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    L’État-voyou vend les meubles de la nation

    à la haute finance

    20 mars 2019

     

    Les médias dominants ne font que mentir à longueur de journée en affirmant que le mouvement des Gilets Jaunes correspond à une révolte brutale destinée à détruire les fondements de la république. Pourtant, nul besoin de rappeler que les principaux intéressés ont pris d’assaut le cœur de Paris un samedi 17 novembre afin d’exprimer un cri du cœur contre une fiscalité destinée à étouffer les classes laborieuses. Parce que « l’économie réelle » suffoque à force de supporter les ponctions d’un État qui est une insatiable « pompe à finances ».

    Par Patrice-Hans Perrier

    La plèbe française se soulève contre cette machine infernale qui sert à sucer la moelle de la nation au profit des banquiers.

     

    L’État-voyou aux services de la haute finance

     

    Dans les faits, c’est l’État qui est devenu une puissante machine à détruire la cohésion nationale, tout en multipliant les mesures destinées à affaiblir ce qui constituait la souveraineté du peuple :

    négation de la volonté populaire alors que la majorité des Français s’était prononcée contre le traité de 2005 en vue d’établir une Constitution européenne ;

    multiplication des mesures de contrôle afin d’affaiblir les petites et moyennes entreprises ;

    ouverture complète des frontières et monopolisation des aides de l’État afin d’accueillir des hordes de migrants ;

    détournement des fonds de l’État afin de participer à des coups d’État à l’étranger ;

    ponctions à même les régimes de retraite et privatisation des joyaux de l’État, incluant les aéroports de France.

     

    Samir Saul, dans les pages du quotidien Le Devoir, édition du 11 décembre dernier, analysait le déclenchement de ce mouvement de colère populaire en nous ramenant à certains fondamentaux. Ainsi, « […] quant aux élites, elles baissent les bras. Au début des années 1980, abandonnant tout projet national de sortie de crise, elles cherchent l’issue dans l’intégration européenne et la mondialisation néolibérale. Elles renoncent à l’indépendance monétaire et budgétaire du pays, tandis que les entreprises en quête de rentabilité délocalisent ». Tout est dit.

     

    Nos États ont perdu leur souveraineté

     

    Depuis la loi Pompidou-Rothschild de 1973 – correspondant à la privatisation partielle de la Banque du Canada en 1974 par Pierre Elliott Trudeau – la France et le Canada ont cédé la création monétaire à un consortium de banques privées qui prête à l’État à taux faramineux afin de générer un endettement qui oblige les classes productives à s’embourber de manière endémique.

    Les libertariens de la trempe de Maxime Bernier ont beau célébrer la résurgence d’un patriotisme qu’ils comparent à une pierre angulaire, ils finissent par berner leurs électeurs à propos de leurs véritables intentions. Le chef du Parti populaire du Canada (PPC) nous ayant déjà confié, dans le cadre d’un entretien exclusif, être pour une ouverture absolue de toutes les frontières économiques par le truchement de l’adoption des derniers traités d’échanges transfrontaliers.

     

    Une crise politique qui fait l’affaire des élites

     

    C’est avec ces considérations en tête que le jeune avocat François Boulo, un des porte-paroles informels des Gilets jaunes, est venu ramener les pendules à l’heure sur le plateau de la chaîne française LCI, le 15 mars dernier. Soulignant qu’« il y a trop de misère dans notre pays », alors que la France est toujours la cinquième ou sixième puissance économique du monde, le porte-parole des Gilets jaunes estime que les autorités concernées ne semblent pas désireuses « de résoudre cette crise politique ». Et, pourquoi donc ?

    Parce que la nation doit céder le pas à une Union européenne conçue comme un véritable embastillement des peuples. La France doit tomber et sombrer dans l’insignifiance, puisque le plus vieux royaume d’Europe fait de l’ombre à cette nouvelle dictature des marchés transatlantiques qui ne supporte plus la souveraineté des peuples. La France doit donc s’écrouler afin de préparer la voie à une Europe entièrement vassalisée derrière l’Imperium anglo-américain.

     

    Le retour de bâton de « l’économie réelle »

     

    François Boulo, contrairement à Bernier et consorts, ne prend pas les gens pour des valises et c’est ce qui explique sa volonté d’aller jusqu’au bout de son raisonnement. C’est ainsi, toujours selon lui, que les très riches investissent leurs surplus économiques dans une sphère financière qui « ne sert pas l’économie, parce que 97 % des transactions qui sont opérées se font sur la spéculation, sur le marché secondaire et non sur le marché primaire, seul marché qui consiste en deux opérations : soit une création d’entreprise ; soit une augmentation de capital et ce sont ces deux seules opérations qui permettent un financement des entreprises ».

    Si une part importante des insurgés réclame l’adoption d’un Référendum d’initiative citoyenne (RIC), ce n’est pas pour faire joli. Le commun des mortels ne croit plus en cette « démocratie élective » qui n’est qu’un écran de fumée au service des marchés financiers. Il est question de passer à la « démocratie participative », histoire de permettre aux contribuables de savoir à quoi servent réellement leurs impôts. Mais, il y a loin de la coupe aux lèvres…

     

    Patrice-Hans Perrier

    Références : YouTube #1 et #2, Le Devoir, Wikipédia et Le Monde

    source:https://patricehansperrier.wordpress.com/2019/03/19/letat-voyou-vend-les-meubles-de-la-nation-a-la-haute-finance/

    https://reseauinternational.net/letat-voyou-vend-les-meubles-de-la-nation-a-la-haute-finance/

     


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    Alerte ! Bientôt la fin de l'école publique (et laïque) ! Les Etats européens doivent se désengager de leurs responsabilités dans l’éducation et la formation

      

    L'école publique et laïque…

    chronique d’une mort annoncée ?

     

     

    par Mohamed El Bachir

    Avant propos

    Le chantier ouvert par  le Ministre de l’Education nationale J.M Blanquer pour réformer l’enseignement dans l’Education nationale est un vieux chantier auquel ses prédécesseurs, toutes sensibilités politiques confondues, ont déjà  apporté leurs premières pierres.

    Ci-dessous un article écrit  le 13 février 2009 et que je juge toujours d’actualité.

    *

    La marchandisation de l’Education nationale

    Selon l’OCDE, les dépenses annuelles en faveur de l’enseignement de ses Etats membres s’élèvent à mille milliards de dollars. Quatre millions d’enseignants, 80 millions d’élèves et étudiants, 320 000 établissements scolaires (dont 5 000 universités et écoles supérieures de l’Union Européenne) sont à présent dans la ligne de mire des marchands. Pour libérer ce marché, il faut que les Etats européens se désengagent de leurs responsabilités dans l’éducation et la formation.

    Depuis une trentaine d’années, textes et rapports de l’OCDE servent à encourager et à guider les différents gouvernants dans les réformes de l’enseignement public. Les tenants de cette stratégie sont conscients qu’il faut beaucoup d’efforts et de doigté aux responsables politiques pour réussir le démantèlement de l’essentiel du service public de l’enseignement.

    L’éducation nationale française n’échappe pas à cette « libéralisation » définie par l’U.E, en 2001, dans la Stratégie de Lisbonne.
    Une stratégie qui trouve ses racines dans les travaux de la Table ronde européenne des industriels ERT (Fondée en 1983), (groupe de pression patronal auprès de la Commission européenne).

    En effet, dès 1989, ERT publie un rapport intitulé Education et compétence en Europe. Elle y affirme sans détour que « l’éducation et la formationsont considérées comme des investissements stratégiques vitaux pour la réussite future de l’entreprise ». Puis elle déplore que « l’enseignement et la formation soient toujours considérés par les gouvernements et les décideurs comme une affaire intérieure. Elle regrette que « L’industrie n’ait qu’une très faible influence sur les programmes enseignés ».
    Elle explique cette faiblesse par le fait que les enseignants auraient « une compréhension insuffisante de l’environnement économique, des affaires et de la notion de profit ». La conclusion s’impose : industrie et établissements d’enseignement devraient travailler « ensemble au développement de programmes d’enseignement », notamment grâce à « l’apprentissage à distance ».

    En 1991, ERT franchit un pas supplémentaire en affirmant qu’ : « Une université ouverte est une entreprise industrielle, et l’enseignement supérieur à distance est une industrie nouvelle. Cette entreprise doit vendre ses produits sur le marché de l’enseignement continu, que régissent les lois de l’offre et de la demande. » (1)


    Pour l’ERT, les étudiants sont des « clients » et les cours des « produits ». Et elle souligne « la nécessité d’engager des actions pour étendre la portée, l’impact, ainsi que les applications, de l’apprentissage ouvert et à distance pour rester compétitif au niveau du marché global ». La « réalisation de ces objectifs exige des structures d’éducation » qui « devraient être conçues en fonction des besoins des clients.»


    La même année La Commission publie, son Livre blanc sur l’éducation et la formation (2), qui répond aux exigences de l’ERT. Le 6 mai 1996, les ministres de l’éducation des Quinze décident d’ « encourager les actions de recherche sur les produits et les processus d’apprentissage, éducation et formation à distance inclus, la création et la conception de logiciels éducatifs multimédia (3)


    A la lumière de ce que préconise la Commission européenne, c’est le consensus « former le travailleur, instruire le citoyen, éduquer l’homme », qui traduisait, tant bien que mal, le lien entre les valeurs héritées du siècle des lumières et l’intérêt du capital, qui est en train d’être remis en cause. « Employabilité, flexibilité et mobilité » seront les seules normes d’une éducation « marchandisée ».

