• La République française prise en otage - Pourquoi le carnage à Paris ?

     

    La République française prise en otage

    (Thierry Meyssan)

    http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-21128.html#.Vkqs57VLu1Y.twitter

     

    La République française prise en otage (Thierry Meyssan)
    La guerre qui s'étend à Paris est incompréhensible pour les Français qui ignorent presque tout des activités secrètes de leur gouvernement dans le monde arabe, de ses alliances contre nature avec les dictatures du Golfe, et de sa participation active au terrorisme international. Jamais cette politique n'a été discutée au Parlement et les grands médias ont rarement osé s'y intéresser.
    Voltairenet.org
    TEXTE  TAILLE
    Augmenter la taille
    Diminuer la taille

    Thierry Meyssan

    Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L'Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).


    Depuis cinq ans ans, les Français entendent parler de guerres lointaines, sans comprendre ce dont il s'agit. La presse les a informés de l'engagement de leur armée en Libye, mais jamais de la présence de soldats français en mission au Levant. Mes articles à ce sujet sont largement lus, mais perçus comme des bizarreries orientales. Malgré mon histoire personnelle, il est de bon ton de me qualifier d'« extrémiste » ou de « complotiste » et de relever que mes articles sont reproduits par des sites internet de toutes obédiences, y compris par d'authentiques extrémistes ou complotistes. Pourtant personne ne trouve rien à redire à ce je j'écris. Mais personne non plus n'écoute mes alertes à propos des alliances que la France a conclues.

    Soudain, la vérité ignorée fait surface.

    La France a été attaqué dans la nuit du vendredi 13 novembre 2015 par plusieurs commandos qui ont assassiné au moins 130 personnes dans cinq lieux différents de Paris. L'état d'urgence a été décrété pour 12 jours sur l'ensemble du territoire et pourrait être reconduit par le Parlement.

    Pas de lien direct avec l'affaire Charlie Hebdo

    La presse française interprète cet acte de guerre en le liant à l'attentat survenu à Charlie Hebdo, bien que les modes opératoires soient totalement différents. En janvier, il s'agissait de tuer des personnes précises, tandis qu'ici il s'agit d'une attaque coordonnée contre un grand nombre de personnes au hasard.

    On sait aujourd'hui que le rédacteur en chef de Charlie Hebdo venait de recevoir un « don » de 200 000 euros du Proche-Orient pour poursuivre sa campagne anti-musulmane [1] ; que les tueurs étaient liés aux services de renseignement français [2] ; que l'origine de leurs armes est couverte par le Secret-Défense [3]. J'ai déjà montré que cet attentat n'était pas une opération islamiste [4], qu'il avait fait l'objet d'une récupération étatique immédiate [5], et que cette récupération avait rencontré un écho dans la population hostile à la République [6] —une idée qui a été brillamment développée quelques mois plus tard par le démographe Emmanuel Todd [7]—.

    Si nous revenons à la guerre qui vient de s'étendre à Paris, elle surprend en Europe occidentale. On ne peut la comparer aux attentats de Madrid de 2004. En Espagne, il n'y avait ni tireur, ni kamikaze, mais 10 bombes placées en 4 lieux distincts [8]. Le type de scène qui vient d'avoir lieu en France est le lot quotidien de nombreuses populations du « Moyen-Orient élargi » depuis 2001. Et l'on trouve des événements comparables au-delà, comme les trois jours d'attaques en six lieux distincts, à Bombay en 2008 [9].

    Même si les assaillants étaient des musulmans et si certains d'entre eux ont crié « Allah Akbar ! » en tuant des passants, il n'y a aucun lien entre ces attaques, l'islam et une éventuelle « guerre des civilisations ». Ainsi, ces commandos avaient instruction de tuer au hasard, sans s'enquérir préalablement de la religion de leurs victimes.

    Identiquement, il est absurde de prendre au premier degré le mobile évoqué par Daesh contre la France —même s'il n'y a pas de doute sur son implication dans cette attaque—. En effet, si l'organisation terroriste devait se « venger », c'est à Moscou qu'elle aurait frappé.

