• Voir aussi mon analyse,

    http://chantal-dupille.eklablog.com/gilets-jaunes-la-france-se-met-en-marche-et-avec-elle-demain-le-monde--a154713514

     

    Les Gilets-Jaunes français indiquent aux autres nations occidentales la bonne direction

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    Les Gilets-Jaunes français indiquent aux autres nations occidentales la bonne direction

     

     
    Par Jean-Yves Jézéquel

     

    Tout d’abord nous devons particulièrement souligner ce qui vient de se passer à propos de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg. Comme cela est toujours le cas, sans exception, le terroriste Cherif Chekatt a lui aussi été abattu par la police: aucun terroriste n’est jamais arrêté pour être interrogé, jugé et condamné, sachant pourtant que la police a tous les moyens nécessaires pour neutraliser un individu et cela d’autant plus s’il est simplement armé d’une « arme de poing datant de 1892 ». Mais encore, concernant Cherif Chekatt, le terroriste en fuite était doublement blessé, d’abord au bras, puis à la jambe. Tous les terroristes, sans exception, sont systématiquement abattus, pour ne pas dire « achevés » par la police, comme dans le cas de Cherif Chekatt, et on ne peut jamais savoir ce qui les avait motivés: on les enterre toujours avec leur secret scellé dans la tombe!

    De plus, franchement, un pistolet type 1892 de calibre 8 mm peut-il être utilisé à l’heure actuelle dans une fusillade contre des Glocks ou des Sig? Mais surtout, comment se procurer des munitions de 8mm Lebel dans une Europe verrouillée par une législation contre les armes à feu? Il est bien plus simple de se procurer une arme nettement plus moderne et nettement plus efficace que ce pistolet du 19è siècle qui a été trouvé sur le terroriste abattu par la police! Là, on peut dire que le ridicule ne tue plus et le Castaner nous prend vraiment pour des idiots

    Résultat, pour nous, les gens ordinaires, il nous est donc permis de penser que le Pouvoir, criminel par nature, par nécessité, par obligation, par vocation, fait systématiquement en sorte que les citoyens ne puissent jamais connaître la vérité! Mais pourquoi le Pouvoir veut-il systématiquement enterrer la vérité? Ne serait-ce pas parce que cette vérité est probablement intolérable, inavouable, honteuse et certainement de nature à provoquer l’abolition de toute croyance citoyenne en une «innocence de ce Pouvoir»? C’est la croyance des citoyens en cette « innocence du Pouvoir » qui permet d’engendrer et de nourrir les illusions nécessaires à la reconnaissance comme à l’acceptation du Pouvoir se revendiquant comme tel, suivies de la soumission du peuple à ses comportements et décisions autoritaristes… et ajoutons, hors de toute perspective démocratique!

    La suite logique était attendue, à la consonne ou à la virgule prête : Benjamin Griveaux, le porte-parole du Pouvoir de la macronie en marche nous assenait ses recommandations :

    « Le gouvernement n’a à ce stade pas décidé d’interdire les manifestations des Gilets-Jaunes qui se tiendront samedi, mais les appelle à être ‘raisonnables’ après l’attentat de Strasbourg et à ne pas manifester. »

    « Maintenant que leur colère s’est exprimée, a été entendue par le Gouvernement, et qu’il y a répondu, ce que nous vous demandons, en responsabilité, c’est d’être raisonnables samedi et de ne pas aller manifester »,  déclarait encore avec insistance Benjamin Griveaux sur Cnews, en s’adressant directement aux Gilets-Jaunes.

    « Il n’est pas raisonnable de manifester », a-t-il insisté, car « nos forces de l’ordre et de sécurité ont été mises à contribution énormément ces dernières semaines », (sous-entendu : et nous sommes très en retard pour leur payer leurs heures supplémentaires qui vont encore augmenter!) et au regard de l’attentat de Strasbourg, « il serait préférable que ce samedi chacun puisse, de manière apaisée, vaquer à des occupations d’un samedi avant les fêtes de famille de fin d’année plutôt que de manifester et mettre à nouveau à contribution nos forces de l’ordre. »

    Le problème que ne comprend toujours pas ce Gouvernement « autistique », c’est que les Gilets-Jaunes en question ne manifestent pas pour le plaisir de manifester; ils ne sont pas concernés non plus par le fait de pouvoir « flâner dans l’apaisement autour des centres commerciaux ou des magasins pour des achats festifs » en écoutant « petit papa noël »! Ces gens de la macronie n’ont toujours pas compris que les Gilets-Jaunes n’ont plus de quoi remplir leur frigo dès le 15 du mois et parfois encore plus tôt! Comment pourraient-ils être « raisonnables » et « apaisés », « vaquant aux achats de Noël » dans les quartiers chics pour y acheter du foie gras et du champagne?! Ils sont dans la rue pour une absolue nécessité, pour une extrême urgence, pour une question de dignité réclamant légitimement la possibilité naturelle de passer des galères de la survie à une vie décente, pendant que les profiteurs d’en haut se gavent des richesses produites par le travail des exploités et des abusés du système, aujourd’hui sévèrement accusé et condamné par le peuple des laissés pour compte! Pauvre macronie déconnectée de la réalité de ceux qui sont en masse opprimés par le capitalisme sauvage de ce monde prédateur et ignorant cyniquement le mal qu’il peut faire! Sa seule préoccupation anxiogène est de tenir les yeux rivés sur la dégringolade spectaculaire des compteurs affichant pour la France un déficit commercial monstrueux depuis ce 17 novembre noir suivi des quatre éditions suivantes tout aussi noires pour les accrocs de l’ultra libéralisme…

    La seule solution que le Pouvoir entrevoit, derrière ses dernières recommandations, si le peuple ne se montre pas «raisonnable», c’est la «solution finale» d’un gazage incapacitant, ultime opération de dressage avant d’en arriver à un massacre de style Adolphe Thiers en remake de la Commune de Paris!

    Il est possible d’accéder aux instructions signées par le Directeur Général de la police nationale : les « flash ball » peuvent être utilisés lors d’un attroupement susceptible de troubler l’ordre public et « en cas de violences ou voie de faits commises à l’encontre des forces de l’ordre ou si les forces de l’ordre ne peuvent défendre autrement le terrain qu’elles occupent ». Le policier doit viser uniquement le torse ou les membres supérieurs, selon les instructions. 261 victimes gravement mutilées principalement à la tête ont été recensées sur la journée du 8 décembre dernier. La police, dans un très grand nombre de cas n’a pas respecté la loi (française) mais certainement la loi européenne, et s’est comportée avec une extrême violence contre des Gilets-Jaunes qui ne présentaient aucun danger, ni aucune espèce de menace, ni pour eux-mêmes, ni pour l’ordre public, comme de nombreuses vidéos prises sur le vif le démontrent!

    Il faut également souligner cet épisode de répression organisée contre les lycéens de Mantes-La-Jolie. Le 6 décembre dernier, la police a procédé à une interpellation collective de 148 lycéens, à Mantes-La-Jolie. Les humiliations subies par les lycéens ont été documentées par plusieurs vidéos montrant les lycéens alignés face contre un mur, agenouillés, les mains menottées derrière le dos ou derrière la tête. Les vidéos ont été authentifiées après que des collabos du système aient crié aux « fake news ». Cette scène a horrifié beaucoup de monde dans le pays des Droits de l’Homme et à l’étranger. Chacun a pu constater qu’en France, les citoyens sont bel et bien dans une dictature policière d’État qui a abrogé les droits les plus fondamentaux. Certains commentateurs ont même noté que cette scène de lycéens agenouillés devant des officiers armés évoquait carrément une scène d’exécution. Il va sans dire que tous ceux qui ont trouvé le moyen de « légitimer » ce comportement policier appartiennent aux nostalgiques du Gouvernement de Vichy… même s’ils refusent consciemment de le reconnaître!

    Le samedi 8 décembre 2018, des Gilets-Jaunes témoignent qu’en s’adressant fraternellement à certains CRS et Gendarmes mobiles, ils avaient constaté que ceux-ci ne comprenaient pas le français : Emmanuel Macron avait fait appel à l’Eurogendfor, la milice anti émeute européenne. Il devient alors possible de comprendre comment la police a pu ignorer à ce point la loi française!

    La macronie a organisé le blocage, partout en France, afin d’empêcher les Gilets-Jaunes de se rendre dans la capitale : fouilles dans les gares, blocage des voitures sur le périphérique, refouilles à tous les barrages filtrants, verrouillage des différentes zones de Paris pour empêcher une confluence des rassemblements ainsi isolés et dispersés. Même une saisie d’un stock de 50.000 gilets de sécurité routière a été faite sur un dépôt industriel. La stratégie était celle qui consiste à diviser pour « régner ». Toute la violence policière est la plupart du temps non légitime, puisque les Gilets-Jaunes protestent pacifiquement. Plusieurs syndicats de la police ont d’ailleurs manifesté leur mécontentement et demandent au ministère de l’Intérieur de s’expliquer sur le fait qu’aucun ordre n’ait été donné aux forces de l’ordre pour intervenir contre les casseurs infiltrés dans le mouvement. Il y a une volonté évidente du Pouvoir d’essayer de décrédibiliser la révolte des Gilets-Jaunes, afin de faire baisser le chiffre des sympathisants du mouvement qui était à 68% de Français il y a trois jours (sondage IFOP du 12 décembre dernier).

    Il va falloir que le groupe des avocats des Gilets-Jaunes, se mobilise pour examiner ces nombreux cas de dérive de la police et attaquer Emmanuel Macron comme le Ministère de l’Intérieur pour leur manquement grave à la loi: des Gilets-Jaunes portent plainte pour « les faits de racket, dilapidation de l’argent public, préjudice moral et mise en danger de la vie d’autrui, violences volontaires avec arme, usage abusif de la force publique sur personnes vulnérables, atteinte au droit de manifestation ».

    Ce monde dans lequel nous nous trouvons et le Pouvoir qui le protège ont bien fini par tomber le masque en montrant leur véritable nature criminelle. L’engagement de la France dans la « coalition illégale de Doha », qui a fait cette guerre injuste contre la Syrie en martyrisant arbitrairement le peuple syrien, en soutenant des terroristes de Daech, main dans la main avec leurs complices occidentaux et ceux des monarchies obscurantistes du Golfe, et de surcroît, en déclarant publiquement que ces « djihadistes » «faisaient du bon boulot en Syrie »; ce Pouvoir aux mains entachées de sang avait déjà fait savoir clairement ce qu’il était réellement. Compte tenu de ce que ces politiques ont été capables de faire en Syrie, et ailleurs, nous ne devons plus nous étonner aujourd’hui qu’ils puissent imaginer gazer leur propre population qui, à l’image des Syriens, se montre récalcitrante et trop indocile. Nous savons, en effet, que la macronie s’apprête à procéder, si nécessaire, à des «épandages de chimie incapacitante» sur les Gilets-Jaunes.

    Malgré toutes les menaces voilées, les allusions hypocrites, les avertissements indirects, le cynisme et le mépris omniprésent, malgré la volonté pour l’exécutif de contrôler l’image se voulant positive et « bienveillante » pour le peuple, les Gilets-Jaunes ont été encore nombreux dans tout l’hexagone, ce samedi 15 décembre 2018, présents sur le champ de bataille pour leur conquête de la démocratie. En cela, le peuple Français indique aux autres Nations occidentales, également sous occupation du fascisme ultra libéral, la bonne direction de la Libération

    Le Pouvoir en place persiste à diffuser des chiffres absolument dérisoires sur la mobilisation des Gilets-Jaunes alors que toutes les images sur l’ensemble de la France témoignent qu’une masse de gens en protestation, est en effet approximativement 35 fois supérieure à celle annoncée: il s’agit pour le Pouvoir de la macronie de dévaloriser, de délégitimer, de discréditer les Gilets-Jaunes et leurs revendications, afin de se maintenir en place alors que le peuple Français se sent majoritairement désapproprié de sa souveraineté.

    La préfecture de police de Paris aux ordres de Castaner, a déclaré « moins de 3000 Gilets-Jaunes » ce samedi 15 décembre à Paris. Le déploiement des forces de l’ordre ayant été de 14 blindés (avec produit incapacitant) et 8000 policiers, et si l’on s’en tient aux chiffres de Castaner, il y aurait donc eu entre deux et trois policiers pour chaque manifestant! Comment, en effet, trouver une image plus parlante, si le ministre de l’Intérieur voulait avouer la réalité de l’État policier qui contrôle la France et les Français aujourd’hui?!

