun des deux pouvoirs temporel et spirituel est resté – du moins jusqu’à la révolution de 1789 – concurrent et indépendant, de force relativement égale (si on lisse l’histoire qui a vu successivement la prééminence de l’un des deux ordres sur le second, et vice versa). Ajoutons, pour être précise et complète, que la porosité structurelle liée au fait que les grandes familles d’aristocrates occupaient, de facto, les postes de dignitaires dans ces deux Ordres – Ordres politiques au sens où ils structuraient effectivement l’organisation de la Société – n’a pas eu pour conséquence une normalisation des intérêts de ces Ordres, qui sont historiquement restés distincts et concurrents.
    En Europe continentale le pouvoir temporel avait toujours dû composer avec le pouvoir spirituel, et réciproquement ; en outre, ces deux pouvoirs avaient pour caractéristique d’être organisés de façon hiérarchique, c’est-à-dire verticale, ce qui leur conférait une force sociale et politique équivalente. Il en est résulté que le pouvoir normatif des autorités temporelles, seigneurs et Roi compris, a toujours été limité par le pouvoir normatif de l’autorité spirituelle centralisée à Rome sous l’autorité du pape.

    Cette double compétence normative structurelle a sans doute été, depuis la disparition de l’Empire Romain le seul réel point commun des différents pays européens. Nous avions donc, de façon ontologique, en Europe continentale, une organisation politique naturellement organisée autour de l’idée de contre-pouvoirs. Cette organisation politique et sociale qui a caractérisé la période du Moyen-Âge en Europe est la raison principale qui fait que l’ancien régime était, structurellement, beaucoup moins absolutiste que ne le sont les prétendus « régimes démocratiques » actuels, discrètement fondés sur la domination des capitaux, et calqués sur les préceptes dérivés du droit anglais.

    Si le droit anglo-saxon est aujourd’hui fondé sur la prééminence économique, il est, ontologiquement depuis le XVIème siècle, mis au service exclusif des puissants ; ce droit ne relève pas d’un quelconque effort intellectuel ou collectif, il est tout simplement la mise en forme écrite de la domination des puissants, politiques dans un premier temps, puis capitalistique depuis Cromwell. Il ne faut donc pas s’étonner de l’absolutisme de la domination actuelle.

    Historiquement mis au service du seul pouvoir temporel, le « droit » anglo-saxon s’est peu à peu, à la mesure de la prise du pouvoir politique par les puissances d’argent, mis au service des principaux détenteurs de capitaux.

    Cette évolution, commencée en Angleterre, et qui a vu la France être sa première victime, s’est répandue dans le monde entier au cours des XVIIIème, XIXème et XXème siècles. Cette véritable « révolution » qui a eu lieu, en France, en Europe et dans le monde à partir du XVIIIème siècle, a remis en cause l’équilibre politique post impérial issu de l’Europe du Moyen-Âge.

    Le Nouvel Ordre Mondial, qui est le résultat de la longue évolution décrite ci-dessus, appelé de leurs vœux par les tenanciers du système économique global, s’apparente à l’anéantissement complet de ce que l’on entendait traditionnellement par le terme de « civilisation », qui suppose un développement collectif et repose, fondamentalement, sur un équilibre des forces et des pouvoirs.

    La réunion, en Angleterre, des pouvoirs spirituel et temporel entre les mains du Roi a pavé la route anglaise vers l’impérialisme dominé par les puissances d’argent. La route anglaise a elle-même, à son tour, pavé la future route mondiale. Cette fusion des pouvoirs temporel et spirituel a engendré l’émergence d’une volonté impériale par l’alliance du fer et de l’argent. Oliver Cromwell (1599 – 1658) a en effet mis en place le système politique dans lequel l’hégémonie impériale est financée par les banquiers. Ces banquiers, jusqu’alors installés en Hollande à la suite de leur expulsion d’Espagne sous le règne du Roi Ferdinand et de la Reine Isabelle (voir décret de l’Alhambra signé le 31 mars 1492), ont dès lors commencé à financer le pouvoir temporel anglais.

    Selon la « loi naturelle » qui veut que « celui qui donne est au-dessus de celui qui reçoit », cette alliance du fer et du portefeuille a, à son tour, historiquement et mécaniquement, donné naissance à la suprématie des détenteurs de capitaux sur le pouvoir politique. Cette suprématie s’est affirmée au cours des XVIIème et XVIIIème siècle par le financement, par les puissances d’argent, des différentes Compagnies des Indes qui agissaient pour le compte des États, bénéficiaient d’un monopole public et de la force publique.

    Il est important de bien comprendre que l’intégrisme financier actuel est le descendant direct, l’héritier fatal, de l’absolutisme du pouvoir anglais qui, en 1531, a fusionné les pouvoirs temporel et spirituel, faisant ainsi disparaître la réalité des contre-pouvoirs.

    Depuis l’époque dite des Grandes Découvertes et des grandes aventures maritimes, les détenteurs de capitaux n’ont eu de cesse de développer leur contrôle discret, par la mise en œuvre générale du concept d’anonymat, du pouvoir politique ; cette prise de pouvoir fut particulièrement manifeste dans ce qu’il convient d’appeler les « compagnies des Indes ».

    En quelques sortes, les Compagnies des Indes préfigurent la distinction, aujourd’hui entrée dans les mœurs économiques occidentales, entre les bénéfices, largement privés, et les charges, financées par la collectivité publique. Avec la précision que, dès l’avènement des différentes Compagnies des Indes, les responsabilités civiles, pénales et politiques des intervenants disparaissent dans le monopole d’État. Les compagnies des Indes sont le premier modèle dans lequel les détenteurs réels du pouvoir, ceux qui profitent de façon ultime des bénéfices des opérations, sont très largement à l’abri de toute mise en cause juridique.

    Les détenteurs du pouvoir capitalistique revendiquent aujourd’hui, de façon « naturelle », l’officialisation politique et juridique de la réalité de leur prise de pouvoir. Car il faut bien comprendre que les tenants occidentaux du « Nouvel Ordre Mondial » sont en réalité les émissaires du pouvoir économique caché. Fatalement, ce pouvoir économique caché – derrière les multiples faux semblants de l’anonymat capitalistique et du parlement représentatif – devait tôt ou tard revendiquer officiellement le pouvoir qu’il a officieusement conquis au fil des siècles.

    De l’absolutisme financier à l’esclavagisme pour tous

    La fusion, à la mode anglaise, du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel a fait disparaître l’équilibre des pouvoirs qui a, seul dans l’histoire du monde, permis l’émergence de la liberté individuelle et, notons-le, de la « bourgeoisie commerçante » en tant que force politique.

    Car l’émancipation populaire n’a pu, en occident, voir le jour qu’en raison de l’instable équilibre politique entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel. Paradoxalement et de façon ironique, c’est précisément sous les coups de boutoirs répétés de la « liberté individuelle », elle-même manipulée à l’extrême, que disparaît la civilisation occidentale caractérisée par la liberté individuelle et par la liberté politique des masses populaires. Rappelons incidemment que l’ultra-individualisme, revendiqué par des mouvements comme les « LGBT », les « droits de l’enfant »« l’éducation sexuelle dès le plus jeune âge », est l’aboutissement logique de la domination politique absolue des principaux détenteurs de capitaux : ces derniers utilisant à leur avantage exclusif le principe de bonne politique consistant à « diviser pour mieux régner ». Diviser chaque humain en une entité isolée de toute composante sociale pérenne et, au-delà, diviser l’humain et la vie en des entités physiques autonomes, est l’une des armes les plus redoutables utilisées par les tenanciers du pouvoir économique global pour asservir l’humanité. En effet, cette méthode d’asservissement appelée « diviser pour mieux régner » n’est pas seulement utilisée, de manière géopolitique, pour diviser les peuples et les nations mais également, de façon beaucoup plus sournoise et dangereuse, d’un point de vue politique pour faire de chaque humain une entité instable dépourvue de tout supports émotionnels et affectifs stables ; l’humain devenant dès lors un atome aisément manipulable, analogue à un « objet » qu’il convient d’utiliser.

    L’autre arme fatale utilisée par les tenanciers économiques du pouvoir réel est le « droit », brandi comme un bouclier antisocial. Car le « droit-réglementation » à la mode anglo-saxonne sert à la fois de prétexte et de justification au renforcement de l’absolutisme financier.