    La France est un État terroriste depuis au moins 2011

    La lecture de ces événements est brouillée parce que derrière des groupes non-étatiques se cachent toujours des États qui les sponsorisent. Dans les années 70, le Vénézuélien Ilich Ramírez Sánchez dit « Carlos » ou « Le Chacal » s'était mis par conviction au service de la cause palestinienne et de la Révolution avec le discret soutient de l'Urss. Dans les années 80, l'exemple de Carlos a été repris par des mercenaires, travaillant pour le plus offrant, tel Sabri al Banna dit « Abou Nidal », qui effectua des attentats aussi bien pour le compte de la Libye et de la Syrie que d'Israël. Aujourd'hui, il existe une nébuleuse du terrorisme et de l'action secrète impliquant quantité d'États.

    En principe, les États dénient toujours leur participation à des groupes terroristes. Toutefois, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré en décembre 2012, lors de la conférence des « Amis de la Syrie » à Marrakech, qu'Al-Nosa, la branche syrienne d'Al-Qaïda, « fait du bon boulot » [10].

    Compte tenu de ses fonctions, M. Fabius savait qu'il ne serait pas traduit en justice pour son soutien à une organisation classée comme terroriste par le Conseil de sécurité des Nations unies, mais il prenait un risque grave pour son pays qu'il plongeait ainsi dans le chaudron du terrorisme.

    En réalité, la France était impliquée depuis au moins le début 2011 aux côtés d'Al-Qaïda. À l'époque, le Royaume-Uni et la France s'étaient joints au projet US de « Printemps arabe ». Il s'agissait de renverser tous les régimes arabes laïques et de les remplacer par des dictatures des Frères musulmans. Alors que Londres et Paris avaient découvert cette opération en cours de réalisation en Tunisie et en Égypte, ils avaient été préalablement sollicités pour la Libye et la Syrie [11]. En Libye, ils organisèrent avec l'aide des Forces spéciales italiennes les massacres de Benghazi, puis avec l'aide d'Al-Qaïda la prise des arsenaux. Je peux attester qu'en août 2011, alors que j'étais protégé par Khamis el-Kadhafi lorsque l'Otan donnait l'assaut de la capitale, l'hôtel Rixos où nous nous trouvions fut assiégé par une unité d'Al-Qaïda, la Brigade de Tripoli, commandée par Mahdi al-Harati au cri d'« Allah Akbar ! » et encadrée par des officiers français en mission. Le même Mahdi al-Harati fut avec son chef, Abdelhakim Belhaj, le fondateur de la prétendue Armée syrienne libre, en réalité un groupe d'Al-Qaïda portant le drapeau de la colonisation française.

    En Syrie, la présence d'officiers français encadrant des groupes armés lorsqu'ils perpétraient des crimes contre l'humanité est largement attestée.

    La France a par la suite joué un jeu extrêmement complexe et dangereux. Ainsi, en janvier 2013, c'est-à-dire un mois après le soutien public de Laurent Fabius à Al-Qaïda en Syrie, elle se lançait dans une opération au Mali contre le même Al-Qaïda, provoquant un premier retour de bâton contre ses agents infiltrés en Syrie.

    De tout cela, vous n'avez jamais entendu parler. Parce que, bien que la France ait des institutions démocratiques, sa politique actuelle dans le monde arabe n'a jamais été discutée publiquement. Tout au plus s'est-on contenté —en violation de l'article 35 de la Constitution— d'entrer en guerre contre la Libye et contre la Syrie après quelques heures de débats parlementaires superficiels, sans vote. Les parlementaires français ont renoncé à exercer leur mandat de contrôle de l'Exécutif en matière de politique étrangère, pensant qu'il s'agit d'un domaine réservé du président, sans conséquence dans la vie quotidienne. Chacun peut constater au contraire aujourd'hui que la paix et la sécurité, un des quatre « Droits de l'homme et du citoyen » de 1789 (article 2), en dépendent directement. Le pire est à venir.

