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    Les lois Blanquer

    http://www.pardem.org/actualite/965-les-lois-blanquer

    Par Andrée Hemet, membre du Conseil national du Parti de la démondialisation
    Le 14 juin 2019

    En France, la dépense nationale d’éducation (en 2016) pour ses 15,6 millions d’élèves et la formation continue est de 149,9 milliards d’euros ; dont les ¾ pour les personnels. Comme pour les autres services publics (santé, transport, énergie, etc …) l’éducation représente un marché important que cherchent à s’approprier les pillards libéraux, soutenus par les lois européennes et avec la complicité des gouvernements.

    Les 120 000 suppressions de postes prévues par le gouvernement de M. Macron dans la Fonction Publique ne sont que l’application des directives européennes imposant la limitation du nombre de fonctionnaires, donc des dépenses publiques, pour toujours moins d’Etat et plus de concurrence libre et non faussée.

    La première des valeurs républicaines de l’école est que tout élève reçoit le même enseignement, suit les mêmes programmes et obtient des diplômes qui ont la même valeur sur tout le territoire français. La politique que promeut Jean-Michel Blanquer anéantit cette valeur d’égalité.


    Le désengagement de l’état dans l’éducation.

    M. Blanquer continue ses expérimentations dangereuses. Après la promotion des neurosciences comme mode de classement et de sélection des élèves dès le plus jeune âge, il lance une réforme précipitée du Bac pour que celui-ci soit installé avant la prochaine élection présidentielle. Il impose deux années de suite, un changement sans aucune cohérence dans les programmes. Les modes d’évaluations ne sont toujours pas connus à deux mois des épreuves. Le premier degré est lui aussi démantelé. Depuis plus de vingt ans, toutes les réformes proposées vont dans le même sens de destruction de l’Education nationale ; il faut souligner que seuls les établissements privés tirent profit de ces réformes et reçoivent toujours plus de financement public.

    Les nouvelles réformes du lycée et du Bac laissent les parents, les enseignants et les élèves dans un flou permanent quant à l’orientation de ces derniers. Les filières, deviennent des « spécialités » et seront déterminantes pour prétendre à un accès à des études supérieures. Les attentes des universités, qui choisissent seules leurs étudiants, restent inconnues ; si bien que les élèves doivent décider à l’aveugle de leurs options, sans savoir si elles leur permettront de postuler en faculté pour la matière de leur choix. Les codes qui permettent de choisir ces spécialités deviennent très complexes et renforcent les inégalités sociales.

    La politique « curriculaire ».

    M. Blanquer continue la politique visant à court-circuiter les programmes nationaux et instaurer une logique différentialiste par le curriculum de l’élève, c’est à dire le parcours d’apprentissage, ce que l’élève a compris, ce qu’il est capable d’utiliser. Ainsi, l’enseignement sera « différencié » selon la catégorie socio-professionnelle des parents et le niveau socio-économique du territoire sur lequel l’école est située. En résumé, il s’agit d’adapter l’offre scolaire aux besoins du marché.

    Une année de Bac général revient à 117 330 €, de Bac professionnel à 121 860€.  Une première année d’université à 11 510 € ; une licence à 30 620€ ; un BTS à 27 570 €. C’est aussi pour des raisons comptables que les redoublements sont refusés aux élèves et que sont privilégiés le Bac général et le BTS.

    L’école maternelle.

    Bien que facultative, le modèle de l’école maternelle française, était, il y a une vingtaine d’années encore, envié par de nombreux pays pour son efficacité auprès des enfants de 3 à 6 ans dans la mise en place de nombreux apprentissages. Entre autres : les prérequis de l’apprentissage de la lecture, le travail de socialisation, le développement du langage oral, le développement de la motricité, de l’ouverture au monde et à la culture, la détection et la prise en charge des handicaps etc.

    « Les lois pour une école de la confiance » de J.M Blanquer, rendent la scolarité obligatoire dès 3 ans. Avec actuellement 97,6% d’enfants scolarisés en maternelle, on peut considérer que la quasi-totalité des enfants de 3 à 6 ans bénéficie déjà de cet enseignement.

    Depuis la loi Debré de 1959, les collectivités locales doivent assumer les coûts de fonctionnement et d’entretien des écoles privées sous contrat. L’abaissement de l’obligation scolaire à 3 ans va permettre aux établissements privés d’ouvrir de nouvelles classes de maternelle financées par l’argent public.

    Le surcoût pour les communes, qui ne recevront quasiment aucune dotation supplémentaire, va les contraindre à supprimer des classes ou des postes d’Atsem (Agent Territorial Spécialisé des Ecoles Maternelles, assiste l’enseignant dans la classe sans responsabilité pédagogique). Les disproportions des finances municipales vont induire des écoles à plusieurs vitesses, favorisant une fois de plus les territoires riches et les écoles privées. La loi NOTRe visant à faire disparaître les communes au profit de mégapoles régionales transfèrera le pouvoir de créer ou conserver une école à des gestionnaires éloignés des administrés. En outre, rien n’est précisé quant au degré de formation qui sera exigé des personnels ; vu le recours massif actuel aux contrats CDD pour des enseignants sans formation, on est en droit de craindre le renforcement de l’enseignement au rabais.

    Cela n’est pas sans rappeler les TAP (Temps d’Activités Périscolaires) mis en place en 2012 qui, organisés dans une disparité inacceptable et catastrophique, ont anéanti nombre d’écoles de musiques, de danse, de sport dans lesquelles les enfants recevaient un véritable enseignement dispensé par des professionnels, se sont vus proposer des activités incohérentes et sans intérêt encadrées par des personnels enthousiastes mais non formés.

    Les établissements en milieu rural.

    Les collèges des petites villes ou des régions peu peuplées pourront-ils proposer des enseignements de langues aussi variés que dans les collèges de grandes villes ou régions riches ? Comme l’a affirmé M. Blanquer en visite à Rennes, « qu’est-ce qu’un élève breton aurait à faire d’apprendre l’allemand ? ». Il faut donc en conclure que si un élève souhaite apprendre l’espagnol, il faudra qu’il habite dans le sud-ouest, pour le russe ou le chinois, il faudra compter sur l’école privée ou les cours par correspondance. Evidemment pour ce qui est du latin et du grec, autant y renoncer à moins de pouvoir entrer dans un lycée renommé (Henri IV ou Louis Le Grand ?). Quant aux classes bi-langues ou internationales, elles vont disparaître des établissements publics et n’être accessibles que dans le privé.

    Il est certain que les lycées se situant en dehors des grandes métropoles ne pourront pas proposer toutes les spécialités et options qui mènent aux universités. Les options culturelles comme le théâtre, la musique ou les arts plastiques ont déjà quasiment disparu. Ce renforcement des inégalités territoriales est un coup supplémentaire aux populations qui, à cause de la spéculation immobilière, ne peuvent se loger dans les centres-villes.

    Les élèves en situation de handicap.

    Le projet de fermeture des Instituts Médicaux Pédagogiques, va renforcer « l’inclusion scolaire » de tous les enfants à partir de 3 ans en milieu ordinaire quelle que soit la lourdeur du handicap. Les nouveaux Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisé organiseront l’accompagnement de ces élèves. Ces Pôles devront gérer les moyens mis à disposition des circonscriptions pour la scolarisation des élèves porteurs de handicaps. Vu le manque de personnel (AVS etc.) il est à craindre que la prise en charge ne soit plus individualisée et que le volume horaire de prise en charge soit restreint.

    Cet abandon des élèves en situation de handicap est une réelle maltraitance, pour eux comme pour les autres élèves. Et les enseignants doivent se substituer aux personnels spécialisés sans avoir reçu de formation, au risque d’agir, sans le savoir, contre le bien être de l’enfant.

    La disparition des directeurs et les EPSF.

    Regrouper les écoles (une dizaine voire plus) et les intégrer dans un même Etablissement Public des Savoirs Fondamentaux permettrait de récupérer les postes de directeur et leur décharge pour direction. De plus les moyennes d’effectifs par classe, calculées sur un plus grand diviseur, permettront de fermer plus facilement des classes et ainsi récupérer encore des postes.

    L’actuel directeur d’école est un collègue chargé de la direction et de l’animation pédagogique de son équipe et non un supérieur hiérarchique. La mission des directeurs d’EPSF évolue vers un management des enseignants et une gestion comptable des moyens.

    Quant aux parents d’élèves, que pourront-ils attendre d’un directeur qui ne connait pas leur enfant et qui ne sera sûrement pas disponible pour répondre à leurs questions ? Cette communication relèvera-t-elle de l’enseignant seulement ?

    Les évaluations permanentes des élèves.

    La loi Blanquer crée une nouvelle instance : le Conseil d’Evaluation de l’Ecole qui sera composé de 10 personnes dont 8 choisies par le ministre ; sur ces 8, 4 seront des fonctionnaires. Il existe déjà deux instances d’évaluation : la DEPP (ministérielle) et le CNESCO (évaluation indépendante).

    Ce nouveau conseil est un assistant à la politique managériale du ministre. J.M Blanquer est obsédé par l’évaluation permanente et la culture du résultat ; les évaluations dès le CP ne permettent pas aux élèves d’intégrer les apprentissages ; à peine abordées, les notions sont déjà évaluées, mesurées et entraînent un classement de chacun dans des cases : « notion acquise, en cours d’acquisition, non acquise », alors qu’une notion nécessite un temps de maturation différent selon les élèves. Aucune chance pour celui qui a besoin de plus de temps, de parvenir à apprendre ; son curriculum indiquera définitivement ses « incapacités » !

    Cette culture du résultat est très dangereuse car elle pousse les équipes enseignantes à rechercher la « rentabilité » en postes, dotation, primes au mérite, promotions, etc. Suivra le classement des établissements, l’arbitraire et la généralisation des postes à profil. La grande oubliée de ces réformes reste la réussite des élèves.

    La formation des enseignants.

    Pour la deuxième année consécutive, les postes au concours de professeur des écoles du public sont en chute : - 9%, alors que le concours de l’enseignement privé bénéficiera d’une hausse de postes de +38%.

    La liberté pédagogique et l’expérimentation pédagogique sont des pratiques institutionnelles reconnues depuis très longtemps dans l’éducation nationale ; les pédagogies actives, par exemple la méthode Freinet, ont permis de développer la réflexion sur les difficultés d’apprentissage et ont apporté des solutions souvent efficaces. Alors que l'expérimentation est de mise dans les établissements privés même hors contrat (Montessori, Steiner etc.), pour l’école publique on constate une disparition de la liberté pédagogique notamment en ce qui concerne le choix des méthodes d’apprentissage de la lecture. En imposant les méthodes syllabiques restreintes aux enseignants de CP, malgré la remise en cause de ces méthodes dans un rapport de l’Inspection Générale de l’Education Nationale, le ministre entend bien discipliner les enseignants et les enseignements. Ces méthodes sont ardemment soutenues depuis près de 30 ans par les ministres successifs de l’Éducation qui ont tous essayé, par la désinformation, de convaincre les parents d’élèves de leur efficacité. On ne cesse d'accuser "la méthode globale" d'être à l'origine des incapacités de lecture et d’orthographe des citoyens alors qu'elle n’a jamais été réellement enseignée et que ce sont bien ces méthodes syllabiques pures qui sont à l’origine du problème.

    Le devoir de réserve pour les personnels de l’éducation empêchera les enseignants de s’exprimer dans des réunions de parents, ou autres ! Le gouvernement a déjà commencé à sanctionner les personnels qui ont critiqué la réforme Blanquer (pressions, blâmes, mises à pied, mutations…)

    Les ESPE qui avaient remplacé les IUFM qui eux-mêmes avaient remplacé les Ecoles Normales (où les élèves-maîtres étaient salariés) deviennent des Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat dont les directeurs sont désignés par le ministre.