     

    Le futur rôle de la France dans le rétablissement du concept de « droit »

    L’évolution mondiale vers l’impérialisme à la mode anglaise a débuté, en France, à la fin du XVIIIème siècle. La Révolution de 1789 a imposé simultanément la disparition :

    • du principe de régulation économique étatique en imposant les prémisses du libre-échange par le décret d’Allarde des 2 et 17 mars 1791 (qui renouvelle l’édit de Turgot de 1776 supprimant les corporations et libéralisant le commerce des grains) et la Loi Le Chapelier (14 juin 1791, qui interdit les corporations de métiers et les organisations professionnelles) et
    • le système parlementaire dit représentatif. Dans un souci d’allègement de mon exposé, je ne reviendrai pas ici sur les tenants et les aboutissants de ce double phénomène, que j’ai longuement exposé par ailleurs.

    Cette évolution, fatale à la liberté, s’est poursuivie, toujours en France, par :

    • la dépossession politique actée du pouvoir monétaire qui a été la conséquence de la création, en 1800, de la Banque de France par Napoléon et
    • par l’apparition, en 1807, du Code de commerce conçu comme dérogatoire au Code civil de 1804.

    Le parallélisme entre l’évolution juridique et politique française et l’évolution juridique et politique mondiale invite à comprendre que la France a une certaine importance dans l’évolution du droit international et donc du monde.
    Rappelons, accessoirement, que le Code civil de 1804 fût la grande œuvre législative française. Elle valut à la France une grande partie de son rayonnement international moderne. A ce propos, il importe de mentionner que la Chine désigne la France par un pictogramme qui signifie « le pays de la Loi ». Du double point de vue ontologique et international, La France sans « la loi », n’existe pas.

    Or c’est précisément, ce qui a fait l’identité et la grandeur de la France – et à sa suite celles du monde occidental civilisé – « le droit » construit autour du concept d’équilibre des pouvoirs, qui est, sous nos yeux, en train « de sombrer corps et âme ».

    L’émergence actuelle du continent eurasiatique et le prochain avènement des nouvelles routes de la soie donnent à la France une occasion unique de reprendre sa place historique dans les affaires humaines. La France doit retrouver le sens de son existence qui est de faire le « droit », elle doit à nouveau proposer au monde des normes originales et , respectant les principes du droit naturel, qui permettent de gérer le plus sereinement possible les nouvelles interactions entre les peuples que le développement du commerce continental va permettre.
    Cela ne sera possible qu’après que la France se sera affranchie de la domination financière d’origine anglo-saxonne. Cette condition est double :

    • elle nécessitera, d’une part, une remise en cause institutionnelle de l’organisation politique actuelle et
    • elle passera, d’autre part, par une purge des écuries d’Augias qui servent de pouvoir politique à l’a-France.

    En d’autres termes il faudra, tôt ou tard, rendre aux responsables politiques français la mesure pleine et entière de leur pouvoir, ce qui s’entend de la restauration de leur responsabilité civile et pénale, à titre à la fois personnel et professionnel. Car il faut comprendre que la prétendue responsabilité politique, qui consiste en la sanction des futures élections, n’est qu’un faux semblant permettant, en réalité, la disparition de la responsabilité des acteurs politiques. Ce qui est la conséquence logique du fait que les prétendus acteurs politiques sont en réalité dépourvus de tout pouvoir politique réel, celui-ci étant transféré dans les mains anonymes des puissances économiques dominantes. Or, la « responsabilité » est l’apanage naturel, structurel, du véritable pouvoir politique. Pas de « pouvoir » sans « responsabilité personnelle » de ses acteurs.

    Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique.

    https://www.medias-presse.info/retour-sur-lidentite-juridique-francaise-a-quelles-conditions-la-france-peut-elle-redevenir-la-france/114775/ 


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    Luis Fernando Camacho, Photo : REUTERS/Luisa Gonzalez
    Luis Fernando Camacho, Photo : REUTERS/Luisa Gonzalez

    L'ordre règne en Bolivie

     

    Mardi, 3 Décembre, 2019
     
     
     

    Après la démission forcée d’Evo Morales, des élections se tiendront le 20 mars prochain dans le pays andin. Le temps pour le gouvernement « de facto », issu du coup d’État, de s’installer. Par Maïté Pinero ex-correspondante de l’Humanité à Cuba.

     Sous pression, menacés à travers leurs familles, sénateurs et députés du Movimiento Al socialismo (MAS) majoritaires dans les deux assemblées, ont résisté pendant dix jours. Le 23 novembre - lendemain des obsèques des victimes de la répression à Senkata, où alors qu’ils observaient une minute de silence, les cercueils des victimes étaient la cible de tirs - ils ont accepté la démission d’Evo Morales et de nouvelles élections. Elles auront lieu le 20 mars 2020, ce qui laisse le temps au gouvernement « de facto » de s’installer.  José Luis Fernando Camacho, le dirigeant des Comités civiques de Santa Cruz, organisateur des violences qui ont accompagné le coup d’État, le premier à entrer au palais présidentiel pour y déposer la bible, celui qui était aux côtés de Jeanine Añez lorsque l’état-major de l’armée lui a remis son écharpe, s’est déclaré candidat. La droite traditionnelle, dont le représentant Carlos Mesa, arrivait en seconde position le 20 octobre, se voit supplanté après avoir servi de marchepied à l’extrême droite. 
     
    Les organisations ouvrières, la Cob (Confédération ouvrière de Bolivie), paysannes, comme la CSUTCB  (Confédération syndicale unique des travailleurs des champs de Bolivie) qui, le 10 novembre, avaient appelé fédérations départementales et Unions régionales à encercler La Paz, ont levé les blocages en échange de la suppression du décret exonérant l’armée de toute responsabilité pénale dans la répression. 
     
    Les paysans ont regagné leurs communautés où, en 2003, était né un grand mouvement populaire, contre le FMI, la Banque mondiale, les multinationales pour exiger la nationalisation du gaz. Le 6 juin 2005, la mobilisation obtenait la démission du déjà président Carlos Mesa et, le 22 janvier 2006 voyait l’intronisation du président Evo Morales, (53, 7% des suffrages) un Aymara, syndicaliste paysan, cultivateur de coca.   
     
    UN REGIME STABLE, REUSSI
     
    En quatorze ans de pouvoir, la Bolivie était devenue un État plurinational, arborant deux drapeaux dont la Wiphala, reconnaissant et promouvant les langues indigènes (Aymara, Quechua, Guarani). Au référendum de janvier 2009, 58,7% des suffrages approuvaient la constitution de « l’État unitaire social de droit communautaire plurinational ». La nationalisation du gaz (1 er mai 2006) permettait de financer un système unique de santé gratuit, de réduire l’extrême pauvreté de 38 à 15% et la mortalité infantile (soins gratuits aux femmes enceintes), de délivrer la « renta dignidad » (pensions de retraite), de déclarer le pays libre d’analphabétisme et de devenir, après Cuba, celui consacrant le plus haut pourcentage du PIB à l’éducation. Les banques étaient obligées de consacrer 60% de leurs ressources à l’investissement productif et à la construction de logements sociaux. 
     
    Le système économique bolivien était salué comme le plus réussi et le plus stable : inflation éliminée,  taux de chômage le plus bas d’Amérique du sud, augmentation du salaire réel, diminution de moitié de la dette extérieure.  Entre 2006 et 2019, le PIB passait de 9 milliards à plus de 40 milliards.
     
    Pour la première fois, la conception que les Amérindiens ont de la terre, transmise par les générations passées et que nous devons transmettre aux générations futures, s’imposait : le Parlement votait une loi (2010) qui reconnait des droits à la Pacha Mama, la terre mère.
     
    La découverte de gisements de lithium (70 % des réserves mondiales) encore inexploités et que le gouvernement envisageait de nationaliser assurait une nouvelle prospérité. Comment l’oligarchie bolivienne, les multinationales  et l’administration Trump pouvaient-elles laisser passer une telle manne ?
     
    Aujourd’hui, à Cochabamba, El Alto, Sucre, Potosi, en dehors de toute enquête officielle, la population compte ses morts, ses disparus, ses emprisonnés. On attend les rapports des missions dépêchées, très tard, par la Commission des droits de l’homme de l’ONU, la Commission interaméricaine des droits de l’homme qui se disent submergées par les témoignages.  
     
    MILLE DEMONS
     
    Le mouvement associatif argentin a envoyé à La Paz une mission de quarante personnes (juges, avocats) parmi lesquelles le fils de Perez Esquivel, prix Nobel de la paix. Agressés dès l’aéroport, menacés par le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo (« qu’ils prennent garde, nous les suivons, nous les surveillons ») la mission a écourté son séjour. Cependant, au cours d’une première conférence de presse, la mission s’est avouée « traumatisée » par les témoignages et les preuves recueillies. « Ils ont ouvert la boite de Pandore et mille démons en sont sortis » a déclaré le chef de la délégation. Le coup d’État a mis en chasse des meutes racistes qui ont donné libre cours à leur soif de vengeance contre les indigènes qui leur avaient ravi les richesses et le pouvoir pendant 14 ans.
     