    Au début 2014, lorsque les faucons libéraux US mettaient au point leur plan de transformation de l'Émirat islamique en Irak et au Cham en ce qui allait devenir Daesh, la France et la Turquie acheminèrent des munitions à Al-Qaïda pour qu'il combatte l'ÉI —ce point est attesté par un document présenté au Conseil de sécurité le 14 juillet 2014 [12]—. Pourtant, la France se joignit ultérieurement à cette opération secrète et participa à la Coalition internationale anti-Daesh, dont chacun sait maintenant que contrairement à son nom elle ne bombarda pas Daesh, mais lui largua des armes durant un an [13]. Les choses évoluèrent encore après la signature de l'accord 5+1 avec l'Iran. Les États-Unis se retournèrent subitement sur le terrain contre l'organisation terroriste et la repoussa à Hassaké (Syrie) [14]. Mais ce n'est qu'à la mi-octobre 2015, il y a un mois, que la France recommença à combattre Daesh. Non pas pour stopper ses massacres, mais pour conquérir une partie du territoire qu'il occupe en Syrie et en Irak et y installer un nouvel État colonial qui serait appelé « Kurdistan » même si sa population kurde y sera au départ largement minoritaire [15].

    Dans cette perspective, la France a envoyé son porte-avions —qui n'est pas encore sur zone— pour soutenir les Marxistes-Léninistes du parti kurde YPG —mais que signifie cette référence politique lorsque l'on projette de créer un État colonial ?— contre son ancien allié Daesh.

    Nous assistons désormais au second retour de bâton. Non pas de la part d'al-Qaïda en Syrie, mais de la part de Daesh en France, sur instructions des alliés inavouables de la France.

    Qui dirige Daesh

    Daesh est une création artificielle. Ce n'est que l'instrument de la politique de plusieurs États et multinationales.

    Ses principales ressources financières sont le pétrole, les drogues afghanes —dont les Français n'ont toujours pas saisi les implications sur leur sol—, et les antiquités levantines. Tout le monde s'accorde à noter que le pétrole volé transite librement par la Turquie avant d'être vendu en Europe occidentale. Compte tenu des quantités, il n'y a pas de doute possible sur le soutien de l'État turc à Daesh [16].

    Il y a trois semaines, le porte-parole de l'Armée arabe syrienne révélait que 3 avions, respectivement affrétés par la Turquie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis venaient d'exfiltrer des combattants de Daesh hors de Syrie et de les transporter au Yémen. Là encore, il n'y a donc pas doute possible sur les liens de ces trois États avec Daesh en violation des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

    J'ai longuement expliqué, depuis la première conférence de Genève en juin 2012, qu'une faction au sein de l'appareil d'État US menait sa propre politique contre celle de la Maison-Blanche. Au départ, ce complot était dirigé par le directeur de la CIA et co-fondateur de Daesh en 2007 (« The Surge ») [17], le général David Petraeus, jusqu'à son arrestation menottes au poignet le lendemain de la réélection de Barack Obama. Puis, ce fut au tour de la secrétaire d'État Hillary Clinton, empêchée de terminer son mandat durant la période de transition présidentielle par un fâcheux « accident ». Enfin, ce combat fut poursuivi par l'ambassadeur Jeffrey Feltman depuis les bureaux de l'Onu et par le général John Allen à la tête de la prétendue Coalition anti-Desh. Ce groupe, partie de l'« État profond » US, qui n'a cessé de s'opposer à l'accord 5+1 avec l'Iran et de combattre la République arabe syrienne, conserve des membres au sein de l'administration Obama. Surtout, il peut compter sur l'aide de sociétés multinationales, dont les budgets sont plus importants que ceux des États, et qui peuvent financer leurs opérations secrètes. C'est le cas notamment du pétrolier Exxon-Mobil (le véritable propriétaire du Qatar), du fonds de placement KKR, et de l'armée privée Academi (ex-Blackwater).

    C'est pour le compte de ces États et de ces multinationales que la France est devenue un pays mercenaire.

    La France objet de chantage

    Le 11 novembre 2015, le Premier ministre, Manuel Valls, assurait que la France était engagée contre le terrorisme [18].

    Le 12 novembre, l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales —rattaché au ministère de l'Intérieur— publiait un rapport selon lequel le terrorisme était devenu la seconde préoccupation des Français après le chômage [19].