     

    Programmer l’échec scolaire: réformer… réformer l’école

    En France, la mise en place de la marchandisation de l’Education et de la formation passe par la remise en cause de l’école publique et laïque. Celle-ci occupe dans la mémoire collective, héritée des siècles des lumières, une place prépondérante. En effet, il faut remonter à Condorcet (1791-1792) pour mesurer l’enracinement de l’instruction publique, forgeron du citoyen. C’est dire qu’elle représente un verrou de taille aux yeux des marchands et son démantèlement n’est pas chose aisée.

    Pour réussir son dépeçage, deux stratégies, idéologique et politique, sont en œuvre depuis une trentaine d’années.


    L’idéologique consiste à discréditer le savoir, à détourner la finalité de l’école publique, à saper l’autorité, à confondre massification et démocratisation. Enfin porter à l’école le lourd fardeau du chômage et de la précarité. Cette tâche est dévolue à certains pédagogues des sciences de l’éducation. La violence physique et verbale dans le milieu scolaire en est l’un des symptômes.
    La stratégie politique, légitimée par l’idéologique, sert à élaborer des réponses à la « crise chronique programmée» de l’école. C’est le rôle des « réformes » de l’éducation nationale. La lutte contre l’échec scolaire étant le leitmotiv de tous les réformateurs: …L.Jospin, J.Lang, F.Bayrou, C.Allègre, L.Ferry et aujourd’hui, X.Darcos.

    D’inspiration de droite ou de gauche, les réformes agissent sur deux fronts. Tout en flattant le « client-élève » et le « parent-usager », elles allègent les programmes, baissent les niveaux d’exigence avec son corollaire, la diminution horaire des cours d’enseignement et la suppression de postes…


    Souvent une flatterie est d’autant plus crédible qu’elle s’accompagne du discrédit d’un « prétendu adversaire » : le professeur et son statut social et moral.
    Sur ce point, C.Allègre a excellé. Tout en mentant sur l’importance de l’absentéisme des professeurs (12% au lieu du pourcentage officiel 5,4%), il programme le « dégraissage du mammouth ». Expression qui fait écho à celle du Premier Ministre A.Juppé, « mauvaise graisse », utilisée en 1995, pour justifier des suppressions de poste dans la fonction publique.

    Entretenir la crise dans l’Education Nationale telle semble être la fonction des réformes ministérielles avec comme première conséquence une crise de confiance en l’école publique. C’est le début d’un processus de divorce d’avec « le client usager ».
    Un pas supplémentaire vient d’être franchi avec la suppression de 11200 postes de professeurs et de plusieurs classes du Primaire.

    Plus grave encore, comme ses prédécesseurs, l’actuel Ministre de l’Education Nationale fustige l’échec scolaire dans le public alors que « … l’enseignement privé a fait la preuve de sa capacité à accueillir des publics très divers, y compris des élèves en difficulté, et à leur proposer une pédagogie et un encadrement leur permettant de renouer avec la réussite scolaire… » (4)

    Mieux encore, face à la crise scolaire dans les banlieues, l’école privée est appelée à l’aide par X. Darcos, car « …Leur savoir-faire reste trop souvent aux portes de la banlieue parce que nous refusons de leur donner les moyens permettant de répondre à la demande. Je suis le ministre de toutes les formes d’enseignement, et je veux offrir aux familles la même liberté de choix que celles dont disposent les familles des centres urbains.» (4)
    Et tout naturellement, le Ministre annonce à l’école privée, la bonne nouvelle « …Dès cette année, un fonds d’intervention spécifique « Espoir banlieues » sera créé sur le budget de l’Education nationale pour permettre le financement des dépenses de fonctionnement des établissements privés qui accepteraient d’ouvrir des classes dans les banlieues. Je me fixe un premier objectif pour la rentrée 2008, la création de 50 nouvelles classes de l’enseignement privé dans les banlieues et je couplerai chaque fois que possible ces projets d’ouverture de classe avec les internats d’excellence. » (4)

    Une telle prédisposition ne va pas sans des mesures permettant de « desserrer les contraintes qui pèsent sur la répartition des effectifs entre le public et le privé, afin de permettre à tous les parents qui le souhaitent d’inscrire leurs enfants dans une école sous contrat. » (UMP Programme présidentielle, Enseignement scolaire)

    Cette volonté ministérielle de créer des écoles privées dans les banlieues donne une plus forte tonalité au discours du Président de la République à Latran où il énonce que « …Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. »

    Au rabbin et à l’imam de prouver qu’ils sont à la hauteur de leurs collègues chrétiens ; l’école leur est ouverte.

    Saper la crédibilité de l’école publique et laïque, encourager l’école privée ne va pas sans le désengagement de l’Etat de son rôle de garant d’un enseignement public de qualité. C’est le rôle dévolu à la décentralisation. Car, comme l’affirme l’ancien ministre de l’Education, L. Ferry, « L’éducation ne saurait à cet égard, s’exempter du mouvement par lequel la République se décentralise. »(5)


    Enfin, pour briser l’unicité et l’égalité dans l’école publique, les réformateurs préconisent l’autonomie des établissements afin de d’ « instiller cet esprit d’entreprise et d’innovation qui fait défaut. »(C.Allègre, février 1998)

    Tout compte fait, le plan social est à l’entreprise, ce que la réforme est à l’école publique.
    Le premier annonce aux salariés leurs licenciements et la restructuration ou la fermeture de leur entreprise, le second, des suppressions de postes et le démantèlement de l’école publique.

    Au nom de la modernisation et de la compétitivité capitaliste, réforme est devenue synonyme de régression.

    M.El Bachir

    (1)Rapport sur l’enseignement supérieur ouvert et à distance, 24 mai 1991
    (2) Livre Blanc sur l’éducation et la formation. Enseigner et apprendre : vers la société cognitive.
    (3) Compte rendu du Conseil éducation 6 mai 1996
    (4) Discours de Xavier Darcos : Plan Espoir Banlieues 2008, 14 février 2008
    (5)Lettre à tous ceux qui aiment l’école, p 133) Luc Ferry, ministre de l’Education Nationale

     

    https://reseauinternational.net/lecole-publique-et-laique-chronique-dune-mort-annoncee/


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  • Une tuerie: Texte intégral du Traité franco-allemand d’Aix-La-Chapelle qui sera signé le 22 janvier

    Publié par wikistrike.com sur 16 Janvier 2019, 22:03pm

    Catégories : #Politique internationale, #Politique intérieure

    Ne surtout pas nous demander notre avis...

    Ne surtout pas nous demander notre avis...

    Je suppose que tous ne liront pas en intégralité ce traité de 28 articles donc voici la substantielle moelle de ce que l’on peut tirer de ce document:
     
    Ce traité va amener une convergence des deux pays en politique étrangère, défense, sécurité extérieure et intérieure, économie, industrie, commerce, social, fiscal, langues, exportation d'armement, diplomatie, lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, judiciaire, juridique, environnemental, climat, sanitaire, énergétique, intelligence artificielle, transports, renseignement, police, Culture, enseignement, recherche et mobilité. Rien que ça…

    On trouve même mention de la "création d'un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité", d'un "comité de coopération transfrontalière", d’un "Forum pour l’avenir franco-allemand", du "Conseil franco-allemand d’experts économiques" et d'une "unité commune en vue d’opérations de stabilisation dans des pays tiers". Une ébauche d'armée européenne je suppose. Le summum c'est la création d'un "Conseil des ministres franco-allemand" avec des "secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande". Et tenez vous bien : « Un membre du gouvernement d’un des deux États prend part, une fois par trimestre au moins et en alternance, au conseil des ministres de l’autre État. »
     
    Oliver Berruyer n'a pas relevé un autre passage troublant qui affirme que l'Allemagne va pouvoir faire "des échanges de personnels de haut rang[…]au sein de leurs représentations permanentes auprès des Nations Unies à New York, en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité" (je l'ai mis en rouge).
     
    Ils vont jusqu'à "définir des positions communes sur toute décision importante touchant leurs intérêts communs et d’agir conjointement dans tous les cas où ce sera possible."
     
    En gros, on peut difficilement faire plus inclusif comme traité sans fusionner totalement les institutions des deux pays. C'est clairement un pas énorme vers la mondialisation. Nous allons être encore plus à la botte de Merkel. Macron veut se caler sur le modèle social allemand...
     