    Le châtiment infligé à Patricia Arce, la maire de Vinto, obligée de marcher pieds nus sur des tessons de bouteille, tondue et aspergée de peinture rouge, est un exemple de leur sauvagerie. Traque à la pollera, les jupes froncées des femmes, viols de mineurs dans les casernes, opposants précipités des hélicoptères, les premiers témoignages bouleversent les Argentins qui n’ont pas oublié les crimes de la dictature. 
     
    Les hôpitaux publics refusent de soigner les blessés, ce qui vient corroborer le témoignage d’Aiver Guarana, seul médecin à soigner les blessés à Senkata, le 19 novembre, et qui n’avait vu arriver aucune ambulance, aucune équipe de secours. Des accusations pour lesquelles, il fut aussitôt arrêté. 
     
    REPARTITION DU BUTIN 
     
    Traque et arrestations des responsables et militants du Mas se poursuivent, gage sans doute des « garanties démocratiques » des futures élections.  Les putschistes disposent de trois mois pour les préparer sur mesure, à la taille de leurs appétits. En attendant ce « gouvernement de transition » s’arroge des pouvoirs régaliens : relations diplomatiques rompues avec le Venezuela, rétablies avec les Etats-Unis et Israël, renvoi des médecins cubains, retrait de l’Alba, l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, traité de commerce et de solidarité qui promeut l’intégration et la paix dans le continent. Les privatisations sont entamées.
     
    Les directions de soixante-huit entreprises publiques ont déjà été remplacées. Le butin est en voie de répartition. Jeanine Anez a signé le nomination de Mario Renato Nava , gérant du « grupo empresarial de inviertos nacionales Vida SA » entreprise appartenant à José Luis Camacho, à la tête du Sin (servicio de impuestos nacionales) chargé de collecter les impôts.    
     
    LES MENSONGES DE L’OEA
     
    Preuves et accusations se multiplient contre l’Organisation des Etats Américains, (OEA) financée à 60% par les États-Unis. Son secrétaire général, Luis Almagro, conspué sous les cris de « assassin » a dû quitter l’université d’Asunción (Paraguay) où il devait prononcer une conférence. Malgré les demandes, dont celle du Celag (Centre d’études latino-américain de géopolitique), l’OEA est incapable d’annoncer la date à laquelle serait publié son rapport définitif sur les élections du 20 octobre. Son rapport préliminaire ne mentionnait que des « irrégularités », devenues fraude massive dans la bouche d’Almagro.
     
    Des organismes internationaux dont le Center for economic and Policy research, basé à Washington, contestent le panel retenu et ses conclusions. Ils affirment que même si les quelques milliers de voix contestées étaient reportées sur le candidat adverse, Evo Morales arriverait largement en tête. Ces conclusions sont reprises par James Galbraith, Mark Weisbrot, qui figurent parmi les personnalités des universités de Harvard, Cambridge, Sao Paulo, l’Unam de Mexico, Chicago, Austin, New-Delhi qui le 2 décembre, ont publié une tribune libre dans The Guardian pour demander à l’OEA « de retirer les accusations qui ont servi de justification au coup d’État ». Les signataires s’adressent au Congrès des États-Unis afin qu’il ouvre  « une enquête sur le rôle de l’OEA et s’oppose au coup d’État soutenu par l’Administration Trump ».
     
    Ils recommandent aussi aux journalistes de rendre compte des conclusions des experts indépendants au lieu de se limiter à répercuter les accusations de l’OEA.  Ils remarquent que « personne n’a crié à la fraude, le 16 novembre, quand, en Louisiane, le candidat démocrate John Bel Edwards, en seconde position toute la nuit  durant le dépouillement, a finalement gagné les élections avec 2,6% d’avance, résultat obtenu après dépouillement de la région de nouvelle Orléans ».   
     
    L’UNION EUROPEENNE EN ACCUSATION
     
    Le rôle du « ministère des colonies », l’OEA, n’est pas le seul mis à découvert. L’Union européenne est mise en accusation. Elle avait financé l’achat du système électronique permettant le comptage des votes, ses observateurs étaient présents mais n’ont rien dit quand les premières accusations ont surgi.  Le représentant de l’UE, Léon de La Torre et les ambassadeurs occidentaux étaient présent lors de massacres de Cochabamba et de Senkata. Ils n’ont rien dit non plus, s’entretenant aimablement avec Jeanine Añez et faisant pression sur le Parlement. 
     
    L’UE a permis à l’Administration Trump de tirer les ficelles tout en demeurant en coulisses. Elle a fait le sale boulot, cela s’est vu, cela se sait.  Le Parlement européen a refusé d’inclure les termes de coup d’état dans l’ordre du jour de sa réunion sur la situation en Bolivie. Sa responsable des relations extérieures, Fédérica Mogherini a justifié la reconnaissance du gouvernement de Jeanine Anez, arguant qu’il fallait « éviter un vide du pouvoir ». 
     
    Le vote du Parlement intervient quelques semaines après celui de la motion anticommuniste qui falsifie l’histoire en rendant le camp socialiste responsable de la seconde guerre mondiale. Discrétion sur la répression en Bolivie, sur l’expulsion de journalistes, la censure des médias, mais le Parlement vote le 27 novembre une résolution qui condamne Cuba pour l’arrestation d’un délinquant multirécidiviste, José Luis Ferrer.
     
    La résolution prévient que « le dialogue politique et de coopération avec Cuba peut être suspendu si les violations des Droits de l’homme continuent ». Comme en écho, le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, accusait le 2 décembre Cuba et le Venezuela  de « séquestrer »  les manifestations en Colombie, au Chili, Equateur et Bolivie.
     
    Il prévenait que « l’Administration aidera les gouvernements à éviter que ces manifestations deviennent des soulèvements ».  Aujourd’hui en Amérique Latine, les responsables politiques, les analystes commencent à débattre sur la tragédie bolivienne, recherchent et énumèrent les causes : les erreurs du gouvernement ? Sa sous-estimation de la virulence de l’oligarchie, de l’impérialisme? La structure du Mas ?  En Europe, le rôle de l’Union, de nos gouvernements, ne fait pas encore partie du débat.
     
    Il n’en reste pas moins qu’en Amérique Latine au moins, le visage de la vieille Europe des lumières s’efface. A sa place, se dessine celui de démocraties hypocrites et menteuses qui s’érigent en modèle, donnent des leçons au monde entier et couvrent un régime raciste et ses crimes de lèse humanité. Ailleurs pour le moment. 
     
    En Bolivie, le jeune candidat du Mas à la présidentielle, Andronico Rodriguez, 29 ans, est retourné parmi les siens, chez les paysans producteurs de coca, dont il est l’un des responsables syndicaux. C’est là, à Cochabamba,  que tout avait commencé... Sur ces terres que la Pacha Mama a dotées d’un éternel printemps.
     
     

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  • La France dans les soulevements du monde : une situation globale pré-révolutionnaire

    Texte de l'intervention de Jacques Chastaing le 30 novembre 2019 à Istanbul à la rencontre de militants socialistes révolutionnaires de Turquie, du Kurdistan et d'Europe.

     

    LES GILETS JAUNES COMME ABOUTISSEMENT DE 4 ANS DE LUTTES INTENSES ET PRELUDE A DES MOBILISATIONS ENCORE PLUS IMPORTANTES

     

    Il y a actuellement et depuis 4 ans en France une très forte mobilisation ouvrière et populaire connue aujourd'hui sous la forme et le nom de Gilets Jaunes. Or dans la continuation de ce soulèvement, le 5 décembre 2019 et les jours qui vont suivre, vont être des dates très importantes dans l'histoire de la lutte de classe en France voire plus largement encore.

    Ce qui se prépare pour le 5 décembre n'est jamais arrivé dans l'histoire du mouvement ouvrier français voire peut-être au-delà.

    Il s'agit en effet d'une grève générale illimitée à une date fixée deux mois à l'avance appelée par la base populaire et ouvrière pour aller vers un affrontement centralisé avec le pouvoir. 

    L'objectif premier de cette grève est de défendre le droit à la retraite, mais il est aussi de défendre toutes les protections contre la maladie et le chômage, de défendre les services publics de santé, d'éducation, de transports, d'énergie, du logement, de défendre encore les revenus et l'emploi mais aussi dans l'esprit de beaucoup il s'agit de chasser le gouvernement de Macron. Car tout le monde a bien compris que défendre l'ensemble des acquis sociaux que le gouvernement remet actuellement en cause, cela signifie renverser Macron.