    Le matin même du 13 novembre, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, présentait à Nanterre un plan en vingt mesures pour lutter contre le trafic d'armes [20]. Peut-être faut-il ajouter l'annonce du rétablissement des contrôles d'identité aux frontières, même si cette décision peut s'expliquer par la crainte de manifestations durant la Cop21.

    À l'évidence, le gouvernement s'attendait au pire, ce qui implique qu'il était en négociation avec ceux qui l'ont attaqué. La France a pris des engagements qu'elle n'a pas tenus et est certainement victime d'un chantage de la part des maîtres qu'elle vient de trahir.

    Un exercice simulant des attentats a été conduit le matin même de l'attaque par les services d'urgence hospitaliers, sous le contrôle des ministères de l'Intérieur et de la Défense [21]. Une coïncidence que l'on avait déjà relevé lors des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, de ceux du 11 mars 2004 à Madrid, ou encore de ceux du 7 juillet 2005 à Londres.

    Conclusion provisoire

    Les gouvernements français successifs ont noué des alliances avec des États dont les valeurs sont à l'opposé de celles de la République. Ils se sont progressivement engagés à livrer des guerres secrètes pour eux, avant de se rétracter. Le président Hollande, son chef d'état-major particulier le général Benoit Puga, son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et son prédécesseur Alain Juppé font aujourd'hui l'objet d'un chantage dont ils ne pourront sortir qu'en révélant dans quoi ils ont fourvoyé le pays, même si cela les expose à la Haute Cour de Justice.

    Le 28 septembre, à la tribune des Nations unies, le président Poutine s'adressant aux États-Unis et à la France s'exclamait : « J'aimerais demander aux responsables de cette situation : "Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait ?" Mais je crains que cette question ne reste en suspens, parce que ces gens n'ont pas renoncé à leur politique basée sur une confiance exagérée en soi et la conviction de son exceptionnalité et de son impunité » [22]. Ni les États-uniens, ni les Français ne l'ont écouté. Il est maintenant trop tard.

    À retenir 
    - Le gouvernement français s'est progressivement éloigné de la légalité internationale. Il perpètre des assassinats politiques et encadre des actions terroristes depuis au moins 2011. 
    - Le gouvernement français a noué des alliances contre nature avec les dictatures pétrolières du Golfe persique. Il travaille avec un groupe de personnalités états-uniennes et de compagnies multinationales pour saboter la politique d'apaisement des présidents Obama et Poutine. 
    - Le gouvernement français est entré en conflit avec ces alliés peu recommandables. L'un d'entre eux a sponsorisé les attaques de Paris.

     


    [1] « Charlie Hebdo : les révélations de la dernière compagne de Charb », Thibault Raisse, Le Parisien, 18 octobre 2015.

     

    [2] « Selon McClatchy, Mohammed Mehra et les frères Kouachi seraient liés aux services secrets français », Réseau Voltaire, 9 janvier 2015.

    [3] « Les armes de Charlie-Hebdo couvertes par le Secret-Défense »,Réseau Voltaire, 17 septembre 2015.

    [4] « Qui a commandité l'attentat contre Charlie Hebdo ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 janvier 2015.

    [5] « Charlie Hebdo a bon dos », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 janvier 2015.

    [6] « De quoi ont peur les politiques et les journalistes français ? », par Réseau Voltaire, 25 janvier 2015.

    [7Qui est Charlie ? : Sociologie d'une crise religieuse, Emmanuel Todd, Seuil,‎ 5 mai 2015, 252 p.

    [8] « 11 mars 2004 à Madrid : était-ce vraiment un attentat islamiste ? », « Attentats de Madrid : l'hypothèse atlantiste », par Mathieu Miquel,Réseau Voltaire, 11 octobre et 6 novembre 2009.

    [9The Siege, Adrian Levy & Cathy Scott-Clark, Penguin, 2013.

    [10] « Pression militaire et succès diplomatique pour les rebelles syriens », par Isabelle Maudraud, Le Monde, 13 décembre 2012.