    Ce sont les principales revendications des Gilets-Jaunes, qui à ce jour, maintiennent la mobilisation. Ces revendications ne sont pas prêtes d’être acceptées par ce Pouvoir en place; conclusion, la révolte des Gilets-Jaunes va donc s’étaler dans le temps en se structurant et en prenant d’autres formes sans doute plus dures…

    Ce qui est également certain, c’est que cette mobilisation ne peut pas s’arrêter à ce stade, car les citoyens qui revendiquent, ne revendiquent pas pour revendiquer, mais parce que c’est une absolue nécessité pour eux. Pour tous ces gens dans la rue, s’arrêter voudrait dire mourir, car ils sont arrivés à l’extrême limite du supportable dans une existence de survie. Des banderoles circulaient le samedi 15 décembre sur les Champs Élysées, disant RIC : Referendum d’initiative citoyenne. Le Referendum CARL qui signifie : Constituant (modifier la Constitution); Abrogatoire (qui permet de supprimer une loi devenue caduque ou néfaste pour le bien commun); Révocatoire (qui permet de virer un élu qui ne fait pas le travail pour lequel il a été élu); Législatif (qui permet au peuple de proposer une loi).

    Ce samedi 15 décembre, les Gilets-Jaunes se sont également concentrés sur les lieux de la représentation médiatique, car la bataille de l’information doit être gagnée pour permettre une plus grande avancée dans la restauration de la souveraineté citoyenne. Le message donné par les Gilets-Jaunes était que les médias doivent quitter le sérail des prédateurs financiers qui sont réellement aux commandes de la destinée commune en agissant mensongèrement sur l’opinion publique. Il sera sans doute difficile d’obtenir des images de télévisions sur cette mobilisation-là à Paris, car elle devait passer inaperçue pour le parti médiatique mis en accusation et prié de rendre des comptes lui aussi!

    Les Gilets-Jaunes Français indiquent aux autres Nations occidentales la bonne direction de leur libération.

    Déjà, en Espagne, le Chef du Gouvernement Pedro Sanchez, inspiré par les revendications des Gilets-Jaunes, a décidé d’augmenter de 22%, le salaire minimum, par décret, afin de contourner l’opposition d’une droite politique depuis très longtemps attelée à l’ouvrage ultra libéral, cause de tous les malheurs des pays de l’Union Européenne…

    Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais peu importe puisqu’il n’y a rien d’autre à faire!

    Jean-Yves Jézéquel

    source:https://www.mondialisation.ca/les-gilets-jaunes-francais-indiquent-aux-autres-nations-occidentales-la-bonne-direction/5629600

    https://reseauinternational.net/les-gilets-jaunes-francais-indiquent-aux-autres-nations-occidentales-la-bonne-direction/

     

     

    lundi 17 décembre 2018 

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    Gilets jaunes : la France refait société, contre Macron

    Le mouvement des gilets jaunes sidère littéralement le pouvoir comme la presse étrangère. Malgré les annonces du pouvoir, la mobilisation s'est poursuivie samedi, notamment en Province. Mais même si l’usure venait à l’emporter, ce mouvement aura été extrêmement fécond, faisant reculer Macron, et achevant sa rupture avec l’opinion, seulement 18% des Français lui faisant encore confiance.

     

    Macron récolte ce qu’il a semé

     

    Au début du mouvement, le pouvoir espérait sans doute pouvoir s’en sortir en laissant pourrir la situation, comme il avait pu le faire sur le démantèlement des droits du travail ou la réforme de la SNCF. C’est pour cette raison que la fermeté s’affichait et qu’il annonçait des mesures dérisoires, d’abord le simple report des nouvelles hausses de taxes, puis, devant la pression d’une opinion pas convaincue, leur annulation en bonne et due forme, accompagnée de quelques autres mesures comme le report d’un contrôle technique plus exigeant. Même depuis leur bulle, les macronistes auraient tout de même du comprendre que l’annulation de mauvaises mesures ne serait pas suffisant.

    En effet, même s’il révélait une vraie nervosité du pouvoir, qui a enclenché par deux fois la marche arrière, ces annonces n’apportent absolument rien aux gilets jaunes. Dire que l’on ne va pas rajouter des difficultés à celles qui existent est un peu court pour répondre au climat quasiment révolutionnaire actuel. Ce qui est intéressant dans ce mouvement, ridiculement renvoyé à l’extrême-droite à son début, c’est au contraire le message profondément social qui en émane, même dans ses débordements condamnables : le Starbucks dévasté se voit rappeler la désertion fiscale de sa maison mère, les quartiers qui brûlent sont souvent chics et les Porsche semblent être une cible de choix pour le feu

    La révolte des gilets jaunes, toujours soutenue par une majorité de la population, a un vrai sens politique. Car quand on parle de pouvoir d’achat aujourd’hui, c’est aussi à la lumière de l’explosion des inégalités, des profits des entreprises, mais aussi de la baisse de la fiscalité des gagnants du nouveau monde, aggravée par les cas répétés et médiatisés de désertion fiscale. En somme, ils veulent de la justice sociale et fiscale, et une reprise de contrôle de notre destin national, comme le note Marianne. La France se reconstitute comme société politique contre le macronisme, condensé des maux des décennies passées entre démocratie cadenassée et plus forts toujours favorisés.

    C’est sans doute le sens des Marseilaises entonnées. Le refus des politiques oligo-libérales n’est plus marginal, il est devenu dominant, d’où l’effondrement d’un Macron à 18% d’opinions favorables et 76% d’avis défavorables. La prochaine étape, c’est la remise en cause du cadre européen, cette camisole anti-démocratique et anti-sociale que décrit Coralie Delaume dans le FigaroVox, et notamment l’euro, qui est bien une cause première de la situation des gilets jaunes, comme je l’ai signé avec de nombreux économistes dans une tribune publiée il y a quelques jours. Bien sûr, ce combat reste difficile, mais le lien si étroit qui existe avec la cause des gilets jaunes apparaît.

    Ce mouvement pourrait bien être historique en ce qu’il reconstitue le camp vainqueur dans les urnes en 2005. Les méfaits des politiques oligo-libérales étant encore plus clairs et leur incarnation plus assumée par Macron, notre majorité a bien grandi. Mais la traduction politique reste encore à confirmer, comme nous l’avait tristement montré le sinistre traité de Lisbonne de 2008.

    http://www.gaullistelibre.com/2018/12/gilets-jaunes-la-france-refait-societe.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+gaullistelibre+%28Blog+gaulliste+libre%29&utm_content=Yahoo%21+Mail

     

     

     

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    Macron et les Gilets Jaunes : la ligne de démarcation s'est installée
     

    http://russiepolitics.blogspot.com/2018/12/macron-et-les-gilets-jaunes-la-ligne-de.html



    La crise des Gilets Jaunes montre la rupture idéologique profonde qui traverse la France, ou plutôt cette ligne de démarcation qui s'installe entre les élites néolibérales et la société. Celles-ci estiment que le "jeu" a assez duré, le Gouvernement et le Président ont fait tout ce qui devait être fait, on doit tourner la page et chacun rentrer chez soi. Différents pièges politiques commencent à être tendus au mouvement. De leur côté, les Gilets Jaunes font des émules et la crise, profonde, s'étend aux institutions républicaines, la police et l'armée reprenant les interrogations soulevées, sans encore joindre le mouvement. Une France globalisée sans les Gilets Jaunes ou une France républicaine retournant vers sa souveraineté sans Macron, l'enjeu est bien ici. D'où l'urgence pour le pouvoir d'y mettre fin, de décrédibiliser, de dénigrer.


    Dénigrer et déstabiliser ce qu'il n'est pas possible de résoudre

    Dès le départ, l'on a eu l'impression que le Gouvernement faisait monter la pression, que des casseurs envahissaient au bon moment les manifestations, qu'ils développaient une violence inouïe et que les forces de l'ordre réagissaient de manière étonnante.

    L'intervention anonyme d'un CRS confirme les ordres donnés, l'envoi de casseurs et la volonté de focaliser l'attention sur la violence. Aux frais des forces de l'ordre elles-mêmes. Et des Gilets Jaunes. Afin de décrédibiliser le mouvement.


    L'usage déséquilibré de la force a sauté aux yeux, même lors de la dernière manifestation, qui n'était pourtant pas particulièrement violente.

    Même la très politiquement correcte Amnesty International trouve que les autorités françaises vont trop loin dans l'utilisation de la force et vient de sortir un rapport accablant.

    Dans le même temps, tout est fait pour donner l'impression que le mouvement est en perte de vitesse. Des gens sortis des trains allant vers Paris, ayant pourtant leur titre de transport, des bus bloqués et fouillés (voire renvoyés), des voitures aussi. L'on a vu tourner le chiffre de 40 000 personnes ainsi empêchées d'arriver dans le centre de Paris. Sans compter ceux obligés d'enlever leur gilet jaune.


    Presque autant de policiers que de manifestants officiels, si l'on frise depuis longtemps le ridicule, maintenant l'on se rapproche de la Corée du Nord.

    Pas de remise en cause du cap idéologique

    Il faut écraser, car il est impossible de céder. Question de principe. Le pouvoir a clairement expliqué qu'il a déjà fait tout ce qu'il pouvait et basta. Pas de remise en cause de la politique migratoire, pas de remise en cause de la politique fiscale en général, pas de restauration de l'Etat et de ses services publics.

    Pour le président de l'Assemblée nationale, "le combat est fini". Il faut discuter, pendant que les CRS doivent vider par la force les ronds-points. Pour Castaner, "Ca suffit!". Tous appellent à la sacrosainte liberté de circulation. Mot d'ordre d'une société post-moderne, dont le mouvement perpétuel est la règle, tout autant que le commerce. Là étant la substantifique moelle de la démocratie néolibérale, que les Gilets Jaunes ne comprennent pas, n'étant pas suffisamment intelligents ni subtiles.


    Eux, ont une autre vision de la démocratie, manifestement trop éloignée du néolibéralisme, qui comprend l'implication du peuple dans la prise de décision, de l'intérêt national dans les choix de société. Ils demandent ainsi l'introduction dans la Constitution d'un référendum d'initiative populaire afin de pouvoir proposer des réformes législatives, ils bloquent le Marché de Rungis, ou plutôt les camions étrangers pour laisser passer les français, ils demandent à Macron de revenir sur le Pacte de Marrakech.

    Mais sur ces aspects, rien. Aucune réponse. Par ailleurs, de sérieuses questions se posent sur le financement des "cadeaux" fiscaux gracieusement envisagés, notamment la hausse du SMIC par la hausse de la prime d'activité ne pourra pas être financée avant mai-juin. Le Gouvernement espère donc que les entreprises s'y mettront d'elles-mêmes dès janvier ...

    N'oublions pas non plus les discussions qui commencent au Parlement sur une modification de la loi sur la liberté de manifestation ...

    Pendant ce temps, le Gouvernement entraîne les Gilets Jaunes vers des pièges politiques. La mise en place de consultations, qui permettent surtout de gagner du temps et d'essouffler le mouvement (les gens peuvent objectivement fatiguer), alors qu'il est décidé et annoncé de ne rien changer sur le fond. De la même manière, Ferrand incite les Gilets Jaunes à aller se perdre dans une participation aux élections européennes. Tout d'abord, une participation électorale demande un minimum de structure et de financement, les résultats seront donc mauvais, ce qui permettra de discréditer le mouvement. Ensuite, participer, c'est légitimer. Le mouvement des Gilets Jaunes est fondamentalement souverainiste, il ne peut donc être européaniste. L'inscrire dans le cadre de l'UE, c'est le dévoyer.

    Cristallisation de la rupture

    Cette manière de réagir provoque une rupture dans la société, qui passe du plan social au plan idéologique. Et contamine les organes garants de l'Etat, car c'est bien l'Etat qui est en crise.

    Plusieurs syndicats de police appellent mercredi à une opération Commissariat fermé, c'est-à-dire à ne sortir que sur appel, jeudi à manifester sur les Champs-Elysées. Ils ont un arriéré de plus de 20 millions d'euros d'heures supplémentaires non payées à ce jour, leurs conditions de travail se détériorent continuellement, ils sont systématiquement critiqués par les différents ministres de l'Intérieur ou Présidents (se souvenir de Hollande dans l'affaire Théo) dès qu'ils interviennent dans des banlieues, ils ne sont pas couverts lors de leurs interventions dans les banlieues, ils ne peuvent garantir la sécurité nationale sans une réaction adéquate de la justice en aval ni des politiques en amont.

    Dans l'armée aussi, la grogne gagne. Certains hauts gradés militaires critiquent les choix faits par le pouvoir, notamment en ce qui concerne la politique migratoire, parlant même de trahison. Evidemment, ils sont immédiatement accusés d'extrémisme et peuvent faire l'objet de sanctions.

    Si Macron estime qu'il est temps de tourner la page, les Gilets Jaunes estiment eux aussi qu'il est temps de tourner la page ... de la présidence Macron. Le départ du Président et l'organisation de nouvelles élections parlementaires, propres, reste la revendication centrale. Qui ne pourra certainement pas être satisfaite. Une guerre des nerfs se met en place, la police tente de vider le territoire des Gilets Jaunes, mais ils ne sont pas attachés à un endroit particulier.

    D'une manière générale, les Gilets Jaunes ont déjà remporté une victoire: Jupiter est violemment retombé sur terre, il n'y aura pas de second mandat et les réformes à venir ne pourront plus être aussi radicales qu'envisagées.


