• Les Gilets Jaunes face à l'Etat policier, montrent le chemin. La France refait société, contre Macron

    Voir aussi mon analyse,

    http://chantal-dupille.eklablog.com/gilets-jaunes-la-france-se-met-en-marche-et-avec-elle-demain-le-monde--a154713514

     

    Les Gilets-Jaunes français indiquent aux autres nations occidentales la bonne direction

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    Les Gilets-Jaunes français indiquent aux autres nations occidentales la bonne direction

     

     
    Par Jean-Yves Jézéquel

     

    Tout d’abord nous devons particulièrement souligner ce qui vient de se passer à propos de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg. Comme cela est toujours le cas, sans exception, le terroriste Cherif Chekatt a lui aussi été abattu par la police: aucun terroriste n’est jamais arrêté pour être interrogé, jugé et condamné, sachant pourtant que la police a tous les moyens nécessaires pour neutraliser un individu et cela d’autant plus s’il est simplement armé d’une « arme de poing datant de 1892 ». Mais encore, concernant Cherif Chekatt, le terroriste en fuite était doublement blessé, d’abord au bras, puis à la jambe. Tous les terroristes, sans exception, sont systématiquement abattus, pour ne pas dire « achevés » par la police, comme dans le cas de Cherif Chekatt, et on ne peut jamais savoir ce qui les avait motivés: on les enterre toujours avec leur secret scellé dans la tombe!

    De plus, franchement, un pistolet type 1892 de calibre 8 mm peut-il être utilisé à l’heure actuelle dans une fusillade contre des Glocks ou des Sig? Mais surtout, comment se procurer des munitions de 8mm Lebel dans une Europe verrouillée par une législation contre les armes à feu? Il est bien plus simple de se procurer une arme nettement plus moderne et nettement plus efficace que ce pistolet du 19è siècle qui a été trouvé sur le terroriste abattu par la police! Là, on peut dire que le ridicule ne tue plus et le Castaner nous prend vraiment pour des idiots

    Résultat, pour nous, les gens ordinaires, il nous est donc permis de penser que le Pouvoir, criminel par nature, par nécessité, par obligation, par vocation, fait systématiquement en sorte que les citoyens ne puissent jamais connaître la vérité! Mais pourquoi le Pouvoir veut-il systématiquement enterrer la vérité? Ne serait-ce pas parce que cette vérité est probablement intolérable, inavouable, honteuse et certainement de nature à provoquer l’abolition de toute croyance citoyenne en une «innocence de ce Pouvoir»? C’est la croyance des citoyens en cette « innocence du Pouvoir » qui permet d’engendrer et de nourrir les illusions nécessaires à la reconnaissance comme à l’acceptation du Pouvoir se revendiquant comme tel, suivies de la soumission du peuple à ses comportements et décisions autoritaristes… et ajoutons, hors de toute perspective démocratique!

    La suite logique était attendue, à la consonne ou à la virgule prête : Benjamin Griveaux, le porte-parole du Pouvoir de la macronie en marche nous assenait ses recommandations :

    « Le gouvernement n’a à ce stade pas décidé d’interdire les manifestations des Gilets-Jaunes qui se tiendront samedi, mais les appelle à être ‘raisonnables’ après l’attentat de Strasbourg et à ne pas manifester. »

    « Maintenant que leur colère s’est exprimée, a été entendue par le Gouvernement, et qu’il y a répondu, ce que nous vous demandons, en responsabilité, c’est d’être raisonnables samedi et de ne pas aller manifester »,  déclarait encore avec insistance Benjamin Griveaux sur Cnews, en s’adressant directement aux Gilets-Jaunes.

    « Il n’est pas raisonnable de manifester », a-t-il insisté, car « nos forces de l’ordre et de sécurité ont été mises à contribution énormément ces dernières semaines », (sous-entendu : et nous sommes très en retard pour leur payer leurs heures supplémentaires qui vont encore augmenter!) et au regard de l’attentat de Strasbourg, « il serait préférable que ce samedi chacun puisse, de manière apaisée, vaquer à des occupations d’un samedi avant les fêtes de famille de fin d’année plutôt que de manifester et mettre à nouveau à contribution nos forces de l’ordre. »