    Depuis une vingtaine d’années, l’Education nationale s’évertue à recruter « des candidats qui ne vont pas bousculer les codes et les hiérarchies. La qualité du futur enseignant ne sera pas son indépendance d’esprit mais sa docilité et sa servilité », comme le souligne Augustin d’Humières, dans son livre « Un petit fonctionnaire ». Il ajoute (Page 62) «(…) lors de mon passage au jury du défunt CAPES de lettres classiques « il est trop savant, il ne saura pas s’adapter ! » murmurait un membre du jury en entendant un candidat dire qu’il envisageait d’expliquer à une classe de 5ème comment un mot latin se déforme pour aboutir au mot français (…) » et encore, à propos d’un autre candidat :  « c’était nul, il a classé Lamartine parmi les symbolistes ! Enfin on lui a mis 7 quand même, il sera très bien pour Villiers-le-Bel ! ».

    Conclusion.

    En 1833 la loi Guizot instaure une école primaire par commune et une école Normale d’instituteurs par département. En 1879, les lois de Jules Ferry - Paul Bert ont institué l’école gratuite et obligatoire ainsi que les écoles Normales d’institutrices. En 1879, la loi Goblet crée des écoles maternelles pour tous.

    En 1977 le concours de recrutement des élèves instituteurs de fin de collège (3e), emblématique de la France rurale et modeste est supprimé. En 1986 un niveau Bac +2 est exigé pour se présenter au concours. En 1989, L. Jospin, ministre de l’Education crée les IUFM et le statut de Professeur des écoles. Par sa circulaire, il affaiblit la loi Jean Zay de 1936 en laissant à l’appréciation des chefs d’établissements, l’autorisation du port des signes religieux à l’école. En 2004, la loi sur les signes religieux à l’école calme les problèmes de communautarisme dans les écoles. En 2008 la loi Fillon intègre les IUFM aux universités. En 2010 les enseignants sont recrutés au niveau Bac+5. En 2013 suppression des IUFM au profit des ESPE. 2019 : lois Blanquer.

    On constate que depuis 40 ans, les ministres successifs se sont attelés à la destruction de l’école. D’abord en supprimant le recrutement des enseignants dans les toutes les classes sociales de la société (1977) mettant du coup en place la reproduction sociale renforcée et limitant l’accès au métier aux catégories socio-professionnelles supérieures. L. Jospin ouvre (1989) la communautarisation et la disparition progressive de l’école de la République des quartiers-ghettos. De gauche comme de droite, tous les gouvernements ont appliqué les directives européennes et ont attaqué l’école publique dans le seul but de pouvoir ouvrir le marché de l’éducation au privé.

    Les syndicats enseignants n’ont pas joué leur rôle d’information politique et ont accompagné tant bien que mal les réformes, essayant de limiter la casse sans jamais remettre en cause le système. Ils n’ont jamais alerté les parents ou les enseignants sur les projets meurtriers de la politique libérale.

    Il est temps de réagir, parents, élèves, enseignants et citoyens doivent récupérer l’outil d’émancipation et de liberté du peuple qu’est l’Ecole de la République.


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    Gilets Jaunes contre oligarchie et « peste bleue », généalogie d’une guerre ouverte

     

    Comme le souligne Emmanuel Todd [1], les dissidents de la pensée unique politico-médiatique avaient presque perdu l’espoir que le peuple Français ait conservé sa capacité à se soulever contre ses oppresseurs.
    La révolte des gilets jaunes fut donc la bonne surprise de la fin d’année 2018 et une certaine fierté peut en être tirée après toutes ces années de soumission à la dystopie mondialiste.

    Ce mouvement n’est donc que l’aboutissement d’un demi-siècle d’une politique des petits pas ayant consisté à hypothéquer la démocratie au profit des puissances financières et au détriment des intérêts de la grande majorité de la population.
    Le principal vecteur de cette tyrannie est le machin supranational appelé « Union Européenne » construit ex-nihilo à partir de la fin de la guerre.

    Les traités européens ratifiés dans le cadre de cette « peste bleue » sont la source de la plupart des problèmes majeurs ayant induit l’explosion récente du mouvement des gilets jaunes.
    Mais d’où viennent donc les concepts fondateurs de l’idéologie inspiratrice de ces traités ?

    Nous allons voir que la racine du mal tire sa source d’un contexte géopolitique ayant fait des États-Unis d’Amérique la principale superpuissance à la sortie de la guerre, cette dernière a alors profité d’une fantastique opportunité pour imposer son modèle idéologique en commençant par l’Europe de l’ouest.

    A l’instar de celle de l’Union Soviétique, cette idéologie contenait cependant les germes endogènes de sa propre destruction. Historiquement, cette dernière prend sa source dans le modèle anglo-saxon et plus précisément dans sa déclinaison américaine avec la croyance de cette nation en une « destinée manifeste ».

    Avant d’aller au-delà, il est nécessaire de comprendre le système de pensée américain.

    Le modèle américain et la « destinée manifeste »

    Au XVIIe siècle, les britanniques ont dans un premier temps fondé sur la côte est du continent américain leurs fameuses treize colonies.
    Dans un second temps, les colons ont entrepris la célèbre conquête de l’ouest afin d’étendre leur contrôle sur de nouvelles terres.
    Point de détail, ces dernières étaient déjà occupées par la population autochtone amérindienne. La question fut rapidement résolue par l’éradication des gêneurs afin de prendre possession de leurs territoires.

    La nation américaine s’est donc construite sur l’acte fondateur du génocide de tout un peuple.

    Les succès sanglants de la conquête de l’ouest induisirent alors une sorte d’hubris avec le développement de la croyance des colons en un statut de « peuple élu » associée à la notion théologique d’une « destinée manifeste« .
    Cette croyance mystique n’a jamais quitté les élites américaines à tel point qu’elle fut étendue à un projet d’hégémonie mondiale destiné à imposer par la ruse ou par la force le modèle américain à toute la planète.

    Sociologiquement, ce modèle de souche culturelle britannique a été théorisé par Emmanuel Todd. Selon les travaux de ce dernier, il est basé sur une structure familiale de type « Famille nucléaire absolue » ou libertaire/inégalitaire. Autrement dit, dans un tel système, la liberté individuelle doit être totale et les inégalités sont parfaitement normales.

    L’idéologie économique anglo-saxonne néolibérale, compatible avec ce modèle, fut quant à elle théorisée au début du XXe siècle dans le cadre de l’École de Chicago par les célèbres Milton Friedman et Friedrich Hayek.

    En synthèse, les marchés privés étant considérés comme omniscients, tout doit leur être confié en ne laissant aux états supposés incompétents que des responsabilités minimum. Notons également que la nation américaine restera historiquement forte en dépit de son idéologie du tout privé.

    La crise de 1929 induite par un libéralisme exacerbé fut cependant suivie par une période de régulation étatique emmenée par des économistes tels que John Meynard Keynes. Le néolibéralisme ne tarda hélas pas à refaire surface avec le colloque Lippmann tenu à Paris en 1938, ayant débouché sur les accords de Bretton Woods en 1944.

    Ces considérations liminaires étant posées, nous pouvons commencer l’analyse de la situation et de ses causes en fixant le début de l’histoire à la débâcle de juin 1940.

    Les racines du mal : la vassalisation américaine de l’Europe

    Après la défaite militaire française des Ardennes contre les allemands, le combat aurait pu continuer dans les colonies. Cependant, le gouvernement Lebrun pris de panique confia avec l’aval du parlement les pleins pouvoirs à Pétain qui mit en place le régime de Vichy.
    Dans une grande tradition historique [2], nous vîmes alors durant cette période l’oligarchie nationale copieusement collaborer avec l’occupant nazi.
    En parallèle pendant le conflit, sous l’impulsion du général De Gaulle et de l’action de Jean Moulin, le célèbre programme consensuel du CNR fut élaboré afin d’être immédiatement appliqué à la libération.

    Coté américain, n’oublions pas que le débarquement en Normandie n’avait pour but que d’éviter que l’Europe de l’ouest ne tombe entre les mains de l’URSS qui était en train de gagner la guerre grâce à ses succès sur le front est.

    Cependant, durant le conflit les américains ont vu leurs capacités industrielles exploser avec l’effort de guerre. Par ailleurs, contrairement aux autres nations, ils n’ont subit aucune destructions de leurs infrastructures.
    L’URSS constituant une superpuissance affaiblie par la guerre, les États-Unis étaient donc devenus pour un temps la nation la plus puissante de la planète.
    Il ne leur avait pas échappé que la fin du conflit représentait pour eux un kairos, autrement dit il y avait là un moment unique leur permettant dans le cadre de la « destiné manifeste » de lancer leur projet d’hégémonie mondiale.

    Instrumentalisant le débarquement en Normandie, les américains considérèrent que l’Europe de l’ouest avait une dette envers eux. En effet, il fallait lui faire payer le prix du sang pour leurs boys tués sur les côte normandes ainsi que pour l’argent prêté un peu plus tard dans le cadre du plan Marshall.

    L’Europe fut donc tout naturellement choisie comme zone pilote pour les objectif de vassalisation mondiale de nos « alliés » américain.

    Autre point à remplir avant de lancer concrètement le projet, il fallait identifier un certain nombre de relais fiables dans les deux principales puissances européennes continentales.
    Pour la France, le choix de Jean Monnet fut une évidence de part ses liens étroits avec l’establishment américain et la CIA, l’ex. collaborateur sans convictions personnelles du régime de Vichy Robert Schuman fut également de la partie. Pour l’Allemagne, on recycla l’ancien nazi Walter Hallstein qui devint plus tard le premier président de la commission européenne.

    Walter Hallstein

    Attribuons cependant une note positive au chancelier Konrad Adenauer qui œuvra avec Charles De Gaulle à la réconciliation France/Allemagne.

    Pour en savoir plus sur ces fameux « pères fondateurs » de l’Europe, je renvoie aux travaux de Jean-Pierre Chevènement, Annie Lacroix-Riz, aux analyses de François Asselineau et surtout à l’excellent livre de Philippe De Villiers « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » [3].

    Restait le problème de l’adhésion des peuples.
    L’histoire du XXième siècle ayant montré que les régimes totalitaires (nazisme, fascisme, communisme) avaient leurs limites, il fallait trouver un moyen plus subtil d’assujettir les peuples à l’idéologie néolibérale.

    La fabrication du consentement

    Les objectifs américains de l’après-guerre étaient clairs, mais il était au préalable nécessaire d’associer au projet un storytelling à destination des peuples qui n’auraient jamais accepté les véritables enjeux.

    L’intellectuel américain Walter Lippmann (1889-1974), déjà évoqué, théorisa dans les années 20 le modèle de la « fabrication du consentement (des peuples) » dans le cadre des démocraties. C’est Noam Chomsky qui dénonça dans son ouvrage paru 1988 la collaboration active des médias dans la mise en œuvre de ce processus.
    (Voir également ici l’interview sur Thinkerview de la philosophe Barbara Stiegler).

    On inventa donc une histoire lénifiante d’union supranationale des nations devant en principe éviter la répétition des conflits sanglants ayant marqué l’histoire de l’Europe.
    Durant les décennies qui suivirent, cette idéologie anglo-saxonne allait faire des émules chez les classes dirigeantes qui n’eurent jamais conscience de ses véritables origines. Elle fit en particulier des ravages dans la technostructure française composée de hauts fonctionnaires en déficit d’idées personnelles dont le seul moteur était de faire carrière.

    Nous avions donc un projet sur le long terme, une idéologie, des hommes de mains à la botte des américains et un plan de communication.

    A partir de ce qui précède, le « sous-projet français » a cependant rencontré un obstacle de taille en la personne du général De Gaulle. Ce dernier fut le grain de sable ayant fait perdre plus de vingt années à la construction de cette entité supranationale de vassalisation de l’Europe.

    De Gaulle, le CNR et le circuit du trésor

    Après la guerre, le gouvernement provisoire De Gaulle applique le programme du CNR avec en particulier la mise en place d’un système bancaire et financier au service de la collectivité et piloté par l’état appelé « circuit du trésor ».

    A la sortie de la guerre, la dette était d’un montant de 200% du PIB. Le circuit du trésor a permis de résorber cette dernière en moins de dix années grâce à une forte croissance et une inflation élevée mais maîtrisée.