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    Sayed Hasan

     

    Frontière israélo-libanaise : l'opération « Bouclier du Nord » et le silence de Hassan Nasrallah

     
    L'opération « Bouclier du Nord » a été lancée en grande fanfare par l'occupant israélien le 4 décembre, visant prétendument à  « exposer et neutraliser les tunnels d’attaque transfrontaliers que le Hezbollah a creusés depuis le Liban vers Israël ». En effet, la Résistance libanaise a maintes fois promis de ne plus se camper sur une position défensive en cas d'agression ou de guerre, et de porter les combats en Palestine occupée, voire même de libérer la Galilée. Les porte-parole du gouvernement israélien se sont ostensiblement félicités de ce qu'ils présentaient comme une mise en échec du plan du redoutable Hassan Nasrallah. 
     
    La propagande israélienne et ses dociles relais médiatiques occidentaux ont présenté cette opération comme une offensive militaire de grande envergure, qui porterait un grand coup au Parti de Dieu. Même les titres d'un journal a priori pro-palestinien comme L'Humanité parlent d'une « incursion israélienne au Liban », comme si l'entité sioniste avait pénétré dans le territoire libanais (ou s'apprêtait à le faire), que ce soit sur terre ou de manière souterraine. Un discours du Secrétaire Général du Hezbollah a été annoncé pour le jour même par les médias israéliens et occidentaux, ce qui aurait tendu à confirmer l'importance de l'opération israélienne. Et face au mutisme du Hezbollah, il a été affirmé que ce silence était dû à l'état de choc dans lequel la Résistance libanaise se trouverait après cette opération surprise qui aurait ruiné ses plans les plus secrets.
     
    Mais qu'en est-il réellement ? Il faut avant tout souligner qu'il est ridicule d'assimiler à une offensive, ou même à une opération militaire, des travaux de forage et d'excavation qui prennent place à l'intérieur de la Palestine occupée, et n'empiètent nullement sur le territoire libanais. De lourds travaux de construction, de terrassement et de fortification à la frontière nord d'Israël sont menés depuis 2015 par Tsahal, et visent à créer une ligne de défense type Maginot face au Hezbollah (pour souligner son caractère anachronique, Al-Manar l'a surnommée Le Mur de l'Illusion).
     

    Si les médias israéliens et occidentaux se sont abstenus de toute médiatisation à ce sujet, c'est parce que ces travaux d'ingénierie ne servaient pas la propagande d'Israël, soulignant au contraire sa faiblesse : l'entité sioniste est en effet acculée à une position défensive pour la première fois de son existence. Mais le Hezbollah lui-même a clairement souligné ce bouleversement, en organisant notamment une tournée médiatique en avril 2017 pour exposer aux yeux du monde les mesures israéliennes. La promesse du 16 février 2011, dans laquelle Hassan Nasrallah annonce à ses combattants qu'ils doivent être prêts à recevoir un jour l'ordre de libérer la Galilée, a en effet été prise très au sérieux par Israël. D'autant plus qu'en Syrie, le Hezbollah a acquis et fait la démonstration de ses capacités offensives en libérant de très vastes étendues de territoire de la présence de Daech, prenant part à des combats qui, par leur nature, leur étendue et les effectifs et armements déployés, ne sont plus de la guerre de guérilla. Les capacités offensives du Hezbollah n'ont jamais reposé sur l'existence de tunnels, comme l'a prouvé l'opération de capture de soldats israéliens en juillet 2006, et s'apparentent aujourd'hui davantage aux opérations menées par des armées classiques, comme le soulignait Hassan Nasrallah dans une interview du 19 août 2016 :
    Lorsque le Hezbollah intervient dans la guerre en Syrie, et combat comme une formation très grande, et avec des armements très divers, ou en tant que partie d'une très grande formation aux armements divers, et qu'il participe à des opérations offensives majeures et très étendues, qu'il parvient à repousser les hommes armés (terroristes de Daech), qui ne sont pas des combattants normaux, surtout les étrangers, des combattants d'un tel niveau (d'engagement, prêts à mourir), lorsqu'il les expulse d'aires géographiques très vastes, cela veut dire que le Hezbollah gagne une expérience offensive, une vaste expérience de libération de territoire à travers des opérations militaires continues et directes, et non à travers la guerre de guérilla. Et le Hezbollah n'avait pas une telle expérience avant la guerre en Syrie.
    C'est là qu'Israël est apeuré et terrifié. Car ce que fait le Hezbollah en Syrie, si une guerre est lancée contre lui, il le fera en Galilée. [...] Si le Hezbollah est sorti de la guerre de juillet (2006) comme une puissance régionale, il sortira de cette guerre (en Syrie) comme une puissance militaire véritable représentant une force de libération de territoire non pas (seulement) dans la guerre de guérilla, mais même dans une guerre qui ressemble bien plus aux guerres classiques (entre armées nationales).
    Le Hezbollah n'est pas le Hamas, et croire que leurs stratégies et tactiques sont les mêmes alors que leurs capacités et leurs expériences sont incommensurables est à la fois une illusion et une mystification à laquelle, bien naturellement, Hassan Nasrallah n'a pas daigné répondre.
     
    Pourquoi cette opération-spectacle a-t-elle été lancée maintenant ? Netanyahou, qui est à la fois Premier ministre, et, par interim, Ministre de la Défense, Ministre des Affaires étrangères et Ministre de la Santé, est plus discrédité que jamais en Israël, du fait du récent échec militaire face à Gaza –après lequel son Ministre de la Défense Avigdor Lieberman à démissionner, manquant de provoquer une chute de son gouvernement–, et de ses innombrables casseroles judiciaires, qui ont amené la police israélienne à demander, début décembre, son inculpation ainsi que celle de son épouse dans une énième affaire de corruption. L'opposition israélienne, dès les premiers jours, a pu exprimer ouvertement des doutes quant à la véritable portée de l'opération « Bouclier du Nord », à l'instar de Tzipi Livni, qui a dénoncé la sur-dramatisation de cette opération :
    Nous ne sommes pas dans une situation où nos soldats sont derrière les lignes ennemies. Il s'agit simplement d'activités d'ingénierie au sein du territoire souverain de l'Etat d'Israël. Netanyahou a exagéré les proportions réelles de cet événement au-delà du raisonnable. Il a transformé des activités d'ingénierie défensive en une opération militaire spectaculaire. Il y a deux explications possibles à cela : soit le Premier ministre panique, soit il veut semer la panique pour justifier ses actions, à la fois en retardant les élections et en abandonnant les habitants du sud d'Israël [face aux roquettes de Gaza].
    Mais il ne faut pas compter sur les médias occidentaux pour nous rapporter ces données aisément accessibles. Pour eux, seule la propagande israélienne officielle fait foi.

    Plus affaibli que jamais, Netanyahou souhaite se présenter comme un homme fort face au Hezbollah, mais l'opération lancée contre des tunnels présumés, qui n'est qu'une grossière manœuvre pour détourner l'attention de la presse et de l'opinion publique israélienne, ne révèle que l'impuissance d'Israël face au Parti de Dieu. Le Hezbollah sait bien que Netanyahou n'osera jamais lancer une guerre d'agression contre le Liban, et que face au Hezbollah, Israël n'a plus d'autre recours que les sanctions économiques de Washington et les appels aux institutions internationales –ces mêmes institutions et lois piétinées depuis des décennies par Tel-Aviv– pour qu'elles condamnent les supposées violations de la souveraineté israélienne par le Hezbollah –alors que pour sa part, Israël continue à violer quotidiennement l'espace aérien libanais– et prennent des mesures contre lui.

    Face à de tels enfantillages –l'armée israélienne a plus de chances de trouver des Taupiqueur et autres Pokémon souterrains que des tunnels opérationnels du Hezbollah–, Hassan Nasrallah s'est bien gardé d'apporter de l'eau au moulin à paroles du fier-à-bras Netanyahou : tout discours de sa part aurait ajouté de la crédibilité à cette tentative de mystification, et donné plus de grain à moudre au battage médiatique autour de cette pseudo-opération. Les médias et les civils libanais partisans du Hezbollah se sont chargés de répondre, tournant amplement en ridicule cette opération, raillant Israël sur les réseaux sociaux, et pique-niquant en famille à la frontière pour narguer des soldats israéliens sur le pied de guerre.
     
     

    Un clip intitulé « On se retrouve à Haïfa », et sous-titré en hébreu, a été réalisé par un artiste libanais, parodiant une mélodie populaire juive qui célèbre la Déclaration Balfour. On y voit des combattants du Hezbollah parvenant jusqu'à Haïfa par tunnel, et espionnant Netanyahou dans sa propre maison.
     
     
     

    Pour sa part, le média de guerre du Hezbollah, en publiant une photo de troupes israéliennes prise depuis le territoire israélien, a démontré que même lorsque l'ennemi est en état d'alerte maximale, son territoire lui restait aisément accessible. 

     
    Plus encore, il est certain que les combattants du Hezbollah ont dérobé deux mitrailleuses FN MAG sous le nez des soldats israéliens (les médias israéliens ont largement rapporté ce vol), armes qui réapparaîtront certainement entre leurs mains au moment le plus opportun pour humilier l'armée israélienne et son gouvernement.
     
     

    Et le 12 décembre, le Hezbollah a publié cette vidéo sous-titrée en hébreu qui rappelle la réalité de la situation : c'est bien Israël qui craint le Hezbollah et prend toutes les mesures pour s'en prémunir, et non l'inverse.
     
     

    Il est peu probable que la confrontation entre Israël et le Hezbollah tourne à l'affrontement direct dans un futur proche. Mais la guerre psychologique continue de faire rage, et les bataillons électroniques de Hassan Nasrallah y démontrent jour après jour leur supériorité.

    Sayed Hasan


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    Sayed Hasan
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    jeudi 11 janvier 2018


    Kafka 2.0 : comment s’exerce la censure politique sur Youtube


    http://sayed7asan.blogspot.com/2018/01/kafka-20-comment-sexerce-la-censure.html
    Cinq années d’archives de résistance au sionisme et à l’impérialisme détruites par Google

    « On avait sûrement calomnié Joseph K., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin. » Ainsi commence Le Procès, œuvre de Franz Kafka de 1925, dans laquelle Joseph K., employé de banque sans histoires, est arrêté à son domicile par de mystérieux agents et notifié d’une procédure judiciaire engagée à son encontre. Il n’est pas informé du délit ou crime dont il se serait rendu coupable – on lui laisse seulement entendre qu’il aurait enfreint une loi inconnue –, et se voit remettre une convocation au tribunal un certain jour, sans que l’heure ou le lieu exacts soient indiqués. Le protagoniste est entrainé dans un engrenage complètement absurde, balloté entre inspecteurs, huissiers, avocats et juges, et ne sachant à aucun moment de quoi ou contre qui il doit se défendre. Il est finalement exécuté par trois bourreaux distingués qui, avec d’ « horribles politesses », lui plantent un couteau de boucher dans le cœur.


    La procédure par laquelle Youtube supprime des vidéos et même tout le contenu d’une chaîne est comparable à ce roman noir à plus d’un titre. Comme je l’ai indiqué dans un article précédent, ma chaine Sayed Hasan, qui, depuis plus de cinq ans, sous-titres en français et en anglais des discours de Sayed Hassan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah, ainsi que de Vladimir Poutine, Bachar al-Assad et Sayed Ali Khamenei (en plus d’interviews de Norman Finkelstein, de contenus concernant l’Amérique latine révolutionnaire, etc.), s’est vue infliger deux avertissements par Youtube en moins d’un mois pour deux discours de Hassan Nasrallah, au prétexte d’un « non-respect des règles concernant le contenu violent ou choquant de Youtube ». La suppression totale de la chaîne n’a guère tardé, puisqu’elle est survenue le 20 décembre 2017 à la faveur du troisième et dernier avertissement annonçant la guillotine, toujours à cause d’un discours de Hassan Nasrallah publié en... 2014 – il n’y a guère de prescription chez Youtube, ni de demi-mesure. Ainsi, 400 vidéos, plus de 6 millions de vues et bientôt 10 000 abonnés se sont volatilisés, au moment de la plus forte croissance de leur histoire. Youtube s’efforce de dissimuler sa censure derrière une procédure pseudo-légaliste, mais de fait, comme nous allons le voir, tous les créateurs doivent évoluer sous la menace permanente de son couperet politique qui restreint drastiquement les contenus tolérés.