    Le problème que ne comprend toujours pas ce Gouvernement « autistique », c’est que les Gilets-Jaunes en question ne manifestent pas pour le plaisir de manifester; ils ne sont pas concernés non plus par le fait de pouvoir « flâner dans l’apaisement autour des centres commerciaux ou des magasins pour des achats festifs » en écoutant « petit papa noël »! Ces gens de la macronie n’ont toujours pas compris que les Gilets-Jaunes n’ont plus de quoi remplir leur frigo dès le 15 du mois et parfois encore plus tôt! Comment pourraient-ils être « raisonnables » et « apaisés », « vaquant aux achats de Noël » dans les quartiers chics pour y acheter du foie gras et du champagne?! Ils sont dans la rue pour une absolue nécessité, pour une extrême urgence, pour une question de dignité réclamant légitimement la possibilité naturelle de passer des galères de la survie à une vie décente, pendant que les profiteurs d’en haut se gavent des richesses produites par le travail des exploités et des abusés du système, aujourd’hui sévèrement accusé et condamné par le peuple des laissés pour compte! Pauvre macronie déconnectée de la réalité de ceux qui sont en masse opprimés par le capitalisme sauvage de ce monde prédateur et ignorant cyniquement le mal qu’il peut faire! Sa seule préoccupation anxiogène est de tenir les yeux rivés sur la dégringolade spectaculaire des compteurs affichant pour la France un déficit commercial monstrueux depuis ce 17 novembre noir suivi des quatre éditions suivantes tout aussi noires pour les accrocs de l’ultra libéralisme…

    La seule solution que le Pouvoir entrevoit, derrière ses dernières recommandations, si le peuple ne se montre pas «raisonnable», c’est la «solution finale» d’un gazage incapacitant, ultime opération de dressage avant d’en arriver à un massacre de style Adolphe Thiers en remake de la Commune de Paris!

    Il est possible d’accéder aux instructions signées par le Directeur Général de la police nationale : les « flash ball » peuvent être utilisés lors d’un attroupement susceptible de troubler l’ordre public et « en cas de violences ou voie de faits commises à l’encontre des forces de l’ordre ou si les forces de l’ordre ne peuvent défendre autrement le terrain qu’elles occupent ». Le policier doit viser uniquement le torse ou les membres supérieurs, selon les instructions. 261 victimes gravement mutilées principalement à la tête ont été recensées sur la journée du 8 décembre dernier. La police, dans un très grand nombre de cas n’a pas respecté la loi (française) mais certainement la loi européenne, et s’est comportée avec une extrême violence contre des Gilets-Jaunes qui ne présentaient aucun danger, ni aucune espèce de menace, ni pour eux-mêmes, ni pour l’ordre public, comme de nombreuses vidéos prises sur le vif le démontrent!

    Il faut également souligner cet épisode de répression organisée contre les lycéens de Mantes-La-Jolie. Le 6 décembre dernier, la police a procédé à une interpellation collective de 148 lycéens, à Mantes-La-Jolie. Les humiliations subies par les lycéens ont été documentées par plusieurs vidéos montrant les lycéens alignés face contre un mur, agenouillés, les mains menottées derrière le dos ou derrière la tête. Les vidéos ont été authentifiées après que des collabos du système aient crié aux « fake news ». Cette scène a horrifié beaucoup de monde dans le pays des Droits de l’Homme et à l’étranger. Chacun a pu constater qu’en France, les citoyens sont bel et bien dans une dictature policière d’État qui a abrogé les droits les plus fondamentaux. Certains commentateurs ont même noté que cette scène de lycéens agenouillés devant des officiers armés évoquait carrément une scène d’exécution. Il va sans dire que tous ceux qui ont trouvé le moyen de « légitimer » ce comportement policier appartiennent aux nostalgiques du Gouvernement de Vichy… même s’ils refusent consciemment de le reconnaître!

    Le samedi 8 décembre 2018, des Gilets-Jaunes témoignent qu’en s’adressant fraternellement à certains CRS et Gendarmes mobiles, ils avaient constaté que ceux-ci ne comprenaient pas le français : Emmanuel Macron avait fait appel à l’Eurogendfor, la milice anti émeute européenne. Il devient alors possible de comprendre comment la police a pu ignorer à ce point la loi française!