    Il y a déjà eu souvent des appels à des grèves générales par les directions syndicales à des dates prévues à l'avance mais d'un jour seulement et ça ne fait plus peur au pouvoir.

    Il y a aussi eu des grèves générales ou des révolutions surgies de la base qui ne prévenaient pas, comme mai 1968, juin 1936, ou la Commune de Paris en 1871 et les révolutions de 1848 ou 1830. 

    Mais il n'y a jamais eu d'appels à la grève générale illimitée par la base ouvrière et populaire pour amorcer consciemment un affrontement centralisé avec le pouvoir.

    En fait, cette situation correspond à la construction durant 4 ans de lutte continue de l'organisation pratique d'une conscience de classe révolutionnaire. 

    Je vais essayer de dire à travers 4 ans de lutte comment s'est construit peu à peu cette conscience de classe dans la pratique, ce qui traduit peut-être les grandes tendances de ce qui est en train de se passer à l'échelle du monde à des degrés divers.

    Vous avez sûrement entendu au travers des médias que le soulèvement des Gilets Jaunes était influencé par l'extrême droite. 

    C'est totalement faux. 

    C'est le gouvernement relayé par les médias français qui a eu peur de ce soulèvement populaire et a inventé ce mensonge appuyé malheureusement par toute la gauche syndicale et réformiste, voire une partie de l'extrême gauche, durant les premiers mois du soulèvement pour couper les Gilets Jaunes de la base du mouvement ouvrier organisé.

    Toutes les directions politiques et syndicales de gauche ont qualifié ce mouvement de fasciste parce qu'ils ont eu peur d'être débordés, ce qui a permis au gouvernement Macron de ne pas tomber, quand il était à deux doigts d'être renversé par ce soulèvement au début décembre 2018. 

    La presse et la gauche se sont appuyés sur quelques rares cas de racisme ou d'homophobie, ce qui arrive dans tout soulèvement populaire large, pour en faire des généralités et tenter de discréditer le mouvement dans son ensemble. 

    Les Gilets Jaunes sont un soulèvement de la partie la plus pauvre de la classe ouvrière qui a montré qu'elle combattait au contraire toutes les exploitations et toutes les oppressions, de couleur de peau, de sexe, de religion ou de nationalité. 

    Ces calomnies et ces divisions n'ont pas affaibli le mouvement mais cela l'a coupé pendant un temps des militants ouvriers organisés de la gauche syndicale et politique. 

    Cependant, la durée, le courage, le non respect de la légalité bourgeoise, l'irrespect de classe des Gilets Jaunes à l'encontre du personnel et des institutions de la bourgeoisie, sa police, sa justice, ses élections, sa fausse démocratie, ses médias menteurs et ses dirigeants politiques corrompus, comme leur objectif  politique de renverser Macron, ont obtenu et gardé le soutien des classes populaires et sont en train de gagner les militants eux-mêmes avec la mobilisation du 5 décembre. 

    La population et  les militants sont entraînés par les Gilets Jaunes parce que leur soulèvement a cristallisé publiquement dans les actes toute l'expérience des classes populaires de ces dernières années et a montré toujours en acte ce que produisait cette évolution de la conscience générale.

     

    LES ETAPES DE LA CONSTRUCTION D'UNE CONSCIENCE DE CLASSE REVOLUTIONNAIRE

    « Zadistes », « Nuit Debout » et « Front Social »

    Je vais donc résumer les grandes étapes de l'organisation progressive de ces prises de conscience depuis 4 ans qui débouchent aujourd'hui sur le 5 décembre.

    Le soulèvement a commencé en février 2016 – et n'a pas cessé jusqu'à aujourd'hui - lorsque l'ensemble des organisations de jeunesse en même temps qu'une pétition très suivie sur internet appelaient à se mobiliser contre une première remise en cause du code du travail qui protège les salariés par le gouvernement socialiste de François Hollande que les directions syndicales s’apprêtaient à accepter. 

    Débordées un instant, les directions syndicales ont repris l'initiative par des journées dispersées de grève générale et de manifestations, puis en appelant le secteur stratégique des raffineries de pétrole à bloquer l'économie, mais à la place de la construction d'une véritable grève générale de tous les autres travailleurs. 

    Même si les travailleurs montraient qu'ils étaient prêts à s'engager dans la construction d'une mobilisation plus importante puisqu'ils furent par exemple environ un million dans une manifestation à Paris en juin 2016, cette stratégie substitutive volontairement stupide  ne pouvait aboutir qu'à la défaite. 

    En même temps, contre cela et comme début d'une prise de conscience autonome, un mouvement de centaines de milliers de personnes qui s'appela « Nuit Debout »  occupa, sans organisation, jour et nuit, de nombreuses places du pays durant des mois alimentant un immense débat parmi certaines des couches les plus avancées, montrant qu'elles aspiraient à la plus grande démocratie au sein du mouvement ouvrier et contestataire, sur ce qu'il fallait faire, 

    Au premier semestre 2017 le mouvement de résistance populaire continua d'une autre manière. On comptait à ce moment 270 grèves par jour – ce qui est énorme - mais là encore, sans aucune volonté de les unir. Du coup les militants de base de la CGT surtout,  - le plus grand syndicat français – mais d'autres aussi, accrurent leur indépendance d'esprit puisqu'ils menaient de nombreuses de ces grèves dans leur coin tout en sachant qu'il aurait fallu une riposte collective et que l'importance de la mobilisation à la base permettait probablement de la construire.  

    De là, naquit au sein de la CGT un mouvement de contestation de sa politique et surtout en même temps, de dénonciation de la pseudo démocratie électorale qui ne donnait dans les élections présidentielles du printemps 2017 que le faux choix entre un candidat du libéralisme capitaliste le plus féroce, Macron et une candidate de l'extrême droite raciste, Le Pen. 

    Ce mouvement de militants syndicalistes combatifs baptisé « Front Social » regroupa plus de 200 structures de base syndicale auxquels s’adjoignirent des militants de toutes origines. Il organisa plusieurs manifestations contre la répression qui frappait de plus en plus fort déjà et contre la fausse démocratie électorale, expliquant que les solutions politiques aux problèmes économiques et sociaux se résoudraient dans les mobilisations de rue en organisant des manifestations de 10 000 et 20 000 manifestants la veille et le lendemain des élections présidentielles, exigeant après un jour seulement de pouvoir que Macron démissionne tout en marchant pour la première fois vers le palais présidentiel l'Elysée. 

    Le succès de ces manifestations  révélait que les illusions électorales prenaient fin et qu'il n'y avait plus de frontières entre l'économique et le politique.

    Devant le mécontentement qui montait, les directions de la gauche politique et syndicale réformistes, organisèrent tout au long de l'automne-hiver 2017, une multitude  de journées de grèves nationales émiettées, dispersées, métier par métier, pour décourager militants et salariés. Fin novembre, ils réussissaient à stopper la vague de mécontentement.

     

    Émergence des Gilets Jaunes et le premier contre-feu des réformistes 

    En janvier 2018, la grève et la lutte recommençaient cette fois avec le succès d'écologistes radicaux soutenus par la population qui occupaient l'emplacement d'un futur aéroport pour empêcher sa construction montrant par là l'émergence de courants écologistes radicaux, les « zadistes », méfiants des organisations traditionnelles. 

    Il y eu aussi à ce moment une série de nouvelles grèves et de manifestations importantes et surtout une grève massive de femmes travailleuses qui eut une audience retentissante. Elle eut lieu au même moment dans 2 000 maisons de retraite où les femmes travailleuses dénonçaient tout à la fois leurs conditions de travail dégradées et une société capitaliste qui réservait des conditions indignes de vie aux travailleurs pour leurs vieux jours. 

    Cette lutte montrait une nouvelle fois que les directions politiques et syndicales de gauche n'étaient pas à la hauteur pour faire face aux attaques gouvernementales mais surtout faisait entrer un nouvel acteur social sur la scène politique qui n'y participe que très rarement : les femmes travailleuses, qui comme on le sait depuis la révolution française, jouent toujours un rôle déterminant dans tous les soulèvements profonds et qui jouent d'ailleurs un rôle très important aujourd'hui chez les Gilets Jaunes, en même temps qu'un nouveau mouvement féministe renaissait dans le pays. 

    Ce secteur professionnel qui regroupe essentiellement des femmes très précaires souvent d'origine étrangère, montrait alors que le cœur de la lutte passait aux femmes et aux métiers au bas de la hiérarchie sociale, dans les maisons de retraites, mais aussi dans le secteur de la santé, le nettoyage, les hôtels ou la restauration, les secteurs les plus exploités et les moins organisés, où elles obtenaient cependant des succès importants dans des luttes longues et très dures.