    Le premier avertissement infligé à ma chaine date du 24 octobre 2017, et concerne un discours de février 2015 (sic) intitulé « Hassan Nasrallah : l’Etat Islamique est l’allié d’Israël et vise La Mecque et Médine ». Sa transcription complète est disponible ici : http://sayed7asan.blogspot.com/2015/02/hassan-nasrallah-letat-islamique-veut.html. Comme on peut le voir, ce discours ne fait que dénoncer le groupe terroriste Daech, le caractérisant comme un danger pour l’Islam, les musulmans et toute l’humanité, en rappelant sa collusion avec Israël. Il ne comporte absolument rien de légalement répréhensible (appel à la haine, au meurtre, etc.). Youtube ne daigne aucunement préciser en quel endroit ou de quelle façon telle vidéo aurait enfreint les « règles concernant le contenu violent ou choquant », comptant probablement sur la perspicacité de l’accusé – qui se retrouve condamné de facto. Je n’y ai absolument rien trouvé de répréhensible, même selon les critères les plus stricts – à moins, bien entendu, que toute mention négative d’Israël ne soit insoutenable pour les bonnes âmes de Tsahal, qui se livrent assidument et sans relâche à ce travail de cyber-délation (leurs soldats et mercenaires sont plus entreprenants sur Internet que face à de véritables combattants), et qui trouvent en Google, Facebook et autres géants du Web une oreille particulièrement complaisante. Nous reviendrons plus en détail sur ce point.

    La chaine Sayed Hasan à la mi-décembre 2017

    En toute bonne foi, j’ai immédiatement fait appel de cette décision – Youtube n’accorde scandaleusement que 200 caractères pour cette « procédure » (espaces compris), mais il est vrai qu’il est difficile d’être loquace face à un crime inconnu –, et à ce jour, je n’ai reçu aucune réponse. Il s’agit en quelque sorte d’un procès en sorcellerie, où, en violation des principes les plus élémentaires du droit, c’est à l’accusé de prouver son innocence face à une violation non spécifiée, et où de fait, le seul fait d’être suspecté par (ou dénoncé à) la toute-puissante Inquisition « Google » entraîne une condamnation automatique, sans qu’à aucun moment les griefs ne soient clairement énoncés, que la défense, même muselée, ne soit entendue, qu’un semblant de jugement argumenté soit rendu ou que la pseudo-procédure d’appel soit prise en compte, même formellement. « Nous ne répondons pas à ce genre de questions », oppose un policier aux demandes de Joseph K. concernant le motif de son inculpation. « Mais en règle générale, on n’intente pas chez nous de procès qui ne puisse mener à rien. »

    Le deuxième avertissement date du 14 décembre, et concerne un discours du 11 décembre 2017 intitulé « Hassan Nasrallah : nous allons libérer Al-Quds (Jérusalem) et toute la Palestine », qui n’est resté en ligne qu’une demi-heure avant sa suppression. Sa transcription est disponible ici : http://sayed7asan.blogspot.com/2017/12/hassan-nasrallah-nous-allons-liberer-al.html. Encore une fois, au-delà de l’intitulé de l’infraction concernant « le contenu violent ou choquant », Youtube n’a fourni aucune précision pour justifier sa décision. Il est vrai que dans cet extrait, Hassan Nasrallah soutient le démantèlement de l’Etat raciste, terroriste et colonialiste d’Israël, champion du monde des violations des droits de l’homme et du droit international, et invite les Palestiniens et l’ensemble de l’Axe de la Résistance à prendre les armes en défense de la Palestine et des lieux saints de l’Islam et du Christianisme (il est rejoint en cela par les Neturei Karta, groupe juif orthodoxe qui brûle publiquement des drapeaux israéliens en plein Jérusalem, comme on peut le voir sur sa chaine Youtube). Et il se trouve que le slogan de ralliement « Mort à Israël » y est prononcé par Hassan Nasrallah et repris par des milliers de manifestants qui participaient à un rassemblement d’opposition à Donald Trump et à sa décision de reconnaitre Al-Quds (Jérusalem) comme capitale d’Israël. Mais au-delà du fait que la résistance armée face à un occupant est parfaitement légale selon le droit international (Résolution 37/43 des Nations Unies du 3 décembre 1982 réaffirmant « la légitimité de la lutte des peuples pour l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée »), le droit à l’information doit primer, car sans cela, aucun discours politique dans un contexte de confrontation diplomatique et/ou militaire ne saurait être publié sur Youtube. Cependant, Google ne considère aucunement problématiques les déclarations bien plus « violentes ou choquantes » de Donald Trump menaçant de « détruire complètement » la Corée du Nord, les rodomontades israéliennes parlant de bombarder l’Iran et de renverser son régime, d’assassiner Hassan Nasrallah ou même les appels de juin 1940 du Général de Gaulle, ou les discours d’Aimé Césaire, qui n’auraient pas leur place sur Youtube d’après une application purement littéraliste du règlement concernant les contenus violents ou appelant à la violence (en l’occurrence, à résister contre le nazisme ou le colonialisme). Mais manifestement, avec Kafka, Youtube semble avoir également bien intégré Orwell : « Tous les [contenus] sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres. » Seules les vidéos hostiles à l’impérialisme et au sionisme sont victimes de censure et de bannissement.

    Avec deux avertissements en moins d’un mois, la vie de ma chaine Youtube ne tenait plus qu’à un fil : il est vrai qu’au bout de 3 mois, un avertissement est supprimé, mais trois avertissements successifs sur un compte entrainent la suppression pure et simple de la chaine et de tout son contenu, et non pas des seules vidéos concernées. Et il était clair pour moi que ces deux avertissements injustifiés et inédits seraient rapidement suivis d’un troisième et d’une suppression complète de ma chaine. Pour faire une analogie judiciaire, c’est comme si une condamnation en diffamation (qui, en droit français, doit nécessairement respecter un délai de prescription de 3 mois ; Google semble avoir opté pour l’imprescriptibilité) entrainait la suppression non pas seulement du passage incriminé – par exemple, dans « J’Accuse » de Zola, les deux mots incriminés « par ordre », Zola n’ayant évidemment pas les moyens de prouver matériellement que le deuxième conseil de guerre avait été forcé d’acquitter Esterhazy par la hiérarchie militaire –, mais de l’ensemble de l’œuvre du journaliste, auteur ou producteur de contenus Youtube. Sans conviction, j’ai effectué la procédure d’appel orwello-kafkaïenne aux 200 caractères, protesté auprès de Google par courriel et publié un article dénonçant cette censure et la suppression annoncée de ma chaine. Cette fois-ci, j’ai reçu une réponse de Youtube en 12 heures, qui m’a démontré, si le doute subsistait encore, que ces procédures ne constituent qu’une mascarade visant à dissimuler le caractère totalement arbitraire, ou plutôt politiquement orienté de la censure de Google : en effet, la réponse tenait en trois lignes dans lesquelles Youtube me remerciait d’avoir effectué cette procédure d’appel, m’informait qu’après un examen plus attentif du contenu de ma vidéo, elle déterminait qu’elle ne respectait pas le règlement de la communauté, et m’adressait ses salutations cordiales. Conçoit-on un jugement, a fortiori en procédure d’appel, qui se dispense de toute argumentation ? Google a complètement automatisé le processus pseudo-légaliste de suppression des contenus, qui se fait pour la malheureuse victime sans le moindre interlocuteur humain et donc sans aucune possibilité de défense.


    Comme prévu, le troisième avertissement, qui n’était plus qu’une simple formalité, n’a guère tardé : il est survenu le 20 décembre 2017 et concerne un discours de 2009 publié en 2014 (re-sic) intitulé « Hassan Nasrallah : la prochaine guerre va changer la face de la région ». Dans cet extrait disponible sur Dailymotion, Hassan Nasrallah considère l’hypothèse d’une agression israélienne contre le Liban, et affirme que cette menace peut être transformée en opportunité si l’armée ennemie est anéantie sur le sol libanais, après quoi la Palestine et Al-Quds (Jérusalem) même pourraient être libérées, tout comme le Sud-Liban en 2000. Cette vidéo ne comporte pas même le slogan « Mort à Israël ». La formulation de l’hypothèse même de la libération de la Palestine après une agression israélienne (nombre d’empires se sont effondrés à cause de leurs expéditions militaires extérieures, comme le rappelait Hassan Nasrallah) constituerait donc un tabou. Encore une fois, on serait en droit de se demander pourquoi Netanyahu peut pour sa part librement menacer Gaza, le Liban, la Syrie ou l’Iran d’invasion et/ou de destruction, sans que Youtube n’estime devoir supprimer ces vidéos. On comprend que lorsque Youtube veut supprimer une chaine, elle sait faire flèche de tout bois et plante fatalement son « couteau de boucher » dans le cœur de sa victime.


    Il faut préciser, au crédit de Youtube, qu’une procédure d’appel existe également contre la suppression d’une chaîne, et cette fois-ci, ce ne sont pas 200 mais bien 1000 caractères qui sont autorisés, soit environ 120 mots. Cela peut paraître léger pour un travail de plusieurs années (voire le travail d’une vie), complètement détruit en quelques clics par Google, mais légaliste jusqu’au bout, j’ai effectué cette pseudo-procédure le jour même. La réponse n’a pas tardé – au crédit de Youtube, citons encore ce temps judiciaire particulièrement expéditif et récurrent : 12 heures, contre plusieurs années pour la justice traditionnelle. Il semble évident que les procédures d’appels sont systématiquement rejetées par un mail-type envoyé automatiquement au bout de 12 heures. Cette réponse mérite d’être citée intégralement, sa brièveté s’y prêtant volontiers :




    Tel est l’épilogue – et la seule épitaphe – d’une chaine Youtube s’avisant de publier des contenus antisionistes et anti-impérialistes. Dénoncer le muselage d’Internet est aujourd’hui un poncif, mais il est toujours bon de l’illustrer par des exemples concrets, ce processus n’étant connu que de ceux qui en sont victimes.

    Il ne fait aucun doute que toutes les vidéos diffusant le point de vue de l’Axe de la Résistance (Iran, Syrie, Liban, Palestine, Yémen, Irak voire Russie) font l’objet d’une traque incessante de la part des cyber-soldats de Tsahal. Le fait que cette vidéo ait été signalée et supprimée dès sa publication suggèrerait même qu’un soldat ou agent stipendié – et non pas seulement zélé – de « l’armée la plus morale du monde » était aux aguets, particulièrement en ce contexte brûlant suite à la reconnaissance par Donald Trump d’Al-Qods (Jérusalem) comme capitale d’Israël. Les réseaux sociaux, à la suite des médias dominants, ayant tendance à intégrer et anticiper les directives des gouvernements par un processus d’autocensure bien décrit par Noam Chomsky, il est tout à fait possible que ce soient des employés de Youtube qui se chargent d’eux-mêmes de cette besogne, surtout à l’heure de la traque officielle contre les prétendues « fake news » – qui n’est qu’une tentative de préserver le monopole des affabulateurs mainstream patentés au service du pouvoir et des grands intérêts économiques, mis en danger mortel par la liberté du Net. La voix de Hassan Nasrallah en particulier est visée par cette censure, car il s’agit du seul dirigeant arabe qui ait infligé deux défaites – humiliantes de surcroît – à Israël (2000 et 2006), et dont les combattants ont joué un rôle de premier plan dans la défaite de Daech : si d’irréductibles agents de l’étranger disputent encore de la qualité de terroristes des « djihadistes juifs » d’Israël, personne n’ose plus le faire pour les « djihadistes wahhabites » de Daech. Plus que jamais, la voix du Secrétaire Général du Hezbollah est à même de porter dans le monde arabo-musulman et bien au-delà, et ne saurait être tolérée. Après la multi-suppression de chaînes telles que Parti Anti-Sioniste ou Pure Stream Media, la principale chaine traduisant les discours de Hassan Nasrallah en français et en anglais avait peu de chances d’échapper longtemps à la censure.

    Google prétend à la fois à la neutralité politique, au respect de la liberté d’expression et du droit à l’information et à la transparence. Mais son Transparency Report publié chaque année manque singulièrement de transparence : il n’évoque (très succinctement), en ce qui concerne les suppressions de contenus, que celles qui concernent 1/ les droits d’auteur, 2/ la loi européenne de droit à l’oubli et 3/ les demandes de suppression officielles effectuées par les Etats – les Etats-Unis et Israël y figurent en bonne position. Mais qu’en est-il des autres suppressions, notamment dues à des signalements « particuliers » ou à des initiatives de Google, qui représentent sans aucun doute la majorité de ces suppressions ? Signalements « particuliers » en apparence seulement, et qui émanent pour beaucoup d’agences gouvernementales ou au service de la propagande d’Etats. Les cyber-soldats de Tsahal ou « trolls de la Hasbara » ont déjà été signalés pour leur propagande active organisée et rémunérée aux plus hauts niveaux sur Wikipédia, Facebook, et autres réseaux sociaux. Le gouvernement de Netanyahu vient d’octroyer 37 millions de dollars à une telle agence nommée Kella Shlomo. Le New York Times lui-même a révélé que « Les agences de sécurité israéliennes surveillent Facebook et envoient à la compagnie les publications qu’ils considèrent comme de l’incitation [à la haine/violence]. Facebook a répondu en supprimant la plupart d’entre elles. » Glenn Greenwald, à l’origine de la publication de l’affaire Snowden, vient pour sa part de révéler que Facebook coordonne avec les gouvernements israélien et américain les suppressions de contenus antisionistes et anti-impérialistes, comme le montre récemment la suppression du compte Facebook de Ramzan Kadyrov.  Il va de soi que les propagandistes d’Israël sont aussi particulièrement actifs sur Youtube, la principale plateforme de partage de vidéos en ligne à l’échelle mondiale (et principale source de contenus dont la suppression est demandée par des Etats selon le Transparency Report), conférant une sorte de quasi-monopole à Google qui, dans son hybris, se permet de bafouer ainsi le droit dans ses décisions de suppression de contenus.