    Puis durant une trentaine d’années, ce système a permis d’éviter tout déficit public avant que l’oligarchie ne réussisse à le mettre au tapis au milieu des années 70 au profit d’un « circuit de la dette ».
    Toute cette histoire est racontée dans l’article ici [4].

    Ce premier acte de la reprise en main de la finance publique par des intérêts privés obligea donc l’état à financer ses éventuels déficits sur les marchés mondiaux, l’étape suivante consista à assécher ses sources de revenus.

    Le départ de Charles de Gaulle fin 1946 et l’instabilité politique de la quatrième République permit au projet américain d’avancer avec la création de la CECA en 1952. Ensuite, la signature du traité de Rome entre les six pays du marché commun ouvrait la porte à de futures avancées supranationales.

    Ce ne fut que le début d’une politique des petits pas [5] ayant progressivement retiré à l’état la plupart de ses moyens d’actions au profit d’intérêts privés. Cette politique s’illustra par la création d’institutions spécifiques qui allaient concerner un ensemble en expansion permanente de pays européens.

    Traités européens et institutions supranationales

    Le traité de Rome de 1957 vit la création de la CEE et de la commission européenne.
    La CEE était une zone de libre échange comprenant six pays signataires appelée « Marché commun européen« .

    Cette première phase n’était pas incohérente car ces six pays souverains formaient une zone économique homogène. L’honnêteté intellectuelle impose de reconnaitre que fut une réussite en ayant permis le développement des échanges dans la zone.

    La lutte entre les tenants du supranationalisme et d’une Europe des nations défendue par Charles De Gaulle fit rage durant les années 1960. On citera en particulier le bras de fer entre ce dernier et la commission Hallstein avec la fameuse politique de la chaise vide. Cette action d’éclat visait à s’opposer à une tentative « discrète » de la commission de faire passer le principe de prises de décisions à la majorité des états membres à la place de la règle l’unanimité.

    Une politique européenne alternative fut alors proposée par De Gaulle qui tenta sans succès la mise en place d’une Europe des nations avec le plan Fouchet.

    Nouveau petit pas sous Pompidou qui fut responsable du premier élargissement de l’union avec l’entrée de la Grande Bretagne et de deux autres pays à l’issue d’un référendum, soit un total de neuf pays.
    (Premier accroc à la politique gaulliste qui ne voulait en aucun cas des britanniques dans l’union).

    L’avancée suivante fut le fait de Valéry Giscard d’Estaing (VGE) en 1979 avec la création du parlement européen élu au suffrage universel à un tour selon un système de proportionnelle intégrale. Ce parlement était l’une des briques de la supranationalité qui n’allait pas tarder à devenir le repaire des lobbyistes de tous poils [6]. L’autre vice de ce parlement provient du fait que la commission européenne possède le monopole des propositions de lois. De plus son rôle est limité, il est seulement consultatif car en cas de rejet d’une proposition de loi par le parlement, le Conseil (des ministres) de l’Union européenne peut la valider quand même !

    VGE termina son mandat sur un dernier faux pas, à savoir l’entrée de la Grèce dans la CEE en janvier 1981 juste avant la prise de pouvoir socialiste. En effet, l’économie de ce pays très en retard sur celles des autres membres n’était pas adaptée à cette zone de libre échange, la CEE comprend alors un total de dix pays.

    En 1981, le gouvernement socialiste applique le programme commun avec une politique keynésienne de relance par la demande.

    En 1983, après l’échec de sa politique de relance, François Mitterrand rêvait toujours de faire entrer son nom dans l’histoire. Il se mit à la recherche d’un nouveau projet politique d’envergure. Ce dernier, trahissant au passage les électeurs de gauche commença par instaurer une politique de rigueur.
    Son choix se porta ensuite sur les concepts défendus par un grand adepte de « l’inspirateur » Jean Monnet, à savoir Jacques Delors avec sa croyance en des « vents dominants » de la mondialisation qui « se fera avec ou sans nous ».
    Mitterrand fit également une autre faute en conditionnant la réunification allemande avec la création d’une monnaie unique pensant à tort que cette dernière allait « clouer la main de l’Allemagne sur la table de l’Euro ».

    L »histoire a démontré la particulière incompétence des socialistes des années 1980 dans le domaine économique avec des erreurs majeures dont on paie encore le prix aujourd’hui.
    Il y a consensus des économistes hétérodoxes pour considérer l’année 1983 comme origine de la lente descente vers une politique supranationale ultralibérale, source de la situation actuelle.

    L’acte unique de Jacques Delors

    Dans l’esprit des idéologues supranationalistes (et de l’oligarchie), le prérequis à une Europe fédérale était de supprimer toutes barrières au commerce et aux mouvements de capitaux.

    Avant d’évoquer la plus grande bévue de Jacques Delors, il convient d’en citer une autre moins connue mais quasiment aussi grave.
    En effet, en janvier 1984, Delors abrogea la loi séparation bancaire promulguée en 1945 par le général De Gaulle –Glass-Steagall Act à la française- qui interdisait aux banques de cumuler les activités spéculatives et commerciales. Il s’agissait pour Delors de « moderniser » le système bancaire avec la création de la « Banque Universelle« .
    La porte était à nouveau ouverte à la spéculation dont les risques étaient garantis par l’argent des particuliers [7].

    Venons en maintenant au fameux acte unique.
    Dans le cadre du marché commun, le traité de Rome de 1957 n’engageait qu’à supprimer les droits de douane pour le commerce des marchandises.
    L’Acte unique ratifié en 1986 sans aucune consultation populaire effectue une modification majeure de ce traité en autorisant la totale liberté de circulation pour :
    – les personnes
    – les marchandises
    – les capitaux

    Notons tout l’intérêt de l’acte unique pour un pays comme le Luxembourg, paradis fiscal au centre de l’Europe. Cet état allait pouvoir devenir un centre légal pour l’évasion fiscale des multinationales, sujet majeur qui ne sera révélé au grand public qu’en 2014 avec le scandale des LuxLeaks.

    Comme nous allons le voir plus loin, d’autres effets catastrophiques allaient exploser avec les élargissements ultérieurs de l’union qui allaient induire des délocalisations industrielles massives.

    Mais au préalable, la dynamique de l’erreur étant bien enclenchée, il s’agissait de continuer avec la création d’une monnaie unique dans une zone économique hétérogène.

    De Maastricht à la catastrophe Euro

    Le traité de Maastricht ou TUE âprement discuté en 1992 avait pour but principal de préparer l’avènement de la monnaie unique avec l’Union Économique et Monétaire (UEM).

    Il faut réécouter le discours historique du 05 mai 1992 de Philippe Seguin à l’assemblée (Archive vidéo ici) où il énumère point par point les risques induits par le traité de Maastricht. Tout ce qu’il annonçait s’est concrétisé au moment où Jacques Delors proclamait que la construction européenne allait créer au moins cinq millions d’emplois !

    Il était déjà notoire à l’époque qu’une monnaie unique ne pouvait fonctionner dans une zone où les économies sont trop hétérogènes sauf en cas de transferts massifs de richesses, option complètement inacceptable pour l’Allemagne.

    En effet, une monnaie unique revient à figer les taux de changes entre les états, hors les économies des états de la zone euro sont trop divergentes pour supporter un tel système.
    Le taux de change de l’Euro, trop bas pour l’Allemagne, favorise donc ses exportations à l’extérieur de la zone.
    Ce même taux de change est trop élevé pour les pays du sud dont la France, il pénalise donc les exportations de ces derniers.
    Quant aux échanges internes à la zone Euro, la fixité des parités favorise également fortement l’Allemagne par rapport aux pays du sud puisque ces derniers, ayant une économie différente, ne peuvent plus dévaluer leur monnaie pour corriger l’apparition d’importants déséquilibres des échanges.

    En synthèse, la monnaie unique favorise les exportations de l’Allemagne aussi bien dans la zone Euro qu’à l’extérieur et à l’inverse pénalise celles de la France. En témoigne les excédents commerciaux monstrueux de l’Allemagne et les déficits colossaux de la France.
    La chute de l’activité industrielle nationale au profit de l’Allemagne (et des pays à bas salaires) a entraîné celle des rentrées fiscales et contribué à l’explosion du chômage.
    Cette analyse est partagée par des prix Nobel d’économie tels J. Stiglitz et P. Krugman.

    Pour corriger les déséquilibres, la France ne pouvant dévaluer sa monnaie n’a eu d’autre choix que de dévaluer les salaires et de supprimer des emplois, cela a provoqué l’augmentation des dépenses liées au chômage.
    Les recettes ont de leur coté diminué avec les cadeaux fiscaux aux entreprises et l’évasion fiscale de ces dernières.
    Augmentation des dépenses et baisse des recettes ont sans surprises induit des déficits budgétaires et donc une dette en croissance permanente.

    En 20 ans, les pertes et profits occasionnés par la monnaie unique ont été chiffrées par le Centre de politique européenne de Fribourg (CEP), chaque français aurait ainsi perdu environ 56 000 euros en moyenne alors que chaque allemand aurait gagné 23 000 euros.

    Les élargissements inconsidérés de l’UE et l’OTAN

    Après la dissolution de l’URSS en 1990, l’alliance militaire atlantique OTAN n’avait plus de raisons d’être. Cependant, l’état profond américain [8] devant continuer à justifier ses colossales dépenses militaires avait besoin de fabriquer des ennemis de toutes pièces. La Russie post-soviétique non belliqueuse et respectueuse du droit international fut désignée d’office.

    Dans le cadre de la doctrine de vassalisation de l’Europe, malgré les assurances données en 1990 à la Russie, l’OTAN a décidé de s’étendre à l’Europe de l’est. En effet, le 15 juin 2001 lors de son discours à Varsovie le président américain W. Bush se prononce explicitement pour l’extension de l’OTAN à l’est. La conséquence fut qu’un certain nombre de petits pays d’Europe orientale se pressèrent au portillon pour entrer dans l’OTAN et…dans l’UE. Ces derniers considérant à tort ou à raison qu’il était judicieux de sous-traiter leur sécurité à l’empire contre leur soumission.

    En Irlande, un référendum fut effectué en 2001 au sujet de l’élargissement. Après un résultat négatif on fit revoter les Irlandais qui cette fois votèrent « correctement » avec un « oui ».
    Le 9 avril 2003, l’élargissement est finalement accordé à pas moins de 10 pays supplémentaires : Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Chypre, Malte. Dans ce groupe, on remarque une nouvelle série de paradis fiscaux tels que Chypre, l’Estonie, etc.

    Avec l’Acte unique, les capitaux circulant librement pouvaient alors s’investir dans les pays à bas salaires afin de construire ou de délocaliser des usines. Les produits (biens) pouvaient ensuite être tout aussi librement exportés dans les pays où l’on avait fermé les usines !
    Toutes ces questions avaient été amplement explicitées par le prix Nobel Maurice Allais qui avait démontré qu’une zone de libre-échange total ne pouvait fonctionner qu’avec des états ayant un contexte socio-économique très proche [9].

    Les conséquences du couple « acte unique » et « élargissements » furent visibles avec les délocalisations industrielles vers les pays à bas salaires, l’augmentation du chômage et le rachat de grandes entreprises françaises stratégiques par des actionnaires étrangers comme le scandale Alstom [10]. Il favorisa également l’évasion fiscales des multinationales [11] lors des élargissements de l’union vers des paradis fiscaux.

    Traité de Lisbonne : le coup d’état de 2008

    En Europe, la démocratie subit un accroc sérieux avec les élargissements de 2001 imposés aux peuples.
    En mai 2005, le peuple français fut consulté par référendum sur la constitution européenne. Ce dernier fut rejeté par un vote franc à hauteur de 55% des voix en faveur du non.
    Malgré ce résultat sans ambiguïté, la révision de la Constitution, préalable nécessaire à la ratification du traité européen de Lisbonne, a été adoptée le 04 février 2008 par les sénateurs et les députés réunis en Congrès à Versailles. Le 08 février, soit 4 jours plus tard, ce traité est ratifié par le parlement français ignorant superbement le vote référendaire. Ce dernier, copie conforme de celui qui fut rejeté en 2005 modifie en profondeur les deux traités existants, à savoir le TFUE et le TUE. On remarque en particulier l’article 42 du TUE qui fait explicitement référence à l’appartenance à l’OTAN pour la politique de défense.