    Ainsi, lorsque ces femmes travailleuses appelèrent à une nouvelle journée d'action le 15 mars 2018 avec le soutien des organisations de retraités, cela apparu comme le début possible d'une nouvelle vague de lutte pour construire le "Tous Ensemble" contre les attaques globales du pouvoir.

    Cela d'autant plus qu'au même moment, fin janvier 2018, naissait le mouvement qui prit un peu plus tard le nom de Gilets Jaunes. Il s'appelait alors "Colère" et réunissait  déjà lui aussi toute une série de travailleurs parmi les plus pauvres, de travailleurs indépendants, ubérisés, petits paysans, des motards et automobilistes surtout des campagnes et des petites villes fusionnant toutes leurs colères à partir d'un refus d'une hausse du prix de l'essence.  

    Ce mouvement « Colère » dura tout le printemps et réunit jusqu'à 250 000 manifestants. Apeurées,  les directions syndicales de gauche dirent que c'étaient des fascistes et discréditèrent la journée d'union des femmes travailleuses le 15 mars en y opposant leur propre journée concurrente le 22 mars.

    Les militants ouvriers organisés suivirent encore cette fois leurs directions mais firent du 22 mars un immense succès redonnant envie à ces militants de marcher vers le renversement de Macron, ce que le « Front Social » ou « Nuit debout »  proposaient à nouveau et que firent 50 000 personnes qui se rassemblèrent à Paris pour « faire la fête à Macron ». 

    Contre cette montée populaire et ouvrière, les directions syndicales lancèrent une grève d'apparence spectaculaire et très dure chez les cheminots pour bloquer l'économie du pays, puisqu'elle était annoncée pour 3 mois. 

    Ce fut en fait un sabotage parce qu'il ne s'agissait de ne faire grève que 2 jours sur 5. Cette grève ne gêna absolument pas le gouvernement mais découragea les cheminots qui perdirent. 

    Pourtant, il y avait la possibilité d'un mouvement d'ensemble puisqu'en même temps, se levait une importante grève des étudiants et lycéens et la plus grande grève depuis longtemps des électriciens et gaziers. Mais les directions syndicales firent tout pour que ces grèves parallèles ne s'unifient pas. 

     

    Déferlement des Gilets Jaunes mais sans les militants 

    Dés lors, un moment effacé par ces mobilisations syndicales, le mouvement "Colère"appelait dés septembre/octobre à une grande journée de mobilisation le 17 novembre 2018 en même temps que la population avait tiré les leçons des trahisons syndicales et politiques, tandis que les militants ouvriers, pour leur part, trahis, se décourageaient. 

    Cette double situation de mobilisation de la base et de découragement des militants donna alors le soulèvement des Gilets Jaunes qui allait déferler à partir de ce jour-là entraînant avec lui plusieurs millions de personnes parmi les plus pauvres, tandis que les militants découragés un instant se laissaient influencer par leurs directions qui traitaient à nouveau ce soulèvement de fascistes. 

    Les Gilets Jaunes ont manifesté tous les samedis durant un an, ont bloqué des milliers de carrefours routiers y construisant des baraques du peuple où certains y vécurent des mois et des mois, jour et nuit, avec des réunions et des débats incessants ; ils ont bloqué des hypermarchés, ports ou aéroports, soutenu de multiples luttes diverses, grèves ouvrières, actions écologistes, manifestations féministes... avec de nombreuses femmes travailleuses qui s'étaient déjà mobilisées lors de la grève des maisons de retraites, dans les organismes de santé, des jeunes coursiers ubérisés, des auto-entrepreneurs surexploités, des ouvriers chômeurs qui avaient lutté contre la fermeture de leur entreprise, des jeunes de quartier en butte au racisme, des usagers qui essayaient d'empêcher des fermetures d'hôpitaux, de maternités, de gares, d'écoles, de postes, des anciens syndicalistes qui n'avaient plus confiance dans leurs directions, des artisans en grande difficulté, des victimes de cette société, handicapés, mères isolées, jeunes sans travail... mais aussi des anciens du mouvement "Nuit Debout" de 2016, des anciens du « Front Social » de 2017, des écologistes radicalisés de ces années-là, des militants critiques de toutes sortes mais dispersés. 

    Bref, tout le petit peuple des plus exploités et des plus opprimés comme certains des militants les plus conscients, se levaient avec une idée force en tête : « pour l'honneur des travailleurs et pour un monde meilleur » – c'est la formule qui restera le slogan chanté de toutes les manifestations des Gilets Jaunes- , pour faire face à des attaques globales, il fallait une réponse globale et  l'objectif politique de renverser Macron. 

    Et cela dure depuis un an malgré 400 gilets jaunes en prison et plus de 10 000 blessés, un niveau de répression pas vu en France depuis les dernières guerres coloniales.

    Bien sûr, après un début tonitruant qui a failli renverser Macron, le mouvement des Gilets Jaunes s'est peu à peu affaibli à cause de la répression. Mais en même temps, par son courage dans la durée,  il sortait les militants ouvriers organisés de leur découragement et les convainquit qu'il n'était pas fasciste tout en montrant que c'était possible  d'envisager la victoire contre Macron.

     

    Effondrement de l'idéologie bourgeoise

    Pour que se distille peu à peu dans les esprits l'idée de la nécessité de la grève générale illimitée et de renverser ce gouvernement, il fallait que l'idéologie bourgeoise qui dominait les esprits jusque là s'effrite : les Gilets Jaunes dans leur soulèvement et dans une très importante presse avec des centaines et des centaines de pages facebook, blogs, sites suivis sur internet par des centaines de milliers de personnes, en même temps que le succès grandissant des sites des militants révolutionnaires qui les accompagnent, ont donné des lunettes à voir les mensonges en dénonçant quotidiennement l'oppression et l'exploitation, les scandales des bourgeois et de leur personnel policier, judiciaire, journalistique, politique et syndical et en répondant quotidiennement aux attaques, aux mensonges de la propagande bourgeoise. 

    Ainsi, toute l'idéologie de la "crise économique" qui faisait accepter auparavant les politiques d'austérité s'effondrait ; tout ce qui concernait la prétendue plus grande efficacité du secteur privé sur le secteur public, la réussite personnelle des hommes d'affaires, le prestige des grands avocats, grands journalistes ou grands intellectuels ou artistes, tout cela s'écroulait, en faisant au contraire de ceux d'en bas, des infirmières, des pompiers, des enseignants, des femmes de ménage... dévoués aux autres, solidaires des plus fragiles, les véritables héros du moment en même temps qu'on reconnaissait de plus en plus la nécessité des protections sociales et du secteur public. De la même manière, le "dialogue social", c'est-à-dire le réformisme,  la collaboration des patrons et des syndicats ouvriers comme seul moyen d'améliorer la vie, était ridiculisé. Tandis que la gauche ressemblait de plus en plus à la droite, le système électoral représentatif, la démocratie bourgeoise, apparaissaient comme la dictature permanente des riches. La Justice apparaissait comme une justice de classe, la police comme une milice au service du capital, la presse comme la bouche à proférer les mensonges des capitalistes, la religion, le racisme, le nationalisme comme des outils pour diviser les pauvres. 

    Bref, les Gilets Jaunes révélaient au grand nombre ce qu'on sentait confusément et qui cheminait souterrainement depuis des années: un renouveau de la conscience de classe et l'objectif d'une grève générale illimitée pour une société de bienveillance, de solidarité, de service public et de protection sociale contre la maladie, la vieillesse et le chômage. 

     

    Les militants rejoignent les Gilets Jaunes : le 5 décembre 

    Aussi, paradoxalement, les journées d'action syndicales inutiles et « saute mouton » devenaient de plus en plus suivies, non pas par confiance dans la politique des directions syndicales, mais pour vérifier si les autres pensaient bien la même chose, jusqu'où tout le monde était prêts à aller, pour se compter. 

    Le 13 septembre 2019 lors d'une nouvelle journée d'action syndicale inutile des salariés du métro parisien, celle-ci fut suivie à presque 100% bloquant toute la circulation dans la région parisienne, la première région économique de France. 

    Dans l'enthousiasme, les salariés voulurent continuer, les directions syndicales concédèrent la grève illimitée mais en la repoussant au 5 décembre. Les journées d'action syndicales corporatistes qui suivirent, des électriciens, des enseignants, des agents des impôts ou des pompiers exprimèrent la même tendance et en même temps que le monde se soulevait de l'Algérie au Chili ou Hong Kong, s'imposa partout comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux et dans les réseaux militants, que c'était le moment, qu'il fallait tous se retrouver le 5 décembre pour démarrer une grève illimitée qui bloquerait l'économie et dégagerait Macron.