    Traité entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération et l’intégration franco-allemandes

     

    La République française et la République fédérale d’Allemagne,

    Reconnaissant le succès historique de la réconciliation entre les peuples français et allemand à laquelle le Traité du 22 janvier 1963 entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération franco-allemande a apporté une contribution exceptionnelle et dont est né un réseau sans précédent de relations bilatérales entre leurs sociétés civiles et leurs pouvoirs publics à tous les niveaux,

    Convaincues que le temps est venu d’élever leurs relations bilatérales à un niveau supérieur et de se préparer aux défis auxquels les deux États et l’Europe sont confrontés au XXIe siècle, et souhaitant faire converger leurs économies et leurs modèles sociaux, favoriser la diversité culturelle et rapprocher leurs sociétés et leurs citoyens,

    Convaincues que l’amitié étroite entre la France et l’Allemagne a été déterminante et demeure un élément indispensable d’une Union européenne unie, efficace, souveraine et forte,

    Attachées à approfondir leur coopération en matière de politique européenne afin de favoriser l’unité, l’efficacité et la cohésion de l’Europe, tout en maintenant cette coopération ouverte à tous les États membres de l’Union européenne,

    Attachées aux principes fondateurs, droits, libertés et valeurs de l’Union européenne, qui défendent l’État de droit partout dans l’Union européenne et le promeuvent à l’extérieur,

    Attachées à œuvrer en vue d’une convergence sociale et économique ascendante au sein de l’Union européenne, à renforcer la solidarité mutuelle et à favoriser l’amélioration constante des conditions de vie et de travail conformément aux principes du socle européen des droits sociaux, notamment en accordant une attention particulière à l’autonomisation des femmes et à l’égalité des sexes,

    Réaffirmant l’engagement de l’Union européenne en faveur d’un marché mondial ouvert, équitable et fondé sur des règles, dont l’accès repose sur la réciprocité et la non discrimination et qui est régi par des normes environnementales et sociales élevées,

    Conscientes de leurs droits et obligations en vertu de la Charte des Nations Unies,

    Fermement attachées à un ordre international fondé sur des règles et sur le multilatéralisme, dont les Nations Unies constituent l’élément central,

    Convaincues que la prospérité et la sécurité ne pourront être assurées qu’en agissant d’urgence afin de protéger le climat et de préserver la biodiversité et les écosystèmes,

    Agissant conformément à leurs règles constitutionnelles et juridiques nationales respectives et dans le cadre juridique de l’Union européenne,

    Reconnaissant le rôle fondamental de la coopération décentralisée des communes, des départements, des régions, des Länder, du Sénat et du Bundesrat, ainsi que celui de la coopération entre le Plénipotentiaire de la République fédérale d’Allemagne chargé des Affaires culturelles dans le cadre du Traité sur la coopération franco-allemande et les ministres français compétents,

    Reconnaissant le rôle essentiel de la coopération entre l’Assemblée nationale et le Deutscher Bundestag, en particulier dans le cadre de leur accord interparlementaire du 22 janvier 2019, qui constitue une dimension importante des liens étroits entre les deux pays, Sont convenues de ce qui suit :

    Chapitre premier : Affaires européennes

    Article 1er

    Les deux États approfondissent leur coopération en matière de politique européenne. Ils agissent en faveur d’une politique étrangère et de sécurité commune efficace et forte, et renforcent et approfondissent l’Union économique et monétaire. Ils s’efforcent de mener à bien l’achèvement du Marché unique et s’emploient à bâtir une Union compétitive, reposant sur une base industrielle forte, qui serve de base à la prospérité, promouvant la convergence économique, fiscale et sociale ainsi que la durabilité dans toutes ses dimensions.

    Note OB : mais au nom de quoi faudrait-il converger avec les normes allemandes, et pas italiennes par exemple ?

    Article 2

    Les deux États se consultent régulièrement à tous les niveaux avant les grandes échéances européennes, en cherchant à établir des positions communes et à convenir de prises de parole coordonnées de leurs ministres. Ils se coordonnent sur la transposition du droit européen dans leur droit national.

    Chapitre 2 : Paix, sécurité et développement

    Article 3

    Les deux États approfondissent leur coopération en matière de politique étrangère, de défense, de sécurité extérieure et intérieure et de développement tout en s’efforçant de renforcer la capacité d’action autonome de l’Europe. Ils se consultent afin de définir des positions communes sur toute décision importante touchant leurs intérêts communs et d’agir conjointement dans tous les cas où ce sera possible.

    Note OB : mais au nom de quoi faudrait-il converger avec les visions et besoins allemands, et pas espagnols par exemple ? Il y a des pays de seconde zone dans l’Union ?

    Article 4

    (1) Du fait des engagements qui les lient en vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord du 4 avril 1949 et de l’article 42, paragraphe 7, du Traité sur l’Union européenne du 7 février 1992, modifié par le Traité de Lisbonne du 13 décembre 2007 modifiant le Traité sur l’Union européenne et le Traité instituant la Communauté européenne, les deux États, convaincus du caractère indissociable de leurs intérêts de sécurité, font converger de plus en plus leurs objectifs et politiques de sécurité et de défense, renforçant par là-même les systèmes de sécurité collective dont ils font partie. Ils se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d’agression armée contre leurs territoires. Le champ d’application territorial de la deuxième phrase du présent paragraphe correspond à celui de l’article 42, paragraphe 7, du Traité sur l’Union européenne.

    (2) Les deux États agissent conjointement dans tous les cas où ce sera possible, conformément à leurs règles nationales respectives, en vue de maintenir la paix et la sécurité. Ils continuent de développer l’efficacité, la cohérence et la crédibilité de l’Europe dans le domaine militaire. Ce faisant, ils s’engagent à renforcer la capacité d’action de l’Europe et à investir conjointement pour combler ses lacunes capacitaires, renforçant ainsi l’Union européenne et l’Alliance nord-atlantique.

    Note OB : Rappelons que les députés allemands ont torpillé le Traité de l’Elysée lors de la ratification en rajoutant en préambule une référence à l’Otan qui n’y figurait pas…

    (3) Les deux États s’engagent à renforcer encore la coopération entre leurs forces armées en vue d’instaurer une culture commune et d’opérer des déploiements conjoints. Ils intensifient l’élaboration de programmes de défense communs et leur élargissement à des partenaires. Ce faisant, ils entendent favoriser la compétitivité et la consolidation de la base industrielle et technologique de défense européenne. Ils sont en faveur de la coopération la plus étroite possible entre leurs industries de défense, sur la base de leur confiance mutuelle. Les deux États élaboreront une approche commune en matière d’exportation d’armements en ce qui concerne les projets conjoints.

    Note OB : exporter des armes, une priorité…

    (4) Les deux États instituent le Conseil franco-allemand de défense et de sécuritécomme organe politique de pilotage de ces engagements réciproques. Ce Conseil se réunira au plus haut niveau à intervalles réguliers.

    Article 5

    Les deux États étendent la coopération entre leurs ministères des affaires étrangères, y compris leurs missions diplomatiques et consulaires. Ils procéderont à des échanges de personnels de haut rang. Ils établiront des échanges au sein de leurs représentations permanentes auprès des Nations Unies à New York, en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité, leurs représentations permanentes auprès de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et leurs représentations permanentes auprès de l’Union européenne, ainsi qu’entre les organismes des deux États chargés de coordonner l’action européenne.

    Note OB : mais au nom de quoi faudrait-il converger avec les visions et besoins allemande, et pas anglais par exemple ?

    Article 6

    Dans le domaine de la sécurité intérieure, les gouvernements des deux États renforcent encore leur coopération bilatérale en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que leur coopération dans le domaine judiciaire et en matière de renseignement et de police. Ils mettent en œuvre des mesures communes de formation et de déploiement et créent une unité commune en vue d’opérations de stabilisation dans des pays tiers.

    Note OB : pouvoir aller faire la guerre donc. Pourquoi n’est il pas indiqué “après accord du Conseil de Sécurité des Nations Unies” ?

    Article 7

    Les deux États s’engagent à établir un partenariat de plus en plus étroit entre l’Europe et l’Afrique en renforçant leur coopération en matière de développement du secteur privé, d’intégration régionale, d’enseignement et de formation professionnelle, d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes, dans le but d’améliorer les perspectives socio-économiques, la viabilité, la bonne gouvernance ainsi que la prévention des conflits, la résolution des crises, notamment dans le cadre du maintien de la paix, et la gestion des situations d’après-conflit. Les deux États instituent un dialogue annuel au niveau politique en matière de politique internationale de développement afin d’intensifier la coordination de la planification et de la mise en œuvre de leurs politiques.

    Article 8

    (1) Dans le cadre de la Charte des Nations Unies, les deux États coopéreront étroitement au sein de tous les organes de l’Organisation des Nations Unies. Ils coordonneront étroitement leurs positions, dans le cadre d’un effort plus large de concertation entre les États membres de l’Union européenne siégeant au Conseil de sécurité des Nations Unieset dans le respect des positions et des intérêts de l’Union européenne. Ils agiront de concert afin de promouvoir aux Nations Unies les positions et les engagements de l’Union européenne face aux défis et menaces de portée mondiale. Ils mettront tout en œuvre pour aboutir à une position unifiée de l’Union européenne au sein des organes appropriés des Nations Unies.

    (2) Les deux États s’engagent à poursuivre leurs efforts pour mener à terme des négociations intergouvernementales concernant la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies. L’admission de la République fédérale de l’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande.

    Note OB : Non. La priorité c’est de faire entrer l’Inde, le Nigéria ou l’Afrique du Sud et le Brésil ou l’Argentine, pour que leur continent soient représentés…

    Chapitre 3 Culture, enseignement, recherche et mobilité

    Article 9

    Les deux États reconnaissent le rôle décisif que jouent la culture et les médias dans le renforcement de l’amitié franco-allemande. En conséquence, ils sont résolus à créer pour leurs peuples un espace partagé de liberté et de possibilités, ainsi qu’un espace culturel et médiatique commun. Ils développent la mobilité et les programmes d’échanges entre leurs pays, en particulier à l’intention des jeunes dans le cadre de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, et définissent des objectifs chiffrés dans ces domaines. Afin de favoriser des liens toujours plus étroits dans tous les domaines de l’expression culturelle, notamment au moyen d’instituts culturels intégrés, ils mettent en place des programmes spécifiques et une plate-forme numérique destinés en particulier aux jeunes.

    Article 10

    Les deux États rapprochent leurs systèmes éducatifs grâce au développement de l’apprentissage mutuel de la langue de l’autre, à l’adoption, conformément à leur organisation constitutionnelle, de stratégies visant à accroître le nombre d’élèves étudiant la langue du partenaire, à une action en faveur de la reconnaissance mutuelle des diplômes et à la mise en place d’outils d’excellence franco-allemands pour la recherche, la formation et l’enseignement professionnels, ainsi que de doubles programmes franco-allemands intégrés relevant de l’enseignement supérieur.