    Dans son ouvrage « Souveraineté, démocratie, laïcité » [12] Jacques Sapir a effectué une analyse très poussée sur la question de la démocratie, de la souveraineté, de la légitimité de nos représentants et de leurs décisions. A partir de cette analyse, on peut sans ambiguïté parler de coup d’état [13] en 2008 qui signa l’arrêt de mort de la démocratie en France, depuis lors il n’y eut bien entendu plus aucun référendum.

    Il est temps maintenant de faire une synthèse de situation.

    40 ans de « peste bleue », bilan d’étape

    Les trente glorieuses chronologiquement situées entre 1945 à 1975 s’illustrèrent par un age d’or économique et social dans notre pays avec un contexte de quasi plein emploi, elles furent hélas suivies des quarante piteuses !

    Première secousse en 1983 avec l’échec de la politique socialiste de Mitterrand suivi par l’acte unique ayant provoqué les premières délocalisations industrielles, l’augmentation du chômage et des déficits.
    La monnaie unique à partir du traité de Maastricht et des ses critères de convergence a ensuite hypothéqué la compétitivité à l’exportation de la France. Cette dernière a largement contribué à l’augmentation du chômage, du déficit commercial, de la dette et à une désindustrialisation massive.
    Les élargissements inconsidérés de l’Union Européenne ont alors fait entrer dans la zone de libre échanges des états à très bas salaires mis en compétition avec ceux ayant des salaires plus élevés. De plus des paradis fiscaux embarqués au passage permirent les fameuses « optimisations fiscales » des multinationales qui ne paient ainsi presque plus d’impôts là où elles font leur chiffre d’affaire.
    Ces baisses de revenus pour les états contribuant à leur tour aux déficits et à la dette.

    Durant toutes ces années, lors de chaque élection du parlement européen, on entend les mêmes antiennes « Une autre Europe », « Pour une Europe sociale », « l’Europe qui protège » ou « Il faut plus d’Europe ».
    Le scrutin, passé, rien ne se passe évidemment et on repart pour 5 ans avec une même politique économique et budgétaire. Cette dernière est décidée par des individus non élus au sein de la technostructure Bruxelloise et à Francfort sous domination allemande (Voir ici la propagande européiste lorsqu’elle tente d’influencer les youtubeurs du Fil d’Actu).

    L’Europe ne marche pas ?
    C’est donc qu’il n’y a pas assez d’Europe !

    L’ex dissident soviétique Vladimir Boukovski avait par ailleurs publié en 2005 un ouvrage prémonitoire intitulé « L’Union Européenne, une nouvelle URSS ? » [14].

    La situation politique entre l’occident et l’URSS s’est à ce point inversée que nous avons aujourd’hui des journalistes (Julian Assange) ainsi que des opposants politiques en prison (Bradley Manning), et des lanceurs d’alertes réfugiés en…Russie (Edward Snowden).

    Coté Finances, les gouvernements qui se sont succédés depuis 2007 nous expliquent que puisque l’état est très endetté en se gardant bien d’expliquer quelles en sont les causes, alors il faut réduire les dépenses. Cela explique la politique de réduction drastique des services publics, hôpitaux qui ferment, suppression de lignes SNCF, désertification provinciale, casse du droit du travail, des retraites, etc.
    N’oublions pas également les privatisations scélérates d’entreprises publiques très rentables dont les investissements initiaux ont été financés par les Français, sociétés d’autoroute, ADP, Française des jeux, ENGIE, etc…
    Ajoutons à ce sombre tableau les cadeaux fiscaux faits aux entreprises (CICE) ou au capital (Suppression de l’ISF, Flat taxe,…) sous prétexte d’amélioration de la compétitivité, mondialisation oblige. Cadeaux qui vont directement dans la poche des actionnaires et qu’il faut financer en prélevant encore plus de taxes sur l’ensemble de la population et en particulier sur les moins aisés.

    Reconnaissons toute l’élégance du système mis en place :
    l’évasion fiscale légale couplée aux cadeaux fiscaux induit un enrichissement fabuleux de l’oligarchie. Les fortunes ainsi accumulées sont alors en partie prêtées aux états pour couvrir leurs déficits moyennant intérêts. Chaque année, les français paient ainsi environ cinquante milliards d’agios sur la dette publique qui vont directement dans la poche des plus fortunés !

    Mais le pire était à venir.

    Un premier coup d’état eu lieu en 2008, un second fut organisé en 2017 avec l’élection de Macron. Ce ne sont pas des paroles gratuites car la situation a été caractérisée avec ces mots par le juriste Régis de Castelnau.
    Cette élection fut gagnée grâce au soutien massif des amis oligarques français de Macron et de leur presse « privée » [15].
    Le normalien Juan Branco a dévoilé les détails de toute l’histoire dans son ouvrage indispensable « Crépuscule » [16]. Il dénonce en particulier les liens de proximité antérieurs au scrutin de Macron avec les milliardaires Xavier Niel (Free) et Bernard Arnault (LVMH), mais également toute la longue liste des membres contributeurs de la caste (*) tels les Attali, Minc, Jouyet, Descoing, etc.
    Après cette élection volée, Michel Onfray avait trouvé la juste formule : « Les loups sont entrés dans Paris » (vidéo ici).

    (*) Citons au passage les travaux des sociologues Pinçon-Charlot (interview ici) et du journaliste Laurent Mauduit sur les mécanismes de reproduction de la classe dominante.

    En échange de son élection, la politique de Macron est ainsi tournée à 100% au profit de ceux qui ont utilisé leur puissance financière et médiatique [15] pour le faire élire. Le deal initial est donc parfaitement respecté par le président élu certes légalement mais sans légitimité.

    « Qui paie l’orchestre choisit la musique ».

    Le citoyen de base n’a eu droit qu’à un storytelling associé à des mots clés tels que « Nouveau monde », « Au dessus des partis », « Pensez printemps », etc
    Par ailleurs, on ose faire culpabiliser le peuple sur la dette que l’on va laisser à nos enfants. Alors que les causes de cette situation sont le résultat de la politique menée depuis 40 ans par les donneurs de leçon.

    On rappellera à toutes fins utiles que le système bancaire et monétaire [4] mis en place à la fin de la guerre (circuit du trésor) a permis en moins de dix ans non seulement de reconstruire mais aussi de résorber une dette de 200% du PIB dans un pays détruit par le conflit !
    Contrairement à la situation actuelle, ce système était mis entièrement au service de l’état et non pas d’intérêts privés.
    (Voir interview de Jacques Sapir ici).

    Gilets jaunes : la fin du consentement

    La population, peu au fait des considérations économiques et géopolitiques est depuis longtemps manipulée par la classe politique et les médias dans le cadre de la « fabrication du consentement » citée précédemment.

    Selon Emmanuel Todd et sa typologie des systèmes familiaux, la majorité de la population française est de type nucléaire égalitaire. Contrairement au modèle anglo-saxon, la population française n’accepte pas les inégalités, on retrouve d’ailleurs ces notions racines dans le slogan de la révolution « Liberté, Égalité ».

    Dès lors où les inégalités deviennent insupportables, la population se révolte contre ses dirigeants comme en 1789, 1830, 1848 et 1870, voir la conférence de Régis Chamagne de mars 2019 ici [17].

    Après quarante années d’alternance droite/gauche, le peuple a ainsi constaté que sa situation se dégradait sans interruption malgré les promesses électorales. Il observe que le chômage ne cesse de progresser, que les salaires baissent et que les impôts augmentent alors qu’en face, les ultras riches ne cessent d’accroître leurs fortunes.

    Novembre 2018 marqua donc en France le début de la fin du consentement.

    La population ayant enfin compris l’imposture du néolibéralisme a donc décidé de descendre dans la rue en endossant un gilet jaune, symbole d’urgence absolue. Ces derniers étaient cette fois bien décidés à aller au bout de la démarche et à ne pas libérer le terrain avant d’avoir obtenu gain de cause. Ce mouvement, le plus important depuis mai 1968 présente la particularité unique de s’inscrire dans la durée.
    La force du mouvement est d’être sans leader, ce qui lui permet de rester indépendant et non aisément manipulable par la classe politique.

    Il a été à de multiples reprises déjà affirmé sur ce site que Macron était le plus dangereux des onze candidats à l’élection de 2017. Ce dernier se retrouvant devant une crise politique majeure, nous allions en avoir une cuisante confirmation.

    La réaction du régime Macron : répression dans l’hexagone

    Le schéma ci-dessous illustre le système de protection du pouvoir oligarchique [8] à travers plusieurs cercles concentriques :

    L’oligarchie au centre est protégée par le pouvoir politique qui lui est inféodé.
    La population est manipulée par une propagande médiatique massive qui lui fait croire que le pouvoir est à son service. Lorsque cette propagande ne fonctionne plus, la police et l’armée -sur ordre du pouvoir- interviennent pour réprimer dans la violence toute manifestation populaire.

    Lorsque le groupe Trust intitula par provocation sa tournée 1980 « Répression dans l’hexagone », il ne se doutait pas qu’un-demi siècle plus tard on allait vivre une véritable répression d’état comme jamais vue en France depuis la Commune en 1870, au seul bémol que l’on évita cette fois de tuer des manifestants.

    Le mouvement populaire des gilets jaunes a donc démarré spontanément en octobre 2018.
    D’abord ignoré par le régime, ce dernier finit par prendre conscience de l’ampleur du mouvement, de la détermination des manifestants et surtout du soutien de la majorité de la population.
    Ses revendications étant inacceptables pour le régime, il décida d’utiliser absolument tous les moyens à sa disposition pour le détruire.

    On tenta d’abord de le discréditer à travers les éditocrates des médias soumis qui -sans quitter leurs bureaux- désinformèrent d’une manière outrancières. Les gilets jaunes étaient d’extrême gauche, puis d’extrême droite, ils étaient violents, antisémites, racistes, xénophobes, etc…
    Sans résultats dans l’opinion, notre petit Staline a alors lâché son ministre de l’intérieur bas de plafond lui enjoignant de cogner dur. On eut alors droit à un déchaînement de violences policières qui fit se retourner dans sa tombe le talentueux préfet Maurice Grimaud de la période mai 68.
    Tous les coups furent permis sauf d’aller jusqu’à la mise à mort du manifestant. Sur ordre du ministère de l’intérieur, nous assistâmes aux gazages massifs de foules nassées, aux matraquages de citoyens et citoyennes de 7 à 77 ans et bien sur à l’utilisation massive et systématique, en particulier par les nervis de la BAC, des fameux LBD40 et autres grenades de désencerclements gravement mutilants.

    Encore une fois, les médias dominants évitèrent de dévoiler les réalités de terrain, et ce sont les réseaux sociaux et autres journalistes indépendants qui dénoncèrent les violences d’état par ailleurs condamnées par l’ONU !
    Voir l’excellent documentaire « Gilets Jaunes, une répression d’état » ici [18].
    Citons également le travail du journaliste David Dufresne et celui du syndicaliste Alexandre Langlois que le gouvernement a tenté de faire taire. Le premier a effectué un décompte détaillé de toutes les exactions ultra-violentes de la police (ici), le second a dénoncé de l’intérieur la politique de répression systématique (ici et ici).

    On vit ensuite deux tentatives « d’enfumage » avec l’allocution télévisée calibrée au millimètre (ici) du 10 décembre 2018 où Macron a lâché quelques miettes puis avec l’imposture du grand débat. Ce dernier n’était qu’une manœuvre dilatoire permettant une nouvelle série de logorrhées présidentielles, voir la réaction cinglante de l’économiste Frédéric Lordon (ici) maladroitement invité à ce débat.

    Dans notre pays, contrairement aux autres nations occidentales, le parquet judiciaire présente la particularité d’être aux ordres du gouvernement, il n’est donc pas indépendant.

    Le parquet a donc reçu des instructions claires pour matraquer judiciairement le maximum de manifestants arrêtés sans motifs par la police (voir ici, ici), ces abus de pouvoir ont été dénoncés par de nombreux avocats de terrain. On a également plusieurs exemples de journalistes intimidés par la justice, voir le cas de Brice ici ayant subit 86 heures de garde à vue abusive dans des conditions ignobles.