    Mais cette grève générale à but insurrectionnel ne pouvait encore voir le jour qu'avec déjà aussi l'idée d'une autre société de remplacement. Elle ne porte pas aujourd'hui en France le nom de « socialisme » du fait des multiples trahisons des partis socialistes au gouvernement mais elle porte l'idée de solidarité, de protection sociale des plus pauvres et fragiles, de services publics, de biens nationaux puisque pour les exploités qui se lèvent aujourd'hui, la France doit appartenir aux pauvres et pas aux riches.

    Il n'y a pas eu d'appel des confédérations syndicales, sinon tardif et seulement à un jour et juste pour les retraites ; ce ne fut pas non plus un appel sur internet, mais une multitude d'appels de Gilets Jaunes, de figures connues des Gilets Jaunes, de nombreux militants ou structures syndicales de base, d'Assemblées générales interprofessionnelles, de meetings, de rond-points occupés par les Gilets Jaunes, de femmes en luttes, d'écologistes radicalisés, d'anciens de « Nuits debout », du « Front Social », bref de tout un réseau social ou militant, nouveau ou préexistant, qui avait pu constater durant 4 ans d'expériences communes au travers des luttes menées ensemble, qu'ils étaient prêts, que la base était prête, que c'était le moment.

    Le 5 décembre, les militants ouvriers syndicalistes de base vont donc rejoindre le mouvement des Gilets Jaunes avec pour leur part  infiniment plus de capacité à bloquer l'économie que les Gilets Jaunes mais peut-être pas encore avec la même détermination. 

    C'est pourquoi tout ne se réglera pas le 5 décembre, ce ne sera probablement qu'une étape de plus dans la mobilisation pré-révolutionnaire du prolétariat français et il faudra que le mouvent des militants syndicalistes, certainement bien moins déterminé dans sa majorité, pour le moment, que les Gilets Jaunes, sache se mettre au service de la grande détermination des Gilets Jaunes qui ne voient dans la mobilisation contre les retraites que l'occasion d'unir tous les exploités contre tout ce qui leur est volé.

    Car l'union de ces deux fractions du prolétariat est la clef de la situation et donne quelque chose d'explosif et totalement inarrêtable par le pouvoir qui n'a pour le moment ni les moyens politiques de tromper les masses qui se soulèvent, ni les moyens humains ou moraux d'une répression de grande ampleur afin de stopper un tel tsunami social.

     

    ACTUALITES DES REVOLUTIONS RUSSES

    Dans sa brochure "Grève de masse, parti et syndicats" qu'elle a écrite en 1906, en tirant les  leçons de la révolution russe de 1905 et de la période qui y a amené, Rosa Luxembourg disait déjà qu'il fallait que l'idée révolutionnaire du changement de société soit présente dans les esprits des exploités pour que la grève générale devienne possible. Elle expliquait aussi que la « grève générale » désignait toute la période où mûrit cette conscience vers un affrontement centralisé. Elle estimait à l'époque cette période à dix ans environ pour la révolution de 1905, qui avait commencé en 1896-1897 avec les luttes des ouvriers du textile, de nouveaux grands mouvements de grève en 1902 puis 1904 avant 1905 entrecoupés d'émeutes localisées, d'émotions populaires autour d'un scandale politique, de moments de reculs avec des pogroms, de vague de grèves économiques émiettées, puis à nouveau de centralisation de la grève et toujours avec la conscience de classe grandissante à chaque étape qu'il fallait unifier toutes les luttes et colères sociales et économiques pour l'objectif d'une lutte centralisée pour renverser le pouvoir politique et bâtir une société plus solidaire. C'est ce que nous vivons aujourd'hui en France et à l'échelle du monde.

    C'est grâce à cette période que purent se former le parti Bolchevique et ses militants. Le parti bolchevique apprit ainsi, comme le dit Rosa Luxembourg que "la grève de masse n'est ni fabriquée artificiellement, ni décidée ou propagée dans un éther immatériel et abstrait, mais qu'elle est un phénomène historique, résultat à un certain moment, d'une situation sociale à partir d'une nécessité historique."

    C'est-à-dire pour le parti, d'avoir la capacité d'articuler la spontanéité des masses et la direction centralisée pour les moments insurrectionnels.

    Nous venons de vivre durant 4 ans en France, quelque chose de semblable, un espèce de "mai 1968 rampant" comme l'écrit Vincent Présumey. Nous allons avec le 5 décembre vers une nouvelle étape de cette période de « grève générale » vers un affrontement centralisé de plus en plus conscient dans une période mondiale qui ressemble à celle de 1917-1923 avec plus  encore de soulèvements aujourd'hui sur le globe qu'à cette époque.

    A la différence de cette période, nous ne baignons pas dans une ambiance générale socialiste comme du temps de la seconde et la troisième internationale et il n'y a aujourd'hui aucun parti réellement révolutionnaire et socialiste important comme le parti Bolchevik. Dans les soulèvements mondiaux actuels, aucun parti ou syndicat ne joue pour le moment un rôle important et il y a même une très forte méfiance à leur encontre.

    Cela n'enlève pas pour les périodes à venir la nécessité d'un parti capable de porter jusqu'au bout les possibilités de la situation et c'est dans ces périodes qu'il se forme. 

    Or pour la première fois de l'histoire ouvrière,  la classe ouvrière française construit à l'avance une grève générale illimitée politique par de multiples réseaux pré-existants, un terreau social et militant extrêmement fertile pour un parti, mais un parti qui ne peut être qu'à l'opposé des constructions artificielles hors sol ; un parti au contraire qui soit complètement en phase avec la situation, l'expression même des nécessités de la situation et dont l'objectif aujourd'hui soit d'abord de décrire ce qui se passe, d'où on vient et où on va ; un parti qui éclaire la situation un pas en avant, pour que chacun puisse s'emparer de cette compréhension et avec elle porter la révolution un pas plus loin ; bref  un parti qui ne soit au fond que l'expression organisée de la compréhension collective commune de la période actuelle et des taches qui en découlent.

    Jacques Chastaing, 30 novembre, Istanbul

    https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/301119/la-france-dans-les-soulevements-du-monde-une-situation-globale-pre-revolutionnaire

     


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    Le projet d’extinction «SCoPEx» pour bloquer le soleil en polluant la planète entière est détaillé dans la vidéo de la conférence «Oblivion Agenda»

     

    Après les vaccins, dont la nécessité est sévèrement discutée aujourd’hui et à raison, la Fondation Bill & Melinda Gates, les premiers organisateurs et pourvoyeurs de vaccins dans le monde à travers les prises de contrôle dans des sociétés parentes et autres satellites officiels et moins officiels, s’arrangeant pour rendre la vaccination obligatoire, Bill Gates investi désormais dans un nouveau projet tout aussi criminel que le précédent.

    Cet homme qui perd complètement la tête a les moyens financiers de se lancer dans des projets aussi dangereux que néfastes pour l’humanité. L’homme qui vit hyper protégé dans sa tour d’ivoire ne voit justement plus rien, et il devient l’homme le plus dangereux de la planète pour la planète.

    CELUI QUI SE FAIT PASSER POUR UN BIENFAITEUR DE L’HUMANITÉ PROUVE À NOUVEAU QU’IL EST LE PLUS GRAND MALFAITEUR DU XXIE SIÈCLE.

    Si vous souhaitez connaitre la vérité, lisez cet article qui vous mettra, je le suppose, très en colère, comme il m’a profondément contrarié.

    Nous vivons une époque formi…diable !

    cogiito.com

    *

    LE PROJET SCoPeX

    Avez-vous entendu parler du projet SCoPEx, une folle expérience scientifique financée par Bill Gates et gérée par des scientifiques de Harvard pour polluer la planète entière et bloquer les rayons du soleil ?

    La justification d’un tel programme est de réduire le soi-disant « réchauffement de la planète », un canular scientifique conçu par des personnes comme Al Gore, qui détient des actions dans des entreprises de viande artificielle comme Beyond Meat. (Al Gore est actuellement le plus gros investisseur dans « Beyond Meat », « au-delà de la viande » une entreprise de fausse viande dont nous avons déjà signalé qu’elle vend des créations alimentaires « végétaliennes » à base de soja génétiquement modifié, de glutamate monosodique (MSG) et de divers autres ingrédients et produits chimiques néfastes pour la santé. Par coïncidence, Al Gore dit que manger de la viande aggravera le réchauffement climatique.)