    La macronie a organisé le blocage, partout en France, afin d’empêcher les Gilets-Jaunes de se rendre dans la capitale : fouilles dans les gares, blocage des voitures sur le périphérique, refouilles à tous les barrages filtrants, verrouillage des différentes zones de Paris pour empêcher une confluence des rassemblements ainsi isolés et dispersés. Même une saisie d’un stock de 50.000 gilets de sécurité routière a été faite sur un dépôt industriel. La stratégie était celle qui consiste à diviser pour « régner ». Toute la violence policière est la plupart du temps non légitime, puisque les Gilets-Jaunes protestent pacifiquement. Plusieurs syndicats de la police ont d’ailleurs manifesté leur mécontentement et demandent au ministère de l’Intérieur de s’expliquer sur le fait qu’aucun ordre n’ait été donné aux forces de l’ordre pour intervenir contre les casseurs infiltrés dans le mouvement. Il y a une volonté évidente du Pouvoir d’essayer de décrédibiliser la révolte des Gilets-Jaunes, afin de faire baisser le chiffre des sympathisants du mouvement qui était à 68% de Français il y a trois jours (sondage IFOP du 12 décembre dernier).

    Il va falloir que le groupe des avocats des Gilets-Jaunes, se mobilise pour examiner ces nombreux cas de dérive de la police et attaquer Emmanuel Macron comme le Ministère de l’Intérieur pour leur manquement grave à la loi: des Gilets-Jaunes portent plainte pour « les faits de racket, dilapidation de l’argent public, préjudice moral et mise en danger de la vie d’autrui, violences volontaires avec arme, usage abusif de la force publique sur personnes vulnérables, atteinte au droit de manifestation ».

    Ce monde dans lequel nous nous trouvons et le Pouvoir qui le protège ont bien fini par tomber le masque en montrant leur véritable nature criminelle. L’engagement de la France dans la « coalition illégale de Doha », qui a fait cette guerre injuste contre la Syrie en martyrisant arbitrairement le peuple syrien, en soutenant des terroristes de Daech, main dans la main avec leurs complices occidentaux et ceux des monarchies obscurantistes du Golfe, et de surcroît, en déclarant publiquement que ces « djihadistes » «faisaient du bon boulot en Syrie »; ce Pouvoir aux mains entachées de sang avait déjà fait savoir clairement ce qu’il était réellement. Compte tenu de ce que ces politiques ont été capables de faire en Syrie, et ailleurs, nous ne devons plus nous étonner aujourd’hui qu’ils puissent imaginer gazer leur propre population qui, à l’image des Syriens, se montre récalcitrante et trop indocile. Nous savons, en effet, que la macronie s’apprête à procéder, si nécessaire, à des «épandages de chimie incapacitante» sur les Gilets-Jaunes.

    Malgré toutes les menaces voilées, les allusions hypocrites, les avertissements indirects, le cynisme et le mépris omniprésent, malgré la volonté pour l’exécutif de contrôler l’image se voulant positive et « bienveillante » pour le peuple, les Gilets-Jaunes ont été encore nombreux dans tout l’hexagone, ce samedi 15 décembre 2018, présents sur le champ de bataille pour leur conquête de la démocratie. En cela, le peuple Français indique aux autres Nations occidentales, également sous occupation du fascisme ultra libéral, la bonne direction de la Libération

    Le Pouvoir en place persiste à diffuser des chiffres absolument dérisoires sur la mobilisation des Gilets-Jaunes alors que toutes les images sur l’ensemble de la France témoignent qu’une masse de gens en protestation, est en effet approximativement 35 fois supérieure à celle annoncée: il s’agit pour le Pouvoir de la macronie de dévaloriser, de délégitimer, de discréditer les Gilets-Jaunes et leurs revendications, afin de se maintenir en place alors que le peuple Français se sent majoritairement désapproprié de sa souveraineté.

    La préfecture de police de Paris aux ordres de Castaner, a déclaré « moins de 3000 Gilets-Jaunes » ce samedi 15 décembre à Paris. Le déploiement des forces de l’ordre ayant été de 14 blindés (avec produit incapacitant) et 8000 policiers, et si l’on s’en tient aux chiffres de Castaner, il y aurait donc eu entre deux et trois policiers pour chaque manifestant! Comment, en effet, trouver une image plus parlante, si le ministre de l’Intérieur voulait avouer la réalité de l’État policier qui contrôle la France et les Français aujourd’hui?!