    De telles décisions n’épargnent du reste personne sur Youtube, et les plus grands noms de cette plateforme ont eu l’occasion de se plaindre du véritable mépris avec lequel elle traitait ses créateurs. C’est notamment le cas de PewDiePie, LE numéro 1 de Youtube, dont la chaîne de Gaming/Vlogs elle-même (près de 60 millions d’abonnés et 17 milliards de vues) a récemment subi les foudres (pro)sionistes qui n’épargnent décidément personne. C’est rien moins que le Wall Street Journal qui s’est chargé de cette odieuse chasse aux sorcières, se livrant à un véritable travail de délation calomnieuse auprès de Youtube et auprès des sponsors de PewDiePie, Disney en particulier, le présentant comme un antisémite et admirateur d’Hitler (sic). Le WSJ n’est pas parvenu à faire fermer sa chaine, mais Disney a rompu son contrat avec lui, et Youtube l’a exclu de ses programmes payants, lui faisant perdre des sommes considérables (il ne figure même pas dans Youtube Rewind 2017). PewDiePie avait déjà dénoncé les démonétisations arbitraires de vidéos, notamment de toutes celles qui comportaient un contenu politique. Cette politique de censure a été officialisée en juin 2017, Youtube annonçant que seraient incompatibles avec les publicités (et donc démonétisés) « les contenus vidéo traitant en partie ou intégralement de sujets ou d’événements sensibles, y compris, mais sans s’y limiter, de la guerre, de conflits politiques, du terrorisme ou de l’extrémisme, de la mort et de tragédies, ou d’abus sexuels, même si aucune image choquante n'est diffusée. » C’est ainsi que Youtube tient en respect tous ses créateurs, les soumettant à une interdiction de fait d’aborder les « Sujets controversés et événements sensibles » par cette forme de censure plus discrète qu’est la démonétisation, et les confinant exclusivement au simple « divertissement », sous l’acception la plus restrictive du terme. Youtube n’ose évidemment pas supprimer toutes les vidéos ou chaines récalcitrantes de peur du préjudice que cela lui causerait, étant donnée la notoriété de certains créateurs, et se contente d’une sanction d’ordre pécuniaire tout aussi paralysante, mais n’a absolument aucun scrupule pour des chaines au public modeste comme la mienne, qui sont supprimées sans états d’âme. On le voit, la liberté d’expression s’arrête aux frontières (éternellement extensibles) d’Israël et de sa « sensibilité » exacerbée.

    C’est évidemment une perte considérable pour le particulier qui a consacré des centaines voire des milliers d’heures à la traduction et au sous-titrage de ces vidéos, et qui voit cinq années d’efforts effacés d’un trait de plume – ou plutôt d’un coup de hache. L’impact que ces vidéos ont pu avoir cinq ans durant n’est pas réduit à néant, mais c’est la possibilité de le voir croitre qui est bel et bien anéantie, et le public acquis des prochaines vidéos réduit de la dizaine de milliers à l’unité. Mais cette censure est-elle un signe de force du côté adverse ? Certes non. Le fait que le travail bénévole d’un simple particulier, effectué sur son temps libre, puisse déranger à ce point n’est que l’indice révélateur de l’échec monumental de la propagande sioniste, soutenue par des milliards de dollars, par la majorité des médias dominants et par l’essentiel des forces politiques en Occident. Mais malgré tous les efforts d’Israël et ceux de sa « Police de la pensée » omniprésente, de ses mercenaires et autres chiens de garde enragés lâchés sans merci contre toute forme de critique d’Israël (le CRIF, la LICRA, l’inénarrable – mais précieux en ce qu’il révèle l’arrogance et le mépris souverain des sionistes pour tout ce qui n’est pas Israël – Meyer Habib, l’ADL, l’AIPAC et consorts), l’entité sioniste reste largement considérée comme un Etat criminel et paria par la majorité des populations, menace principale pour la paix dans le monde même en Europe, et ne peut pas même supporter que les discours de Hassan Nasrallah parviennent au public occidental, considérant qu’ils mettent en danger sa sécurité et son existence même. Rappelons qu’Israël est le seul Etat au monde à revendiquer un « droit à exister », conscient que son existence est factice – et temporaire. Dans son dernier discours à l’ONU, Netanyahu, s’évertuant à démontrer qu’Israël a des soutiens dans le monde entier, a fait part de son souhait de visiter l’Antarctique, car on lui aurait rapporté que « les pingouins eux aussi sont des partisans enthousiastes d’Israël ». Nul besoin pour les défenseurs de la Palestine de signaler les vidéos sionistes pour les censurer, les dirigeants israéliens et leurs thuriféraires faisant un excellent travail pour se discréditer – et c’est certainement pour cela que le Hezbollah ne se livre pas à des opérations ciblées pour venger ses dirigeants assassinés par Israël, comptant sur leur « charisme » et leur « sagesse » pour détruire l’entité sioniste de l’intérieur. La vérité sort de la bouche des (magazines pour) enfants : Israël n’est « pas un vrai pays », comme Youpi l’a bien compris.



    Cette censure incessante et acharnée démontre, comme l’a affirmé le Secrétaire Général du Hezbollah, que l’Etat sioniste est « plus faible qu’une toile d’araignée », et que ses jours sont comptés, tout comme ceux du monopole des réseaux sociaux dominants – Youtube, Facebook, et autres Twitter, qui doivent leur succès à leur politique universaliste d’ouverture, mais creusent leur propre tombe avec leur politique de censure et de soumission aux gouvernements, à l’impérialisme et au sionisme. Jour après jour, les géants du Web se dévoilent davantage comme de simple relais du pouvoir, qu’il soit politique ou économique, et seront progressivement désertés par ceux qui recherchent des informations authentiques et non filtrées. Des plateformes parallèles plus libres voient et continueront à voir le jour, mettant progressivement fin à leur monopole. Hassan Nasrallah n’y perd pas même au change : alors qu’aux débuts de ma chaine, seuls les sites d’information alternatifs spécialisés voire marginaux relayaient ses discours (Al-Manar, Al-Ahed News,…), aujourd’hui, toute la presse mainstream est contrainte de le faire pour ne pas se retrouver à la marge de l’actualité internationale et de ses principaux acteurs (Le Monde, Le Figaro, Libération, La Croix, BFM, New York Times, Washington Post, Daily Mail, ...). Youtube, hier précurseur, fait aujourd’hui figure d’exception.


    Il ne reste donc plus rien de ma chaine, si ce n’est une indication selon laquelle « Ce compte a été clôturé en raison du non-respect du Règlement de la communauté YouTube ». Youtube renvoie l’usager à des « Chaines similaires » sans aucun rapport comme BuzzFeed Video ou… PewDiePie. Lorsque Youtube vous enterre, c’est pour de bon, et vous n’avez pas même le droit à une pierre tombale. Aucune trace ne doit subsister. Tout cela est bien sûr éminemment décourageant. Toute chaine « dissidente » arrivant à un certain degré de notoriété est donc condamnée à la suppression. A quoi bon reprendre à zéro ? Il le faut pourtant, pour ne pas céder à la censure, ni renoncer face à l’adversité. Lorsque vos ennemis souhaitent vous neutraliser, c’est la preuve que vos efforts ont un impact et que vous êtes sur la bonne voie, et c’est donc une invitation à redoubler d’efforts et non à rendre les armes. Il faut toujours s’efforcer de faire échouer les objectifs de l’adversaire : Israël souhaite que Hassan Nasrallah disparaisse de Youtube ? Il faut donc qu’il y soit plus présent que jamais. A ce jour, le monopole des principaux réseaux sociaux reste relativement incontesté (après 5 ans, une même vidéo comptait moins de 150 vues sur Dailymotion et plus de 65 000 sur Youtube), et la censure même est un signe de reconnaissance de l’importance de ce travail. Du reste, ce sont là les instructions de Hassan Nasrallah lui-même, qui a enjoint le monde entier à une véritable Intifada électronique contre l’entité sioniste.




    C’est pourquoi j’inaugure mes nouvelles chaines Vimeo et Dailymotion avec ce discours : « Hassan Nasrallah appelle à uneIntifada sur les réseaux sociaux en soutien à Al-Quds (Jérusalem) », en appelant à s’y abonner massivement. On peut se demander, sans trop d’espoir, si cette vidéo serait considérée comme un « encouragement à commettre des actes de violence » par Youtube. Et bien sûr, je publierai toutes mes nouvelles vidéos simultanément sur mon blog principal et mes comptes Facebook et Rutube, auxquels j’invite également à s’abonner. Je ne commettrai plus l’erreur de ne pas incruster les sous-titres dans les vidéos, ce qui permet de gagner du temps et d’avoir simultanément plusieurs langues sur une même vidéo, mais rend les vidéos illisibles en dehors de Youtube. Et j’invite tous les lecteurs/spectateurs à télécharger et reposter ces vidéos sur Youtube et ailleurs autant que possible, la redondance étant le seul moyen efficace de contourner la censure, comme le souligne Hassan Nasrallah.

    La bataille de l’information – et la lutte sur tous les autres terrains – continue et continuera jusqu’à la victoire finale, à savoir la libération totale de la Palestine, que toute la censure du monde ne saurait empêcher ni retarder.

    Sayed Hasan

    Pour féliciter Google France de cette décision : mmechin@google.com
    Téléphone : 01 42 68 53 00
    Publié par Sayed Hasan


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  • La crucifixion de Julian Assange

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     L’asile de Julian Assange à l’ambassade d’Équateur à Londres s’est transformé en une petite boutique des horreurs. Au cours des sept derniers mois, il a été largement coupé de toute communication avec le monde extérieur. Sa nationalité équatorienne, qui lui a été accordée en tant que demandeur d’asile, est en cours de révocation. Sa santé s’est détériorée. On lui refuse l’accès à soins médicaux appropriés.

     

    Ses efforts pour obtenir réparation ont été paralysés par les « règles du bâillon » (1), y compris les ordres équatoriens lui interdisant de rendre publiques ses conditions de vie à l’intérieur de l’ambassade dans sa lutte contre la révocation de sa citoyenneté équatorienne.

    Le Premier ministre australien Scott Morrison a refusé d’intercéder en faveur d’Assange, un citoyen australien, même si le nouveau gouvernement équatorien, dirigé par Lenín Moreno – qui appelle Assange un “problème hérité” et un obstacle à de meilleures relations avec Washington – rend la vie du fondateur de WikiLeaks dans cette ambassade insupportable. Presque tous les jours, l’ambassade impose des conditions plus dures à Assange, notamment en lui faisant payer ses frais médicaux, en lui imposant des règles obscures sur la façon dont il doit prendre soin de son chat et en lui demandant d’effectuer diverses tâches ménagères dégradantes.

    Les Équatoriens, réticents à expulser Assange après lui avoir accordé l’asile politique et la citoyenneté, ont l’intention de rendre son existence si pénible qu’il accepterait de quitter l’ambassade pour être arrêté par les Britanniques et extradé vers les États-Unis. L’ancien président de l’Equateur, Rafael Correa, dont le gouvernement a accordé l’asile politique à l’éditeur, qualifie les conditions de vie actuelles d’Assange de “torture”.

     

    ***

     

    Sa mère, Christine Assange, a déclaré dans un récent appel vidéo (2) :

    “Bien que Julian soit un journaliste primé à maintes reprises, très aimé et respecté pour avoir courageusement dénoncé, dans l’intérêt du public, des crimes graves et la corruption à haut niveau, il est actuellement seul, malade, souffrant et réduit au silence et à l’isolement, coupé de tout contact et torturé au cœur de Londres. La prison moderne des prisonniers politiques n’est plus la Tour de Londres mais l’Ambassade de l’Equateur.

    Voici les faits : Julian est détenu depuis près de huit ans sans inculpation. Vous avez bien lu : sans inculpation. Au cours des six dernières années, le gouvernement britannique a refusé ses demandes d’accès aux soins de santé de base : air frais, exercice, soleil pour la vitamine D et accès à des soins médicaux et dentaires appropriés. En conséquence, sa santé s’est sérieusement détériorée et les médecins qui l’examinent mettent en garde contre ces conditions de détention qui mettent sa vie en danger. Un assassinat lent et cruel se déroule sous nos yeux à l’ambassade de Londres.