    Note OB : L’allemand, évidemment LA langue stratégique du XXIe siècle…

    Article 11

    Les deux États favorisent la mise en réseau de leurs systèmes d’enseignement et de recherche ainsi que de leurs structures de financement. Ils poursuivent le développement de l’Université franco-allemande et encouragent les universités françaises et allemandes à participer à des réseaux d’universités européennes.

    Article 12

    Les deux États instituent un Fonds citoyen commun destiné à encourager et à soutenir les initiatives de citoyens et les jumelages entre villes dans le but de rapprocher encore leurs deux peuples.

    Chapitre 4 Coopération régionale et transfrontalière

    Article 13

    (1) Les deux États reconnaissent l’importance que revêt la coopération transfrontalière entre la République française et la République fédérale d’Allemagne pour resserrer les liens entre les citoyens et les entreprises de part et d’autre de la frontière, notamment le rôle essentiel des collectivités territoriales et autres acteurs locaux à cet égard. Ils entendent faciliter l’élimination des obstacles dans les territoires frontaliers afin de mettre en œuvre des projets transfrontaliers et de faciliter la vie quotidienne des habitants de ces territoires.

    (2) À cet effet, dans le respect des règles constitutionnelles respectives des deux États et dans les limites du droit de l’Union européenne, les deux États dotent les collectivités territoriales des territoires frontaliers et les entités transfrontalières comme les eurodistricts de compétences appropriées, de ressources dédiées et de procédures accélérées permettant de surmonter les obstacles à la réalisation de projets transfrontaliers, en particulier dans les domaines économique, social, environnemental, sanitaire, énergétique et des transports. Si aucun autre moyen ne leur permet de surmonter ces obstacles, des dispositions juridiques et administratives adaptées, notamment des dérogations, peuvent également être accordées. Dans ce cas, il revient aux deux États d’adopter la législation appropriée.

    Note OB : Mais il est donc question d’avoir des régions de première et de seconde zone en France !

    (3) Les deux États demeurent attachés à la préservation de normes strictes dans les domaines du droit du travail, de la protection sociale, de la santé et de la sécurité, ainsi que de la protection de l’environnement.

    Article 14

    Les deux États instituent un comité de coopération transfrontalière comprenant des parties prenantes telles que l’État et les collectivités territoriales, les parlements et les entités transfrontalières comme les euro-districts et, en cas de nécessité, les eurorégions intéressées. Ce comité est chargé de coordonner tous les aspects de l’observation territoriale transfrontalière entre la République française et la République fédérale d’Allemagne, de définir une stratégie commune de choix de projets prioritaires, d’assurer le suivi des difficultés rencontrées dans les territoires frontaliers et d’émettre des propositions en vue d’y remédier, ainsi que d’analyser l’incidence de la législation nouvelle sur les territoires frontaliers.

    Article 15

    Les deux États sont attachés à l’objectif du bilinguisme dans les territoires frontaliers et accordent leur soutien aux collectivités frontalières afin d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies appropriées.

    Note OB : L’allemand, évidemment LA langue stratégique du XXIe siècle…

    Article 16

    Les deux États faciliteront la mobilité transfrontalière en améliorant l’interconnexion des réseaux numériques et physiques entre elles, notamment les liaisons ferroviaires et routières. Ils agiront en étroite collaboration dans le domaine de la mobilité innovante, durable et accessible à tous afin d’élaborer des approches ou des normes communes aux deux États.

    Article 17

    Les deux États encouragent la coopération décentralisée entre les collectivités des territoires non frontaliers. Ils s’engagent à soutenir les initiatives lancées par ces collectivités qui sont mises en œuvre dans ces territoires.

    Chapitre 5 Développement durable, climat, environnement et affaires économiques

    Article 18

    Les deux États s’emploient à renforcer le processus de mise en œuvre des instruments multilatéraux relatifs au développement durable, à la santé mondiale et à la protection de l’environnement et du climat, en particulier l’Accord de Paris du 12 décembre 2015 et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. À cet effet, ils agissent en rapport étroit afin de formuler des approches et des politiques communes, notamment en mettant en place des dispositifs en vue de la transformation de leurs économies et en favorisant des actions ambitieuses de lutte contre les changements climatiques. Ils garantissent l’intégration de la protection du climat dans toutes les politiques, notamment par des échanges transversaux réguliers entre les gouvernements dans des secteurs clés.

    Article 19

    Les deux États feront progresser la transition énergétique dans tous les secteurs appropriés et, à cet effet, développent leur coopération et renforcent le cadre institutionnel de financement, d’élaboration et de mise en œuvre de projets conjoints, en particulier dans les domaines des infrastructures, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

    Article 20

    (1) Les deux États approfondissent l’intégration de leurs économies afin d’instituer une zone économique franco-allemande dotée de règles communes. Le Conseil économique et financier franco-allemand favorise l’harmonisation bilatérale de leurs législations, notamment dans le domaine du droit des affaires, et coordonne de façon régulière les politiques économiques entre la République française et la République fédérale d’Allemagne afin de favoriser la convergence entre les deux États et d’améliorer la compétitivité de leurs économies.

    Note OB : Incroyable. C’est vrai qu’on n’était pas encore assez ligotés par l’UE, remettons-en une couche avec l’Allemagne…

    (2) Les deux États instituent un « Conseil franco-allemand d’experts économiques » composé de dix experts indépendants afin de présenter aux deux gouvernements des recommandations sur leur action économique.

    Note OB : ah, le retour des experts économiques “indépendants” non élus…

    Article 21

    Les deux États intensifient leur coopération dans le domaine de la recherche et de la transformation numérique, notamment en matière d’intelligence artificielle et d’innovations de rupture. Ils promouvront à l’échelle internationale des directives sur l’éthique des technologies nouvelles. Ils mettent en place, afin de promouvoir l’innovation, des initiatives franco-allemandes qui sont ouvertes à la coopération au niveau européen. Les deux États mettront en place un processus de coordination et un financement commun afin de soutenir des programmes conjoints de recherche et d’innovation.

    Article 22

    Les parties prenantes et les acteurs intéressés des deux États sont réunis au sein d’un Forum pour l’avenir franco-allemand afin de travailler sur les processus de transformation de leurs sociétés.

    Chapitre 6 Organisation

    Article 23

    Des réunions entre les gouvernements des deux États ont lieu au moins une fois par an,alternativement en République française et en République fédérale d’Allemagne. Après l’entrée en vigueur du présent Traité, le Conseil des ministres franco-allemand adopte un programme pluriannuel de projets de coopération franco-allemande. Les secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande chargés de préparer ces réunions assurent le suivi de la mise en œuvre de ce programme et en font rapport au Conseil des ministres.

    Article 24

    Un membre du gouvernement d’un des deux États prend part, une fois par trimestre au moins et en alternance, au conseil des ministres de l’autre État.

    Note OB : Ben voyons… Et sinon, les Espagnols, les Italiens, les Polonais, ils sentent le pétrole ?

    La perspective d’avoir un tel mastodonte en face d’eux va surement plaire à tous les autres États de l’UE moyens et petits…

    Article 25

    Les conseils, structures et instruments de la coopération franco-allemande font l’objet d’un examen périodique et sont, en cas de nécessité, adaptés sans retard aux objectifs fixés d’un commun accord. Le premier de ces examens devrait avoir lieu dans les six mois suivant l’entrée en vigueur du présent Traité et proposer les adaptations nécessaires. Les secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande évaluent régulièrement les progrès accomplis. Ils informent les parlements et le Conseil des ministres franco-allemand de l’état général d’avancement de la coopération franco-allemande.

    Article 26

    Des représentants des régions et des Länder, ainsi que du comité de coopération transfrontalière, peuvent être invités à participer au Conseil des ministres franco-allemands.

    Chapitre 7 Dispositions finales

    Article 27

    Le présent Traité complète le Traité du 22 janvier 1963 entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération franco-allemande au sens du paragraphe 4 des Dispositions finales de ce Traité.

    Article 28

    Les deux États s’informent mutuellement, par la voie diplomatique, de l’accomplissement des procédures nationales requises pour l’entrée en vigueur du présent Traité. Le présent Traité entre en vigueur à la date de réception de la dernière notification.

    Source : La Tribune, 16/01/2019

    http://www.wikistrike.com/2019/01/une-tuerie-texteeeintegral-et-analyse-du-traite-franco-allemand-d-aix-la-chapelle-qui-sera-signe-le-22-janvier.html 

     

     

    Message de Jean-Charles, envoyé par le formulaire de contact de actualiteevarsistons.eklablog.com
    Sujet : Lettre à Monsieur le Président de la République

     
    Devant la traditionnelle semaine des ambassadeurs, vous, Emmanuel, Jean-Michel, Frédéric Macron, Président de la République Française avez déclaré : "le temps de la souveraineté populaire est révolu. Notre souveraineté,c’est l’Europe".
    (Arrêt du 30 juin 2009 de la cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe (“Il n’existe pas de Peuple européen”).


    TRAITÉ D'AIX LA CHAPELLE (...) " tendre vers une convergence des droits français et allemand."


    Article 14
    "l’Assemblée nationale et le Bundestag allemand promeuvent l’adoption de dispositions permettant de déroger aux règles du droit national."
    David Graeber b. La notion de dette injuste
    "Qu’est-ce qu’une dette, en fin de compte ? Une dette est la perversion d’une promesse. C’est une promesse doublement corrompue par les mathématiques et la violence."
    terrorisme :
    Ensemble d'actes de violence (attentats, prises d'otages, etc.) commis par une organisation ou un individu pour créer un climat d'insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l'égard d'une communauté, d'un pays, d'un système.