    [11] Voir le témoignage de l'ancien président du Conseil constitutionnelRoland Dumas sur LCP.

    [12] Lire l'intervention du représentant syrien « Résolution 2165 et débats (aide humanitaire en Syrie) », Réseau Voltaire, 14 juillet 2014.

    [13] Ce point est ignoré de la presse occidentale, mais a été largement discuté un an durant par la presse arabe et perse. La vérité a éclaté au grand jour lorsque cinquante analystes du CentCom ont dénoncé les mensonges des rapports sur la Coalition, qu'une enquête interne a été déclenchée et que, finalement, le général John Allen a été contraint à la démission. Voir notamment : « Stewart, Brennan et Cardillo dénoncent les manipulations du Renseignement au Pentagone » et « Le général Allen présente sa démission (Bloomberg) », Réseau Voltaire, 12 et 23 septembre 2015.

    [14] « La France tente d'entraver le déploiement militaire russe en Syrie »,Réseau Voltaire, 6 septembre 2015.

    [15] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

    [16] Pour en savoir plus : « Le rôle de la famille Erdoğan au sein de Daesh », Réseau Voltaire, 26 juillet 2015.

    [17] Daesh a été initialement constitué en Irak dans le cadre d'un plan visant à mettre fin à la Résistance à l'occupation états-unienne. Pour ce faire, les USA ont créé des milices anti-chiites —dont l'Émirat islamique en Irak, futur « Daesh »—, puis des milices anti-sunnites. En définitive, les deux groupes de population ont oublié l'armée d'occupation et se sont battus entre eux.

    [18] « Valls : la France engagée contre le terrorisme », AFP et Le Figaro, 11 novembre 2015.

    [19] « La grande peur du terrorisme », Timothée Boutry, Le Parisien-Aujourd'hui en France, 13 novembre 2015.

    [20] « Bernard Cazeneuve présente un plan contre le trafic d'armes », AFP, 13 novembre 2015.

    [21] Cf. Intervention du Dr Patrice Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France, sur France Info à 10h26 et au journal du soir de France2, le 14 novembre 2015. « [Comment le Samu s'est préparé aux attentats simultanés de Paris-°http://www.challenges.fr/france/201...] », Kira Mitrofanoff, Challenges, 15 novembre 2015.

    [22] « Discours de Vladimir Poutine à la 70ème Assemblée générale de l'Onu », par Vladimir Poutine, Réseau Voltaire, 28 septembre 2015.

    Thierry Meyssan

     

     

    ATTENTATS DE PARIS : LES RAISONS DU CARNAGE

    2512734lpw-2512735-article-jpg_3160387_660x281Après l’émotion qui a saisi le pays suite aux terribles attentats de vendredi dernier, il est temps de nous poser les bonnes questions sur les causes et les responsables de ce drame.

    Pourquoi la France est-elle visée ?

    Quelle responsabilité porte notre gouvernement ?

    Qui a encouragé et soutenu ces groupes terroristes qui nous frappent aujourd’hui ?

    Ce n’est qu’en tentant de répondre objectivement à ces questionnements que nous pourrons tirer les leçons de ce drame et trouver les moyens de lutter contre cette violence qui frappe notre nation.

    La revendication par DAESCH de ces attentats démontre qu’ils ont un lien avec le rôle joué par notre pays dans la guerre qui ravage la Syrie depuis bientôt 5 ans et dans laquelle la France est partie prenante.

    En effet, dès le début de la guerre contre le peuple syrien, notre gouvernement a appelé à la chute du président Bachar Al Assad, appelant même à son élimination physique : on se souvient des propos de notre ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, expliquant que « Bachar Al-Assad ne mériterait pas d’être sur la terre » ou ceux de notre président, évoquant sa « neutralisation ».

    A l’époque, les djihadistes français partaient combattre en Syrie avec la bénédiction tacite de notre gouvernement qui ne se posait pas encore la question de leur retour dans l’Hexagone jusqu’au moment où, ayant compris le danger, la France a décidé de modifier sa stratégie en bombardant les positions de Daesh, entraînant la réaction sanglante de l’organisation terroriste.