    Ce sont les principales revendications des Gilets-Jaunes, qui à ce jour, maintiennent la mobilisation. Ces revendications ne sont pas prêtes d’être acceptées par ce Pouvoir en place; conclusion, la révolte des Gilets-Jaunes va donc s’étaler dans le temps en se structurant et en prenant d’autres formes sans doute plus dures…

    Ce qui est également certain, c’est que cette mobilisation ne peut pas s’arrêter à ce stade, car les citoyens qui revendiquent, ne revendiquent pas pour revendiquer, mais parce que c’est une absolue nécessité pour eux. Pour tous ces gens dans la rue, s’arrêter voudrait dire mourir, car ils sont arrivés à l’extrême limite du supportable dans une existence de survie. Des banderoles circulaient le samedi 15 décembre sur les Champs Élysées, disant RIC : Referendum d’initiative citoyenne. Le Referendum CARL qui signifie : Constituant (modifier la Constitution); Abrogatoire (qui permet de supprimer une loi devenue caduque ou néfaste pour le bien commun); Révocatoire (qui permet de virer un élu qui ne fait pas le travail pour lequel il a été élu); Législatif (qui permet au peuple de proposer une loi).

    Ce samedi 15 décembre, les Gilets-Jaunes se sont également concentrés sur les lieux de la représentation médiatique, car la bataille de l’information doit être gagnée pour permettre une plus grande avancée dans la restauration de la souveraineté citoyenne. Le message donné par les Gilets-Jaunes était que les médias doivent quitter le sérail des prédateurs financiers qui sont réellement aux commandes de la destinée commune en agissant mensongèrement sur l’opinion publique. Il sera sans doute difficile d’obtenir des images de télévisions sur cette mobilisation-là à Paris, car elle devait passer inaperçue pour le parti médiatique mis en accusation et prié de rendre des comptes lui aussi!

    Les Gilets-Jaunes Français indiquent aux autres Nations occidentales la bonne direction de leur libération.

    Déjà, en Espagne, le Chef du Gouvernement Pedro Sanchez, inspiré par les revendications des Gilets-Jaunes, a décidé d’augmenter de 22%, le salaire minimum, par décret, afin de contourner l’opposition d’une droite politique depuis très longtemps attelée à l’ouvrage ultra libéral, cause de tous les malheurs des pays de l’Union Européenne…

    Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais peu importe puisqu’il n’y a rien d’autre à faire!

    Jean-Yves Jézéquel

    source:https://www.mondialisation.ca/les-gilets-jaunes-francais-indiquent-aux-autres-nations-occidentales-la-bonne-direction/5629600

    https://reseauinternational.net/les-gilets-jaunes-francais-indiquent-aux-autres-nations-occidentales-la-bonne-direction/

     

     

    lundi 17 décembre 2018 

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    Gilets jaunes : la France refait société, contre Macron

    Le mouvement des gilets jaunes sidère littéralement le pouvoir comme la presse étrangère. Malgré les annonces du pouvoir, la mobilisation s'est poursuivie samedi, notamment en Province. Mais même si l’usure venait à l’emporter, ce mouvement aura été extrêmement fécond, faisant reculer Macron, et achevant sa rupture avec l’opinion, seulement 18% des Français lui faisant encore confiance.

     

    Macron récolte ce qu’il a semé

     

    Au début du mouvement, le pouvoir espérait sans doute pouvoir s’en sortir en laissant pourrir la situation, comme il avait pu le faire sur le démantèlement des droits du travail ou la réforme de la SNCF. C’est pour cette raison que la fermeté s’affichait et qu’il annonçait des mesures dérisoires, d’abord le simple report des nouvelles hausses de taxes, puis, devant la pression d’une opinion pas convaincue, leur annulation en bonne et due forme, accompagnée de quelques autres mesures comme le report d’un contrôle technique plus exigeant. Même depuis leur bulle, les macronistes auraient tout de même du comprendre que l’annulation de mauvaises mesures ne serait pas suffisant.

    En effet, même s’il révélait une vraie nervosité du pouvoir, qui a enclenché par deux fois la marche arrière, ces annonces n’apportent absolument rien aux gilets jaunes. Dire que l’on ne va pas rajouter des difficultés à celles qui existent est un peu court pour répondre au climat quasiment révolutionnaire actuel. Ce qui est intéressant dans ce mouvement, ridiculement renvoyé à l’extrême-droite à son début, c’est au contraire le message profondément social qui en émane, même dans ses débordements condamnables : le Starbucks dévasté se voit rappeler la désertion fiscale de sa maison mère, les quartiers qui brûlent sont souvent chics et les Porsche semblent être une cible de choix pour le feu

    La révolte des gilets jaunes, toujours soutenue par une majorité de la population, a un vrai sens politique. Car quand on parle de pouvoir d’achat aujourd’hui, c’est aussi à la lumière de l’explosion des inégalités, des profits des entreprises, mais aussi de la baisse de la fiscalité des gagnants du nouveau monde, aggravée par les cas répétés et médiatisés de désertion fiscale. En somme, ils veulent de la justice sociale et fiscale, et une reprise de contrôle de notre destin national, comme le note Marianne. La France se reconstitute comme société politique contre le macronisme, condensé des maux des décennies passées entre démocratie cadenassée et plus forts toujours favorisés.

    C’est sans doute le sens des Marseilaises entonnées. Le refus des politiques oligo-libérales n’est plus marginal, il est devenu dominant, d’où l’effondrement d’un Macron à 18% d’opinions favorables et 76% d’avis défavorables. La prochaine étape, c’est la remise en cause du cadre européen, cette camisole anti-démocratique et anti-sociale que décrit Coralie Delaume dans le FigaroVox, et notamment l’euro, qui est bien une cause première de la situation des gilets jaunes, comme je l’ai signé avec de nombreux économistes dans une tribune publiée il y a quelques jours. Bien sûr, ce combat reste difficile, mais le lien si étroit qui existe avec la cause des gilets jaunes apparaît.

    Ce mouvement pourrait bien être historique en ce qu’il reconstitue le camp vainqueur dans les urnes en 2005. Les méfaits des politiques oligo-libérales étant encore plus clairs et leur incarnation plus assumée par Macron, notre majorité a bien grandi. Mais la traduction politique reste encore à confirmer, comme nous l’avait tristement montré le sinistre traité de Lisbonne de 2008.

    http://www.gaullistelibre.com/2018/12/gilets-jaunes-la-france-refait-societe.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+gaullistelibre+%28Blog+gaulliste+libre%29&utm_content=Yahoo%21+Mail

     

     

     

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    Macron et les Gilets Jaunes : la ligne de démarcation s'est installée
     

    http://russiepolitics.blogspot.com/2018/12/macron-et-les-gilets-jaunes-la-ligne-de.html



    La crise des Gilets Jaunes montre la rupture idéologique profonde qui traverse la France, ou plutôt cette ligne de démarcation qui s'installe entre les élites néolibérales et la société. Celles-ci estiment que le "jeu" a assez duré, le Gouvernement et le Président ont fait tout ce qui devait être fait, on doit tourner la page et chacun rentrer chez soi. Différents pièges politiques commencent à être tendus au mouvement. De leur côté, les Gilets Jaunes font des émules et la crise, profonde, s'étend aux institutions républicaines, la police et l'armée reprenant les interrogations soulevées, sans encore joindre le mouvement. Une France globalisée sans les Gilets Jaunes ou une France républicaine retournant vers sa souveraineté sans Macron, l'enjeu est bien ici. D'où l'urgence pour le pouvoir d'y mettre fin, de décrédibiliser, de dénigrer.


    Dénigrer et déstabiliser ce qu'il n'est pas possible de résoudre

    Dès le départ, l'on a eu l'impression que le Gouvernement faisait monter la pression, que des casseurs envahissaient au bon moment les manifestations, qu'ils développaient une violence inouïe et que les forces de l'ordre réagissaient de manière étonnante.

    L'intervention anonyme d'un CRS confirme les ordres donnés, l'envoi de casseurs et la volonté de focaliser l'attention sur la violence. Aux frais des forces de l'ordre elles-mêmes. Et des Gilets Jaunes. Afin de décrédibiliser le mouvement.


    L'usage déséquilibré de la force a sauté aux yeux, même lors de la dernière manifestation, qui n'était pourtant pas particulièrement violente.

    Même la très politiquement correcte Amnesty International trouve que les autorités françaises vont trop loin dans l'utilisation de la force et vient de sortir un rapport accablant.

    Dans le même temps, tout est fait pour donner l'impression que le mouvement est en perte de vitesse. Des gens sortis des trains allant vers Paris, ayant pourtant leur titre de transport, des bus bloqués et fouillés (voire renvoyés), des voitures aussi. L'on a vu tourner le chiffre de 40 000 personnes ainsi empêchées d'arriver dans le centre de Paris. Sans compter ceux obligés d'enlever leur gilet jaune.


    Presque autant de policiers que de manifestants officiels, si l'on frise depuis longtemps le ridicule, maintenant l'on se rapproche de la Corée du Nord.