    Écoutons pour finir l’avocat Régis De Castelneau :
    « …(Une) répression de masse, policière et judiciaire s’est abattue sur les gilets jaunes, à coups de violations des libertés fondamentales, de procédures illégales, et d’instrumentalisation cynique de la justice. »

    Pour le dernier carré de ceux qui n’avaient pas encore compris, le moins que l’on puisse dire est que Macron a montré son vrai visage lors de sa gestion liberticide et violente de la crise des gilets jaunes…

    Conclusion

    Nous venons de voir que la construction européenne néolibérale associée à l’OTAN est à l’origine un processus de domination américaine pour l’Europe de l’ouest. Cette construction supranationale présente les caractéristiques d’une secte car on y entre assez facilement mais on en sort difficilement. La monnaie unique et l’UE avec son principe de concurrence libre et non faussée sont les principales sources des maux qui frappent la population depuis un demi-siècle.
    Paradoxalement le véritable point de départ de cette politique néolibérale fut effectué sous un gouvernement socialiste.

    Les thuriféraires de la construction européenne ont un comportement quasi religieux en relation à leur croyance aux bienfaits du néolibéralisme associée à une union des peuples européens. Cette prétendue union n’a pour but que de les asservir aux marchés et donc à l’oligarchie qui a réussit l’exploit en 2017 de porter à la présidence de la République un de leurs représentants.

    La population française ayant atteint un point de rupture fin 2018 a dans sa grande tradition historique décidé de le faire savoir dans la rue. Malgré une presse aux ordres qui dénigre le mouvement et une répression stalinienne du régime, le mouvement perdure dans le temps.
    A cette date, personne ne peut prévoir ce qui en sortira, cependant les revendications des gilets jaunes n’auront une chance d’être satisfaites qu’à partir du moment où la France aura retrouvé sa liberté de mouvement en sortant de la triplette mortifère : UE, Euro, OTAN.

    Même si la structure oligarchique semble parfaitement verrouillée, la manipulation médiatique fonctionne de moins en moins. On peut espérer que l'opposition, même si elle est divisée, arrive à constituer un front à l’européisme afin de faire tomber le système. La France ayant recouvré sa souveraineté pourra alors appliquer une politique inspirée par celle du CNR dans l’intérêt de la nation.

    La seule question est de savoir si l’on sortira de la peste bleue d’une manière pacifique par un choix souverain ou si l’on subira l’explosion de ses institutions, en particulier de l'Euro, avec de gros dégâts à la clé.

    Liens
    [1] Interdit d’interdire sur RT : Gilets jaunes : où en sommes-nous ? – Vidéo ici.
    [2] De Jeanne d’Arc à l’atlantisme européiste, 600 ans de trahisons des élites françaises
    [3] « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » – Philippe De Villiers (Fayard 2019)
    [4] Le « circuit du trésor » détruit par l’oligarchie au profit du « circuit de la dette », retour sur la loi de 1973
    [5] L’histoire de la construction européenne, 40 ans de trahisons et d’erreurs, résultat : l’effondrement a commencé avec le Brexit … (Agoravox)
    [6] « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu » – Philippe De Villiers (2015)
    [7] La guerre contre la finance, il faut scinder les banques !
    [8] Petit guide de survie intellectuelle au royaume de l’oligarchie et de l’état profond
    [9] Le testament de Maurice Allais – Site Olivier Berruyer, www.les-crises.fr
    [10] Affaire Alstom, haute trahison caractérisée pour l’ex-président Hollande (avec la complicité de Macron) (sur ce site)
    [11] Jean-Claude Junker et les (CAC) 40 voleurs
    [12] « Souveraineté, démocratie, laïcité » – Jacques Sapir (2016)
    [13] Les 4 cas de haute trahison commis par l’ex président Sarkozy
    [14] L’Union européenne, une nouvelle URSS ? – Vladimir Boukovski (2005 )
    [15] Qui contrôle les médias, contrôle les cerveaux…et les bulletins de vote !
    [16] « Crépuscule » – Juan Branco (2019)
    [17] Conférence Régis Chamagne en 03-2019 « Gilets Jaunes et Histoire de France »
    [18] Gilets Jaunes, une répression d’ÉtatStreet Press

    Dernière mise à jour : 25/06/2019

    Article source :
    https://zevengeur.wordpress.com/2019/06/09/gilets-jaunes-contre-oligarchie-et-peste-bleue-genealogie-dune-guerre-ouverte/

     

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gilets-jaunes-contre-oligarchie-et-215958


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    " Islamicide " Mondial, ou Daech et Occident Vs l’Islam 

     

    Je me refuse « à cacher le soleil avec un tamis » – à savoir,   que dès qu’un occidental est victime d’un attentat terroriste, TOUS les musulmans sont interpellés comme des délinquants ! Alors que  les musulmans de France, ou d’Europe et d’Amérique, pleurent toujours seuls leurs morts, tombés sous les coups de policiers ou de voyous racistes et plus loin, sous le napalm d’Israël. Depuis quarante ans, j’observe les manœuvres de déstabilisation du monde arabe. J’ai vu comment ses leaders  progressistes, républicains et patriotes furent trahis  au bénéfice de la bigoterie des forces de l’obscurantisme religieux.  Des idéologies politiques, socialisantes, et non-alignées, l’Occident sous prétexte ( un de plus, aussi fallacieux que les armes de destruction massive de Saddam!)  va soutenir l’idéologie islamique  pour  asservir, diviser, et par la même tuer l’Islam de l’Ijtihadisme éthique et spirituel, du progrès et de la paix. Tout cela  va  renforcer la propagande d’ Israël, tendant à faire passer la lutte politique et laïque des Palestiniens, en un combat religieux contre les Juifs… Tout est lié. Intérêts occidentaux et israeliens, ont jalonnés les scénarios de guerres au Proche-Orient, jusqu’au Maghreb, à travers le démembrement de la Libye.
    Quant à  Daech, s’il est prouvé qu’il  tue surtout les adeptes de l’Islam,  l’Occident  lui, a sur la conscience la mort de millions de musulmans ainsi que la destruction de nombreux pays arabes!

    Par conséquent, ISLAMICIDE est un terme de mon cru, pour désigner  les crimes commis contre l’Islam et sa communauté de par le monde. Dans ce sens, l’ OTAN, Israël, sunnites/chiites et Daesh, n’ont eu de cesse de défigurer, et d’assassiner cette religion – de mille et une manières…

    Que ce soit par des guerres ponctuelles contre les pays musulmans ou interventions des armées occidentales pour les diviser, les détruire et les réduire à cette image terrible, d’apatrides errant de par le monde. Et par leur création des « islamismes armés », dont Dasch est le monstre par excellence.
    Alors, qu’importe si cette expression n’existe pas dans le dictionnaire français, mais en ce 21e s de l’hallali  touts-azimuts contre l’islam, cette dénomination exprime précisément la tragédie de la condition humaine des musulmans et l’incessante diffamation contre l’Islam.  Dans cette ordalie du monde arabe, « l’état islamique » est tout autant islamicide que le sionisme instigateur de  confusions politiques, économiques, religieuses et géostratégiques de l’Occident à l’encontre du  monde arabe et musulman.

    Mais à force de mystification intentionnelle, cela mène au ridicule. Et si le ridicule ne tue pas, il met à nu l’absence de hauteur de vue, des dirigeants politiques français,  quand  face à l’horreur des attentats frappant leurs concitoyens , ils se rabaissent au niveau de la crétinerie Bushiste, dans la litanie éculée :  » Des ennemis de la liberté, ont commis un acte de guerre contre notre pays. » … «  ils attaquent notre manière de vivre » etc…  Jusqu’à ce que cela devienne un mantra pour tous les médias et dans l’opinion publique! Alors que d’une part, parler de « guerre », c’est reconnaître que la secte terroriste est un Etat, et donc faire comme les Américains en Irak, aller envahir la Syrie! D’autre part, n’importe quel quidam doté d’ un peu de jugeote, sait bien que les terroristes se fichent des libertés du monde « civilisé », puisqu’ils ont choisi leur mode « idéal » de vie. En réalité,  leur but est de faire parler d’eux en portant la terreur au sein de la société civile de ceux qu’ils considèrent comme des ennemis. En vérité, toute l’histoire des terrorismes dits « islamiques » dans leurs rapports à l’Occident,  ressemble au conte lugubre du Dr Faust et Méphistophélès quand  la créature se dresse contre son créateur, sinon au  » Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde »…

    Finalement,  comme le dit un proverbe arabe, «Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir».  
    Admettre que les musulmans et le reste du monde sont manipulés pour tomber dans le traquenard du choc des peurs! Qui dit peur, dit ignorance. En effet,  l’Occident n’a toujours rien compris à la mentalité des Arabes, et encore moins à la nature de l’Islam. Car,  dans son arrogance à ne vouloir entendre que ce lui convient, il s’obstine à confier en les âneries que lui racontent les intellectuels/les « bénis-oui, oui », arabes de service, et des experts aux analyses arbitraires, sinon alignés sur les intérêts Israël. Et par conséquent, ne cesse de se tromper de guerre et d’ennemi.

    C’est ainsi que la loi du talion d’essence juive, ainsi que la violence de la secte extrémiste de Daesh, sont en train de triompher... Car ils ont fini par aveugler l’Occident et l’Orient arabo-musulman. Attentats terroristes contre des innocents en Amérique et en France… et dans des pays arabes aussi. Attaques de mosquées. Multiplication des agressions physiques ou verbales à l’encontre des musulmans, et même la vue d’un Coran, peut conduire son possesseur  à la suspicion de « terroriste ». Face à ce panorama de « guerre par et pour tous », il ne reste plus qu’à craindre en France, un « remake » des tueries de la Saint-Barthélemy » où comme jadis les protestants, les musulmans seront massacrés. Car d’ores et déjà, la paranoïa islamophobe  est  en train d’encourager les groupes néonazis en Europe, et les  néo Ku Klux Klan en Amérique, à passer à l’action islamicide. Pendant qu’Israël, profitant du chaos, met les bouchées doubles dans son nettoyage ethnique palestinien et l’implantation de plus de colons dans les territoires occupés.

    Et l’on arrive avec angoisse à l’actualité terrifiante. La Syrie – en miettes. Son pauvre peuple, -ou ce qu’il en reste, se trouve  non seulement, sous le feu de tout ce qui se proclame « djihadiste », mais en plus exposé aux bombardements des plus grandes armées du monde occidental  se préparant à l’inéluctable  carnage! C’est tout simplement ABOMINABLE! Etant donné, la  quantité considérable des avions de guerre bombardant ce petit pays,  encore une fois, c’est la population qui va être massacrée,  plus que Daesh, qui sera délogé sûrement de Syrie, mais pas détruit. Car il trouvera d’autres refuges pour se terrer et ressurgir sous un nom autre label…

    Hélas, dictateurs ou pas, ce qui saute aux yeux, c’est que ce sont les peuples arabes, leurs terres, leur passé, présent et futur qui sont annihilés ou en passe de l’être ! Regardez-les, des milliers,  voire des millions de tués d’Afghanistan, jusqu’en Syrie, sans oublier l’enfer de la Libye, de l’Irak, et le plus épouvantable de tous, la tragédie Palestinienne… Au nom de la « démocratie » et des droits humains disent-ils!


    Décidément, ils l’auront leur « remodelage du monde Arabe » – par le feu et le sang! Et même alors, l’histoire ne sera pas terminée.  D’autres radicaux islamiques, renaîtront, et ainsi de suite, jusqu’à ce que cet Occident-là, – à la traine d’Israël qui ne cherche que la guerre –  aura enfin le courage  d’admettre  que la véritable paix est au prix de la justice pour le peuple Palestinien.  Ce n’est qu’ainsi, que  tous les Daech seront vaincus, et que le monde Arabo-Musulman s’apaisera et croira aux valeurs de la démocratie et a la liberté pour vivre enfin sa vie en harmonie avec l’Occident.