    La France a donc décidé de suivre aveuglement la politique moyen orientale des américano-sionistes et de leurs alliés arabes et turques, en s’engageant dans cette croisade anti Bachar alors que notre pays n’a aucun intérêt, ni économique, ni politique, à cela. Nous avons bien vu que la destruction de la Syrie ne profitait qu’aux Israéliens et Américains, et nous payons aujourd’hui le prix de cet alignement aveugle sur les intérêts sionistes.

    L’Etat islamique (Daesh) et l’ASL sont composés de groupes islamistes qui ont recours à des attentats terroristes et des tueries de masse pour mener cette guerre civile en Syrie, qui a tué près de 200.000 personnes et fait des millions de réfugiés.

    Aujourd’hui, il est avéré que le développement de ces forces djihadistes est la conséquence directe de l’armement, de l’entraînement et du financement par la CIA, le Mossad, la France et les monarchies du Golfe, pour le renversement d’Assad. L’ASL, que le président Hollande a officiellement armé et qu’il qualifie de « démocratique », a vu de larges sections de ses milices rejoindre le Front Al-Nosra, filiale d’al-Qaïda, que notre ministre des Affaires Etrangères félicitait de « faire du bon travail » en Syrie !!!

    Pourtant, au sein de l’Hexagone, des voix se sont toujours élevées contre ce soutien aux groupes terroristes, comme celle du député Claude Goasguen qu’on ne peut taxer de complotiste et qui affirmait récemment que la France soutenait Al Qaeda en Syrie…Malheureusement, nos médias n’ont guère jugé utile de relayer ces paroles sensées.

    Ainsi, le gouvernement français a apporté un soutien indéfectible, à un certain nombre de groupes terroristes actifs en Syrie, dans l’espoir de pouvoir renverser le gouvernement légal de Bachar Assad et la France reçoit aujourd’hui un coup très dur de la part de ces mêmes groupes terroristes.

    Il est temps d’expliquer clairement aux français que ces réseaux djihadistes qui sont des ennemis mortels des peuples à travers le monde, sont aussi des forces clandestinement utilisées par les États occidentaux et leurs alliés du golfe Persique dans la satisfaction d’intérêts profonds. Notre pays porte une responsabilité très grave dans l’utilisation et l’instrumentalisation des forces djihadistes comme agents locaux afin de déstabiliser la Syrie, et le peuple français en paye aujourd’hui les conséquences, comme l’avaient prédit les présidents Al Assad et Poutine, qui n’ont eu de cesse d’expliquer que le terrorisme ravageant la Syrie atteindrait inéluctablement la France et l’Europe.

    L’intervention militaire russe a changé la donne et prouvé qu’il était possible d’éradiquer les groupes djihadistes à condition d’en avoir la volonté politique ; Moscou est parvenu en un mois à faire ce que n’a pu réaliser la coalition internationale menée par les Etats-Unis en plus d’un an.

    Elle a aussi mis en lumière le jeu trouble de la France, qui a continué à appeler prioritairement à la fin du régime syrien et à s’enfermer dans une posture irresponsable, en frappant Daesh tout en préservant les autres groupes djihadistes.

    Ainsi, alors que la Maison-Blanche et le Kremlin négocient la manière de se débarrasser des djihadistes, la France est aujourd’hui la principale puissance qui appelle au renversement du régime syrien, publiquement soutenue en cela par la Turquie et l’Arabie saoudite, et, en sous-main, par Israël. Comment expliquer ce positionnement incompréhensible, autrement que par l’alignement sur les intérêts de Tel-Aviv ?

    Il est important de comprendre que les attaques terroristes contre la France ne cesseront pas sans l’éradication des groupes djihadistes en Syrie. Pour ce faire, la coopération avec la Russie est incontournable, et plutôt que de préconiser l’envoi de troupes au sol, comme on l’entend actuellement, ce qui aggraverait encore plus la menace terroriste dans notre pays, notre armée devrait plutôt apporter un soutien aérien aux troupes de l’armée syrienne chargées de combattre les terroristes sur le terrain.