    Pas de remise en cause du cap idéologique

    Il faut écraser, car il est impossible de céder. Question de principe. Le pouvoir a clairement expliqué qu'il a déjà fait tout ce qu'il pouvait et basta. Pas de remise en cause de la politique migratoire, pas de remise en cause de la politique fiscale en général, pas de restauration de l'Etat et de ses services publics.

    Pour le président de l'Assemblée nationale, "le combat est fini". Il faut discuter, pendant que les CRS doivent vider par la force les ronds-points. Pour Castaner, "Ca suffit!". Tous appellent à la sacrosainte liberté de circulation. Mot d'ordre d'une société post-moderne, dont le mouvement perpétuel est la règle, tout autant que le commerce. Là étant la substantifique moelle de la démocratie néolibérale, que les Gilets Jaunes ne comprennent pas, n'étant pas suffisamment intelligents ni subtiles.


    Eux, ont une autre vision de la démocratie, manifestement trop éloignée du néolibéralisme, qui comprend l'implication du peuple dans la prise de décision, de l'intérêt national dans les choix de société. Ils demandent ainsi l'introduction dans la Constitution d'un référendum d'initiative populaire afin de pouvoir proposer des réformes législatives, ils bloquent le Marché de Rungis, ou plutôt les camions étrangers pour laisser passer les français, ils demandent à Macron de revenir sur le Pacte de Marrakech.

    Mais sur ces aspects, rien. Aucune réponse. Par ailleurs, de sérieuses questions se posent sur le financement des "cadeaux" fiscaux gracieusement envisagés, notamment la hausse du SMIC par la hausse de la prime d'activité ne pourra pas être financée avant mai-juin. Le Gouvernement espère donc que les entreprises s'y mettront d'elles-mêmes dès janvier ...

    N'oublions pas non plus les discussions qui commencent au Parlement sur une modification de la loi sur la liberté de manifestation ...

    Pendant ce temps, le Gouvernement entraîne les Gilets Jaunes vers des pièges politiques. La mise en place de consultations, qui permettent surtout de gagner du temps et d'essouffler le mouvement (les gens peuvent objectivement fatiguer), alors qu'il est décidé et annoncé de ne rien changer sur le fond. De la même manière, Ferrand incite les Gilets Jaunes à aller se perdre dans une participation aux élections européennes. Tout d'abord, une participation électorale demande un minimum de structure et de financement, les résultats seront donc mauvais, ce qui permettra de discréditer le mouvement. Ensuite, participer, c'est légitimer. Le mouvement des Gilets Jaunes est fondamentalement souverainiste, il ne peut donc être européaniste. L'inscrire dans le cadre de l'UE, c'est le dévoyer.

    Cristallisation de la rupture

    Cette manière de réagir provoque une rupture dans la société, qui passe du plan social au plan idéologique. Et contamine les organes garants de l'Etat, car c'est bien l'Etat qui est en crise.

    Plusieurs syndicats de police appellent mercredi à une opération Commissariat fermé, c'est-à-dire à ne sortir que sur appel, jeudi à manifester sur les Champs-Elysées. Ils ont un arriéré de plus de 20 millions d'euros d'heures supplémentaires non payées à ce jour, leurs conditions de travail se détériorent continuellement, ils sont systématiquement critiqués par les différents ministres de l'Intérieur ou Présidents (se souvenir de Hollande dans l'affaire Théo) dès qu'ils interviennent dans des banlieues, ils ne sont pas couverts lors de leurs interventions dans les banlieues, ils ne peuvent garantir la sécurité nationale sans une réaction adéquate de la justice en aval ni des politiques en amont.

    Dans l'armée aussi, la grogne gagne. Certains hauts gradés militaires critiquent les choix faits par le pouvoir, notamment en ce qui concerne la politique migratoire, parlant même de trahison. Evidemment, ils sont immédiatement accusés d'extrémisme et peuvent faire l'objet de sanctions.

    Si Macron estime qu'il est temps de tourner la page, les Gilets Jaunes estiment eux aussi qu'il est temps de tourner la page ... de la présidence Macron. Le départ du Président et l'organisation de nouvelles élections parlementaires, propres, reste la revendication centrale. Qui ne pourra certainement pas être satisfaite. Une guerre des nerfs se met en place, la police tente de vider le territoire des Gilets Jaunes, mais ils ne sont pas attachés à un endroit particulier.

    D'une manière générale, les Gilets Jaunes ont déjà remporté une victoire: Jupiter est violemment retombé sur terre, il n'y aura pas de second mandat et les réformes à venir ne pourront plus être aussi radicales qu'envisagées.


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