     « La Palestine est le ciment qui maintient le monde Arabe ensemble, sinon, c’est l’explosif qui le soufflera en morceaux.«

    Yasser Arafat – dit Abu Ammar

    source:http://algerienetwork.com/blog/islamicide-mondial-ou-daech-et-occident-vs-lislam-2/

     

    https://reseauinternational.net/islamicide-mondial-ou-daech-et-occident-vs-lislam/


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    Le voile musulman, juif, chrétien

    Le voile n’est ni arabe ni islamique
    par Hannibal GENSERIC (son site)
    lundi 6 janvier 2014

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-voile-n-est-ni-arabe-ni-145836

     



    La dénomination « voile islamique » suggère explicitement que le port du voile est une prescription de la religion musulmane, alors que, d'une part, il ne semble pas s'imposer dans toutes les communautés musulmanes, et que, d'autre part, il a existé et il existe encore dans des communautés non musulmanes. Le voile féminin a une longue histoire qui date de plusieurs millénaires avant l’Islam.

    La première preuve textuelle du port du voile vient de la Mésopotamie, où le culte de la déesse Ishtar était associé avec la prostitution sacrée. Ishtar est représentée voilée. Dans un hymne, l’Exaltation d’Inanna (nom sumérien donné à Ishtar), écrit vers 2300 avant J.C. par le grand prêtre du dieu de la Lune à Ur, cette déesse est appelée hiérodule (prostituée sacrée) d’An, An étant le plus ancien dieu des Sumériens.

    Le premier document légal qui mentionne les prostituées sacrées, ou hiérodules, est le Code d’Hammourabi, qui date de 1730 av. J.-C. Le code mentionne les fonctionnaires du culte. À Sumer, la hiérodule à la tête des servantes du culte, est appelée l’épouse ou la sœur du dieu. Elle avait sa maison attitrée et elle était protégée contre les atteintes aux mœurs de la même manière que les femmes mariées, en se couvrant d'un voile. Par la prostitution sacrée, la puissance de la fertilité de la déesse est transférée au roi. Celui-ci était regardé en Mésopotamie comme garant de la fertilité du pays et de son peuple, et en général de la prospérité et du bien-être du royaume. Chaque année au nouvel an, le souverain était tenu « d’épouser » l’une des prêtresses d’Inanna, afin d’assurer la fertilité des terres et la fécondité des femelles.

    Chez les anciens sémites, ancêtres des Cananéens, des Phéniciens, des Hébreux et des Arabes, des milliers d’années avant l’Islam, on avait déjà imposé le voile aux femmes pour se couvrir les cheveux. En effet, les anciens sémites considéraient la chevelure de la femme comme le reflet de la toison du pubis.

    Si le voile des courtisanes et des danseuses est attesté au Proche-Orient ancien, il est cependant principalement un attribut de l’épousée et, à certaines époques, de la femme mariée. La documentation du IIe millénaire av. J.-C. montre que dans les familles royales syriennes du xviie s. avant J.C, il est d’usage de poser un voile sur la tête de la « fiancée ». La même pratique est décrite à Emar (une cité mésopotamienne située sur la rive de l'Euphrate dans le nord-ouest de l'actuelle Syrie), dans le rituel d’installation de la grande prêtresse au temple de Ba’al, dieu phénicien, qui constitue symboliquement un mariage avec la divinité : la femme sort de chez elle et « on couvre sa tête comme une épousée avec une écharpe bariolée provenant de la maison de son père » (D. Arnaud, Recherches au pays d’Aštata Emar VI.3, no 369 l. 63-64).

    Dans la seconde moitié du IIe millénaire, le voile devient, en Assyrie, un signe distinctif des femmes mariées et plus largement des femmes honorables. Le § 40 des Lois assyriennes décrit longuement les femmes qui peuvent se voiler en public (épouses, veuves, Assyriennes, filles de famille, concubines accompagnant leur maîtresse et prêtresses - qadištu mariées), et celles auxquelles ce privilège est interdit (célibataires, prostituées, esclaves). Le port du voile est un devoir pour les premières mais non une obligation : aucune sanction n’est prévue contre elles si elles sortent nu-tête ; au contraire, les secondes sont punies de peines corporelles (bastonnade, essorillement c'est-à-dire action de leur couper les oreilles) et humiliantes (effusion de poix sur la tête de la prostituée). La non dénonciation du port illicite du voile est passible de châtiments corporels semblables.

    Le voile est ainsi, au moins dans les « statuts urbains » d’Assour, l’expression d’une discrimination juridique qui sert de base à un discours moralisant.

    Le voile dans la tradition juive

    La tradition du voile s’observe aussi dans la Bible, comme en témoigne l’histoire de Rebecca (Genèse 24), qui, mariée à distance à Isaac par un serviteur d’Abraham mandaté pour cela, se couvre de son voile dès qu’elle aperçoit son mari. La tradition juive a longtemps considéré qu’une femme devait se couvrir les cheveux en signe de modestie devant les hommes.

    Selon Dr Menahem M. Brayer (Professeur de Littérature Biblique à l'Université Yeshiva de New York) dans son livre ''The Jewish woman in Rabbinic literature'', plusieurs siècles avant J.C., les femmes juives avaient pour habitude de sortir en public avec une couverture sur la tête et, souvent, ne laissaient paraître qu’un œil libre pour pouvoir marcher dans la rue. Il rapporte quelques citations d'anciens rabbins réputés, “ce n’est pas bien pour les filles d''Israël de sortir avec les têtes dévoilées” et “Maudit soit l'homme qui laisse les cheveux de son épouse être vus, une femme qui expose ses cheveux apporte la pauvreté.”

    La loi rabbinique interdit la récitation de bénédictions ou les prières en présence d'une femme mariée tête nue ; car le dévoilement des cheveux de la femme est assimilé à la nudité. Aujourd'hui, la plupart des femmes juives pieuses ne se couvrent pas les cheveux, sauf dans la synagogue. Chez les intégristes juifs, comme la secte hassidique, les femmes continuent à se voiler les cheveux ou à porter une perruque pour cacher leurs cheveux.

    Aujourd'hui, des femmes juives sont voilées à Tel-Aviv

    La « frumka » est une tenue vestimentaire adoptée ou imposée à certaines femmes juives par des groupes ultra-orthodoxes regroupé sous le terme de « Haredim ». Elles ont l’obligation de porter un voile et un large manteau masquant tout leur corps et sont interdites de maquillage ainsi que de téléphone cellulaire… en public. Ceci afin de préserver le statut et le respect des femmes pour elles-mêmes en application des enseignements de la religion juive, qui appelle au respect de la moralité et à la décence….

    Le voile dans la tradition chrétienne

    Chez les chrétiens, c’est Saint Paul qui, le premier, a imposé le voile aux femmes. Dans l’épître aux Corinthiens, il écrit « Toute femme qui prie ou parle sous l’inspiration de Dieu sans voile sur la tête commet une faute comme si elle avait la tête rasée. Si donc une femme ne porte pas de voile, qu’elle se tonde ou plutôt qu’elle mette un voile, puisque c’est une faute pour une femme d’avoir les cheveux tondus ou rasés… L’homme ne doit pas se voiler la tête, il est l’image et la gloire de Dieu mais la femme est la gloire de l’homme car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. Voilà pourquoi la femme doit porter la marque de sa dépendance ».

    Saint Tertullien, dans son traité réputé « Sur le fait de Voiler de Vierges », a écrit : “Jeunes femmes, vous portez vos voiles dans les rues, donc vous devriez les porter dans l'église, vous les portez quand vous êtes parmi les étrangers, portez- les aussi parmi vos frères”. Dans le droit canon de l'Église catholique aujourd'hui, il y a une loi qui exige des femmes de couvrir leurs têtes dans l'église. La raison pour le voile, pour les chefs de l'Église, est que “la couverture de la tête est un symbole de la soumission de la femme à l'homme et à Dieu” : la même logique présentée par Saint Paul dans le Nouveau Testament.

    Certaines sectes chrétiennes, comme les Amish et les Mennonites, gardent leurs femmes voilées de nos jours.

    Que dit le Coran sur le voile

    "Que dit le Coran sur le voile ? Rien. Mais strictement rien. Nulle part, il n’est question de la tête de la femme. Le mot « cheveux » (sha’ar, شعر) n’y existe tout simplement pas. Dieu ne dit ni de les couvrir ni de les découvrir. Ce n’est pas Sa préoccupation principale, et Il ne fit pas descendre le Coran pour apprendre aux gens comment se vêtir. Le terme ash’âr, اشعار  pluriel de sha’ar, n’y intervient qu’une seule fois (XVI : 80) pour désigner le poil de certains animaux domestiques. Rien, donc, dans le Coran, ne dit aux femmes explicitement de se couvrir les cheveux". Mohamed Talbi (*)

    Rappelons ici que c’est le Calife Omar Ibn Al Khattab , autant misogyne qu'inculte, qui avait imposé le port du voile à toutes les femmes musulmanes de son époque et en avait interdit le port aux esclaves. Ce Calife « bien guidé » faisait fouetter toutes les esclaves qui "osaient" arborer le voile ou se "permettaient" de se couvrir la tête. En agissant ainsi, ce calife ne fait donc qu’imposer une tradition non seulement païenne mais, en plus, anté islamique : c’était celle des Assyriens, datant de 2.000 ans avant l’Islam ! Il nous rappelle le Mollah Omar, grand chef des Talibans afghans de triste réputation.

    Conclusions

    La burqa, selon le spécialiste de l'Islam et politologue français Olivier Roy, est une invention récente du mouvement intégriste wahhabiste dans les pays du Golfe et au Pakistan. Le niqab et la burqa, , ces deux « linceuls pour femmes vivantes », n’ont jamais existé au Maghreb, jusqu’à une époque récente.

    Niqab et burqa sont les archétypes de ce qu'il y a de pire honte imposée aux femmes.

    En effet,  quiconque accepte qu’un visage soit couvert nie l’humanité de l’autre.

        Quiconque accepte de côtoyer un être vivant, entièrement recouvert, emballé comme un sac, intégralement masqué, et donc sans aucune identité visible, se fait, qu’il le veuille ou non, le collaborateur de cette vile et insupportable négation.

    Qui, en effet, se cache depuis toujours le visage ?

        Les bourreaux, et les égorgeurs accomplissant leurs crimes.
        Les kamikazes islamistes qui se dissimulent dans la foule pour accomplir leur forfait ;
        Les racistes du Ku Klux Klan.
        Les esclaves perdus des tristes comédies sadomasochistes.
        Les pénitents de rituels médiévaux,
        Les voleurs, braqueurs, et autres hors-la-loi, pour qui l’anonymat est une seconde nature.
        Sans parler des pédophiles et autres crapules sexuelles.

    Il apparait donc clairement que :
      Les premières apparitions du voile avaient pour but de cacher les prostituées aux yeux de la population, et de discriminer ainsi les prostituées des autres femmes. Les femmes "respectables" étaient celles qui n’étaient pas voilées.

        Dans les traditions sémitiques et moyen orientales archaïques, bien avant l’apparition de l’Islam, le voile avait pour but de signifier l’appartenance et la soumission de la femme à l'homme : en premier lieu le mari (si elle est mariée), sinon son père, son frère, voire son oncle (si les autres sont décédés).
        De tout temps et en tout lieu, les sectes intégristes de toutes les religions ont perpétué cette tradition archaïque.
        Aujourd’hui, le voile a une signification politique et sectaire, il n’a rien à voir avec la religion musulmane. Il est assez incroyable que les pays réputés démocratiques, comme la France, autorisent le voile (burqa, hijab, …) et interdisent le port de la croix gammée.

    Mustapha Kemal Ataturk, président de la Turquie de 1923 à 1938, avait trouvé la bonne astuce en faisant voter une loi qui contredit tout simplement celle des Assyriens, du calife Omar et du mollah Omar : "Avec effet immédiat, toutes les femmes turques ont le droit de se vêtir comme elles le désirent. Toutefois toutes les prostituées doivent porter la burqa." Dès le lendemain, on ne voyait plus de burqa en Turquie.