    En 2016, après une enquête approfondie, les Nations Unies ont statué que les droits de Julian avaient été violés à plusieurs reprises, qu’il était détenu illégalement depuis 2010, et ont ordonné sa libération immédiate, un sauf-conduit et son indemnisation. Le gouvernement britannique a refusé de se conformer à la décision de l’ONU.

    Le gouvernement américain a déclaré que l’arrestation de Julian était une priorité. Ils veulent contourner la protection des journalistes américains en vertu de leur Premier Amendement [de la Constitution US] en l’accusant d’espionnage. Ils ne reculeront devant rien pour le faire.

    En raison de la menace que les États-Unis font peser sur l’Équateur, son droit d’asile est maintenant directement menacé. Les pressions exercées par les États-Unis sur le nouveau président équatorien ont conduit Julian à être placé en isolement cellulaire strict et sévère au cours des sept derniers mois. Privé de tout contact avec sa famille et ses amis. Seuls ses avocats peuvent lui rendre visite.

    Il y a deux semaines, la situation s’est considérablement aggravée. L’ancien président de l’Équateur, Rafael Correa, qui a légitimement accordé à Julian l’asile politique devant les menaces américaines contre sa vie et sa liberté, a publiquement averti que lorsque le vice-président américain Mike Pence s’est récemment rendu en Équateur, un accord a été conclu pour livrer Julian aux États-Unis. Il a déclaré que parce que le coût politique d’une expulsion de Julian était trop élevé, le plan consiste à le briser mentalement. Un nouvel ensemble de règles et de protocoles inhumains, impossibles à mettre en œuvre, a été mis en place à l’ambassade pour le torturer au point de le faire craquer et le forcer à partir.”

     

    ***

     

    Assange était loué et courtisé par certains des plus grands médias du monde, dont le New York Times et le Guardian, pour les informations qu’il possédait. Mais une fois que ses documents sur les crimes de guerre commis par les États-Unis, en grande partie fournis par Chelsea Manning, ont été publiés par ces médias, il fut mis à l’écart et diabolisé. Un document du Pentagone qui a fait l’objet d’une fuite et préparé par la Cyber Counterintelligence Assessments Branch (Direction du contre-espionnage cybernétique) du 8 mars 2008 a révélé une campagne de propagande visant à discréditer WikiLeaks et Assange.

    Le document dit que la campagne de diffamation doit chercher à détruire le “sentiment de confiance” qui est le “centre de gravité” de WikiLeaks et à salir la réputation d’Assange. Cela a largement fonctionné. Assange est particulièrement vilipendé pour avoir publié 70 000 courriels piratés appartenant au Comité national démocrate (DNC) et à de hauts responsables démocrates. Les démocrates et l’ancien directeur du FBI, James Comey, affirment que les courriels ont été copiés des comptes de John Podesta, chef de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, par des pirates du gouvernement russe. Comey a dit que les messages ont probablement été transmis à WikiLeaks par un intermédiaire. Assange a dit que les e-mails n’avaient pas été fournis par des “acteurs étatiques”.

    Le Parti démocrate, qui cherche à imputer sa défaite électorale à l’” ingérence ” russe plutôt qu’à la grotesque inégalité des revenus, à la trahison de la classe ouvrière, à la perte des libertés civiles, à la désindustrialisation et au coup d’Etat des entreprises que le parti a aidé à orchestrer, accuse Assange d’être un traître, bien qu’il ne soit pas un citoyen américain. Ni un espion. Et à ma connaissance, aucune loi ne lui interdit de publier les secrets du gouvernement US. Il n’a commis aucun crime. Aujourd’hui, les articles parus dans les journaux qui publiaient autrefois des articles de WikiLeaks mettent l’accent sur son comportement prétendument négligeant – ce qui n’était pas évident lors de mes visites – et sur le fait qu’il est, selon les mots du Guardian, “un invité indésirable” à l’ambassade. La question vitale des droits d’un éditeur et d’une presse libre a cédé le place à la calomnie contre la personne.

    Assange a obtenu l’asile à l’ambassade en 2012 afin d’éviter l’extradition vers la Suède pour répondre à des questions sur des accusations d’infractions sexuelles qui ont finalement été abandonnées. Assange craignait qu’une fois détenu par les Suédois, il soit extradé vers les États-Unis (3). Le gouvernement britannique a déclaré que, bien qu’il ne soit plus recherché pour interrogatoire en Suède, Assange sera arrêté et emprisonné s’il quitte l’ambassade pour avoir violé les conditions de sa libération sous caution.

    WikiLeaks et Assange ont fait plus pour dénoncer les sombres machinations et crimes de l’Empire américain que toute autre organisation de presse. Assange, en plus de dénoncer les atrocités et les crimes commis par l’armée américaine dans nos guerres sans fin et de révéler les rouages internes de la campagne Clinton, a rendu publics les outils de piratage utilisés par la CIA et la NSA, leurs programmes de surveillance et leur ingérence dans les élections étrangères, notamment les élections françaises. Il a révélé le complot contre le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn par des députés travaillistes au Parlement. Et WikiLeaks s’est rapidement mobilisé pour sauver Edward Snowden, qui a exposé la surveillance totale du public américain par le gouvernement, de l’extradition vers les États-Unis en l’aidant à fuir Hong Kong pour Moscou. Les fuites de Snowden ont également révélé, de façon inquiétante, qu’Assange était sur une “liste de cibles d’une chasse à l’homme” américaine.

    Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse. Et pourtant, son sort se heurte à l’indifférence et au mépris sarcastique. Une fois expulsé de l’ambassade, il sera jugé aux États-Unis pour ce qu’il a publié. Cela créera un précédent juridique nouveau et dangereux que l’administration Trump et les futures administrations utiliseront contre d’autres éditeurs, y compris ceux qui font partie de la mafia qui tentent de lyncher Assange. Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    Même si ce sont les Russes qui ont fourni les courriels de Podesta à Assange, il a eu raison de les publier. C’est ce que j’aurais fait. Ces courriers ont révélé les pratiques de l’appareil politique Clinton qu’elle et les dirigeants démocrates cherchaient à cacher. Au cours des deux décennies où j’ai travaillé en tant que correspondant à l’étranger, des organisations et des gouvernements m’ont régulièrement divulgué des documents volés. Ma seule préoccupation était de savoir si les documents étaient authentiques ou non. S’ils étaient authentiques, je les publiais.

    Parmi ceux qui m’en ont transmis, il y avait les rebelles du Front de Libération Nationale Farabundo Marti (FMLN) ; l’armée salvadorienne, qui m’a un jour donné des documents du FMLN ensanglantés trouvés après une embuscade, le gouvernement sandiniste du Nicaragua ; le Mossad, le service de renseignement israélien ; le FBI ; la CIA ; le groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ; l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ; le service de renseignement français, la Direction générale de la sécurité extérieure, ou DGSE ; et le gouvernement serbe de Slobodan Milosovic, qui a ensuite été jugé comme un criminel de guerre.

    Nous avons appris par les courriels publiés par WikiLeaks que la Fondation Clinton a reçu des millions de dollars de l’Arabie saoudite et du Qatar, deux des principaux bailleurs de fonds de l’État islamique. En tant que secrétaire d’État, Hillary Clinton a remboursé ses donateurs en approuvant la vente de 80 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite, ce qui a permis au royaume de mener une guerre dévastatrice au Yémen qui a déclenché une crise humanitaire, notamment une grave pénurie alimentaire et une épidémie de choléra, et fait près de 60 000 morts.

    Nous avons appris que Clinton avait touché 675 000 $ pour une conférence chez Goldman Sachs, une somme si énorme qu’elle ne peut être qualifiée que comme un pot-de-vin. Nous avons appris que Mme Clinton avait dit aux élites financières, lors de ses entretiens lucratifs, qu’elle voulait ” l’ouverture du commerce et des frontières ” et qu’elle croyait que les dirigeants de Wall Street étaient les mieux placés pour gérer l’économie, une déclaration qui allait directement à l’encontre de ses promesses électorales.

    Nous avons appris que la campagne Clinton avait pour but d’influencer les primaires républicaines pour s’assurer que Donald Trump était le candidat républicain. Nous avons appris que Mme Clinton avait obtenu à l’avance les questions posées lors du débat pendant les primaires. Nous avons appris, parce que 1 700 des 33 000 courriels provenaient d’Hillary Clinton, qu’elle était l’architecte principale de la guerre en Libye.

    Nous avons appris qu’elle croyait que le renversement de Moammar Kadhafi lui permettrait d’améliorer ses chances en tant que candidate à la présidence. La guerre qu’elle a voulu a plongé la Libye dans le chaos, vu la montée au pouvoir des djihadistes radicaux dans ce qui est aujourd’hui un État en déliquescence, déclenché un exode massif de migrants vers l’Europe, vu les stocks d’armes libyens saisis par des milices rebelles et des radicaux islamiques dans toute la région, et fait 40 000 morts.

    Cette information aurait-elle dû rester cachée ? Vous pouvez dire oui, mais dans ce cas vous ne pouvez pas vous qualifier de journaliste.

    Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l’objet d’un simulacre de procès“, a averti Christine Assange. “Au cours des huit dernières années, il n’a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c’est l’injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n’y a aucune raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d’extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge.

    Le traité d’extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d’extrader Julian vers les États-Unis sans qu’il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d’être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d’être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort.

    Assange est seul. Chaque jour qui passe lui est plus difficile. C’est le but recherché. C’est à nous de protester. Nous sommes son dernier espoir, et le dernier espoir, je le crains, pour une presse libre.

     

    Notes du traducteur:

    1. « Gag rules » – Une règle de bâillon est une règle qui limite ou interdit la discussion, la considération ou la discussion d’un sujet particulier par les membres d’un organe législatif ou exécutif.

    2. L’auteur cite de longs extraits. Voir l’appel en entier et en français

    3. Un accord d’extradition entre la Suède et les Etats-Unis autorise l’extradition d’une personne comme simple « témoin »

     

    Chris Hedges, a passé près de deux décennies comme correspondant à l’étranger en Amérique centrale, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il a fait des reportages dans plus de 50 pays et a travaillé pour The Christian Science Monitor, National Public Radio, The Dallas Morning News et The New York Times, pour lesquels il a été correspondant à étranger pendant 15 ans.

     

    Traduit par Viktor Dedaj pour le Grand Soir

    Source : TruthDig

    https://www.investigaction.net/fr/la-crucifixion-de-julian-assange/

     

     Julian Assange a été inculpé aux Etats-Unis selon WikiLeaks

     

    Voir aussi :

    Julian Assange a été inculpé aux Etats-Unis selon WikiLeaks

     

     


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  •  Mon choix d'informations au quotidien,

    et mes commentaires,

    à contre-courant de la Pensée officielle

    ici http://eva-r-sistons.eklablog.com/

     

     

     

    Claire Polin Chère amie, Cher ami,

    Selon nos premières estimations, les professeurs des écoles utilisent encore massivement les manuels de lecture « mixtes ».

    Et ce :

    • malgré les études scientifiques à grande échelle et internationales qui prouvent que la méthode mixte, d’une grande brutalité, empêche l’apprentissage d’un enfant sur cinq ;
    • malgré les découvertes récentes sur le cerveau qui prouvent que la méthode syllabique pure correspond le mieux à l’apprentissage de la lecture ;
    • et même malgré les directives officielles très claires qui demandent d’utiliser des manuels syllabiques (non mixtes).

    Ce ne sont que des estimations : c’est pourquoi nous lançons un grand sondage sur Internet pour savoir quels manuels sont réellement utilisés dans les écoles. Cela ne vous prendra que 2 minutes à remplir.
    Pour y répondre dès maintenant, cliquez ici :

    http://bit.ly/sondage-manuels-lecture

    Pourquoi donc beaucoup de professeurs des écoles continuent-ils d’utiliser les manuels mixtes, contre toute logique ?

    Parce que les professeurs ne sont pas formés. Ils sont censés choisir leur manuel alors qu’ils ne savent pas les différencier (à part un vague « j’aime, j’aime pas »), ni pourquoi tel manuel est plus adapté que tel autre.

    Mais surtout, ils subissent encore la pression pédagogiste d’un autre âge, qui les déresponsabilise en leur disant que c’est normal d’avoir un taux d’échec de 20% et que ces élèves en échec finiront bien par apprendre plus tard.

    On leur fait croire que comme la lecture n’est pas qu’une opération de déchiffrage, on pourrait commencer par mémoriser des mots, voire des phrases entières, poussant à deviner le sens avec le contexte.

    Or, le déchiffrage pur est absolument nécessaire au départ de l’apprentissage de la lecture.
    S’il est mélangé dès le début avec des mots à visualiser globalement, l’élève prend un pli mental très fort qui, au mieux, le gênera dans le déchiffrage, ou au pire, le conduira à deviner des réponses sans réfléchir, y compris dans les autres matières !

    Ce mensonge criminel perdure contre tout bon sens.