    Monsieur le Président de la République,
    Au nom et en vertu de la norme suprême du système juridique français en vigueur :
     

    De la Constitution du 4 octobre 1958, Titre II :
    Le président de la république
    Article 5 modifié par Loi constitutionnelle n°95-880 du 4 août 1995 - art. 9 :
    "Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat.
    Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités."


    Monsieur le Président, conformément à l'article précité, vous êtes mandaté par le peuple de France et tenu de ce fait au strict respect de l'article 5 de la Constitution du 4 octobre 1958.
    L'indépendance nationale, l'intégrité du territoire et le respect des traités c'est l'autonomie politique et économique de la nation, elle ne doit être soumise ni dominée par aucune puissance étrangère.Vous en êtes le garant au nom du peuple français et au titre de votre fonction présidentielle !!!


    Qu'il s'agisse de la dette monétaire (2 322,3 milliards d'euros au troisième trimestre 2018), derniers chiffres de l'INSEE, de la vente de fleurons et secrets industriels français,des services publics qui ferment, de traités contraires aux intérêts du pays, Traité de Rome, de Maastricht, Traité d'Amsterdam, Traité de Nice, du Traité de Lisbonne, notamment en son article 123 contraire à l'article 27 de la Constitution : "Tout mandat impératif est nul." ou du Traité d'Aix la Chapelle sur l'accord législatif parlementaire Franco-Allemand où la France se vassalise, traité "mis à la connaissance du public" une semaine seulement avant sa ratification et sans le consentement du peuple, article 53 de la Constitution : "Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n'est valable sans le consentement des populations intéressées." qui peuvent être considérés comme des manœuvres dolosives.


    La politique intérieure de la France se trouve bien affectée par des intérêts extérieurs en violation de l'autodétermination.


    La situation politique et économique du pays l'atteste de manière évidente !! Je vous rappelle la Jurisprudence du Tribunal de Luxembourg, arrêt du 27 février 2018 (Affaire C-2767/16 qui confirme le droit à l'autodétermination des peuples et fait partie du droit Européen.)


    DE LA RESPONSABILITÉ PÉNALE DES DIRIGEANTS EN EXERCICE :


    Jurisprudence : arrêt du 1er octobre 1946, tribunal de Nuremberg, de l’impunité des dirigeants.
    Les jugements des tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo excluent l’impunité des dirigeants : dans son arrêt du 1er octobre 1946, le tribunal de Nuremberg a souligné : "la protection que le droit international assure aux représentants de l'État ne saurait s'appliquer à des actes criminels. Les auteurs de ces actes ne peuvent invoquer leur qualité officielle pour se soustraire à la procédure normale et se mettre à l'abri du châtiment".
    Le terrorisme financier et la dette : Guerre économique non conventionnelle.
    Le droit humanitaire en son article 33 de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du 12 août 1949 précise que « Les peines collectives, de même que toute mesure d'intimidation ou de terrorisme( ici financier), sont interdites. [ainsi que] le pillage... et les mesures de représailles ».
    Arrêt de la Chambre d'Accusation de la Cour d'Appel de Paris du 20 octobre 2000 qui se fonde à bon droit sur l'absolu respect des droits de la personne (jus cogens norme impérative) contre l'impunité (...)


    Puis de l'intégrité territoriale, un principe de droit international
    Dette monétaire : instrument de domination sur les politiques intérieurs.
    La résolution 1514 paragraphe 6 (ONU) stipule que : « toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale d'un pays est incompatible avec les buts et les principes des Nations Unies ».


    Monsieur le Président, quand vous prenez connaissance du rapport enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale du 22 avril 2015 fait au nom DE LA COMMISSION DES FINANCES, DE L’ÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU CONTRÔLE BUDGÉTAIRE SUR LA PROPOSITION DE RÉSOLUTION EUROPÉENNE relative à la dette souveraine des États de la zone euro (n° 2723), celui-ci explique que les politiques sociales et économiques sont dominées par des intérêts extérieurs, notamment du monde de la finance.
    On ne peut-être plus clair, ses"intérêts extérieurs du monde de la finance" portent bien atteinte à l'unité nationale et à l'intégrité territoriale du pays.


    La commission des finances dans son rapport (n° 2723) démontre en vérité que la France est aux mains du cartel politico-financier privée international (FMI, Banque Mondiale, BRI, BCE) qui exercent par la dette une politique contraire à la souveraineté, à l'autodétermination et à l'intégrité du territoire de la République Française et permet ainsi la captation de la richesse nationale et la paupérisation de la population.
    Cette situation de guerre économique non conventionnelle sous puissance étrangère, tombe sous le coup de la Résolution 1514 paragraphe 6 (ONU) et la Convention relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves adoptée le 30 avril 1956 (10) qui oblige les États parties à abolir l’esclavage désignées sous l’expression « condition servile » (11). La servitude pour dettes (art. 1a), et de l'article 1111-1 du Code de la Défense pour atteinte à la sécurité nationale et prendre la qualification de terrorisme pour actes de guerre économique non conventionnelle.


    La gravité de cette ingérence extérieure, au nom de traités imposés par Bruxelles et une oligarchie prédatrice dans les affaires intérieures d'un état souverain et sans le consentement du peuple, portent tous les ferments de la guerre civile.


    La révolte des gilets jaunes qui est soutenue faut-il le rappeler par les deux tiers des Français (64%) et 77% des personnes interrogées, estiment que leur mouvement est justifié (Sondage Yougov pour Le Huffington Post et CNEWS 7/O2/2019).
    Dans ce moment de gravité nationale et de révolte sociale, le peuple vous parle et vous, vous répondez par toujours plus de cadeaux à l'adresse des plus fortunés et transformez le crédit d’impôt compétitivité-emploi (CICE) en allègement général de cotisations sociales pour les entreprises, sans parler du grand débat national que les prétendues mauvaises langues" traduisent par une campagne pour les Européennes contraire au code électoral et faite sur les deniers publics.


    Comment s'étonner alors d'entendre dire toujours par ces "mauvaises langues" d'être aux portes de la guerre civile ? Cette très mauvaise ambiance me commande de vous rappeler les Droits et Devoirs des Etats (ONU 1949 et la résolution 375 (IV) de l'Assemblée générale du 6 décembre 1949),et de mettre en garde contre une guerre psychologique (PsyOp) en cours pour diaboliser le mouvement des GJ et le faire passer pour terroriste.


    Article 4
    Tout Etat a le devoir de s'abstenir de fomenter la guerre civile sur le territoire d'un autre Etat et d'empêcher que des activités ne s'organisent sur son propre territoire en vue de la fomenter.


    Article 7
    Tout Etat a le devoir de veiller à ce que les conditions qui règnent sur son territoire ne menacent ni la paix ni l'ordre international.


    Article 9
    Tout Etat a le devoir de s'abstenir de recourir à la guerre comme instrument de politique nationale et de s'abstenir de toute menace ou emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout autre Etat, soit de toute autre manière incompatible avec le droit ou l'ordre public international.
    Monsieur le Président de la république, vous avez le devoir et l'obligation au nom du peuple de France et conformément à votre mandat, de garantir l'indépendance nationale, l'intégrité du territoire, la paix civile et sociale.
    L'ingérence extérieure au nom de traités imposés par la troika et maintenant le Projet d'accord parlementaire Franco-Allemand que vous avez ratifié le 22 janvier 2019. La France qui se vassalise aux intérêts de l'Allemagne par le transfert de souveraineté nationale, politique, économique, technologique, industriel, militaire et la captation des richesses par le cartel politico-financier(Rockefeller et G30), qui par la dette tient le pays et détruit ainsi tout le socle social, héritage du Conseil National de la Résistance (CNR) contrevient aux disposition de la charte des Nations-Unies et me conduit à me joindre aux forces vives d'une nation fidèle à la sauvegarde de la Souveraineté Nationale et de son indépendance que semble t-il vous ne partagez pas et à demander votre démission conformément à l'article 68 de la Constitution pour manquement à vos devoirs manifestement incompatibles avec l'exercice de votre mandat.


    J'adresse copie du présent courrier au parlement pour qu'il se constitue en Haute Cour afin qu'il se prononce sur votre destitution.

    Source : Assemblée Nationale, 14/11/2018

    Il est créé une Assemblée parlementaire franco-allemande.
     

    Article 8 : Bureau
    L’Assemblée élit son bureau. Celui-ci est composé d’un nombre égal de députés de l’Assemblée nationale et du Bundestag allemand.
     

    Article 9 : Assemblée commune
    L’Assemblée nationale et le Bundestag allemand se réunissent conjointement en tant qu’Assemblée commune, à intervalles réguliers, au moins tous les quatre ans, en France ou en Allemagne, afin de discuter des priorités communes et d’adopter des déclarations communes.
     