    Mais le monde musulman n’a pas tous les jours un Kemal Ataturk ou un Habib Bourguiba.

    Aujourd’hui que la Turquie et la Tunisie, qui étaient socialement les pays les plus modernes du monde musulman, vivent sous des dictatures islamistes avec tout ce que cela comporte comme assassinats politiques et de procès d’inquisition, le monde musulman fait un formidable bond en arrière, encouragé en cela par un Occident obnubilé par l’odeur nauséabonde du gaz et du pétrole. Pour s’en convaincre, il n’y qu’à voir avec quel empressement les présidents américain ou français, toute honte bue, s’aplatissent devant les rois arabes, les pires despotes des temps modernes.

    le 15/06/2012
    Hannibal GENSERIC

    (*) Mohamed Talbi Agrégé d’arabe, docteur es-lettres, Spécialiste d’histoire médiévale et d’islamologie. Mohamed Talbi est un des membres fondateurs de l’Université de Tunis. ; Professeur honoraire, puis premier doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (1966-1970). ; Directeur des Cahiers de Tunisie (1969-1989), puis Président d’honneur. ; Membre de la Real Academia de la Historia (Madrid 1970). ; Directeur du dép. d’histoire au CERES (Tunis 1973- 1977). ; Membre associé du comité de Direction de l’Encyclopédie de l’Islam depuis 1978, ; Membre fondateur de I ‘Académie Tunisienne (Bayt-al-Hikma 1982), ; Président du Comité Culturel National (Tunisie 1983), ; Membre de I ‘Académie Universelle des Cultures (Paris 1994), ; Membre du Bureau du The Maghreb Review (Londres),

    http://numidia-liberum.blogspot.com/2012/06/le-voile-nest-ni-arabe-ni-musulman.html


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    Et si la Gauche était différente de ce que l'on pense ? Raciste, colonialiste, par exemple ?

     

    Les fondements historiques et idéologiques du racisme « respectable » de la « gauche » française

     

    La libération de la parole et des passages à l’acte islamophobe depuis les attentats de janvier 2015 révèlent l’ampleur du « racisme respectable » au sein de la gauche française. Cela nous conduit à republier un de nos textes, publié pour la première fois en avril 2012 dans la revue Que faire 

    par Said Bouamama 

    Prise de position en faveur d’une loi sur le foulard à l’école en 2004, soutien plus ou moins assumé et plus ou moins net aux interventions impérialistes en Afghanistan, en Irak, en Libye, thématique de l’intégration pour penser les questions liées à l’immigration, approche dogmatique de la laïcité découplée des enjeux sociaux, etc.

    Ces quelques exemples contemporains de positions d’organisations et de partis se réclamant de la « gauche » et même de « l’extrême gauche », font écho à d’autres plus lointains : absence ou dénonciation ambiguë de la colonisation, absence ou ambigüité du soutien aux luttes de libérations nationales dans la décennie 50, silence assourdissant pendant des décennies sur les massacres coloniaux de la conquête au 17 octobre 1961 en passant par les crimes de Madagascar (1947), du Cameroun (1955-1960), etc. Les constantes sont telles entre hier et aujourd’hui, qu’il nous semble nécessaire d’en rechercher les causes idéologiques et matérielles. Il existe des héritages encombrants qu’il convient de rendre visible, faute de quoi les reproductions des mêmes pièges idéologiques se déploient et aboutissent aux mêmes cécités et aux mêmes impasses politiques.

    Une hégémonie culturelle assise depuis le 19e siècle

    L’hégémonie culturelle est un concept proposé par Antonio Gramsci pour décrire la domination culturelle des classes dominantes. Le concept s’inscrit dans l’analyse des causes du non développement des révolutions annoncées par Marx pour les pays industrialisés d’Europe en dépit de la vérification des conclusions économiques de Marx (crise cycliques, paupérisation de la classe ouvrière, etc.). L’hypothèse de Gramsci est que cet « échec » des révolutions ouvrières est explicable par l’emprise de la culture de la classe dominante sur la classe ouvrière et ses organisations. La classe dominante domine certes par la force mais aussi par un consentement des dominés culturellement produit. L’hégémonie culturelle de la classe dominante agit par le biais de l’État et de ses outils culturels hégémoniques (écoles, médias, etc.) pour produire une adoption par la classe dominée des intérêts de la classe dominante. L’hégémonie culturelle décrit donc l’ensemble des processus de production du consensus en faveur des classes dominantes.

    La radicalité des luttes de classes dans l’histoire française (Révolution antiféodale radicale en 1789-1793, Insurrection de juillet 1830, Révolution de février 1848, et enfin et surtout la Commune de Paris) a amené la classe dominante à comprendre très tôt que son pouvoir ne pouvait pas être assuré uniquement par la force des armes et de la répression (ce que Gramsci appelle la domination directe). Le processus de construction d’un « roman national » fut mis en œuvre afin d’assurer l’hégémonie culturelle de la classe dominante (domination indirecte). Les ingrédients de ce roman national sont essentiellement la diffusion de « légendes nationales » : pensée des Lumières, Révolution française et Déclaration des droits de l’homme, école républicaine et laïcité, etc. À la différence du mythe, la légende s’appuie sur quelques faits historiques identifiables qui sont absolutisés. La mise en légende se réalise par occultation des contradictions et enjeux sociaux, négation de l’histoire et transformation de résultats historiques (avec leurs contradictions, leurs limites, etc.) en caractéristiques permanentes et spécifiques de la « francité », du « génie français », de la « spécificité française », du « modèle français », etc.

    L’objectif de l’hégémonie culturelle étant de produire du consensus en faveur des classes dominantes, c’est bien entendu à l’intention des classes dominées et de leurs organisations que sont produites et diffusées les légendes nationales (modèle français de laïcité, modèle français d’intégration, pensée des Lumières comme caractéristique typiquement « française », abrogation de l’esclavage comme volonté de l’état français et non comme résultat de la lutte des esclaves, colonisation française posée comme différente des autres dans ses aspects « humanitaires » et « civilisateurs », etc.). La question n’est donc pas celle du jugement des faits, des hommes et des opinions de la pensée des lumières ou de la Révolution française par exemple. Ces événements et ces pensées sont inscrits dans l’histoire et les hommes de ces périodes ne pouvaient penser le monde qu’avec les données de leurs époques. En revanche le maintien d’une approche non critique, non historicisée, essentialisée, etc. de ces processus historiques est à interroger dans ses causes et dans ses effets désastreux contemporains. Sans cette approche critique, les légendes de la classe dominante s’inscrivent comme données d’évidence dans les lectures de la réalité contemporaine, deviennent des représentations sociales qui déforment la réalité, produisent des logiques de pensées qui empêchent de saisir les enjeux sociaux et les contradictions sociales. Sans être exhaustif abordons deux des légendes de l’hégémonie culturelle construite au 19e siècle et qui ont fortement imprégnées les organisations de « gauche ».

    L’absolutisation de la pensée des Lumières et de la Révolution française

    Les Lumières désignent un courant d’idées philosophiques en Europe qui a connu son apogée au dix-huitième siècle. Ce courant se caractérise par un appel à la rationalité et le combat contre l’obscurantisme. En libérant l’homme de l’ignorance et de la superstition, il s’agit de le faire penser par lui-même et ainsi de le faire devenir adulte. Ces dimensions communes aux différents philosophes des Lumières n’empêchent pas son hétérogénéité. La philosophie des Lumières est parcourue de « courants » correspondant aux intérêts sociaux divers de l’époque. L’absolutisation de la pensée des Lumières commencent ainsi par l’homogénéisation d’une pensée contradictoire. Mais la philosophie des Lumières est également bornée historiquement.

    Elle se déploie, non pas comme logique pure, mais comme logique de pensée inscrite dans une époque précise. C’est d’ailleurs la première critique qui lui est faite par Marx et Engels qui veillent à la mettre en correspondance avec les intérêts sociaux qui la suscitent et la portent : « Les philosophes français du XVIIIe siècle, eux qui préparaient la Révolution, en appelaient à la raison comme juge unique de tout ce qui existait. On devait instituer un État raisonnable, une société raisonnable ; tout ce qui contredisait la raison éternelle devait être éliminé sans pitié. Nous avons vu également que cette raison éternelle n’était en réalité rien d’autre que l’entendement idéalisé du citoyen de la classe moyenne, dont son évolution faisait justement alors un bourgeois. Or, lorsque la Révolution française eut réalisé cette société de raison et cet État de raison, les nouvelles institutions, si rationnelles qu’elles fussent par rapport aux conditions antérieures, n’apparurent pas du tout comme absolument raisonnables. L’État de raison avait fait complète faillite » [1]. Les droits de l’Homme pour leur part sont caractérisés comme les droits d’un homme abstrait, d’un homme bourgeois, d’un homme égoïste : « L’homme réel n’est reconnu que sous l’aspect de l’individu égoïste et l’homme vrai que sous l’aspect du citoyen abstrait » [2].

    la gauche française

    Depuis cette première critique de l’universalisme des Lumières, d’autres sont venues la compléter : la critique féministe a souligné « les présupposés androcentriques, racistes, économiques et anthropologiques de la philosophie européenne du siècle des Lumières » [3] ; le caractère ethnocentrique de la pensée des Lumières a également été dénoncé en soulignant que « là où nous lisons « homme », « humanité », « citoyenneté », c’est de l’humanité blanche et européenne que nous parlent les Lumières. Certes, dans les Lumières pourtant les premières lueurs de nos valeurs. À condition d’ignorer la traite, la négritude, l’esclavage » [4]. L’universalisme des lumières apparaît ainsi très peu universel que ce soit à l’interne (universalisme masculin du droit de vote jusqu’à l’après seconde guerre mondiale, universalisme excluant les ouvriers du droit de vote jusqu’en 1848) et à l’externe (code noir, code de l’indigénat, etc.).

    Au travers de l’absolutisation de la pensée des Lumières et de la Révolution française, la classe dominante vise à présenter l’histoire française comme n’étant pas le résultat des affrontements sociaux mais comme résultat du déploiement d’un « génie » et/ou d’une « spécificité » française transversal aux différentes classes sociales. Il y aurait ainsi des caractéristiques proprement françaises qui situeraient cette nation au dessus des autres, en avance sur les autres, en avant-garde de l’émancipation et de la civilisation. Bref il s’agit de produire un complexe chauvin pour canaliser les luttes sociales à un moment où se déployait la colonisation violente du monde. L’offensive idéologique visant à ancrer l’idée d’une exceptionnalité/supériorité française est tout azimut et a malheureusement en grande partie réussie. Voici comment par exemple Karl Marx raille la prétention de la « gauche française » à l’exceptionnalité linguistique et républicaine :

    « Les représentants (non ouvriers) de la « Jeune France » soutenaient que toutes les nationalités et les nations étaient des « préjugés surannés ». Stirnérianisme proudhonisé : on répartit tout en petits « groupes » ou « communes » qui forment ensuite une « association » et non pas un état. Et tandis que se produit cette individualisation de l’humanité et que se développe le « mutualisme » adéquat, l’histoire des autres pays doit suspendre son cours et le monde entier attendra que les Français soient mûrs pour faire une révolution sociale. Alors ils effectueront sous nos yeux cette expérience, et le reste du monde, subjugué par la force de l’exemple, fera de même. (…) Les Anglais ont bien ri quand j’ai commencé mon discours en disant que notre ami Lafargue et ceux qui avec lui supprimaient les nationalités, s’adressaient à nous en français, c’est-à-dire une langue que les 9/10e de l’assistance ne comprenaient pas. Ensuite, j’ai signalé que Lafargue, sans s’en rendre compte, entendait apparemment par négation des nationalités leur absorption par la nation française modèle » [5].

    la gauche française 2

    L’universalisme des Lumières apparaît ainsi très peu universel que ce soit à l’interne : universalisme masculin du droit de vote, etc. [ou] à l’externe : le code noir, le code de l’indigénat, etc.