    Il arrange bien les éditeurs scolaires, car ils peuvent vendre :

    • aux écoles le poison des méthodes mixtes ;
    • et aux parents, le contrepoison des manuels syllabiques, car eux se rendent bien compte que leur enfant n’apprend pas à lire.
    • Ils jouent sur les appellations : certains professeurs sont même persuadés « faire de la syllabique » parce que c’est marqué sur le manuel, alors qu’ils se font rouler.

    Alors, au ministère, on s’est contenté de sortir des directives officielles et une notice explicative pour les professeurs des écoles.

    Et ils en sont restés là.

    Aucune évaluation, aucune statistique officielle n’est sortie sur la mise en application de ces directives. Et selon mes premières estimations, les professeurs des écoles se sont empressés de ne surtout pas changer de pratique.

    C’est fondamental de faire confiance aux professeurs.
    Mais une confiance aveugle, c’est irresponsable.
    Le ministère croit-il que ces directives sont suffisantes ?
    S’en laverait-il les mains, en rejetant tout sur la liberté pédagogique des professeurs ?

    Bien sûr, les professeurs doivent pouvoir choisir des manuels adaptés à leur façon d’enseigner.

    Mais la liberté pédagogique entraîne aussi une grande responsabilité. Car c’est toute la scolarité qui se joue, et au-delà, c’est l’avenir même de notre nation.

    Dans les années 90, plus de 10% des élèves des classes populaires accédaient aux plus grandes écoles de France.
    Aujourd’hui, ils sont à peine 1% !

    85% des élèves en échec scolaire ont une mauvaise maîtrise de la lecture... et pour 70% d’entre eux, cet échec est directement lié aux manuels de lecture !

    C’est de la responsabilité du ministère de former ces professeurs des écoles, de les accompagner dans cette liberté pédagogique et de vérifier que les résultats sont là. S’il ne sont pas là, il faut les accompagner davantage, mieux les former.

    Mais puisque le ministère ferme les yeux, c’est à SOS Éducation de le faire savoir. Personne d’autre ne le fera.

    C’est pourquoi nous lançons un sondage Internet pour faire un état des lieux, et savoir quels manuels de lecture sont réellement utilisés dans les écoles.

    Vous pouvez y participer en cliquant sur ce bouton :

     

    Je participe >

    Pour contrer les fausses croyances des professeurs qui utilisent encore des manuels non syllabiques, il faut les informer, les accompagner.

    Car le savoir rend libre.

    Et la première étape pour adapter cet accompagnement, c’est de savoir où ils en sont, de faire un état des lieux :
    il faut que nous sachions le plus précisément possible quels manuels sont réellement utilisés dans les classes.

    Je crains que ce sondage confirme malheureusement ce que nous savons déjà. Aussi, la deuxième étape consistera à utiliser ce levier puissant du sondage pour convaincre le ministère d’agir et de :

    1. former les professeurs des écoles à l’enseignement de la lecture ;
    2. promouvoir les bons manuels et arrêter de jouer le jeu cynique des éditeurs scolaires, qui vendent le poison à l’Education nationale et le contre-poison aux parents ;
    3. mettre en place un système d’évaluation comme en Angleterre (le phonics screening check) qui permet de suivre l’élève avec une très grande précision. En Angleterre, les écoles sont classées par niveau selon leurs résultats, qui sont publiés. Si l'école a un bon niveau, on lui laisse la liberté pédagogique. Si elle est faible, on forme les enseignants à la méthode syllabique.

    Les inspecteurs ne sont pas là pour juger, mais pour aider à évoluer vers des pratiques efficaces. Résultat : en 5 ans, l’illettrisme a été repoussé même dans les quartiers les plus défavorisés.

    Si vous avez un enfant ou un petit-enfant en CP ou CE1, ou que vous arrivez à connaître le titre du manuel employé (s’il y en a un), répondez à ce sondage et diffusez-le à grande échelle !

     

    Je participe >

     

    Un grand merci,

     

    Claire Polin

    Claire Polin

    Présidente de SOS Éducation

    Apprendre à écrire sur un clavier, un danger pour les enfants ?

    Apprendre à écrire sur un clavier, un danger pour les enfants ?

     

     

     


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    Des millions de migrants occidentaux inondent l’Asie, l’Amérique du Sud et même l’Afrique

     

    Des millions de migrants occidentaux inondent l’Asie, l’Amérique du Sud et même l’Afrique

     

    Le journaliste-écrivain américain d’origine russe André Vltchek, qui voyage dans ces pays depuis des décennies, a pu constater cette invasion migratoire occidentale et aussi le fait que la majorité de ces migrants occidentaux arrivent avec un complexe de supériorité et ne respectent pas beaucoup les cultures locales.

    *

    Voici son article:

    Arrêtez les millions d’immigrants occidentaux!

    Par André Vltchek pour Counter Punch le 9 octobre 2015

    Des dizaines de millions d’immigrants européens et nord-américains, légaux et illégaux, inondent les villes et les campagnes d’Asie, d’Amérique latine et même d’Afrique.

    Ces migrants occidentaux chargent comme des taureaux et le sol tremble sous leurs pieds; ils fuient l’Europe et l’Amérique du Nord en hordes. Au fond, ils ne peuvent pas supporter leur propre style de vie, leurs propres sociétés, mais vous les entendrez difficilement le dire. Ils sont trop fiers et trop arrogants! Mais, après avoir constaté que d’innombrables régions du monde étaient adaptées à leurs besoins personnels, parce qu’elles étaient sûres, attrayantes et bon marché, ils ont tout simplement fait leurs bagages et s’y sont rendus!

     

    On nous dit que quelques centaines de milliers d’exilés africains et asiatiques provoquent maintenant une grande « crise de réfugiés » dans toute l’Europe! Les gouvernements et les médias sont en train de répandre la panique, les frontières sont reconstituées et les forces armées interrompent la libre circulation des personnes. Mais le nombre d’étrangers entrant illégalement en Europe est incomparablement inférieur au nombre de migrants occidentaux qui inondent, souvent de manière illégale, pratiquement tous les coins du monde.

    Aucun « paradis secret » ne peut plus être caché et aucun pays ne peut maintenir sa structure de prix raisonnable. Les immigrants potentiels d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie sont déterminés à s’enrichir par tous les moyens, aux dépens des populations locales. Ils sont constamment à la recherche de bonnes affaires: ils surveillent les prix partout, prêts à passer à l’acte, à condition que le lieu offre de bonnes affaires, des lois d’immigration laxistes et un cadre juridique faible.

    Tout ce qui est pur et inexploité est en train d’être corrompu. À la vitesse de l’éclair, les immigrants occidentaux s’emparent de terrains et de biens immobiliers à prix raisonnables. Ensuite, ils imposent leur mode de vie à tous ces « territoires nouvellement conquis ». En conséquence, des cultures entières s’effondrent ou changent au point qu’on ne puisse plus les reconnaître.

    En général, les migrants occidentaux sont arrogants et têtus; ils ne ressentent aucune pitié pour les pays qu’ils inondent. Ce qui les entoure n’est qu’un fond coloré pour leur précieuse vie. Ils ne peuvent ni ne veulent « adopter » les coutumes locales, car ils sont habitués au fait que leur culture est la « culture phare » – la culture qui contrôle le monde.

    Ils viennent, ils exigent, et ils prennent tout ce qu’ils peuvent – souvent par la force. Si rien n’est fait, ils prennent tout. Après, quand il ne reste presque plus rien à piller, ils passent simplement à autre chose. Après eux, “aucune herbe ne peut plus pousser”; tout est brûlé, ruiné et corrompu. Comme à Bali, Phuket, au sud du Sri Lanka, dans de grandes parties des Caraïbes, au Mexique et sur la côte est africaine, pour ne nommer que quelques endroits.

    Qui représente la plus grande « menace »: quelque 300,000 réfugiés « clandestins » qui fuient des pays déstabilisés ou complètement détruits par l’Occident, ou ces millions d’occidentaux qui fuient chaque année leur mode de vie déprimant et s’imposent égoïstement dans des parties du monde plus vulnérables économiquement?

    Je crois que la réponse est évidente.

    Les habitants des pays dévastés n’ont souvent pas d’autre choix: beaucoup se livrent à leurs bourreaux, contraints d’accepter des conditions totalement déraisonnables, l’humiliation et la marginalisation. Ils doivent travailler extrêmement dur. Ils doivent accepter des emplois que les Occidentaux refusent de faire parce qu’ils se considèrent « trop bons pour le faire » et ils sont censés, voire ordonnés, de « s’adapter » culturellement. Ils passent par des entretiens épouvantables et doivent presque tous se dégrader pour survivre et nourrir leurs enfants. Seule une minorité est autorisée à rester. Ceux qui restent contribuent grandement aux économies locales.

    Bien sûr, cela fait partie du sale jeu: l’Occident a besoin d’étrangers; il ne peut pas survivre sans immigrants, sans cette main-d’œuvre bon marché. Mais il ne l’admettra jamais ouvertement. Avant de « les accepter », il doit d’abord les humilier et briser même ceux dont il a désespérément besoin. Il doit humilier davantage ceux qui viennent de nations qui ont déjà été dépouillées de tout, et même qui ont dû subir la guerre à cause de la politique étrangère impérialiste de l’Occident et par son terrorisme.

    Les migrants occidentaux subissent un traitement totalement différent dans la plupart des pays qu’ils inondent.

    Pour commencer, les immigrants occidentaux n’ont même pas besoin de visas pour entrer dans la plupart de ces pays. Il y a des décennies, l’Empire a ouvert par la force la quasi-totalité des « États en développement ». Les Occidentaux sont traités de manière préférentielle et sont généralement promus comme « source de revenus » par les régimes locaux.

    Ce sont principalement les multinationales occidentales qui se divisent le butin des pays d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient, mais une partie du butin finit toujours dans les poches de ces citoyens européens et nord-américains ordinaires, principalement sous la forme de régimes de retraite ou d’autres avantages sociaux. Ensuite, chaque année, des dizaines de millions d’Occidentaux, disposants de fonds mal-acquis dans le « monde en développement », cherchent à faire fructifier leur argent dans les pays d’origine de leurs fonds!

    Ce n’est un secret pour personne que les migrants occidentaux profitent de la pauvreté, des prix bas et de la corruption des systèmes juridiques. Leur arrivée fait augmenter les prix du logement et de la terre. Cela laisse littéralement des millions de locaux sans abri et augmente les prix de la nourriture et des services de base pour la population locale.

    D’une certaine manière, les habitants de nombreux pays pauvres se font voler à deux reprises: par des sociétés occidentales, et encore une fois, par des migrants occidentaux.

    Mais les pays endommagés n’envoient pas de navires de la garde côtière pour intercepter ces migrants occidentaux. Et il n’y a presque pas de déportations. Seuls ceux qui osent critiquer le système sont expulsés.

    J’ai vu des îles entières dévorées vivantes par des immigrants occidentaux. Il ne reste pratiquement plus rien des zones côtières pour les habitants des îles indonésiennes de Lombok et de Bali. Tout est tombé aux mains des mafias scandinaves, des mafias d’Europe centrale, des mafias australiennes… Le vol a atteint des proportions inimaginables. Même lorsqu’il est illégal d’acheter des terres, les Européens et les Nord-Américains s’associent à des gangs locaux ou élaborent des programmes qui incluent des mariages avec des femmes locales. Les migrants occidentaux sont extrêmement prudents! Il y a toujours moyen de contourner les lois et de dépouiller les pauvres des pays les plus misérables de la planète.

    La « prise de contrôle » italienne de la côte kenyane… la prostitution d’enfants là-bas…

    Les îles paradisiaques de la Thaïlande ont toutes disparues. Il ne reste plus aucune culture, presque aucune maison appartenant à la population locale… presque aucune partie de la côte n’est laissée intacte. Il y a juste une infrastructure touristique banale et horrible, et des millions de migrants occidentaux cuisant au soleil toute l’année, le ventre bedonnant, vêtus de tongs, buvant de la bière, main dans la main avec leurs compagnes thaïlandaises à la culture déracinée. Qu’est-ce que ces gens ont apporté en Thaïlande? La liberté? La prospérité? Un haut niveau culturel? Parlons sérieusement et honnêtement, n’est-ce pas simplement une corruption morale et une ruine culturelle totale?

    Il y a littéralement des millions – voire des dizaines de millions – de migrants occidentaux (principalement européens) vivant dans toute l’Asie du Sud-Est. Les chiffres exacts sont inconnus. Il n’y a pas d’études et de statistiques fiables. De nombreux immigrants occidentaux en Asie du Sud-Est sont en réalité « illégaux ». Certains sont « semi-légaux », avec leurs « visas » permanents, leurs faux mariages et leurs investissements louches.

    Le Cambodge est l’un des endroits qui attire les migrants les plus dépravés de l’Occident. Leurs virées sexuelles et leurs bonnes affaires de cul à « 2 dollars » ont été décrites en détail dans plusieurs livres colorés.