    Article 14
    ( ... ) Ils s’engagent également à favoriser le développement de la coopération transfrontalière en harmonisant et en simplifiant le droit en vigueur. Lorsqu’il n’est pas possible de surmonter autrement les obstacles juridiques entravant la réalisation de projets transfrontaliers communs, l’Assemblée nationale et le Bundestag allemand promeuvent l’adoption de dispositions permettant de déroger aux règles du droit national. Ils veillent à ce que les standards en vigueur ne soient pas abaissés ( ... )


    V. Présentation du projet d’accord parlementaire franco‐allemand par Richard Ferrand, 14/11/2018
    Le parlement par cet accord sans le consentement des populations intéressées, ici le Peuple en son article 53 de la Constitution et vous, Monsieur le Président de la république, avez par sa ratification, porté atteinte à la souveraineté, à l'autodétermination et à l'intégrité territoriale de la Nation.
    Le peuple de France jugera.
    Fait à Hasparren le 7 février 2019
    Jean-Charles BOISVERT

    Copie aux Parlements
    liste non-exhautive
    Sources :


    www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2723.asp
    www.ridi.org/adi/200101a2.htm#_ftnref29
    www.huffingtonpost.fr/2019/02/06/avant-lacte-xiii-le-soutien-aux-gilets-jaunes-ne-se-dement-pas-sondage-exclusif_a_23663067/
    www.mediapart.fr/journal/france/070219/france-les-gilets-jaunes-toujours-largement-soutenus-selon-un-sondage?onglet=full
    strategika51.org/2019/02/16/france-psyop-en-cours-pour-transformer-la-contestation-sociale-en-mouvement-terroriste/
    www.comite-valmy.org/spip.php?article10929
    www.les-crises.fr/le-parlement-franco-allemand-ebauche-d-une-mini-union-europeenne-analysons-le-texte-du-2e-accord/
    www.larousse.fr/dictionnaires/francais/terrorisme/77478

     

     


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    Mieux vaut être cogneur appointé par l’Elysée que boxeur gitan de Massy !

     

    Travailler à l’Elysée à l’ère de Manu ouvre à tous les droits et maints avantages…

    Vous pouvez en toute impunité vous déguiser en flic pour aller casser du manifestant, l’Elysée et la préfecture vous protègeront au maximum.

    Cela vous permettra aussi de détenir des armes, avec ou sans permis…

    Si vos êtes dénoncé, l’on ne fera de perquisition  à votre domicile, qu’après que vous ayez eu le temps d’en faire déménager ce qui vous serait préjudiciable.

    Vous n’aurez pas à faire de mea culpa et le chef de l’Etat se déclarera responsable à votre place.

    Six mois après avoir été entendu par un juge, l’instruction prendra son temps… aucun procès ne sera programmé.

    Evidemment, vous aurez de très bons avocats, fort bien rémunérés… et serez peut-être aidé à cette fin par de généreux mécènes discrets.

    Vous pourrez même pendant plusieurs mois continuer à vous balader avec des passeports diplomatiques.

     

     

    Si vous êtes un boxeur “Gilet Jaune” et que vous cognez  un flic pour défendre une dame, même si vous vous repentez sincèrement par vidéo interposée… arrivé au commissariat, vous serez placé en garde à vue trois jours, puis bénéficierez d’une comparution immédiate et d’un gros mois de préventive.

    Si lors de la perquisition inopinée de votre domicile, la police trouve une arme non déclarée, vous risquez en sus prison et grosse amende.

    Si pour vous aider à payer les honoraires de vos avocats, des internautes montent une cagnotte Leetchi, l’Elysée  la fera immédiatement bloquer, en hurlant au scandale par ministres interposés.

    En bref, mieux vaut s’appeler Benalla que Dettinger.

     

    Edmond Furax

     

    https://www.delitdimages.org/mieux-vaut-etre-cogneur-appointe-par-lelysee-que-boxeur-gitan-de-massy/

     

     

     


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    Frédéric Lordon : Les forcenés

     

    Les forcenés

    par Frédéric Lordon

     

    Méthodologiquement, et déontologiquement, il faut maintenir les hypothèses psychiatriques dans un statut d’ultime recours quand il est question de politique, et ne se tourner vers elles qu’après avoir tout essayé. Au point où nous en sommes cependant, observant Macron, Griveaux, écoutant le défilé ininterrompu des députés LREM sur les chaînes d’information continue et les chiens de plage arrière qui font « oui oui » en leur passant les plats, on cherche en tous sens, et surtout en vain, ce qui pourrait nous sauver de ce dernier recours. Après avoir épuisé toutes les explications alternatives, il va falloir s’y résoudre : ces gens sont complètement fous.

    On savait depuis longtemps que chaque fois que l’un d’eux dit « j’ai bien entendu » ou « nous sommes à l’écoute », il utilise juste d’autres mots pour dire « nous n’en ferons qu’à notre tête et vous n’existez pas ». Cependant, il y a un point où le cynisme bonnasse de type chiraquien ou hollandiste ne fait plus une hypothèse suffisante. Quand un mouvement quasi-insurrectionnel hurle au gouvernement qu’il mettra le feu plutôt que de continuer dans cette direction, et que le gouvernement lui répond qu’il a « bien entendu » « l’impatience », qu’il a bien compris la demande, l’envie même, d’aller encore « plus loin dans le changement », de se montrer « encore plus radical dans les méthodes et les manières de faire », comment écarter l’hypothèse psychiatrique ? Quel type de rapport Benjamin Griveaux entretient-il avec la réalité quand il se prévaut d’une « envie de changement des Français », en tout cas d’une envie du type de celle qui appellerait sa réponse à lui ? Et, accessoirement, pourquoi ne se trouve-t-il pas un média pour le lui faire remarquer clairement ? En commençant d’ailleurs par lui faire observer que « ses » Français, mesurés au score réel de la présidentielle, font à peine plus de 10 % du corps électoral [1], et qu’ils n’ont porté Macron au pouvoir qu’au terme d’une gigantesque prise d’otages de deuxième tour, méthodiquement agencée de longue date avant le premier — autrement dit sans aucune des « envies » que leur délire Griveaux.

    Orwell, qui n’est pas redevenu par hasard une référence contemporaine, a dit comme personne le tour de langage propre au pouvoir dictatorial : l’inversion, en fait la négation, systématique des choses par les mots — la guerre qui est la paix, l’esclavage la liberté et l’ignorance la force. Mais c’est autre chose encore, d’une autre nature, qui émane par exemple du discours de « vœux » de Macron. C’est qu’il faut un twist déjà très prononcé pour revendiquer « avoir posé les bases d’une stratégie ambitieuse pour améliorer l’organisation de nos hôpitaux » [2] quand le système de soin est au bord de l’effondrement et que médecins et infirmières en sont à se suicider ; de même pour prétendre « lutter contre le réchauffement climatique » quand les mesures prises finissent par écœurer un personnage a priori aussi disposé à tous les simulacres que Nicolas Hulot. Ou pour se targuer « d’éradiquer la grande pauvreté » quand, du fait de politiques de guerre sociale à outrance, elle explose dans les statistiques et sous nos yeux mêmes. Il faut avoir passé des caps pour expliquer sans ciller que la transformation « en profondeur des règles de l’indemnisation du chômage », de « l’organisation du secteur public » et de « notre système de retraite », transformations qui promettent les demandeurs d’emploi à une précarité sous surveillance sans précédent, le secteur public au saccage néomanagérial, et les retraités à la misère, pour expliquer, donc, que tous ces bons soins sont faits « au fond pour bâtir les nouvelles sécurités du XXIe siècle ».

    À ce stade, l’examen clinique est déjà très lourd, mais il ne prend sa véritable consistance qu’au moment, proprement glaçant, où le sujet déclare placer toutes ses intentions sous le signe de la vérité et de la réalité, et jusqu’à en faire un vœu, « un vœu de vérité » — consciencieusement mâchonné par le commentariat médiatique. C’est alors qu’on le voit passer le 38e parallèle quand, bien en face, il nous souhaite pour 2019 « de ne pas oublier qu’on ne bâtit rien sur des mensonges ». Et c’est à l’instant où il nous sermonne que « nous nous sommes installés dans un déni parfois flagrant de réalité » que toutes les alarmes se mettent à sonner.

    C’est donc avec des profils de ce genre qu’il faudrait aller jouer au « grand débat », et avec lesquels la « presse démocratique » appelle elle aussi à aller « parler », puisque « parler », c’est la « démocratie ». Des profils qui ont pourtant annoncé la couleur, qui invitent à discuter de tout mais sous l’évidence préalable qu’« on ne détricotera pas ce qui a été réalisé en dix-huit mois », c’est-à-dire qu’on ne changera rien — sinon à donner du même en pire. On réalise ici que c’est de nouveau à Benjamin Griveaux qu’on doit cet encouragement à débattre, décidément un personnage remarquable, fin connaisseur du pays profond depuis « la clope et le diesel [3] », et l’on se dit qu’on pourra raconter ce qu’on veut à propos des animateurs de l’après-midi « Portes ouvertes » au ministère, sauf qu’ils ont manqué de sens politique.

    Comme un événement se reconnaît à sa puissance de classement, à son pouvoir de montrer qui est où, et qui pense quoi — après le TCE de 2005, Trump ou le Brexit, celui des « gilets jaunes » en est un au plus haut point —, l’événement dans l’événement, dont les portes défoncées du ministère fait certainement partie, l’est au carré : il fait tout sortir. À commencer de l’intéressé lui-même qui, pour se refaire une dignité express après avoir changé de linge, va puiser dans les dernières ressources de son lyrisme Sciences-Po pour expliquer que ce qui a été attaqué, « c’est la maison France ». Si l’on prend le parti charitable de considérer que « la maison France » (assez judicieusement rebaptisée par un internaute « la maison Business France ») n’est pas une entité imaginaire pour enfants en bas âge, ou bien pour délirant échappé du CMP, il faut expliquer à Griveaux que, non, c’est bien lui qui a été visé, qu’il n’était d’ailleurs pas illogique qu’il en fût ainsi car, est-il dit quelque part, le malheur va à celui par qui le scandale arrive et que, porte-parole d’une clique qui scandalise le pays, il a lui-même, à force de provocations et de mépris, porté l’outrage général à des sommets qu’on ne peut décemment pas imaginer franchir en toute impunité. Appelons donc Benjamin Griveaux à refaire des distinctions élémentaires, dont la perte est une indication préoccupante de plus : il n’est pas « la maison France » en personne, ni même « les institutions ».