    MAIS L’IMPACT RÉEL DE SCOPEX SERA LE BLOCAGE DE LA PHOTOSYNTHÈSE DES PLANTES ET DU PHYTOPLANCTON, PROVOQUANT UN EFFONDREMENT DES CULTURES VIVRIÈRES, ENTRAÎNANT LA FAMINE MONDIALE, LA FAMINE ET LA MORT MASSIVE DES POPULATIONS.

    C’est le véritable objectif du programme, bien sûr. Il s’agit d’un système d’arme « d’extinction de masse » financé par les mondialistes pour anéantir l’humanité en éliminant les réseaux alimentaires qui soutiennent la vie humaine. Ce n’est rien de moins que la militarisation de l’atmosphère pour commettre un génocide à l’échelle planétaire.

    La résistance aux vaccins a obligé les mondialistes à passer au crible les « vecteurs de destruction massive »

    CE PROJET EST EN COURS PARCE QUE LES MONDIALISTES ONT RENCONTRÉ UNE RÉSISTANCE EXCESSIVE AUX PROGRAMMES DE STÉRILISATION À TRAVERS LES VACCINS

    Les vaccins conçus pour fonctionner comme un système de destruction à mort afin d’éliminer les populations humaines par l’infertilité. (Les vaccins approuvés par l’ONU ont été maintes fois découverts comme des produits chimiques d’infertilité tels que le HCG.) Cependant, les vaccins nécessitent le consentement de la personne concernée et trop de personnes (du point de vue mondialiste) s’émeuvent et refusent de se faire injecter des vaccins fabriqués comme des armes.

    • « Appelez cela l’Âge de la transparence, si vous voulez, mais les sombres secrets qui se cachaient derrière presque toutes les institutions autrefois dignes de confiance sont désormais dévoilés et connus de tous. La confiance du public dans la trahison du FBI, la corruption du CDC, les “fausses nouvelles” des médias grand public et la farce de la médecine conventionnelle ont déjà été sérieusement ébranlées. Dans la foulée, nous apprenons qu’un article scientifique publié a identifié et nommé le produit chimique de l’infertilité génocidaire qui a été secrètement ajouté aux vaccins approuvés par l’Organisation mondiale de la santé et administrés uniquement aux femmes noires en Afrique. » Le document, publié dans la revue en libre accès « Scientific Research », est intitulé « HCG Found in WHO Tetanus Vaccine in Kenya Raises Concern in the Developing World ». (Lien source) Auteur : John W. Oller, Christopher A. Shaw, Lucija Tomljenovic, Stephen K. Karanja, Wahome Ngare, Felicia M. Clement et Jamie Ryan Pillette, l’étude confirme non seulement qu’un produit dépeuplant a été délibérément ajouté aux vaccins administrés aux femmes africaines au Kenya, elle mentionne aussi le produit chimique utilisé. (Ci-dessous, j’explique comment le produit chimique « arme » contre l’utérus des femmes noires, transformant les corps des mères en armes biologiques contre leurs propres enfants à naître…)

     

     

    • « En 1993, l’OMS a annoncé un “vaccin contraceptif” pour la “planification familiale”. Des recherches publiées montrent qu’en 1976, les chercheurs de l’OMS avaient conjugué l’anatoxine tétanique (TT) avec la gonadotrophine chorionique humaine (hCG) pour produire un vaccin “contraceptif”. La conjugaison du TT avec la hCG provoque l’attaque des hormones de grossesse par le système immunitaire. Les résultats attendus sont des avortements chez les femmes déjà enceintes et/ou l’infertilité chez les receveuses non encore fécondées. Les inoculations répétées prolongent l’infertilité. Actuellement, les chercheurs de l’OMS travaillent sur des vaccins anti-fertilité plus puissants utilisant l’ADN recombinant. Les publications de l’OMS montrent que l’objectif à long terme est de réduire la croissance démographique dans les “pays moins développés” instables. En novembre 1993, des publications catholiques disaient qu’un vaccin abortif était utilisé à titre prophylactique contre le tétanos. En novembre 2014, l’Église catholique a affirmé qu’un tel programme était en cours au Kenya. Trois laboratoires de biochimie indépendants accrédités à Nairobi ont testé des échantillons de flacons du vaccin antitétanique de l’OMS utilisé en mars 2014 et ont trouvé de la hCG là où il ne devait pas y en avoir. En octobre 2014, 6 flacons supplémentaires ont été obtenus par des médecins catholiques et testés dans 6 laboratoires accrédités. Là encore, on a trouvé de l’hCG dans la moitié des échantillons. Par la suite, le laboratoire AgriQ Quest de Nairobi, dans deux séries d’analyses, a de nouveau trouvé de l’hCG dans les mêmes flacons de vaccin qui avaient donné des résultats positifs plus tôt, mais n’a trouvé aucune hCG dans 52 échantillons que l’OMS a allégué être des flacons du vaccin utilisé dans la campagne au Kenya 40 avec les mêmes numéros de lot que ceux qui avaient donné des résultats positifs à la hCG. Étant donné que l’hCG a été trouvé dans au moins la moitié des échantillons de vaccins de l’OMS dont les médecins impliqués dans l’administration des vaccins savaient qu’ils avaient été utilisés au Kenya, notre opinion est que la campagne “anti-tétanos” du Kenya a été raisonnablement remise en question par la Kenya Catholic Doctors Association comme façade pour réduire la croissance démographique ».

    Pour en revenir à Bill Gates et à l’Université de Harvard, ils se sont donc tournés vers leur vecteur « hard kill », qui n’exige aucun consentement.

    ILS POLLUERONT LE CIEL, BAISSERONT LE RAYONNEMENT DU SOLEIL ET RÉDUIRONT DE CE FAIT, L’APPROVISIONNEMENT ALIMENTAIRE MONDIAL… ET VOUS NE POUVEZ RIEN FAIRE POUR LES ARRÊTER.

    Le programme n’a pas besoin d’être approuvé par le Congrès ou le président des États-Unis, car les avions de géoingénierie/chemtrails peuvent être lancés à partir de tout pays doté d’un aéroport. La pollution se répandra dans le monde entier, bloquant la lumière du soleil pour toutes les cultures vivrières sur tous les continents.

    Les panneaux solaires cesseront de fonctionner à plein rendement également
    soulignant la folie du plan SCoPEx, car ils sont financés par les mêmes personnes qui exigent que nous investissions tous dans des panneaux solaires pour alimenter nos maisons et nos entreprises.

    Cette pollution planifiée du ciel pourrait dévaster la vie sur Terre. Cela pourrait déclencher « … des évènements comme une famine massive, des inondations massives, une sécheresse qui toucheraient de très grandes populations », prévient Stephen Gardiner, auteur de A Perfect Moral Storm, dans une vidéo de CNBC qui vante désormais les avantages des chemtrails. (Regardez la vidéo sur ce lien YouTube, si vous le souhaitez.)

    Nous menons cet effort pour avertir l’humanité que l’hystérie du « changement climatique » est mise à profit pour mener un « géogénocide » de l’humanité

    Sur OblivionAgenda.com, je publie une série de conférences de 10 heures en plusieurs parties. Jusqu’à présent, trois parties ont été publiées. La troisième partie, qui vient d’être publiée aujourd’hui, révèle une discussion approfondie sur le projet SCoPEx et « l’injection d’aérosols stratosphériques » (SAI), qui sont tous deux des formes de chemtrails/géoingénierie. Tout cela fait partie de ce que j’appelle le « géogénocide », un effort planétaire visant à commettre un génocide contre la race humaine par le biais de la géoingénierie.

    Regardez la conférence complète sur SCoPEX et SAI à ce lien sur OblivionAgenda.com.

    https://www.brighteon.com/78b54ce5-bb15-4da4-b6c5-e59fba001331

    Voici la vidéo complète, gracieusement offerte par Brighteon.com, l’alternative de la liberté de parole pour YouTube.

    [Source : cogiito.com]

    TerraForming.News,  par Mike Adams

    Traduction pour cogiito.com : PAJ

    https://terraforming.news/2019-09-19-scopex-scheme-polluting-the-entire-planet-video.html

    source:http://nouveau-monde.ca/fr/le-projet-dextinction-scopex-pour-bloquer-le-soleil-en-polluant-la-planete-entiere-est-detaille-dans-la-video-de-la-conference-oblivion-agenda/

     

     

    https://reseauinternational.net/le-projet-dextinction-scopex-pour-bloquer-le-soleil-en-polluant-la-planete-entiere-est-detaille-dans-la-video-de-la-conference-oblivion-agenda/


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  • Quel est le bilan d'Evo Morales, paysan amérindien devenu président de la Bolivie ?