    J’ai rencontré de nombreux « expatriés » et « migrants » lorsque j’ai enquêté pour la première fois dans ce pays où j’ai aidé à fermer l’un des centres de prostitution enfantine les plus notoires de la planète appelé « kilomètre 11″, situé juste à l’extérieur de la capitale, Phnom Penh. Des milliers de filles kidnappées, dont beaucoup de mineures, y étaient contraintes de servir une clientèle essentiellement européenne. Certains d’entre elles ont été kidnappés et violés en cours de route par des trafiquants venus de tout le Cambodge et du Vietnam voisin. Les filles vivaient en captivité, gardées par des gangsters vicieux. Et venus de toutes les parties du monde occidental, se la pétant en affichant leurs ventres remplis de bière, c’étaient de joyeux migrants européens d’âge moyen, qui venaient d’emménager ici qui, comme je l’ai souvent entendu de leurs bouches, péroraient en disant que « se taper une fille mineure, c’est beaucoup moins cher que de boire une pinte de leur bière de merde ».

    Un correspondant local de Reuters et moi-même avions réussi à interroger plusieurs filles âgées de 14 ans, dont certaines étaient clairement en train de mourir du sida. Plus tard, lorsque nous avons commencé à photographier la scène depuis notre voiture, une foule d’hommes a commencé à nous charger, des bouteilles de bière à la main, un short tombant par derrière, prêt à tuer. Un grand gain pour le pays du Cambodge, ces migrants européens!

    J’ai lutté de toutes mes forces contre ces venimeux immigrés allemands de Colonia Dignidad, dans le sud du Chili. Là-bas, de nombreux fanatiques religieux chrétiens européens ont créé leur mini-État à l’intérieur de l’État chilien, en étroite collaboration avec la dictature de Pinochet, soutenue par les États-Unis. À un moment donné, Bormann y était présent, ainsi que d’autres hauts dirigeants nazis. Après s’être installés dans leur « nouvelle patrie », ces immigrants allemands ont commencé à y « travailler », violant des enfants, effectuant des expériences médicales sur des orphelins locaux et torturant sans pitié les opposants à la dictature fasciste. Bien sûr, ils n’ont pas immigré uniquement au Chili; des millions d’émigrés fascistes européens affluaient aux quatre coins de l’Amérique du Sud. Les plus importants d’entre eux ont été expédiés avec précaution par les services de renseignement américains et britanniques.

    Alors que la propagande occidentale continue de parler d’immigrants clandestins en provenance du Mexique qui arrivent aux États-Unis, on parle très peu de ces dizaines de millions de personnes qui immigrent continuellement de l’Europe en Amérique latine et s’installent au Paraguay, au Brésil, en Argentine, au Chili, au Venezuela et ailleurs. Avant que la dernière vague de révolutions latino-américaines ne finisse par garantir l’égalité et le respect des peuples autochtones du continent, la plupart de ces migrants européens réussissaient à implanter une ségrégation raciale et sociale profonde. Dans certains pays comme le Pérou et la Bolivie, la situation ressemblait beaucoup à celle de l’apartheid sud-africain. Jusqu’à récemment, ces migrants européens poussaient la population indigène à l’extrême marge, volant leurs terres et sabotant leurs cultures. Cela a été fait dans toute l’Amérique latine et dans de nombreuses autres régions du monde.

    Alors, « que va-t-on faire de ces millions d’immigrés occidentaux? »

    Pouvons-nous vraiment nous permettre de les avoir dans nos pays? Pouvons-nous les accueillir? Pouvons-nous payer pour leurs besoins, leur agressivité, leur arrogance culturelle et leurs comportements sauvages et violents? Pouvons-nous leur permettre de tout prendre à ceux qui possèdent très peu?

    Regardez à gauche et à droite: la planète entière est pleine d’immigrants occidentaux. Ils contrôlent les mines de diamants en Afrique du Sud ainsi que les « zones de conservation » au Kenya. Ils possèdent d’énormes étendues de terres en Asie et pratiquement toutes les terres et les industries commerciales rentables d’Amérique latine.

    Et ils vont et viennent! Ils sont imparables. La plupart d’entre eux en ont marre de leur vie grise en Europe et en Amérique du Nord. Ils se pointent avec leurs complexes de supériorité, mais en réalité, ils feraient n’importe quoi pour échapper à la solitude, à la dépression et au vide qu’ils vivaient chez eux.

    Afin de pouvoir rester « légalement » en Asie du Sud-Est, des millions d’immigrants masculins occidentaux épousent des servantes, des danseuses et même des travailleuses du sexe. Mais ensuite, ils les traitent avec méchanceté (beaucoup d’entre eux ne savent pas comment se comporter autrement à l’égard de personnes d’autres cultures). C’est le cas de dizaines de milliers d’anciens GI américains vivent dans les villages du nord de la Thaïlande, au Cambodge, au Laos et au Vietnam. Après avoir bombardé l’Asie du Sud-Est pour la ramener à l’âge de pierre, ils « n’ont pas pu supporter le traitement reçu après leur retour chez eux ». Et ainsi ils ont immigré; ils sont retournés dans ces pays qu’ils avaient déjà détruits, empoisonné et violé de manière si profonde.

    J’ai rencontré beaucoup d’entre eux, alors que j’écrivais sur cette partie du monde pendant de nombreuses années. Certains anciens immigrants ex-GI étaient maintenant totalement fauchés, essayant de m’emprunter de l’argent et inventant des histoires et des stratagèmes bizarres. Presque tous éprouvaient de la rancune envers la population locale, mais étaient incapables de retourner dans leur pays d’origine, car ils avaient perdu tous les contacts et les compétences qui pourraient leur permettre d’y vivre. Certains ont dépassé la durée de validité de leurs visas et devaient payer des amendes considérables aux autorités locales.

    J’ai entendu d’innombrables histoires désespérées. Mais, contrairement aux histoires profondes et déchirantes racontées par les migrants des pays détruits par l’Occident, les histoires des immigrants occidentaux étaient principalement égoïstes, centrées sur le désir d’améliorer leur vie ou le désir d’échapper aux conditions déplaisantes qui régnaient dans leur pays d’origine. La plupart du temps, leur présence n’apportait rien de positif dans les pays où ils ont réussi à s’installer.

    Dans son livre emblématique « Karma Cola », une écrivaine indienne, Gita Mehta, décrivait, il y a déjà un quart de siècle, les millions d’Occidentaux qui envahissaient le sous-continent à la recherche de « lumières », de styles de vie alternatifs et d’autres productions imaginaires occidentales sur des tendances culturelles et religieuses adaptées à leur mode de pensée. Beaucoup ont fini par devenir des migrants clandestins, pourrissant dans des ashrams et des communes étranges, certains vendant même leurs passeports pour survivre.

    Le monde a été patient – je dirais même trop patient – avec ces immigrants occidentaux!

    Cette patience devrait prendre fin, à cause de la brutalité, voire de la sauvagerie, manifestée récemment par l’Europe envers ces hommes, femmes et enfants désespérés qui tentaient de s’échapper de leur pays et ressemblaient à des « navires en perdition »; « Navires » torpillés par l’impérialisme occidental.

    Le monde ne doit rien à l’Occident, bien au contraire! Par conséquent, les politiques en matière de visas et d’immigration devraient être réciproques, ce qui correspond exactement à l’approche de plusieurs pays d’Amérique latine.

    En pratique, il y a beaucoup plus d’immigrés occidentaux légaux et illégaux vivant en Indonésie ou en Thaïlande que l’inverse. La même chose vaut pour des pays comme le Chili.

    Après des siècles horribles au cours desquels le colonialisme et l’impérialisme occidentaux ont réussi à détruire des milliards de vies humaines aux quatre coins du monde, l’Europe ose toujours traiter ses victimes désespérées comme des êtres pires que des animaux. J’ai récemment été témoin de sa haine vis-à-vis de réfugiés arrivant en Grèce, en France, en Allemagne et en République tchèque.

    Et après ce que j’ai vu, je me sens indigné et consterné.

    Trop c’est trop!

    Avec ses guerres, ses campagnes de déstabilisation, sa terreur économique et son pillage de la planète, l’Occident continue de démontrer à quel point sa culture est impitoyable et brutale. Les « crises de réfugiés » ne sont que le dernier chapitre de ce spectacle néo-colonialiste d’horreur interminable.

    Alors que les navires européens continuent à intercepter des bateaux pitoyables regorgeant de naufragés qui luttent pour leur vie, tandis que les armées européennes rétablissent le contrôle des frontières, plusieurs pays d’Amérique latine gouvernés par des gouvernements progressistes, notamment l’Argentine et le Chili, ont fait preuve d’une grande supériorité morale, de solidarité et d’internationalisme, en invitant et en prenant soin de milliers de réfugiés syriens et palestiniens, et en plus, en les traitant avec dignité et gentillesse!

    Dans un bar tard dans la nuit d’un hôtel de Sao Paulo au Brésil, j’ai entendu une conversation entre un homme d’affaires suisse en visite et son homologue chilien:

    « Vous savez, ces immigrants que nous appelons « sans papier », a déploré le Suisse. “C’est trop, trop! Nous devrions simplement les jeter directement à la mer; nous devrions les noyer! Nous n’avons pas besoin d’une telle merde en Europe. ”

    Quelques jours plus tôt, mon ami, un responsable du gouvernement équatorien basé à Quito, m’a raconté une histoire:

    « Dernièrement, de nombreux Européens continuent à venir en Équateur et dans d’autres pays d’Amérique latine, à la recherche d’un emploi, en essayant de migrer. Leurs économies s’effondrent, mais il ne font pas preuve d’humilité quand ils viennent ici, seulement d’arrogance. Un jour, un espagnol est venu me chercher un emploi. Je lui ai demandé son CV. Il m’a regardé avec une indignation totale: « Mais je suis Espagnol! a-t-il crié. « Et alors? » ai-je répondu. « Ces jours sont finis, camarade, ces jours où il ne suffisait que d’être un Européen de race blanche pour trouver un emploi n’importe où en Amérique latine! »

    Le monde non occidental ne peut tout simplement pas se permettre de tolérer un afflux annuel de millions d’immigrants occidentaux! Tout d’abord, il a été agressé par l’Occident, puis dépouillé et à la fin, il devrait tolérer d’énormes hordes d’immigrés égoïstes et égocentriques, qui essaient de profiter du peu qu’il reste après le pillage des sociétés et gouvernements occidentaux.

    Des régimes de visas réciproques devraient être mis en place. Les cadres juridiques doivent être renforcés pour prévenir la corruption et la spéculation sur les terres et l’immobilier. Les éventuels immigrants occidentaux devraient être obligés de prouver que leur présence profiterait au pays où ils veulent s’établir, que leurs compétences sont réellement nécessaires, de la même manière que tous les immigrants africains et asiatiques sont obligés de prouver cela lorsqu’ils souhaitent s’établir en Europe, en Amérique du Nord ou en Australie.

    Et encore une fois: n’oublions pas qu’il y a beaucoup plus d’immigrés occidentaux qui tentent de s’établir à l’étranger que de ressortissants de pays pauvres qui demandent la résidence en Occident.

    Crises d’immigration? Oui bien sûr! Mais pas vraiment une « crise » pour l’Occident!

    Ceux qui ne s’en rendent pas compte devraient vérifier les chiffres!

    Certes, beaucoup d’entre nous comprennent à quel point de nombreux Occidentaux sont déprimés; comment leur vie en Europe et en Amérique du Nord est désagréable, grise et déroutante. Nous comprenons vraiment à quel point ils souhaitent immigrer dans une partie du monde plus chaleureuse (en termes de climat et de relations humaines). Et s’ils admettaient humblement ce qu’ils ressentaient, au lieu de faire preuve d’arrogance et de supériorité… s’ils faisaient preuve d’ouverture… si les mêmes règles s’appliquaient à tout le monde… si elles étaient les mêmes pour ceux qui souhaitent immigrer en Europe, aux États-Unis, en Asie, en Afrique ou en Amérique latine… alors je suis sûr qu’au moins certaines personnes seraient disposées à manifester leur sympathie et envisageraient d’accepter au moins certains des migrants les plus désespérés d’Occident.

    Mais il ne peut y avoir de sympathie s’il n’y a pas de justice. Alors que les Occidentaux immigrent librement où ils le souhaitent, l’Europe déploie désormais ses forces militaires dans le but d’intimider, d’humilier et de mettre un terme à l’immigration des victimes agressées et torturées de l’empire!

    André Vltchek est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des dizaines de pays. Vltchek réside actuellement en Asie de l’Est et au Moyen-Orient et continue de travailler dans le monde entier. Vous pouvez le contacter via son site Web et son Twitter.

    Lien de l’article en VO:

    https://www.counterpunch.org/2015/10/09/stop-millions-of-western-immigrants/

    source:http://lagazetteducitoyen.over-blog.com/2018/11/des-millions-de-migrants-occidentaux-inondent-l-asie-l-amerique-du-sud-et-meme-l-afrique.html

    https://reseauinternational.net/des-millions-de-migrants-occidentaux-inondent-lasie-lamerique-du-sud-et-meme-lafrique/


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