    Cette confusion n’existe cependant pas qu’à l’état isolé dans les têtes les plus dérangées de ce gouvernement. Un reportage court mais frappant de l’AFP auprès des forces de l’ordre révélait avec quelle sorte de conditionnement les chefs bourrent les têtes de la troupe avant de l’envoyer matraquer : « ils nous disent que si on perd cette bataille-là tout peut s’effondrer. Ils nous rappellent l’importance de notre métier pour la démocratie et la république (…) Notre vocation, c’est de défendre les institutions [4] », témoigne ainsi l’un d’eux. Brutes fascisées mises à part, qui n’ont besoin d’aucun motif pour cogner, que resterait-il de l’ardeur des policiers si on leur expliquait posément que, Griveaux et Macron dégagés, les « institutions », qui ne se confondent pas avec leurs occupants transitoires, seraient toujours là… accessoirement débarrassées des personnages qui leur bricolent la même vie pourrie que ceux sur qui ils ont ordre d’aller taper ? Défendre Macron n’est pas défendre « les institutions » : c’est défendre Macron — barricadé dans les institutions.

    Mais l’on pourrait aussi, à l’exact inverse, répondre tout autre chose au spasme indigné de ce que, sinon « la maison France » du type en rupture de cachets, ce sont « les institutions de la République qu’on attaque », autre chose qui ferait le choix de prendre cette phrase de carton-pâte au sérieux malgré tout, et qui lui dirait que, tout bien réfléchi, en définitive, oui, c’est vrai, il y a de ça. On ne sait jamais trop où se situer entre le trop et le trop peu d’importance accordée aux questions institutionnelles, mais si vraiment les renversés du Fenwick tiennent à en parler, alors oui : se débarrasser des institutions de la Ve République, ça peut en effet faire partie de l’idée générale [5].

    Il faut que les « défenseurs de la démocratie », forcenés médiatiques hurlant à la « sédition » et aux « factieux » avec les forcenés politiques, aient perdu de longue date l’idée de la démocratie qui, il faut visiblement le leur rappeler, consiste en l’activité autonome par lesquelles les peuples créent non seulement leurs lois mais leurs institutions — créent, c’est-à-dire s’autorisent à recréer chaque fois qu’ils le jugent opportun. On aura donc du mal à tenir le renversement des institutions en vue de refaire de nouvelles institutions pour une activité opposée à la démocratie quand elle en est l’expression même.

    Pour parler aux forcenés avec des références simples qu’ils peuvent peut-être comprendre, de Gaulle en 1958, par exemple, se propose de « renverser les institutions de la république » — la IVe. Comme on sait, il s’est alors agi, dans la manière, davantage d’un coup d’État que d’une refondation démocratique, mais comme de Gaulle est leur doudou à tous, et qu’ils tiennent tous ce cas de « renversement des institutions de la république » pour une chose très admirable, un argument a fortiori devrait les convaincre sans peine que la même chose appliquée à la Ve, mais avec beaucoup de monde au lieu d’une sorte de junte, est encore plus exemplairement démocratique.

    Pour tout dire, on sait bien qu’aucun argument ni aucune logique n’auront plus la moindre prise sur ces esprits. Tout autant que ce gouvernement, la presse mainstream qui fait bloc avec lui a quitté le réel. Départ qui hésite entre les formes du grotesque et celles du refuge dans les principes supérieurs, crécelles à tourner quand, le dos au mur, on n’a plus rien à dire. Le grotesque par exemple quand France Inter convie une « spécialiste des discours politiques » à commenter les vœux de Macron et, joignant le pire radiophonique au pire universitaire, obtient sans peine de l’invitée choisie à cette fin que prononcer les vœux debout, c’est « donner une image de dynamisme et de jeunesse », mais aussi « casser l’image très éloignée des Français [6] » — avouons qu’ici le « service public » ne pouvait guère cerner de plus près le sentiment du public, à qui l’écoute de l’allocution présidentielle a certainement fait cet effet-là exactement, et inspiré des pensées toutes pareilles. « Donc un président qui a entendu, et qui se remet en marche » résume Alexandra Bensaïd, avec une parfaite objectivité, elle aussi vouée à tomber des nues le jour où les portes de la Maison de la Radio seront à leur tour enfoncées à l’engin de chantier.

    Comme par une sorte de prescience du Fenwick qui vient, le monde des médias prend les devants et n’en finit plus de s’envelopper préventivement dans la « démocratie », de crier que si on lui touche un cheveu à lui, c’est elle qu’on assassine, et qu’il n’y a pas de plus grand crime. Alors dans une crise d’écholalie qui sent les paniques terminales, il ne dit plus, en boucle et en désordre, que « république », « les institutions », « démocratie » et « liberté de la presse ». Mais il y a belle lurette que « la démocratie », dans ces bouches, n’est qu’un mot ectoplasme, comme « presse libre », et ça n’est certainement pas un hasard que les deux se serrent l’un contre l’autre pour tenter de se sauver solidairement — la « démocratie » du capital accrochée à la « presse libre » du capital (ou à celle de l’État du capital).

    Déjà au naturel apparentées à ces concepts dont Deleuze disait qu’ils sont « gros comme des dents creuses », la « presse libre » et la « démocratie » sont des abstractions vides de sens, dont les tenants voudraient qu’on les révère en principe, alors qu’on n’en juge qu’en situation. Montrez-nous telle presse, et tel système de gouvernement, nous vous dirons s’ils sont libres et démocratiques, indépendamment des étiquettes avantageuses qu’ils se donnent, et pour le reste, inutile de s’agiter avec des généralités à faire du vent. Quel effet pourrait bien nous faire par exemple l’étiquette de « presse libre, pilier de la démocratie » quand on écoute BFM, France Info (qui est pire que BFM), ou qu’on lit le JDD en ce moment ?

    On comprend en tout cas que, dans toute cette affaire, la question de la violence soit le point de cristallisation absolue. D’abord parce qu’elle répond à une série d’égalités ou d’oppositions entre « dents creuses » suffisamment rudimentaires pour entrer dans des têtes de journaliste : violence = contraire de démocratie ; or démocratie = bien suprême, et incidemment démocratie = presse (libre) ; donc presse libre = bien suprême, et violence = ennemi de presse libre (spécialement quand ça commence à chauffer à proximité des sièges de médias). Mais aussi, bien plus encore, parce que la violence n’est pas que le point d’outrage, ou de terreur, de la « presse libre » : elle est son point de mauvaise conscience.

    Depuis trente ans en effet, la structure institutionnelle d’ensemble, dont les médias sont un élément décisif, n’a pas cessé d’organiser la cécité, la surdité et la tranquillité des puissants — dont Griveaux est le produit achevé, la forme pure : « à l’écoute », il « entend » qu’il faut accélérer, et puis s’étonne de se retrouver avec une porte cochère sur les bras. Or depuis 1995 jusqu’à aujourd’hui, en passant par Le Pen en 2002, le TCE de 2005, le Brexit, Trump, etc., les médias dominants se sont scrupuleusement tenus à leur tâche de gardiennage qui consistait à renvoyer toute manifestation de mécontentement à l’irrationalité et toute demande d’alternative à l’irresponsabilité, pour placer la continuité gouvernementale néolibérale hors d’atteinte. Quand tous les médiateurs, médiatiques et syndicaux, ont cessé depuis trois décennies de médiatiser quoi que ce soit, quand le jeu ordinaire des institutions ne produit plus que du Griveaux, et que sa manière très spéciale « d’écouter » est bénie, au moins par omission, par la corporation éditorialiste, il ne faut pas s’étonner qu’ayant parlé si longtemps dans le vide et à bout de souffrances, le peuple n’ait plus d’autre solution sous la main que de prendre la rue et d’enfoncer les portes pour se faire entendre une bonne fois.

    On comprend mieux que les médias soient accrochés à leur cher tamis, celui qui doit faire le tri des « agitateurs factieux » et des « gilets Jaunes pacifiques ». Il leur sera difficile d’admettre, comme en témoignent pourtant les sondages aussi bien que la « cagnotte du boxeur », que les seconds soutiennent tacitement, voire explicitement, les premiers. Et que ces seconds voient très bien que, sans ces premiers, ils n’auraient même pas obtenu les miettes qui leur ont été octroyées avec condescendance, car toute manifestation « citoyenne » et « pacifique » est vouée à la nullité dans le système de la surdité institutionnelle organisée — un mois de quasi-insurrection pour un moratoire sur l’essence et quelques clopinettes autour du SMIC : nous connaissons maintenant les tarifs de la « démocratie à l’écoute ».

    La « violence » dont s’épouvante la corporation, et dont elle voudrait épouvanter avec elle le reste de la population, offre donc en creux l’exacte mesure de sa carence. Et comme il est trop tard, comme par ailleurs, à l’image de tous les pouvoirs, le pouvoir médiatique est incapable du moindre apprentissage — les médias ne font-ils pas partie depuis des décennies des institutions les plus détestées, et qu’ont-ils fait, année après année, sinon enregistrer stupidement leur discrédit sans rien changer ? —, alors la corporation campera sur ses équations pour débiles légers : violence = mal incompréhensible, en fait même inconcevable.