    Evo Morales a démissionné le 10 novembre 2019. Entre baisse de la pauvreté et lutte contre la mortalité infantile, retour sur le bilan de l'ancien président de la Bolivie.

    Une page de l'histoire de la Bolivie s'est tournée le 10 novembre 2019. Sous la pression de l'armée, de la police et d'une partie de la population, le président bolivien Evo Morales s'est résigné à quitter le pouvoir et à démissionner.

    L'opposition contestait sa réélection, ayant eu lieu le 21 octobre avec 47% des voix. Soucieux d'apaiser les tensions, il a pourtant proposé à ses opposants la tenue d'un nouveau scrutin, mais il semble que ceux-ci n'aient pas voulu prendre de risques.

    Evo Morales, un paysan amérindien devenu président modernisateur de la Bolivie

    Mais qui est Evo Morales ? Né dans une famille de paysans pauvres amérindiens, il exerce d'abord divers métiers pour gagner sa vie. Parmi ceux-ci : éleveur de lamas, peintre en bâtiment, maçon, boulanger ou encore trompettiste.

    Ce n'est qu'ensuite qu'il devient syndicaliste et prend la tête du mouvement des cocaleros, les paysans cultivateurs de coca, assimilés à tort à des trafiquants de drogue. Puis il décide de se lancer en politique et devient député de l'opposition en 1997, après avoir été élu au Parlement avec plus de 70% des voix.

    Désireux de prendre le pouvoir, il rejoint en 1999 le parti ouvrier Mouvement vers le socialisme (MAS), d'inspiration bolivarienne, pluri-nationaliste et indigéniste. Sous l'étiquette de ce parti, il échoue à remporter l'élection présidentielle de 2002, ne récoltant que 20% des suffrages. Il est finalement élu président de la Bolivie en 2005, et ce dès le premier tour, avec 53,7% des voix. Premier amérindien à occuper ce poste, il ne cessera tout au long de ses mandats de mettre en avant son identité indigène.

    Souhaitant réformer le pays en profondeur, il mène une œuvre modernisatrice, s'assurant de confortables réélections jusqu'en 2019. Durant sa présidence, il renforce le rôle de la compagnie gazière nationale − la Bolivie détient les deuxièmes réserves de gaz d'Amérique du Sud après le Venezuela − au détriment des compagnies privées étrangères. Cette politique nationaliste permet au pays d'engranger de meilleurs revenus tirés de l'exploitation de ses ressources.

    Evo Morales, un socialiste du XXIe siècle

    La croissance bolivienne atteint ainsi en 2013 un record historique avec 6,5%, selon RFI, alors que le PIB est multiplié par trois, relève France 24. Dans le même temps, le niveau de vie est multiplié par deux, passant de 1020 dollars en 2005 à 2590 dollars en 2013, selon les statistiques de la Banque mondiale. Enfin, Libération souligne que l'indice de Gini, qui mesure les inégalités, passe de 0,6 à 0,45.

    Ces bons résultats économiques permettent à Evo Morales de mener une politique sociale ambitieuse. Souhaitant promouvoir un «socialisme du XXIe siècle», il se rapproche de Lula et de Hugo Chavez.

    Sous sa présidence, le salaire minimum est multiplié par trois (avec une augmentation de 13% pour la seule année 2006). Le montant des pensions de retraite augmente, alors que l'âge légal de départ baisse pour atteindre 58 ans. De plus, Evo Morales met un coup d'arrêt aux privatisations mises en place par les gouvernements précédents. En 2016, la Bolivie détient le taux de chômage le plus faible d'Amérique du Sud (4,1% de la population active), relève Telesur. «Evo Morales a permis l’alliance de l’ouvrier, du paysan, de l’Indien et de la classe moyenne urbaine», analyse Claude Le Gouill, chercheur associé au Centre de recherche et de documentation sur l’Amérique latine, cité par Le Monde.

    Le budget alloué à la santé, lui, augmente de 173%, devenant l'un des plus importants du sous-continent. Cette politique sanitaire ambitieuse permet à la Bolivie d'éradiquer presque totalement la rougeole, ou encore la rubéole. Sous la présidence de Morales, la mortalité infantile est divisée par deux, alors que la sous-nutrition infantile baisse de 14%, selon l'OMS.

    De 13% en 2005, le taux d'analphabétisme passe à 4% en 2008, selon El Mundo, faisant de la Bolivie le troisième pays le moins illettré d'Amérique latine, après Cuba et le Venezuela.

    Sur les questions sociétales, Evo Morales se caractérise par un progressisme marqué. La Bolivie devient ainsi le pays latino-américain comptant le plus de femmes au Parlement (52% à l'Assemblée nationale et 47% au Sénat). En 2016, une loi autorise les transgenres à modifier leur nom et sexe à l'état civil, même sans recours à une opération chirurgicale.

    L'écologie et le bien-être (buen vivir) sont constamment mis en avant par le président, qui appelle en 2009 à la tenue d'un référendum mondial sur la création d'un «tribunal international climatique de la défense des droits de la Terre-mère».

    Evo Morales, un anti-impérialiste devenu la proie des Américains ?

     

    La politique d'Evo Morales suscite toutefois la méfiance des Etats-Unis. Mécontents de voir leurs compagnies gazières défavorisées, les dirigeants américains ne goûtent pas non plus les prises de position géopolitiques du président bolivien. Celui-ci s'oppose notamment à la présence de bases militaires américaines sur son territoire, accusant les Etats-Unis d'occuper militairement le pays sous prétexte de lutter contre le trafic de cocaïne. En 2008, l'ambassadeur des Etats-Unis Philip Goldberg et la DEA (la brigade des stupéfiants américaine) sont expulsés du pays, accusés d'espionnage et d'opérations de déstabilisation. 

    De fait, le gouvernement doit faire face en 2008 à une tentative de sécession de la province de Santa Cruz, la plus grande et la plus riche du pays. L'armée bolivienne est mise en alerte, mais Evo Morales se refuse à proclamer l'état de siège. 400 policiers seront envoyés dans la province pour rétablir l'ordre. Néanmoins, la déstabilisation interne de la Bolivie suivra lentement son cours, et finira par emporter le gouvernement en 2019.

    Evo Morales organise en effet un référendum en 2016 afin de faire modifier la Constitution, pour lui permettre de briguer un quatrième mandat en 2019. Le président connaît alors son premier échec cuisant. Consultés par référendum, les électeurs rejettent à 51,3 % des suffrages la modification constitutionnelle. Quelques semaines plus tôt, une chaîne de télévision avait opportunément accusé le gouvernement dans une affaire de corruption impliquant une ancienne compagne du chef de l’Etat. Un rapport d'enquête d'une commission mixte finira par blanchir le président de ces accusations, mais il est déjà trop tard.

    Après son désaveu électoral, Evo Morales refuse le résultat. En novembre 2017, la justice l’autorise finalement à se porter candidat, au motif que sa candidature relève «de son droit humain». Le président bolivien décide alors de se représenter en 2019 et remporte l'élection avec 47% des voix. L'opposition l'accuse de fraude et déclenche une série d'émeutes dans les grandes villes du pays. Les villages plus défavorisés, eux, restent fidèles à Morales. Mais, contrairement au Venezuela, la police puis l'armée se retournent contre leur chef et le poussent à la démission.

    Le président des Etats-Unis, Donald Trump, s'est depuis réjoui du renversement d'Evo Morales, appelant également la population du Venezuela à se soulever. L'opposant de droite au gouvernement d'Evo Morales et candidat à l'élection présidentielle Carlos Mesa a, lui, exprimé le souhait d'un rapprochement diplomatique avec les Etats-Unis et le Brésil de Jair Bolsonaro.

    Peu avant d'être renversé par Augusto Pinochet en 1973, Salvador Allende déclara, lors d'un discours devant les Nations Unies en 1972 : «Nous combattons des forces de l'ombre, sans drapeau, avec des armes puissantes, postées dans des zones d'influence directe. Nous sommes des pays potentiellement riches, mais nous vivons dans la pauvreté. Nous courons après les aides et les crédits alors que nous sommes de grands exportateurs de capitaux. C'est le paradoxe classique du système capitaliste». Il est alors applaudi par l'assistance, et signe son arrêt de mort.

    Evo Morales s'est-il opposé à ces mêmes «forces de l'ombre» et a-t-il été puni pour cela ?

     

    https://francais.rt.com/international/67820-quel-est-bilan-evo-morales-paysan-amerindien-devenu-president-bolivie

     


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