    La construction du consensus colonialiste

    L’offensive idéologique de la classe dominante a créé l’espace mental qui a permis la colonisation. L’image des autres cultures et civilisations diffusée par la pensée des Lumières et amplifiée par la Troisième République, de même que l’idée d’être l’avant-garde de l’humanité ont préparé les esprits à la conquête : « il existe un espace mental qui, d’une certaine façon, préexiste à l’instauration de l’ordre colonial, espace essentiellement composé de schèmes de pensées à travers lesquels est reconstruite la coupure entre les occidentaux et les Autres – les schèmes Pur/Impur, Bien/Mal, Savoir/Ignorance, Don d’Amour/Besoin d’Amour. La perception de l’Autre comme un être dans l’enfance de l’humanité, confiné aux ténèbres de l’ignorance comme l’incapacité à contenir ses pulsions informe la pensée coloniale et la connaissance anthropologique » [6].

    De fait l’opposition aux guerres de conquêtes coloniales fut à la fois faible et tardive. Les quelques voix anticoloniales comme celles de Georges Clémenceau et de Camille Pelletan restent isolées et marginales. L’imprégnation coloniale est profonde comme en témoigne le rapport adopté à l’unanimité au congrès interfédéral d’Afrique du Nord du parti communiste en septembre 1922 : « L’émancipation des indigènes d’Algérie ne pourra être que la conséquence de la révolution en France (…). La propagande communiste directe auprès des indigènes algériens est actuellement inutile et dangereuse. Elle est inutile parce que les indigènes n’ont pas atteint encore un niveau intellectuel et moral qui leur permette d’accéder aux conceptions communistes. (…). Elle est dangereuse (…) parce qu’elle provoquerait la démission de nos groupements » [7].

    Certes ces positions furent condamnées par la direction du PCF et peu après les militants communistes donnaient un exemple d’internationalisme dans l’opposition à la guerre du Rif en 1925, mais leur simple existence témoigne de l’imprégnation de l’imaginaire colonial jusque dans la gauche la plus radicale de l’époque. Le reste est connu : abandon du mot d’ordre d’indépendance nationale à partir du Front populaire, promotion de l’Union française après 1945, vote des pouvoirs spéciaux en 1956. En dépit de ces positions, le PCF a été le seul à avoir eu des périodes anticolonialistes conséquentes. La S.F.I.O. pour sa part est ouvertement colonialiste : « à l’exception de quelques individualités « anticolonialistes », la majorité du parti socialiste s’est ralliée à l’idée d’une colonisation « humaine, juste et fraternelle » et refuse de soutenir les nationalismes coloniaux qui attisent la haine des peuples, favorisent les féodaux ou la bourgeoisie indigène » [8].

    Des héritages encombrants toujours agissants

    Au cœur de la pensée des Lumières puis du discours colonial se trouve une approche culturaliste clivant le monde en civilisations hiérarchisées, expliquant l’histoire et ses conflits en éliminant les facteurs économiques et justifiant les interventions militaires « pour le bien » des peuples ainsi agressés. Il s’agit ainsi d’émanciper l’autre malgré lui et si nécessaire par la violence. C’est ce que nous avons appelés dans d’autres écrits le « racisme respectable » c’est-à-dire un racisme ne se justifiant pas « contre » le racisé mais s’argumentant de grandes valeurs censées l’émanciper.

    Force est de constater que cette logique de raisonnement est loin d’avoir disparu dans la « gauche » française. Elle a même été étendue en dehors des questions internationales puisqu’elle agit également en direction des questions liées aux français issus de la colonisation. Donnons quelques exemples. Le premier est celui de la logique intégrationniste encore présente fortement à « gauche ». Cette logique relève entièrement du culturalisme binaire portée par la pensée des lumières. Les difficultés subies par les citoyens issues de la colonisation, qu’ils soient français ou étrangers, ne sont pas expliquées dans l’intégrationnisme par les inégalités qu’ils subissent ou leurs conditions matérielles d’existence. Ce sont au contraire des facteurs culturels qui sont mis en avant : obstacles culturels à l’intégration, intégration insuffisante, islam comme contradictoire avec la république et la laïcité, inadaptation culturelle, etc.

    Il s’agit ainsi d’émanciper l’autre malgré lui et si nécessaire par la violence. C’est le « racisme respectable », ne se justifiant pas « contre » le racisé mais s’argumentant de grandes valeurs censées l’émanciper

    Dès lors les objectifs de l’action ne sont pas l’éradication des inégalités mais la transformation des personnes c’est-à-dire qu’il s’agit de les civiliser en les assimilant. Ce n’est pas un hasard si le terme d’intégration est vomi dans les quartiers populaires et perçu comme une agression. C’est ce qu’Abelmalek Sayad appelle le « chauvinisme de l’universel » comme l’a été celui des Lumières : « [Les enfants de parents immigrés seraient] alors, selon une représentation commode, sans passé, sans mémoire, sans histoire (…), et par la même vierge de tout, facilement modelables, acquis d’avance à toutes les entreprises assimilationnistes, même les plus éculées, les plus archaïques, les plus rétrogrades ou, dans le meilleur des cas, les mieux intentionnées, mues par une espèce de « chauvinisme de l’universel » » [9].

    Si la droite est globalement dans ce que Sayad nomme les entreprises « éculée », la « gauche » est encore fortement dans de qu’il nomme le « chauvinisme de l’universel ». Ces deux approches recoupent celles entre « colonisation violente » et « colonisation humanitaire » de l’époque coloniale. Elles sont basées sur une coupure binaire entre deux entités homogénéisées (un « Nous » homogène face à un « Eux » homogène) qui est une autre des caractéristiques de l’ethnocentrisme des Lumières puis du discours colonial et qui ne cesse de s’entendre aujourd’hui dans les discours sur le communautarisme ou le « repli communautaire ». Écoutons encore Sayad sur le processus d’homogénéisation : « Au fond ne s’autorise-t-on pas du préjugé identifiant les uns aux autres tous les immigrés d’une même nationalité, d’une même ethnie, ou d’un groupe de nationalité (les Maghrébines, les Africains noirs, etc.), pour faire passer dans la réalité et pour mettre en œuvre dans la pratique, en toute légitimité et en toute liberté, l’illusion communautaire ? Ainsi la perception naïve et très ethnocentrique qu’on a des immigrés comme étant tous semblables, se trouve au principe de cette communauté illusoire » [10]. Sayad parle ici des immigrés mais la logique est en œuvre pour les français issus de la colonisation. De même l’homogénéisation s’est étendue aux « musulmans ».

    Lorsque les membres du « Eux » ne perçoivent pas leurs intérêts, il convient de les émanciper malgré eux. Cette logique a justifié autant les guerres coloniales hier, les agressions impérialistes contemporaines comme celle d’Afghanistan par exemple au plan externe et la loi d’interdiction du foulard à l’école en 2004 au plan interne. Hier comme aujourd’hui elle est présente, bien sur à droite, mais également à « gauche ». C’est pour émanciper qu’il fallait coloniser, c’est pour libérer les femmes afghane qu’il fallait intervenir militairement en Afghanistan, c’est la libération de la femme qu’il fallait pour instaurer une police des habits. L’héritage est pesant et agissant. Il forme un obstacle épistémologique à la compréhension des enjeux économiques et politiques du monde contemporain et des luttes sociales qui le caractérise.

    Les difficultés subies par les citoyens issues de la colonisation ne sont pas expliquées dans l’intégrationnisme par les inégalités qu’ils subissent. ce sont au contraire des facteurs culturels qui sont mis en avant

    Prenons un dernier exemple dans les révolutions qui ont secoué la Tunisie et l’Égypte. Elles ont massivement été saluées comme signe positif par l’ensemble de la gauche. Il restait à les caractériser et de manière significative ont fleuri des expressions les comparant à 1789 : « le 1789 du monde arabe ». De nouveau l’étalon reste la France comme le raillait déjà Marx il y a plus d’un siècle. L’historien Pierre Serna commente : « Non la Tunisie n’est pas en 1789 ! Par pitié que l’on cesse d’instrumentaliser l’Histoire en mesurant l’histoire du monde à l’aune de l’histoire de France. La posture consciente ou non de Jean Tulard, dans Le Monde du 18 janvier, qui consiste à considérer les Tunisiens en face de leur 1789, relève d’une lecture post-colonialiste insultante au pire, condescendante au mieux. Les tunisiens auraient 220 ans de retard sur l’histoire de France et découvriraient enfin les vertus de la liberté conquise. Eh bien non ! La liberté n’est acquise pour nul peuple, et à leur façon les français doivent lutter pied à pied pour leurs anciennes conquêtes en ces temps de recul systématique du pacte républicain. C’est nous qui devons apprendre des Tunisiens et non le contraire. Nous sommes restés dans un 1789 mental, mythifié et figé. Les Tunisiens eux sont bien en 2011 » [11].

    L’insulte ou la condescendance, le paternalisme, le maternalisme ou le fraternalisme d’une part et la condamnation indignée d’autre part, la diabolisation ou l’infantilisation, etc. sont des attitudes politiques extrêmement fréquentes à « gauche » et même à « l’extrême-gauche » dans les analyses sur les quartiers populaires et leurs habitants. Elles ont été présentes au moment des débats sur la loi d’interdiction du foulard à l’école, lors des révoltes des quartiers populaires en novembre 2005, au cours des multiples débats sur la revendication d’une régularisation de tous les sans-papiers, etc. Elles sont présentes également dans les commentaires des résultats électoraux en Tunisie et en Égypte comme elles l’étaient au moment des agressions contre l’Irak, l’Afghanistan ou la Libye.

    Dans notre approche matérialiste, les penseurs des Lumières sont le résultat de leur époque, de son état des savoirs et de ses limites historiques. Le regard non critique et dogmatique sur la pensée des Lumières est depuis bien longtemps une arme des classes dominantes et un héritage encombrant pour les dominés.

    —————————-

    Notes

    [1] Friedrich Engels, Socialisme utopique et Socialisme scientifique, Éditions sociales, Paris, 1950, p. 35.

    [2] Abdelmalek Sayad, «  Le mode de génération des générations immigrées  », Migrants-formation, n° 98, septembre 1994, p. 14.

    [3] Jennifer Chan-Tiberghien, «  La participation féministe au mouvement altermondialiste : Une critique de l’Organisation Mondiale du Commerce  », Recherches Féministes, volume 17, n° 2, 2004, p. 199.

    [4] Louis Sala-Molins, «  Le Code Noir, Les Lumières et Nous  », dans Valérie Lange-Eyre (dir), Mémoire et droits humains : Enjeux et perspectives pour les peuples d’Afrique, Éditions d’En Bas, Lausanne, 2009, p. 38.

    [5] Karl Marx, «  Lettre à Friedrich Engels du 20 juin 1866  », Correspondances, tome VIII, Éditions sociales, Paris, 1981.

    [6] Eric Savarèse, L’ordre colonial et sa légitimation en France métropolitaine : oublier l’autre, L’Harmattan, Paris, 1998, p. 134.

    [7] Cité dans René Galissot, «  Sur les débuts du communisme en Algérie et en Tunisie : socialisme colonial et rupture révolutionnaire  », dans Collectif, Mélanges d’histoire sociale offerts à Jean Maitron, Éditions ouvrières, Paris, 1976, p. 101.

    [8] Philippe Dewitte, Les mouvements nègres en France, 1919-1939, L’Harmattan, Paris, 1985, p. 62.

    [9] Abdelmalek Sayad, «  Le mode de génération des générations immigrées  », Migrants-formation, n° 98, septembre 1994, p.14.

    [10] Abdelmalek Sayad, «  Le foyer des sans-familles  », dans L’immigration et les paradoxes de l’altérité, De Boeck Université, Paris-Bruxelles, 1991, pp. 91-92

    [11] Pierre Serna, Les tunisiens ne sont pas en 1789  ! ou impossible n’est pas tunisien, Institut d’histoire de la révolution française, Université Panthéon-Sorbonne.

    source:https://bouamamas.wordpress.com/2015/03/04/les-fondements-historiques-et-ideologiques-du-racisme-respectable-de-la-gauche-francaise/

    https://reseauinternational.net/les-fondements-historiques-et-ideologiques-du-racisme-respectable-de-la-gauche-francaise-2/

     


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