    Feignant de ne rien comprendre, ou ne comprenant rien vraiment, les médias croient qu’on les chicane injustement sur des questions de comptage, ou bien pour avoir montré quelques fascistes au milieu des « gilets jaunes » — avec l’appui de sociologues à la pointe de la connaissance scientifique, comme Michel Wieviorka, qui a « vu dans Paris des tags avec un « A » entouré, qui est un signe d’extrême-droite [7] ». Aussi bien éclairés, on comprend qu’ils ne puissent pas voir qu’à part leur racisme social foncier, c’est par leur fusion manifeste avec toutes les vues des dominants, et plus encore sur la question de la violence que se joue actuellement leur infamie. Répéter jusqu’à la nausée « casseurs », ne montrer que la violence des manifestants, occulter systématiquement celles de la police, c’est infâme.

    Aussi bien l’expérience concrète que l’enquête tant soit peu soigneuse confirment que la police porte la responsabilité pratique du niveau des violences. L’expérience concrète car, depuis 2016 déjà, on ne compte plus les témoignages de manifestants parfaitement pacifiques que le matraquage sans motif, sans préavis, et sans justification, a rendus enragés, et déterminés à ne plus se laisser faire « la fois d’après ». Quant à l’enquête, celle de Laurent Bonelli rapporte ce propos recueilli d’un « haut responsable des forces de maintien de l’ordre » : « c’est nous, l’institution, qui fixons le niveau de violence de départ. Plus la nôtre est haute, plus celle des manifestants l’est aussi ». Voilà ce qu’on ne lira jamais dans la presse mainstream.

    Qui n’en cultive pas moins l’hypocrisie minimale lui permettant de se croire quitte de ses devoirs « d’informer ». Car, se récriera-t-elle, elle « en parle » ! Si en effet, passé samedi soir, où l’un des journalistes de France Info, un certain Pierre Neveux, encore plus en roue libre que ses collègues, suggère au sous-ministre de l’intérieur d’interdire purement et simplement les manifestations, un flash de dimanche après-midi mentionne bel et bien la scène du flic tabasseur de Toulon. Mais pour l’accompagner d’une interview d’un syndicaliste… de la police, et sans omettre la plus petite des circonstances justificatrices, quitte à relayer toutes les fabrications policières s’il le faut. Pendant ce temps, le boxeur de CRS, lui, est omniprésent. Car voilà toute l’affaire : l’omniprésence, ça s’organise. Et, forcément, ça s’organise sélectivement.

    Un journaliste cependant sauve l’honneur de la profession (heureusement, il n’y en a pas qu’un) : David Dufresne a tenu un compte scrupuleux des violences policières, sauvages, gratuites, illégales. 230 signalements depuis un mois, une encyclopédie de la honte « démocratique », dont la moindre image soulève le cœur et l’indignation. Et surtout — c’est bien ça le problème — suffirait à retourner l’opinion comme une crêpe. Mais qui lui donne la parole ? Envoyé spécial, brièvement et dans un exercice d’équilibrisme visiblement sous haute surveillance. Et Le Média, seul de son genre, dans une émission comme on est bien certain qu’on n’en verra nulle part ailleurs de pareille. Car dans le cercle des médias installés, pas un n’a encore trouvé la force d’articuler explicitement cette vérité de l’époque Macron qu’aller manifester emporte le risque d’une blessure de guerre, ou de sanctions judiciaires ahurissantes. Ni plus ni moins. On attend toujours de voir la « presse démocratique » éditorialiser ou, comme il lui reviendrait en réalité, faire campagne sur ce thème, à l’appel par exemple des avertissements répétés des institutions internationales, ONU, CEDH, Amnesty International. Car, là encore, il y a une différence entre se dédouaner à peu de frais de la restitution des « faits » et en faire quelque chose. Comme les médias croient se dédouaner, à l’image du Monde, en couvrant le mouvement, pour finir par éditorialiser que l’ordre macronien est le bon et que ceux qui persistent à le contester ne sont plus que des « irréductibles violents [8] », ils rapportent a minima quelques cas de violences policières, et puis éditorialisent… ailleurs, c’est-à-dire rien. Manifester, blessure de guerre — mais rien.

    Il apparaît donc que la « presse démocratique » se moque absolument des atteintes réelles à la démocratie. Traquant la fake news jusqu’à l’écœurement, sans d’ailleurs jamais qualifier comme telles toutes celles qui viennent de l’intérieur de son propre système, elle est devenue l’institution centrale de la fake democracy. Et elle s’étonne que les mots-amulettes aient perdu toute efficacité, que les gueux ne mettent plus genou à terre devant le crucifix de la « presse libre », elle se consterne que, ne trouvant rien d’autre pour sa défense que de se réfugier dans « la dent creuse » des principes supérieurs, elle ne recueille plus que les lazzis dans le meilleur des cas, et la rage, à son tour maintenant — implacable mécanique de la solidarité des pouvoirs forcenés : comme ils ont régné ensemble, ils tombent ensemble.

    En l’occurrence ce sont les troupiers médiatiques qui tombent les premiers — comme dans toutes les guerres, les bidasses ramassent pour les généraux. Au reste, on n’est pas tout à fait certain de la mesure dans laquelle, à BFM, les options idéologiques de la base diffèrent de celles du sommet. À tout le moins, il semble que le compte n’y soit plus suffisamment pour continuer de se faire traiter « d’enculé » et sortir méchamment des cortèges en conséquence des agissements de la chefferie. Si cependant les reporters de BFM avaient deux sous d’analyse, ils donneraient à leur débrayage un tout autre sens que celui d’un « boycott de la couverture des “gilets Jaunes” » : le sens d’une grève, c’est-à-dire d’un avertissement à leur direction, responsable réelle de la situation impossible où ils se trouvent. Du reste, exactement de la même manière que les CRS devraient poser le casque en un geste de défiance enfin bien adressé : à l’endroit du gouvernement, qui répand une colère écumante et laisse ses prolos du maintien de l’ordre aller en accuser réception à sa place.

    En tout cas on l’a compris, ce pouvoir médiatique n’est pas moins forcené que ce pouvoir politique. Tous ses choix, et plus encore ses non-choix, le confirment. De quoi parle-t-il, et de quoi ne parle-t-il pas ? Et comment parle-t-il de ce dont il parle, croyant être à jour de ses obligations du seul fait « d’en avoir parlé » ? Pourquoi, par exemple, les médias mainstream qui n’aiment rien tant que se voir partir en croisade et se faire un blason d’investigateurs avec les Leaks et les Papers (qu’on leur envoie) ont-ils fait si peu de choses de ce mail des Macronleaks expliquant benoîtement que les taxes essence étaient écologiques comme Bernard Arnault un militant de la cause du peuple : elles n’étaient faites que pour financer les baisses de cotisations du CICE ? Pourquoi n’en ont-ils pas fait une campagne, comme ils l’ont fait avec entrain au début pour expliquer que les « gilets jaunes » et leurs carrioles puantes étaient les ennemis de la planète ? Pourquoi cet élément accablant n’a-t-il pas fait toutes les une écrites et audiovisuelles pendant plusieurs jours d’affilée, puisque c’est le genre d’opération pour lesquelles les chefferies ont une passion ?

    Pourquoi, également, ne se sont-ils pas saisis de cet accident d’un ouvrier de 68 ans, auto-entrepreneur, mort d’être tombé d’un toit, fait qui n’a rien de « divers » puisque, non seulement il dit tout de l’époque, mais qu’il épouse parfaitement le moment ? 68 ans, ouvrier, auto-entrepreneur, mort au travail : n’y avait-il pas de quoi faire quelque chose de cette sorte de synthèse parfaite ?

    Pourquoi, encore, se sont-ils joints au ministère de l’intérieur pour crier au scandale à propos de la guillotine en carton, au mépris de toute l’histoire populaire des effigies ? Au mépris surtout de ce qu’à fermer jusqu’aux formes symboliques de l’expression de la colère, après en avoir fermé toutes les formes politiques, ils devraient se demander quelles solutions d’expression ils lui laissent.

    Les vrais forcenés sont ceux dont le pouvoir, joint à l’acharnement, produisent ce genre de situation. Du code du travail à la gueule des manifestants, ce sont eux qui cassent tout — c’est bien ça le problème avec les forcenés : ils cassent tout. Cependant, il y a un moyen très simple de les en empêcher : on leur envoie les infirmiers. Les « gilets jaunes » le pressentent-ils : il y a quelque chose en eux de la blouse blanche.

    Frédéric Lordon pour La pompe à phynance

    Frédéric Lordon est un économiste qui travaille avec la philosophie, selon sa propre définition, directeur de recherche au CNRS. Il est notamment l’auteur de «  Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières  », Raisons d’agir, octobre 2008 ; « Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme », Presses de Sciences Po, 2008 ; « Et la vertu sauvera le monde  », Raisons d’agir, 2003 ; «  La politique du capital  », Odile Jacob, 2002. « Imperium » Structures et affects des corps politiques. La Fabrique, septembre 2015.

    Notes

    [1À 79 % de taux de participation et 45 % de vote utile (mesurés par un sondage Opinionway), les 24,1 % de Macron au premier tour donnent un soutien réel de 10,47 % des inscrits.

    [2Emmanuel Macron, « Vœux 2019 aux Français », 31 décembre 2018.

    [4« Si on perd cette bataille-là, tout peut s’effondrer », AFP, 9 décembre 2018

    [5Fenwick est une marque bien connue de chariot élévateur.

    [6Cécile Alduy, Le 7/9, France Inter, 1er janvier 2019.

    [7« L’Info du vrai », CNews, 7 janvier 2019.


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