    A la lumière de ces éléments, le Parti Anti Sioniste appelle notre gouvernement à réexaminer sa politique étrangère et à revoir ses alliances stratégiques en matière de lutte contre le terrorisme, en reconsidérant les propositions russes et autres pour une paix au Moyen-Orient.

     

    Considérant les soutiens de certains pays avec les mouvements terroristes, soit par leur création à des fins géostratégiques, soit par leur financement, soit par une complaisance à leur égard, la France doit absolument réviser ses relations avec les USA, le Qatar, l’Arabie-Saoudite, Israël et la Turquie.

    Le soutien de notre gouvernement aux groupes djihadistes à l’étranger et les relations de la France avec leurs principaux parrains étatiques sont graves, dangereux et inacceptables !

    Ce constat doit susciter la mobilisation générale de tout le peuple français et nous devons faire pression sur notre gouvernement afin qu’il cesse cette politique irresponsable, dont nous payons aujourd’hui le prix lourd.

    Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste

    Yahia Gouasmi
    Président du Parti Anti Sioniste
    © http://www.partiantisioniste.com/?p=10093
    http://www.partiantisioniste.com/actualites/attentats-de-paris-les-raisons-du-carnage.html
     

    Un analyste politique ayant assisté aux attentats de Paris déclare à Russia Today que la « guerre à la terreur » est orchestrée de l’extérieur, par l’OTAN !



    Gearoid O Colmain, interrogé comme analyste politique ayant assisté aux événements de Paris, explique froidement que l’on assiste depuis plusieurs semaines à une intensification de la propagande des médias concernant les terroristes et les musulmans, laquelle a pour but et pour effet de déclencher la peur.

    Il dit que la « guerre à la terreur » est orchestrée de l’extérieur, par l’OTAN !

    Il poursuit en disant qu’il y a une guerre contre les populations civiles, une forme de néo-colonialisme pour les soumettre à un nouvel ordre mondial. Ce nouvel ordre mondial, ajoute-t-il, est constitué d’une élite dirigeante tyrannique qui ne se préoccupe que de ses intérêts. Il n’y aucune guerre contre le terrorisme selon lui. Il y a la guerre qui utilise des groupes de terroristes contre les Etats-nations qui résistent à l’hégémonie des États-Unis et d’Israël. Ces terroristes sont financés et formés par les agences occidentales de renseignement.

    Il enchaîne en disant que l’ISIS est une création des États-Unis. Nous le savons, dit-il, par des documents américains déclassifiés de la Defense Intelligence Agency (DIA). Le gouvernement français tente de rallier un soutien pour plus d’intervention militaire en Syrie. Il veut mettre la main sur le jeu. Le jeu est presque perdu puisque la Russie est en train de détruire l’ISIS.

    Selon Colmain, il y a des membres de l’ISIS entrés en Europe qui sont déguisés en réfugiés. Ils vont déstabiliser l’Europe centrale pense-t-il [c’est en fait l’unique raison de leur arrivée!].

    Le gouvernement français veut mettre la main sur le jeu en Syrie et soutenir ceux que l’on appelle les rebelles « modérés ». Il n’y a pas de « rebelles modérés » en Syrie. Le jeu en Syrie ne sert que les élites occidentales.

    Le gouvernement français est très inquiet à l’égard des médias alternatifs, ceux qu’il appelle les « théoriciens du complot », et il sévira contre eux. Il a déjà commencé. Un professeur a déjà été congédié pour avoir suggéré qu’il peut y avoir un lien entre l’impérialisme français et le terrorisme. Les élites françaises utilisent les musulmans comme des pions pour diviser et conquérir: pour diviser les gens et les monter les uns contre les autres.

    Si tout cela continue, nous serons bientôt sous la loi martiale, termine Colmain.

    source

    https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/11/16/un-analyste-politique-ayant-assiste-aux-attentats-de-paris-declare-a-russia-today-que-la-guerre-a-la-terreur-est-orchestree-de-lexterieur-par-lotan/

    Nos gouvernants sont capables des pires atrocités. (Me Damien Viguier)

    .
    L’état d’urgence - Une législation coloniale et néocoloniale - Comaguer 296
     

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :